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Le pr�sent module a pour objet d'exposer les principaux facteurs � prendre en consid�ration lors de l'ex�cution d'un programme de connectivit� communautaire destin� � interconnecter les �coles de communaut�s autochtones. L'approche adopt�e dans ce module vise � cr�er un environnement propice au d�veloppement des TIC au sein des communaut�s autochtones.
Ce module est divis� en cinq chapitres. Le premier est un chapitre liminaire qui explique pourquoi un module sur les communaut�s autochtones est n�cessaire et d�crit dans le d�tail la structure g�n�rale de ce module. Le Chapitre 2 expose les conditions de vie des peuples autochtones, leurs besoins et aspirations en mati�re de technologies de l'information et de la communication (TIC) et la mani�re dont ces besoins et aspirations ont �t� pris en compte dans divers accords et recommandations internationaux. Le Chapitre 3 pr�sente les principaux aspects d'une politique publique con�ue pour cr�er un environnement propice au d�veloppement des TIC au sein des communaut�s autochtones. Le Chapitre 4 offre, en mati�re d'organisation, des directives de base dont toute communaut� autochtone devrait tenir compte lors de la mise au point et de l'ex�cution d'un plan communautaire relatif aux TIC. Enfin, le Chapitre 5 invite les lecteurs � r�fl�chir � la teneur du module et � faire part de leurs exp�riences et de leurs points de vue sur ce sujet.�
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Le pr�sent module a pour objet d'exposer les principaux facteurs � prendre en consid�ration lors de l'ex�cution d'un programme de connectivit� communautaire destin� � interconnecter les �coles de communaut�s autochtones. L'approche adopt�e dans ce module vise � cr�er un environnement propice au d�veloppement des TIC au sein des communaut�s autochtones.
Ce module est divis� en cinq chapitres. Le premier est un chapitre liminaire qui explique pourquoi un module sur les communaut�s autochtones est n�cessaire et d�crit dans le d�tail la structure g�n�rale de ce module. Le Chapitre 2 expose les conditions de vie des peuples autochtones, leurs besoins et aspirations en mati�re de technologies de l'information et de la communication (TIC) et la mani�re dont ces besoins et aspirations ont �t� pris en compte dans divers accords et recommandations internationaux. Le Chapitre 3 pr�sente les principaux aspects d'une politique publique con�ue pour cr�er un environnement propice au d�veloppement des TIC au sein des communaut�s autochtones. Le Chapitre 4 offre, en mati�re d'organisation, des directives de base dont toute communaut� autochtone devrait tenir compte lors de la mise au point et de l'ex�cution d'un plan communautaire relatif aux TIC. Enfin, le Chapitre 5 invite les lecteurs � r�fl�chir � la teneur du module et � faire part de leurs exp�riences et de leurs points de vue sur ce sujet.�
Les TIC se sont av�r�es �tre un outil efficace pour promouvoir le d�veloppement social et humain de nombreuses communaut�s autochtones vivant dans des r�gions isol�es. Ces technologies offrent un moyen de communiquer avec des membres de la communaut� qui sont partis � la recherche de conditions de vie meilleures dans les villes, ou m�me dans d'autres pays. Pour certains peuples autochtones, elles offrent la possibilit� de promouvoir leur culture dans d'autres lieux, d'acc�der � des informations sur les �v�nements qui se d�roulent dans d'autres parties du monde ou dans leur propre pays, d'entamer des processus �ducatifs et d'assurer la protection de leurs droits. De nombreux exemples de proc�dures de ce type seront donn�s dans le pr�sent module.
Malgr� les avantages que les centres communautaires num�riques situ�s dans les �coles pr�sentent pour les communaut�s autochtones, dans bien des cas, ces centres ont �t� abandonn�s ou sont insuffisamment utilis�s par la communaut�. L'installation de centres communautaires ne suffit pas, � elle seule, � en garantir le succ�s. Il est donc utile de se poser la question de savoir quelles dispositions doivent �tre prises pour qu'au lieu de tomber en d�su�tude, ces centres deviennent une �tape essentielle du d�veloppement de la communaut�.
Le succ�s ou l'�chec d'un centre TIC, dont l'objectif est de lutter contre la pauvret� et d'am�liorer les conditions de vie des peuples autochtones, n'est pas le simple fait du hasard. Il peut �tre fonction des choix op�r�s au cours de l'installation de ce centre, notamment en ce qui concerne les technologies � adopter et l'organisation de la participation de la communaut�. En substance, s'il est tenu compte des caract�ristiques culturelles, �conomiques, politiques et sociales des peuples autochtones, comme indiqu� dans la D�claration de principes du Sommet mondial sur la soci�t� de l'information (SMSI), un tel centre peut �tre un moyen important de garantir l'utilisation des TIC aux fins du d�veloppement.
L'exp�rience a montr� quelles mesures devraient �tre prises au cours de l'�laboration des programmes, de la d�finition des politiques, de l'�tablissement de centres communautaires num�riques dans les �coles et de la gestion de ces centres pour que les peuples autochtones puissent profiter des avantages offerts par les TIC, tout en pr�servant leur patrimoine culturel. Afin d'atteindre les objectifs de l'Initiative sp�ciale en faveur des peuples et communaut�s autochtones, fix�s par la Conf�rence mondiale de d�veloppement des t�l�communications de 2006, le pr�sent kit pratique cherche � partager avec les organismes publics, les membres du secteur et les communaut�s autochtones, les enseignements tir�s de cette exp�rience.�
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Le pr�sent module a pour objet de fournir l'assise n�cessaire � l'ex�cution d'un programme de connectivit� communautaire reposant sur l'interconnexion d'�coles de communaut�s autochtones. Pour atteindre ce but, il faut d'abord r�pondre � une s�rie de questions qui contribueront � �tablir le contexte g�n�ral dans lequel nous travaillerons.�
Nous brosserons bri�vement un portrait des peuples autochtones - en indiquant qui ils sont, o� ils se trouvent et quelles sont leurs principales caract�ristiques sociales et culturelles - afin de comprendre pourquoi ils doivent faire l'objet d'une attention sp�ciale.
La pauvret� est tr�s souvent consid�r�e comme la caract�ristique commune des peuples autochtones. Il semble donc logique que les politiques � adopter pour aider ces peuples soient les m�mes que celles qui sont appliqu�es pour aider tous les pauvres. Toutefois, les peuples autochtones sont souvent loin d'�tre pauvres; certains vivent dans des r�gions poss�dant de vastes quantit�s de ressources naturelles. Par ailleurs, ils ont une culture ancestrale riche, qui comprend une excellente connaissance de la biodiversit� des zones dans lesquelles ils habitent. Cette connaissance leur a permis de conserver leurs habitats ancestraux et d'y prosp�rer. De plus, les peuples autochtones poss�dent des structures communautaires solides, de riches expressions culturelles et beaucoup d'autres biens collectifs.
Ceci mis � part, les peuples autochtones ont les taux de d�veloppement humain les plus faibles. Cette dichotomie n'est pas simple, et pour atteindre des communaut�s aussi d�favoris�es, nous devons prendre conscience des causes de leur marginalisation afin de pouvoir lever les obstacles qui ont emp�ch� leur d�veloppement et �viter de telles entraves lors de la conception de projets de d�veloppement.
Telle est pr�cis�ment l'ambition de la premi�re partie du pr�sent kit pratique, qui vise � comprendre la situation particuli�re des peuples autochtones et les conditions r�elles dans lesquelles les programmes d'acc�s communautaire aux TIC devront �tre ex�cut�s.�
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Pour aider les communaut�s autochtones, il ne suffit pas d'assurer leur connectivit� - autrement dit, il ne s'agit pas simplement de leur donner des �quipements ou de leur fournir des services mais plut�t de cr�er un environnement qui permette aux peuples autochtones d'utiliser pleinement les�TIC pour favoriser leur propre d�veloppement. La solution consiste � offrir un environnement propice qui encourage et facilite le d�veloppement 1) des TIC au sein des communaut�s autochtones; et 2) celui d'applications et de contenu qui �manent de membres de ces communaut�s ou leur sont destin�s. Les centres d'acc�s communautaires install�s dans des �coles constituent la derni�re d'une s�rie d'�tapes n�cessaires, qui doivent toutes �tre compl�t�es pour que ces centres puissent fonctionner.
Comment un centre d'acc�s communautaire situ� dans une �cole peut-il fonctionner en l'absence de personnel qualifi� pour l'entretenir ou en garantir l'utilisation, ou lorsque l'alimentation en �nergie est insuffisante ou lorsque l'�tablissement de tels centres favorise certains groupements d'int�r�ts locaux, ou encore lorsqu'il est impossible d'accro�tre les prestations pour faire face � la demande?
Des �tudes de la question ont r�v�l� que l'�tablissement durable de communications dans les zones isol�es d�pendait de plusieurs facteurs critiques, dont le renforcement des comp�tences, la participation des communaut�s � la d�finition des politiques, la disponibilit� de fr�quences radio�lectriques et l'incorporation de contenu pertinent. Le Chapitre 3 fournira des exemples de bonnes pratiques et de directives g�n�rales � suivre pour �valuer les politiques et programmes mis au point � l'�chelle nationale.
L'av�nement d'une nouvelle technologie n'a pas toujours des retomb�es b�n�fiques pour la communaut�. Certaines communaut�s qui, par le pass�, se suffisaient � elles-m�mes, sont devenues totalement tributaires d'un soutien ext�rieur apr�s l'arriv�e de l'�nergie �lectrique1. Les nouvelles technologies sont toujours synonymes de changements; ces changements peuvent �tre b�n�fiques ou pr�judiciables pour la communaut� suivant l'aptitude de celle-ci � tirer profit et � faire une utilisation optimale des possibilit�s offertes, conform�ment � ses aspirations en mati�re de d�veloppement.
Le r�le du gouvernement consiste � fournir tous les moyens n�cessaires � la viabilit� des programmes TIC. C'est le gouvernement qui cr�e l'environnement propice. Mais le succ�s ou l'�chec de ces programmes d�pend enti�rement de la communaut� car c'est elle qui d�cide de la mani�re dont les TIC sont utilis�es et � quelles fins.
Le Chapitre 4 appelle l'attention sur certains des facteurs cl�s dont les communaut�s doivent tenir compte lorsqu'elles installent des centres num�riques dans des �coles. Il examine les questions qui devraient �tre pos�es et les r�ponses qui devraient �tre fournies avant de mettre de tels projets en oeuvre et met l'accent sur les aspects organisationnels qu'il est possible de d�velopper, ainsi que sur les moyens permettant de mesurer la performance organisationnelle.
Le Chapitre 4 offre des exemples de pratiques suivies par plusieurs communaut�s pour �tre assur�es de tirer profit des TIC.
1 Tel est le cas de l'�le d'Inishbofin, en Irlande.
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Pour finir, il est bon de r�fl�chir aux sujets abord�s mais il importe avant tout de consid�rer que la t�che n'est pas encore termin�e. La technologie �volue rapidement, tout comme les besoins auxquels elle r�pond. Nous ne pouvons pr�dire l'avenir mais nous pouvons imaginer certains des d�fis qu'il nous faudra relever. Ce chapitre offre aux gouvernements et communaut�s l'occasion de faire part de leur exp�rience de la connexion d'�coles dans des r�gions autochtones et d'enrichir ainsi le pr�sent kit pratique.�
Aux termes de la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail (OIT) relative aux peuples indig�nes et tribaux dans les pays ind�pendants, les peuples indig�nes sont les descendants des peuples d'origine. Ils "descendent des populations qui habitaient une r�gion g�ographique � l'�poque de la conqu�te ou de la colonisation ou pendant l'�tablissement des fronti�res actuelles de l'Etat, et qui, quel que soit leur statut juridique, conservent leurs institutions sociales, �conomiques, culturelles et politiques propres ou certaines d'entre elles." La pr�sente section du kit pratique examine la nature exceptionnelle des peuples autochtones et leurs besoins en mati�re de TIC.�
Les peuples autochtones sont pr�sents sur tous les continents; ils comptent plus de 320 millions de membres, soit 5% de la population mondiale mais font partie des 75% de la population de la plan�te qui vivent dans des conditions d'extr�me pauvret�. Les conflits concernant les terres et les ressources naturelles, la discrimination et l'exclusion, les violations des droits de l'homme et la disparition des cultures traditionnelles sont manifestes du Groenland jusqu'aux Am�riques, en Afrique et en Indon�sie, et affectent lourdement les peuples autochtones.
Le Rapport des Nations Unies sur les peuples autochtones r�v�le une situation alarmante. Aux Etats‑Unis, le risque qu'un autochtone contracte la tuberculose est 600 fois sup�rieur � celui de l'ensemble de la population et le risque qu'il se suicide 62% plus �lev�. En Australie, un enfant autochtone mourra probablement vingt ans avant son compatriote non autochtone. La diff�rence d'esp�rance de vie est �galement de 20 ans au N�pal, contre 13 ans au Guatemala et 11 ans en Nouvelle-Z�lande. D'autre part, le d�placement forc� et l'extermination syst�matique sont certains des crimes commis chaque jour � l'encontre des peuples autochtones. Dans ce contexte, l'exclusion num�rique n'a fait que renforcer les m�canismes d'isolement, d'oppression et d'exclusion de ces populations.
Dans ces conditions, le progr�s technologique ouvre de nombreuses perspectives heureuses. L'internet, la radio et la t�l�vision sont certaines des possibilit�s auxquelles les peuples autochtones ont souvent acc�s aujourd'hui. Ces nouveaux m�dias ont �t� utilis�s pour d�noncer la violence et les abus, pour entretenir la coh�sion et pour renforcer et encourager l'appr�ciation de leurs cultures. Les "peuples d'origine" participent donc d�j� � la Soci�t� de l'information en utilisant et en adoptant les�TIC. Tout porte � croire que la "fracture num�rique" peut devenir une "occasion num�rique".�
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D'apr�s la publication intitul�e "The Indigenous World 2009" - consid�r�e comme l'une des principales tentatives de recensement des peuples autochtones - il y aurait 350 millions d'autochtones dans le monde, r�partis de la mani�re indiqu�e dans les sous-sections suivantes.
Plus de 200�000 autochtones vivent dans la r�gion glac�e occup�e par le Groenland, le S�pmi/la Su�de, la Russie et le Canada. Au nombre des probl�mes auxquels ces peuples sont confront�s figurent la discrimination culturelle, le r�chauffement climatique et l'intensification de l'exploitation des ressources naturelles par de grandes soci�t�s. Au Groenland, 57�000 autochtones faisant partie du groupe ethnique des Inuits, sont implant�s le long du littoral de la plus grande �le du monde qui, depuis 1979, est semi-autonome vis-�-vis du Danemark.
On estime qu'entre 50�000 et 100�000 autochtones vivent dans la partie septentrionale de la Scandinavie: R�partis entre la Su�de, la Norv�ge, la Finlande et la Russie, ils constituent des minorit�s linguistiques dans tous ces pays. On d�nombre encore 50�000 personnes suppl�mentaires, appartenant � plus de 100 groupes autochtones dans le Nord de la Russie, y compris la Sib�rie et l'Extr�me-Orient russe.
Dans les territoires du Nord-Ouest du Canada, la population autochtone, qui compte 22�000�membres, repr�sente plus de la moiti� de la population locale. En outre, le recensement canadien effectu� en 2006 a indiqu� que sur les 29�325 personnes qui habitaient le territoire du Nunavut, 24�900 �taient des membres de la population des premi�res nations (pour la plupart, des Inuits). Le Nunavut, qui faisait autrefois partie des territoires du Nord-Ouest, a �t� cr�� en 1999 en�tant que territoire majoritairement autochtone.
Plus de 3 millions d'autochtones vivent aux Etats-Unis et au Canada. Le Gouvernement canadien qualifie de "peuples aborig�nes" plus d'un million de personnes, qui repr�sentent 3,6% de la population et vivent en majorit� dans des r�serves. Aux Etats-Unis, il existe�335 tribus reconnues (sans compter celles de l'Alaska). Deux millions de personnes environ se disent exclusivement autochtones et 4 millions de plus consid�rent qu'elles doivent leurs origines � un m�lange de groupes ethniques diff�rents. L'esp�rance de vie de ces populations est inf�rieure � la moyenne nationale et les taux de pauvret� sup�rieurs � ceux des citoyens moyens. Le nombre important de jeunes autochtones qui se suicident est un grave probl�me.
D'apr�s des estimations prudentes, 30 millions d'autochtones vivraient dans cette r�gion. Ayant �t� subjugu�s et exploit�s au cours de leur conqu�te par l'Espagne et le Portugal, les peuples de ces r�gions ont �t� confront�s, tout au long de leur histoire, � des probl�mes d'in�galit� sociale, de migration, de conflits concernant la terre et l'eau, ainsi que de d�possession de leurs terres et de perte progressive du contr�le qu'ils exer�aient sur elles. Le d�ni de leurs droits en tant qu'�tres humains, leur assassinat et leur incarc�ration politique sont des expressions de la violence que ces peuples ont subie, du Mexique jusqu'au Chili et en Argentine. Ceci dit, dans certains pays comme la Bolivie, l'Equateur et le Venezuela, on observe des signes de progr�s dans la reconnaissance par l'Etat des droits des autochtones, ainsi qu'en t�moigne l'�lection � la pr�sidence de la Bolivie d'Evo Morales, premier dirigeant d'Am�rique du Sud consid�r� comme descendant des peuples d'origine de ce continent.�
Des peuples autochtones ont v�cu dans cette r�gion pendant plus de 40�000 ans mais aujourd'hui, on n'en d�nombre que 1,5 million environ, r�partis entre l'Australie, la Nouvelle-Z�lande, Guam, la Papouasie-Nouvelle-Guin�e, l'Indon�sie, Tuvalu et Kiribati. D'un c�t�, sa diversit� ethnique, plac�e dans le contexte d'une importante biodiversit�, fait la richesse de cette r�gion insulaire. La Papouasie (Nouvelle-Guin�e) compte, � elle seule, plus de�250 groupes ethniques identifi�s et 99% des habitants de Kiribati sont des micron�siens autochtones. D'un autre c�t�, cette r�gion est marqu�e par des in�galit�s sociales.
L'esp�rance de vie des aborig�nes d'Australie est inf�rieure de 17 ans � celle de la population non autochtone de ce pays. Ev�nement sans pr�c�dent - le Gouvernement australien a r�cemment pr�sent� ses excuses � la "g�n�ration vol�e", reconnaissant par-l� la part des pouvoirs publics dans les crimes commis � l'encontre de la population indig�ne.�
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L'un des grands probl�mes de cette r�gion est la reconnaissance (ou l'absence de reconnaissance) des peuples autochtones par les Etats; il est donc plus difficile d'obtenir des donn�es exactes sur la population. Selon les estimations, plus de 200 millions d'autochtones sont r�partis du Japon � l'Indon�sie et au Bangladesh.
En Chine, les peuples autochtones repr�sentent 10% de la population, soit pr�s de 125 millions de personnes, dont beaucoup font partie du segment le plus pauvre de la population de ce pays. Le Gouvernement japonais n'a reconnu officiellement le peuple A�nu, qui vit sur l'�le d'Hokkaido, qu'en l'an 2000. Neuf millions d'autochtones vivent dans les r�gions les plus isol�es des Philippines, qui sont aussi celles dans lesquelles le manque d'acc�s � des services sociaux de base est le plus criant et les possibilit�s d'int�gration �conomique sont rares.
En Malaisie, environ 3 millions d'autochtones sont affect�s par l'exploitation priv�e en monoculture. Au Viet Nam, 15 millions de personnes r�pondent au qualificatif de "Peuple des neuf montagnes". Par ailleurs, 461 groupes vivant en Inde sont class�s comme �tant des "tribus prot�g�es", repr�sentant au total plus de 85 millions de personnes. Malgr� cela, partout dans cette r�gion, des tentatives d'extermination de ces populations minoritaires sont constamment d�nonc�es.
En Isra�l, les b�douins palestiniens, qui sont au nombre de 100�000, appartiennent � des tribus semi-nomades qui vivent dans les d�serts montagneux de ce pays. Ils sont souvent victimes des conflits arm�s qui d�vastent la r�gion. Les b�douins sont �galement nombreux en Jordanie, en Egypte et dans d'autres pays arabes voisins.�
On estime que 40 millions d'autochtones vivent sur ce continent. Les populations du d�sert du Sahara septentrional sont nomades ou semi-nomades et vivent de l'�levage de moutons, de la chasse et de la cueillette. Rien qu'au Mali, on d�nombre 13 millions de gardiens de troupeaux nomades et en Ethiopie, 10 millions d'autochtones. La Tanzanie compte 125 groupes ethniques distincts, qui font tous partie des populations les plus pauvres de la plan�te.
La situation n'est gu�re diff�rente en Afrique centrale. Au Rwanda et dans le pays voisin, le Congo, les peuples autochtones forment un vaste assortiment de groupes expatri�s que la guerre civile qui a ravag� le pays a menac� d'extinction - plus de 60% d'entre eux ne parviennent � se nourrir qu'une seule fois par jour. Au Burundi, la d�forestation conduite pour am�nager des zones urbaines a r�duit les possibilit�s de chasse et de cueillette et acc�l�r� la disparition de la population autochtone. En R�publique du Tchad, 99% des autochtones sont illettr�s et au Congo, la violation syst�matique des droits de l'homme affecte le bien-�tre de la majorit� de la population.
En Afrique australe, le Gouvernement du Botswana ne reconna�t pas les peuples autochtones car il consid�re que tous les citoyens sont autochtones. Il est tr�s difficile, partout dans cette r�gion, de conna�tre le nombre exact des membres des populations autochtones.�
La marginalisation �conomique, politique et sociale n'est pas le seul facteur que les peuples autochtones ont en commun. Ces groupes poss�dent �galement une richesse culturelle ancestrale; ils sont les gardiens de leurs terres et se chargent de pr�server la vie sur ces terres. Ils ont des modes de vie communs dans lesquels chaque membre de la communaut� a un r�le � jouer. Leur organisation sociale se caract�rise par des liens r�ciproques entre tous les membres, qui s'�tendent m�me au milieu naturel.
D'une mani�re g�n�rale, on peut dire que les peuples autochtones partagent un certain nombre de valeurs communes, qui se manifestent de mani�res diff�rentes mais sont fondamentalement les m�mes et peuvent �tre observ�es dans l'expression de leur vie communautaire. Ces valeurs comprennent des institutions d�mocratiques sp�cifiques, le respect de la nature et un lien sp�cial avec elle, l'organisation et la gestion de la terre et des ressources, des formes particuli�res d'organisation familiale et, bien �videmment, des priorit�s sp�ciales en mati�re de d�veloppement.
Tous les �l�ments indiqu�s ci-dessus montrent clairement que les peuples autochtones poss�dent des caract�ristiques particuli�res qui les distinguent de l'ensemble de la population et qu'ils ont donc une s�rie de droits sp�cifiques. En garantissant ces droits, on s'assure qu'ils pourront poursuivre le d�veloppement auquel ils aspirent. Plusieurs trait�s et recommandations ont donc �t� �tablis sur la sc�ne internationale pour garantir ces droits, le plus r�cent �tant la D�claration des droits des peuples autochtones, 2007.
Lectures recommand�es
The Indigenous World 2009 (IWGIA) http://www.iwgia.org/sw617.asp.
Le premier rapport sur la situation des peuples autochtones dans le monde.
http://www.un.org/esa/socdev/unpfii/en/sowip.html
L'affirmation des droits des peuples autochtones est un sujet qui a �t� d�battu r�cemment. Elle t�moigne de la lutte que ces peuples ont men�e � travers l'histoire pour s'assurer que leurs communaut�s, leurs cultures et leurs droits de propri�t� sur la terre et les ressources naturelles seraient reconnus. De nombreux accords et r�solutions internationales r�cents encouragent le d�veloppement durable et visent � faire participer les peuples traditionnels � la "Soci�t� de l'information". La plupart d'entre eux comprennent des buts et objectifs li�s au droit des autochtones de communiquer et aux droits associ�s. Certains des plus importants sont examin�s dans les sous-sections suivantes.�
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La Convention 169 relative aux peuples indig�nes et tribaux dans les pays ind�pendants adopt�e par l'Organisation internationale du travail (OIT) a �t� sign�e en 1989 et est le premier document qui reconnaisse les droits des autochtones. Elle garantit que les membres de ces populations b�n�ficient, sur un pied d'�galit�, des droits et possibilit�s que la l�gislation nationale accorde aux autres membres de la population, dans le respect de leur identit� sociale et culturelle, de leurs coutumes et traditions et de leurs institutions. Un quart du texte de cette convention est consacr� � l'�ducation et aux moyens de communication en tant que strat�gies essentielles de d�veloppement. Cette convention peut �tre consult�e � l'adresse suivante:�http://www.ilo.org/ilolex/cgi-lex/convde.pl?C169.
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Cette d�claration est le principal document qui traite des droits autochtones. Sign�e par l'Assembl�e g�n�rale des Nations Unies en 2007, elle reconna�t que tous les peuples contribuent � la diversit� et � la richesse des civilisations et des cultures qui constituent le patrimoine commun de l'humanit�. En ce qui concerne la "Soci�t� de l'information", la D�claration reconna�t les droits de ces peuples � promouvoir et � prot�ger leurs cultures, leur savoir et leurs traditions par les formes d'expression les plus vari�es. A l'Article 16 de cette D�claration, il est stipul� que:
� � � � � � �"Les peuples autochtones ont le droit d'�tablir leurs propres m�dias dans leur propre langue et d'acc�der � toutes les formes de m�dias non autochtones sans discrimination aucune."
Pour y parvenir, il est demand� que:
–���������� Les Etats prennent des mesures efficaces pour faire en sorte que les m�dias publics refl�tent d�ment la diversit� culturelle autochtone.
–���������� Les Etats, sans pr�judice de l'obligation d'assurer pleinement la libert� d'expression, encouragent les m�dias priv�s � refl�ter de mani�re ad�quate la diversit� culturelle autochtone.
Le Sommet mondial sur la soci�t� de l'information, qui s'est d�roul� en deux phases entre 2003 et�2005, est une initiative commune des Nations Unies et de l'UIT. Des gouvernements et des dirigeants politiques du monde entier se sont fermement engag�s � r�duire la fracture num�rique pour permettre l'acc�s aux TIC au niveau plan�taire, en accordant une attention particuli�re aux t�l�communications et � l'Internet.
Le Sommet a jug� n�cessaire de poursuivre les objectifs de d�veloppement �nonc�s dans la D�claration du Mill�naire des Nations Unies et dans la D�claration des droits de l'homme en assurant l'acc�s universel aux TIC et en partageant le savoir et l'information avec les personnes d�munies. Des plans d'action et des propositions de politiques ont �t� mis au point pour tenter de r�duire ces in�galit�s.
En ce qui concerne les peuples autochtones, le Sommet a fix� des
objectifs qui visaient � connecter�tous les villages � l'Internet
et � cr�er des points d'acc�s communautaire. De plus, il a�appel�
l'attention sur le fait que ces objectifs devaient respecter le
patrimoine culturel de chaque�communaut�. Les documents relatifs au
Sommet mondial sur la soci�t� de l'information peuvent �tre
consult�s � l'adresse suivante:
http://www.itu.int/wsis/basic/about.html.
�
Cette r�solution faisait valoir le droit des peuples autochtones
aux nouvelles TIC. Elle cherchait �garantir une meilleure
int�gration des peuples traditionnels et de leurs cultures dans la
"Soci�t� de�l'information", renfor�ant ainsi les buts et
engagements fix�s par le Sommet. Cette r�solution peut �tre
consult�e � l'adresse suivante:
http://www.un.org/docs/ecosoc/documents/2006/resolutions/Resolution%202006-46.pdf.
L'ONU a fix� 2015 comme date butoir pour la r�alisation de la
plupart des Objectifs du Mill�naire pour le d�veloppement (OMD).
Ces objectifs offrent des cibles concr�tes et chiffr�es pour
r�duire l'extr�me pauvret� sous ses nombreuses formes. Le premier
objectif vise � r�duire l'extr�me pauvret� et la faim, le deuxi�me
� assurer l'�ducation primaire pour tous et � �liminer
l'analphab�tisme, et le huiti�me � mettre en place un partenariat
mondial pour le d�veloppement. La n�cessit� de connecter les
populations autochtones aux TIC est confirm�e par ces trois
objectifs. Or, � l'approche de la date butoir, le monde est plong�
dans une crise �conomique sans pr�c�dent. Un rapport, �tabli en
2009, qui suit les progr�s accomplis vers la r�alisation des OMD,
peut �tre consult� sur la page web suivante:
http://www.un.org/spanish/millenniumgoals/pdf/MDG_Report_2009_SP_r3.pdf.
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L'Instance r�it�re les recommandations sur la diffusion
d'informations relatives aux questions autochtones. Elle encourage
�galement l'adoption de nouveaux moyens de diffusion pour faire
conna�tre ses activit�s aux communaut�s autochtones et aux
organisations, ayant recours pour cela � des programmes radio, des
publications et d'autres moyens culturels et �ducatifs pertinents.
Elle fournit des avis autoris�s et des recommandations � divers
programmes, fonds et institutions du syst�me des Nations Unies et
fait prendre conscience de la situation en diss�minant des
informations pertinentes et en encourageant l'int�gration et la
coordination des activit�s concernant�les questions autochtones.
Voir le lien ci-dessous:
http://www.un.org/esa/socdev/unpfii/.
�
Tenu en 2010, ce forum a d�cid� de renforcer les strat�gies
actuelles qui tentent de r�duire la fracture num�rique et de
reconna�tre les besoins particuliers des populations autochtones en
Am�rique latine, dans les Cara�bes et en Europe. Voir les liens
suivants:
http://www.eclac.cl/cgi-bin/getprod.asp?xml=/socinfo/noticias/noticias/6/38716/P38716.xml
&base=/socinfo/tpl/top-bottom.xsl
http://portal.unesco.org/ci/en/ev.php-URL_ID=13475&URL_DO=DO_TOPIC&URL_
SECTION=201.html#content.�
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Ce document recommandait que les Etats membres encouragent et appuient le renforcement des capacit�s de production de contenus autochtones sur l'Internet. Il lan�ait �galement plusieurs invitations � promouvoir l'incorporation de contenu Internet autochtone.�
http://portal.unesco.org/ci/en/ev.php-URL_ID=13475&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html#content
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Cette r�solution, �tablie par l'UIT, appelait l'attention sur l'Initiative mondiale en faveur des peuples autochtones et reconnaissait les probl�mes auxquels ces peuples �taient confront�s partout dans le monde; elle indiquait les mesures qui �taient susceptibles de permettre un acc�s durable et universel aux TIC. Elle stipulait que toutes ces actions devaient �tre men�es de fa�on � ce que les TIC puissent contribuer au d�veloppement des peuples autochtones, dans le respect de leur patrimoine culturel et de leurs valeurs.
L'UIT a publi� �galement deux r�solutions suppl�mentaires relatives aux peuples autochtones. La R�solution 11 traite de la connectivit� dans les communaut�s rurales et isol�es o� vivent habituellement les autochtones. Une deuxi�me r�solution, adopt�e au cours de la Conf�rence mondiale de d�veloppement des t�l�communications, qui s'est d�roul�e � Hyderabad en 2010, met l'accent sur le renforcement des capacit�s techniques des peuples autochtones en mati�re de t�l�communications.�
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Cette r�solution comprenait une s�rie de recommandations relatives aux programmes de d�veloppement des t�l�communications en faveur des peuples autochtones. Son but �tait de bien planter le d�cor en vue de cr�er un environnement propice aux TIC � l'intention des peuples autochtones. Elle tentait de tenir compte de facteurs tels que la technologie, le d�veloppement des comp�tences, le contenu et la gestion des services.�
Jusqu'ici, le pr�sent kit pratique a fait un tour d'horizon de la situation des peuples autochtones dans le monde et de leurs droits aux possibilit�s offertes par les TIC. Il a, d'une part, illustr� les difficult�s auxquelles se heurtaient les activit�s de d�veloppement des peuples autochtones - difficult�s qui d�coulaient souvent de l'expropriation de leurs terres et ressources ou de la non reconnaissance de leurs langues, coutumes et valeurs. D'autre part, nous avons vu qu'une s�rie de droits autochtones �taient reconnus, qui permettaient � ces peuples de d�cider de leurs propres formes de d�veloppement, dans le respect de leurs cultures ancestrales.
Les TIC ont un r�le essentiel � jouer dans cette situation contradictoire. D'une part, la diss�mination aveugle de m�dias TIC, tels que la t�l�vision et la radio, ont modifi� les valeurs et coutumes de ces peuples en introduisant dans leurs communaut�s des cultures de r�f�rence. Toutefois, ces m�dias peuvent �galement introduire du contenu adapt� aux besoins des peuples autochtones, contribuant ainsi de mani�re tangible � pr�server leur patrimoine culturel. On citera, � titre d'exemple de ce genre de programmation, le t�l�centre de Port Saavedra, implant� au sein d'une communaut� mapuche au Chili. Ce centre utilise les TIC pour faire conna�tre et promouvoir la t�l�m�decine naturelle. Des gu�risseurs autochtones peuvent utiliser l'Internet pour se connecter � des communaut�s �loign�es et mettre leurs connaissances ancestrales en pratique.
Il existe �galement des radiodiffuseurs autochtones en Australie, en Nouvelle-Z�lande et au Canada, qui produisent et transmettent des programmes adapt�s � la culture et aux besoins en mati�re de d�veloppement de leurs populations indig�nes.
Les nouvelles technologies peuvent devenir d'importantes aides au d�veloppement social et �conomique de ces peuples. L'exp�rience a montr� que les centres d'acc�s aux t�l�communications g�r�s par des �coles ou des associations communautaires stimulaient la production de contenus d'int�r�t local, en diss�minant les valeurs et la vision du monde des membres des communaut�s concern�es. Ils devenaient ainsi des m�canismes d'expression et d'�ducation ethniques et r�duisaient l'"apartheid" et l'ali�nation technologiques.
Au P�rou, par exemple, des autochtones ont utilis� la station radio de la communaut� du Mara�on pour d�noncer les conflits et les crimes commis par l'Etat et les entreprises concern�es par l'exploitation de l'Amazonie. La d�nonciation de ces crimes s'est envol�e sur les ondes, a fait le tour du monde et s'est sold�e par la mise en place d'un processus de dialogue entre les diff�rentes parties en cause.
L'adoption des technologies modernes est encore r�cente et novatrice. Si de nombreux autochtones continuent d'ignorer l'existence de ces outils, d'autres, en revanche, ont d�j� tir� parti des possibilit�s qu'ils offrent.
Les TIC sont, sans nul doute, un outil s�duisant pour les jeunes qui, en fait, les jugent indispensables. Ces technologies exercent une fascination et captivent presque instantan�ment les jeunes g�n�rations. Tel a �t� le r�sultat d'initiatives comme celle du "E-Way" men�e au Laos, o� moins de 15�000 personnes utilisent le web, dont un groupe de jeunes tib�tains qui ont pu ainsi conna�tre plus facilement les possibilit�s d'emploi et d'apprentissage.
Les g�n�rations plus �g�es r�agissent toutefois diff�remment. Elles r�sistent souvent � l'interaction avec la technologie par peur de perdre leur culture et leur tradition.
Pour des personnalit�s comme Margarita Neuculen, phytoth�rapeute traditionnelle du peuple mapuche, la voie de la technologie peut conduire � l'�quilibre car la technologie elle-m�me peut conduire � la lib�ration. La difficult� consiste � associer savoir ancestral et innovation, en pr�servant l'identit� ethnique et les modes de vie traditionnels face au monde contemporain2.
La t�che consiste donc � trouver un compromis qui permette aux TIC de fonctionner dans le cadre des objectifs de d�veloppement que les communaut�s autochtones se sont elles-m�mes fix�s.
Lectures recommand�es
2 Carvin, A., Surman, M. (Editors),� "From the Ground up; The Evolution of the Telecentre Movement", telecentre.org, IDRC, SDC (2006).
Cr�er un environnement propice veut dire mettre en place les conditions n�cessaires pour que les projets TIC puissent �tre d�velopp�s de mani�re satisfaisante et soient durables. Souvent, les projets de connectivit� destin�s aux r�gions autochtones insistent sur la longueur du temps de pr�paration et pourtant, il arrive fr�quemment que des sommes importantes soient investies dans des installations qui seront peut-�tre abandonn�es quelques mois plus tard. D'autres projets d�marrent gr�ce � des fonds publics et ne deviennent pourtant jamais autonomes. D'autres encore connaissent le succ�s dans de petites localit�s mais ne parviennent jamais � atteindre de vastes r�gions et donc � r�aliser tout leur potentiel.
Le but est d'assurer la viabilit� de chaque projet en le construisant, d�s le d�part, sur des bases solides. De cette mani�re, les objectifs de chaque communaut� peuvent �tre atteints en fournissant au fur et � mesure les ressources n�cessaires � un d�veloppement progressif. La pr�sente section du module examine les diff�rentes mani�res de proc�der pour cr�er un environnement qui assure la viabilit� du d�veloppement des TIC dans les r�gions autochtones.
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Pour cr�er un environnement propice au d�veloppement des TIC et �tablir un programme de connectivit� satisfaisant, des t�ches devront �tre effectu�es dans les domaines suivants:
•����������� R�glementation - pour offrir un cadre juridique qui permette d'assurer le bon fonctionnement du projet.
•����������� Technologie - pour assurer le d�veloppement satisfaisant de la technologie appropri�e dans les zones isol�es, afin que les outils techniques soient parfaitement adapt�s aux besoins et aux caract�ristiques de la communaut�.
•����������� Industrie - pour cr�er un environnement �conomique propice au d�veloppement, dans les zones isol�es, de services et d'entreprises en amont qui offrent des services de qualit� et d'un prix abordable aux centres d'acc�s.
•����������� Contenu - pour mettre au point et appliquer une s�rie de facteurs permettant de cr�er, de diss�miner et de diffuser du contenu local.
•����������� Renforcement des capacit�s - pour �tablir des syst�mes d'organisation, des agents et des capacit�s qui garantissent que les communaut�s autochtones disposent des comp�tences n�cessaires pour concevoir, cr�er et soutenir des centres d'acc�s h�berg�s dans des �coles.
•����������� Participation - pour garantir l'efficacit� des t�ches men�es dans tous les domaines mentionn�s ci-dessus.
La pr�sente section continuera de tracer une voie � travers tous les aspects d'un environnement propice. Cette voie conduit du niveau national au niveau local, puis repart en sens inverse. Enfin, la pr�sente section confirme qu'il est n�cessaire de travailler � tous les niveaux pour parvenir � mettre en place des r�seaux durables qui aident les peuples autochtones � atteindre leurs objectifs de d�veloppement.
Lectures recommand�es
•����������� G�mez & Casadiego: Lettre � Tante Ofelia http://www.idrc.ca/en/ev-8199-201-1-DO_TOPIC.html G�mez, Martinez et alt. Paths Beyond Connectivity http://www.idrc.ca/uploads/user-S/10359897120Paths_Beyond_Connectivity.pdf
•����������� Promoting equitable access, meaningful use and appropriation of the Internet: recommendations for ECOSOC http://www.idrc.ca/es/ev-4300-201-1-DO_TOPIC.html
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La r�glementation constitue le fondement d'un environnement propice aux TIC dans les communaut�s autochtones; c'est le premier facteur � prendre en consid�ration pour cr�er un tel environnement. Les points essentiels sur lesquels elle doit porter sont le contenu normatif n�cessaire pour stimuler la couverture, la disponibilit� des fr�quences, la viabilit� financi�re des m�dias, la promotion du contenu autochtone et la participation des peuples autochtones � la conception, l'application et l'�valuation de politiques qui les touchent directement.�
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Plusieurs pays ont incorpor� ces �l�ments dans leur l�gislation, mais de mani�res diff�rentes suivant leurs particularit�s historiques, politiques et sociales. Pour illustrer les meilleures pratiques en la mati�re, le Canada a �t� retenu car ce pays a incorpor� plus largement que d'autres, les �l�ments en question dans sa l�gislation.�
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Le d�veloppement des TIC au sein des communaut�s autochtones se heurte g�n�ralement � de grandes difficult�s. Les entreprises de t�l�communications sont souvent peu enclines � d�ployer des r�seaux en raison de leur faible rentabilit� et des probl�mes d'acc�s. Il est donc n�cessaire d'appliquer des normes de service universel pour garantir la mise en place d'infrastructures dans ces zones. Les dispositions prises � cet �gard sont vari�es; toutefois, celles que le Canada a adopt�es sont dignes d'attention car elles garantissent un service universel aux citoyens de ce pays et ont permis d'offrir des communications large bande m�me aux zones les plus recul�es.
Les centres d'acc�s h�berg�s dans des �coles ont besoin de r�gles et de politiques claires sur le service universel pour garantir la disponibilit� d'un acc�s � l'Internet � un prix abordable, et l'�volution des services large bande.�
La planification du spectre devrait tenir compte des priorit�s nationales et des objectifs internationaux fix�s dans les accords du SMSI et dans d'autres documents. Un haut degr� de priorit� doit �tre accord� aux besoins en communication des peuples autochtones, dont il doit �tre tenu compte dans la planification. Comme dans le cas du service universel, les dispositions prises par les gouvernements diff�rent et r�pondent � des strat�gies nationales. Des pays comme l'Argentine ont r�serv� certaines portions de spectre � la radiodiffusion sonore et t�l�visuelle d'�missions autochtones.
Il est �galement important, dans la planification du spectre, de garantir que des fr�quences sont disponibles pour les communications dans les zones isol�es. Au N�pal, le renoncement � un contr�le hautement restrictif s'est traduit par davantage de mesures d'incitation et de libert� et a conduit � octroyer des licences dans les bandes des 2,4 et 5,8 GHz. Ces licences ont �t� accord�es pour la prestation de services VSAT et ISP dans des zones rurales, moyennant un co�t annuel nominal d'environ 2 USD. Toutes les redevances aff�rentes aux communications vocales par Internet (d'ordinateur � ordinateur et entre r�seaux IP3) ont �t� supprim�es. Ensemble, ces mesures ont eu pour cons�quence de faciliter la prestation de services de communication dans les zones rurales.
De la m�me mani�re, en Afrique, des pays comme le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie, le Ghana, la C�te d'Ivoire et le Nig�ria ont adopt� des mesures r�glementaires pour que des communications VSAT puissent �tre assur�es plus facilement, dans des zones rurales plus �tendues, et � des prix plus accessibles.
L'adoption d'une r�glementation appropri�e bas�e sur une gestion du spectre ad�quate contribue � favoriser l'�tablissement de centres d'acc�s communautaires dans les �coles. Une bonne gestion du spectre garantit que des fr�quences sont disponibles pour connecter ces centres et pour �voluer vers des syst�mes ou moyens de communication plus modernes, qui peuvent �tre mis au point par les communaut�s elles-m�mes.
3 Etude de cas: Question 10-2/2 ID227 � �tudier.
Cet �l�ment garantit la viabilit� des centres et contribue � assurer la pr�sence, dans la zone, de personnel technique capable d'entretenir le r�seau, de moderniser et d'am�nager les centres et de produire des contenus locaux.
En Bolivie, des ressources f�d�rales sont allou�es � l'acquisition d'�quipement pour les stations radio communautaires et � la modernisation de celui dont elles sont d�j� pourvues. Alli�e � des activit�s de formation, cette mesure d'incitation est en train de transformer les stations des communaut�s autochtones en centres de connexion locaux.
Au Br�sil, le projet Points de culture offre aux associations autochtones un �quipement multim�dia, tel que cam�ras vid�o, ordinateurs portables et projecteurs. Dans ce cas particulier, une formation est dispens�e � l'occasion de rencontres r�gionales d'animateurs de mouvements de jeunesse, mais aussi de mani�re virtuelle, au moyen d'outils logiciels gratuits.
Plus au sud, en Uruguay, la l�gislation qui r�git les m�dias communautaires charge les responsables des t�l�communications d'appuyer et de former les employ�s des centres d'acc�s. Cette l�gislation a permis aux groupes autochtones d'acc�der plus facilement aux innovations technologiques.
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Les �l�ments essentiels ci-apr�s doivent figurer dans toute r�glementation encourageant la production et la protection du contenu autochtone:
•����������� Reconnaissance du multiculturalisme et du multilinguisme, ainsi que l'int�r�t que leur protection pr�sente pour l'Etat.
•����������� Mesures d'incitation � la production de contenu autochtone.
•����������� Disponibilit� d'informations transparentes pour �viter que des obstacles inutiles barrent l'acc�s au contenu.
•����������� Mise en place des conditions n�cessaires � la diffusion du contenu des peuples autochtones par des stations radio exploit�es par l'Etat ou sous franchise.
•����������� Appui � l'�tablissement de m�dias autochtones.
Le respect d'une l�gislation pr�sentant ces caract�ristiques permet aux centres d'acc�s install�s dans les �coles de trouver du contenu pertinent et incite � produire des programmes locaux, y compris du contenu �ducatif susceptible de contribuer au multiculturalisme.�
Il est absolument indispensable de consulter les peuples autochtones et de les encourager � participer aux d�bats sur les questions qui les concernent. Ce principe doit �tre appliqu� � toute d�finition et application de politiques publiques visant � aider ces peuples. La d�finition et l'application des m�dias ne font pas exception � cette r�gle.
Par ailleurs, les r�glementations destin�es � garantir la participation doivent donner de bons r�sultats dans deux domaines cl�s: a) la participation � la d�finition des programmes, des politiques et de la r�glementation applicable; et b) la participation � la conception, � l'ex�cution et � l'�valuation des projets destin�s � leurs communaut�s.
En ce qui concerne ce dernier domaine, certains pays ont institu� des organes de consultation et de participation permanents; tel est le cas du Te Puni K�kiri (Minist�re du d�veloppement maori). Le Te Puni K�kiri est le principal organe de consultation qui repr�sente le peuple maori aupr�s du Gouvernement n�o-z�landais et fournit � ce gouvernement des avis sur toutes les questions de politique publique qui concernent le peuple maori.
N�anmoins, nombreux sont les pays, en particulier sur le continent africain, qui doivent encore travailler pour parvenir � promulguer une l�gislation et reconna�tre l'existence des peuples autochtones sur leur territoire. Le Gouvernement k�nyan s'est attel� � cette t�che au cours des quelques derni�res ann�es.
Il existe d'autres r�glementations dignes d'int�r�t, comme celles de l'Argentine, qui instituent la participation d'un repr�sentant autochtone au sein du Conseil f�d�ral de la communication audiovisuelle - organe de conseil, de consultation et de contr�le de l'Autorit� f�d�rale des services de communication audiovisuelle.
Enfin, l'un des plus importants �l�ments est la participation des communaut�s autochtones � la pratique g�n�rale du d�veloppement des communications qui les concernent, et ce � toutes les phases du projet. Ces questions seront examin�es dans la section pertinente du pr�sent kit pratique.�
L'examen de plusieurs questions r�glementaires cl�s a permis de d�finir certaines bonnes pratiques. Il serait impossible de privil�gier tel ou tel syst�me g�n�ral de bonnes pratiques car les pays pr�sentent des caract�ristiques diff�rentes. De plus, les r�glementations qui r�gissent un projet de cette nature sont tr�s diverses; de ce fait, il est tr�s difficile de d�m�ler l'�cheveau des dispositions juridiques qui permettent de d�velopper les TIC au sein des communaut�s autochtones d'un pays donn�.
L'approche r�glementaire canadienne peut, sans aucun doute, �tre cit�e en exemple. Elle comprend des droits � l'acc�s universel, des syst�mes de consultation et de participation conformes � la pratique journali�re des politiques publiques sur les questions autochtones, des r�gimes de financement destin�s aux collectivit�s et des syst�mes de t�l�vision pour les peuples autochtones. Il s'agit l� de quelques-uns seulement des �l�ments clairement d�finis d'un syst�me de l�gislation et de politique publique propice au d�veloppement des TIC au sein des communaut�s autochtones.
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Il peut �tre utile d'analyser un syst�me r�glementaire donn� en se r�f�rant � la liste de contr�le dress�e dans le tableau ci-dessous. Comme indiqu� dans la section pr�c�dente, les �l�ments essentiels peuvent �tre incorpor�s de diverses mani�res dans les syst�mes r�glementaires. Il y a donc lieu de signaler que quelques-unes des questions qui figurent dans ce tableau ne seraient pas applicables � certains syst�mes r�glementaires.�
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El�ments figurant dans le
syst�me r�glementaire
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Oui
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Non
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Des
dispositions relatives au service universel
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Des
dispositions sp�ciales relatives � la couverture des communaut�s
autochtones
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Des
renseignements d�sagr�g�s sur la couverture au sein des communaut�s
autochtones
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Un
programme sp�cifique � la couverture des communaut�s
autochtones
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La
constitution de r�serves de fr�quences pour la radiodiffusion
autochtone
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Les obligations de l'Etat vis-�-vis de la promotion et de
la production de contenu local
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L'obligation d'accorder des concessions pour la
radiodiffusion de contenu autochtone
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Des
organes de consultation et de participation pour les
t�l�communications des peuples autochtones
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Des
obligations en mati�re de consultation et de participation �
l'ex�cution des projets
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Une approche r�glementaire
visant le d�veloppement des TIC dans les zones isol�es
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L'infrastructure et la technologie sont g�n�ralement les �l�ments dominants des politiques de d�veloppement des TIC destin�es aux zones isol�es et aux communaut�s autochtones. Il arrive souvent que le seul r�sultat auquel parviennent ces politiques soit la mise en place d'une infrastructure qui, plus tard, sera abandonn�e ou insuffisamment utilis�e. Le choix de la technologie est donc, indiscutablement, un �l�ment qu'il faut absolument prendre en consid�ration, ce choix devant se porter sur la technologie la mieux adapt�e � une localit� donn�e.
Afin de d�finir les aspects essentiels du choix de la technologie, nous devons examiner les conditions pr�alables de la politique publique qui permettent le d�veloppement de l'infrastructure. Dans le m�me esprit, nous devons examiner �galement les aspects m�thodologiques du d�veloppement des projets TIC.
Pour d�finir ces derniers, nous nous sommes fond�s sur le mod�le Percolator de Mallalieu�&�Rocke4, qui indique que le choix d'une solution technologique doit se faire dans trois domaines:
1)��������� Le domaine de la base, qui a trait au contexte politique et culturel;
2)��������� Le domaine des utilisateurs, qui a trait au contexte social; et
3)��������� Le domaine de la technologie, qui a trait au contexte physique.
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Source: Selecting Sustainable ICT Solutions for Pro-poor Intervention in Digital Poverty, Latin American and Caribean Perspectives (Choix de solutions TIC durables pour une intervention en faveur des pauvres en mati�re de pauvret� num�rique, Perspectives d'Am�rique latine et des Cara�bes) CRDI-2007, p. 117.
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4 Selecting Sustainable ICT Solutions for Pro-poor Intervention in Digital Poverty, Latin American and Caribean Perspectives IDRC-2007.
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Le kit pratique examinera s�par�ment, en fonction de ces domaines, les aspects essentiels des politiques publiques et de l'ex�cution des projets.�
Le cadre de politique publique doit fixer des phases d'ex�cution et de d�veloppement pour permettre l'analyse des besoins et des conditions en fonction desquels on choisira, plus tard, la technologie appropri�e. A cet �gard, les programmes qui �cartent automatiquement toute possibilit� de choisir de nouvelles technologies n'ont pas leur place ici.
L'existence de programmes li�s � une technologie particuli�re est source de probl�mes, comme en t�moigne le cas d'un pays de la r�gion des Am�riques, qui avait choisi des antennes VSAT pour son programme national de centres d'acc�s communautaires sans tenir compte du fait que certaines collectivit�s avaient acc�s au large bande par c�ble ou fibres optiques et que la technologie VSAT ne convenait pas � d'autres en raison des conditions m�t�orologiques. Au cours de la phase suivante de ce programme, les centres de connectivit� avaient d� adopter d'autres technologies � plus grande capacit� et meilleure rentabilit� - l� o� cela �tait possible. Tout bien pes�, ce processus a donn� lieu � des d�penses inutiles qui auraient pu �tre �vit�es si la situation et les besoins locaux avaient �t� d�termin�s et pris en consid�ration avant de choisir la technologie � utiliser.
Contrairement � cet exemple, des initiatives comme le Projet national canadien de recherche sur la t�l�sant� pour les premi�res nations indiquent la technologie � adopter5�uniquement apr�s avoir analys� les besoins des usagers locaux et avoir proc�d� avec eux � une planification exhaustive.
5�Voir Community Services in the 21st Century: First Nations & Inuit Telehealth Services, Canada�2001 (Services communautaires au 21�me si�cle: Services de t�l�sant� destin�s aux premi�res nations et aux Inuits, Canada 2001).
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Une technologie est adopt�e lorsqu'elle r�pond � un besoin et que l'on dispose de l'outil n�cessaire; la collectivit� la personnalise en fonction de ses exigences. Cette m�me technologie est utilis�e plus tard pour r�pondre � d'autres besoins des utilisateurs qu'elle est en mesure de satisfaire. Ce processus doit donc �tre suivi pas � pas, en d�terminant progressivement les besoins et la mani�re dont la technologie peut y r�pondre. La phrase ci-apr�s, de Gumucio Dagr�n, d�crit clairement ce processus:
������������ Je dis toujours que pour aller acheter du pain au coin de la rue il faut marcher � pied, pour se rendre cinq rues plus loin, prendre une bicyclette et pour faire un kilom�tre, �ventuellement prendre l'autobus, mais ne commencez pas par l'autobus pour aller acheter du pain au coin de la rue….
Il arrive effectivement que la disponibilit� de ressources conduise � installer des syst�mes qui vont au-del� des besoins de la collectivit� ou que les syst�mes install�s ne puissent plus r�pondre � ces besoins car leur transition ult�rieure vers une technologie plus avanc�e n'avait pas �t� pr�vue.
Par ailleurs, de nombreux centres sont dot�s d'un �quipement qui pourrait para�tre d�pass� mais qui, en r�alit�, fonctionne bien compte tenu de la situation et de la disponibilit� des ressources locales.
������������ L'Unidad de comunicaci�n guaran� (UCG) (L'Unit� de communication guarani) fonctionne dans le domaine de la production audiovisuelle en utilisant un �quipement qui, aujourd'hui, peut �tre consid�r� comme d�pass� mais qui est le seul auquel elle a acc�s. Aucun �quipement de production de vid�onum�rique n'est actuellement disponible… Pour les enregistrements audiovisuels, elle utilise deux cam�ras Panasonic VHS (mod�les M900 et�M1300). Un des probl�mes pos�s par ces appareils est le maintien de la charge de leur batterie qui doit �tre suffisante lorsqu'ils sont utilis�s dans des r�gions d�pourvues d'�lectricit�. Pour cette raison, une batterie de motocycle de 12 volts a �t� connect�e � une batterie VHS pour obtenir un g�n�rateur de longue dur�e. L'�quipe de l'UCG a tir� parti des obstacles ainsi rencontr�s sur le terrain, qui leur ont permis d'acqu�rir une exp�rience et des connaissances utiles et qui ont, � terme, renforc� la coh�sion du groupe6.
Comme le montre l'exemple donn� en rapport avec l'�l�ment technologique, le plus important est de s'assurer que la communaut� adapte la technologie de mani�re cr�ative et en fonction de ses besoins.
6 Yasarekomo: An Experience in Indigenous Communication in Bolivia, FAO 2004 p.20 http://www.fao.org/docrep/006/y5311s/y5311s00.htm
A ce stade, le pr�sent kit pratique met l'accent sur deux aspects: 1) la cr�ation et le partage de l'infrastructure communautaire; et 2) la mise en place, dans les endroits ou bases plus peupl�s, d'une infrastructure de connectivit� � partir de laquelle des communications hertziennes puissent �tre assur�es.
Pour ce qui est du premier aspect, il est important de tenir compte du fait que de nombreuses zones isol�es manquent d'infrastructures de base, dont l'�lectricit�. En lui-m�me, ce probl�me d�termine certaines des caract�ristiques de l'�quipement qui devra �tre utilis�. Il est �galement n�cessaire de partager l'infrastructure existante avec d'autres utilisateurs. Il importe donc que les t�l�centres num�riques se servent de l'infrastructure en place et la renforcent. Pour cette raison, il est parfois commode d'installer des centres num�riques dans des �coles ou dans d'autres centres documentaires audiovisuels dont la communaut� dispose d�j�, tels que des stations radio ou des bureaux de poste, en prenant soin de s'assurer que l'acc�s collectif � ces centres est possible.
En ce qui concerne le deuxi�me aspect, il est important de tenir compte du fait qu'il est difficile et on�reux de permettre partout l'acc�s aux fibres optiques. Par contre, si des noeuds optiques existent dans des villes voisines, il est plus facile de fournir, � partir de ces points, des connexions hertziennes large bande aux collectivit�s avoisinantes. Ces solutions se sont av�r�es �tre un excellent moyen de connecter des zones isol�es au large bande. On trouve des exemples de ce type de solution en Inde, o� chaque taluka (comt�) tire profit des connexions large bande en assurant une couverture hertzienne d'un rayon de l'ordre de 20 ou 30 km7
7 See Jhunjhunwala, N-Logue: the story of a rural service provider in India, The Journal of Community Informatics, (2004), Vol. 1, Issue 1, pp. 30-38
Les caract�ristiques des zones rurales imposent la mise au point de syst�mes et d'�quipements sp�cifiques et de mesures d'incitation � la recherche, le d�veloppement des comp�tences locales pour innover en mati�re d'�quipements et de r�seaux, et l'ouverture de possibilit�s commerciales de prestation de services dans ces zones. Toutes ces mesures stimulent la cr�ation d'�quipement r�pondant aux besoins locaux.
La technologie mise au point � l'intention des zones isol�es doit poss�der au moins les caract�ristiques suivantes:
•����������� Etre d'un bon rapport co�t-efficacit�
•����������� Accessible
•����������� Robuste
•����������� Modulable
•����������� Pouvoir prendre en charge les applications jug�es appropri�es.
Le syst�me CorDECT, qui a �t� mis au point en Inde et peut fonctionner � 55� - et n'a donc pas besoin de fonctionnalit�s suppl�mentaires, telles que la climatisation - est un exemple de technologie con�ue pour r�pondre � des conditions sp�cifiques. La consommation totale en �nergie de ce syst�me est de 1�kilowatt (Kw) seulement. Ainsi adapt�, CorDECT peut offrir simultan�ment des services t�l�phoniques et un acc�s � l'Internet � un d�bit de 35/70 kbps � des localit�s situ�es dans un rayon de 25 km.
Les politiques publiques de d�veloppement des TIC devraient �tre souples et permettre de choisir la technologie au cas par cas. Elles devraient encourager la participation en laissant la technologie qui serait adopt�e d�finir les besoins. Les concepteurs devraient construire l'infrastructure n�cessaire au d�ploiement de r�seaux dans les zones avoisinantes et/ou dans celles auxquelles il est le plus difficile d'acc�der. Ils devraient partager l'infrastructure d�j� en place au sein des collectivit�s et encourager la recherche et le d�veloppement de la technologie afin de pouvoir assurer des communications dans les zones isol�es.
Lectures recommand�es
•����������� Jhunjhunwala et alt., N-Logue The Story of a Rural Service Provider in India http://unpan1.un.org/intradoc/groups/public/documents/APCITY/UNPAN023008.pdf
•����������� Community Services in the 21st Century: First Nations & Inuit Telehealth Services (Services communautaires au XXIe si�cle: Services de t�l�sant� destin�s aux premi�res nations et aux Inuits). Projet national de recherche sur la t�l�sant� pour les premi�res nations HTF-NA402 1998 _ 2001
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Comme mentionn� au d�but de la pr�sente section, le mod�le Percolator de Mallalieu & Rocke (2007) sera consid�r� comme �tant la base des �l�ments essentiels dans le domaine de l'application technologique. Ce mod�le distingue trois bases sur lesquelles doit �tre fond� le choix de la technologie appropri�e, chacune de ces bases indiquant les caract�ristiques, les attentes et les besoins � prendre en consid�ration pour ce faire.
Cette analyse est effectu�e en trois phases qui renseignent sur le contexte dans lequel un r�seau ou un �quipement serait install�, les fins auxquelles il pourra �tre utilis�, les caract�ristiques des usagers et les divers r�seaux ou protocoles disponibles dans la zone, ainsi que des donn�es indispensables pour choisir la technologie � adopter.
Dans la pr�sente section, les objectifs du d�veloppement de la communaut� sont fix�s en fonction du contexte politique et culturel particulier de cette communaut�. On proc�de, pour ce faire, � une analyse int�gr�e des micro et macro-facteurs qui d�terminent les syst�mes culturels dominants.
A ce stade de l'analyse, il faut tenir compte de trois aspects:
1)��������� Les ressources disponibles: il s'agit des ressources naturelles, des technologies, comp�tences, connaissances et capacit�s, de l'acc�s � l'�ducation, aux sources de cr�dit et aux r�seaux sociaux.
2)��������� Le contexte des ressources: tout ce qui est susceptible de limiter ou, au contraire, de permettre l'acc�s � ces ressources, mais aussi les tendances politiques, �conomiques et techniques, des �v�nements tels que catastrophes, �pid�mies, mouvements sociaux transitoires ou permanents et cycles saisonniers, facteurs de production et prix, etc.
3)��������� L'environnement social: les r�alit�s et institutions politiques qui affectent les mani�res dont ces ressources sont utilis�es.
Cette analyse peut �tre effectu�e en appliquant diverses m�thodes. L'une d'elles, d�sign�e "Moyens d'existence durables"8, comprend plusieurs outils analytiques qui permettent d'identifier les caract�ristiques susmentionn�es. Ceci dit, g�n�ralement parlant, n'importe quelle m�thode d'analyse participative couvrant les domaines vis�s peut �tre utilis�e.
Pour mieux illustrer ce point, examinons les probl�mes de la distribution des produits agricoles en Zambie. Bien que les fermiers de ce pays soient consid�r�s comme �tant les meilleurs producteurs du monde de certains produits comme le coton, ils ont affaire � des acheteurs sans scrupules qui, profitant des difficult�s qu'�prouvent les producteurs de grains � trouver des d�bouch�s convenables
pour de nouveaux produits, leur offrent des prix inf�rieurs � ceux du march�. Une fois que ce probl�me a �t� analys� et que l'on a compris qu'il s'agissait d'une priorit� du d�veloppement, des t�l�phones mobiles (texting) ont �t� d�ploy�s pour permettre aux fermiers d'acc�der aux v�ritables prix du march� et aux acheteurs9.
Autrement dit, l'analyse effectu�e dans ce domaine d�termine l'objectif de d�veloppement � atteindre et le contexte dans lequel la technologie sera adopt�e. Ces objectif et contexte permettent, � leur tour, de proc�der � un premier filtrage et d'�carter certains outils technologiques ou d'identifier ceux qu'il convient de retenir.
8�Le Fonds international de d�veloppement agricole (FIDA) offre plusieurs �l�ments d'information sur les moyens d'existence durables�www.ifad.org
9��Voir Trading Commodities via SMS IFAD (Utilisation
des SMS pour la commercialisation des produits de base)
FIDA�http://operations.ifad.org/web/guest/country/voice/tags/zambia/shemp
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La pr�sente section tient compte des caract�ristiques des utilisateurs pour d�finir les types d'application qui peuvent �tre utilis�s et sont n�cessaires. Par exemple, si la majorit� des membres d'une communaut� donn�e sont illettr�s, les outils audio et vid�o l'emporteront probablement sur les autres. Le syst�me doit donc avoir une capacit� suffisante pour permettre l'utilisation d'applications audio et vid�o et pouvoir assurer des services de t�l�consultation, des liaisons vid�o entre ordinateurs, et la transmission d'images dans des conditions de s�curit�. Il est opportun de tenir compte, en plus des besoins des utilisateurs, des comp�tences techniques des administrateurs r�seau.
Dans la partie septentrionale de l'Ouganda - zone de conflit, dans laquelle se trouvent plusieurs camps de r�fugi�s - un r�seau WiFi a �t� d�ploy� pour que des communications puissent �tre �chang�es entre ces camps et avec les organisations qui fournissent une aide aux r�fugi�s et travaillent avec eux. Ce r�seau a �t� mis au point dans le cadre du projet de secours destin� � l'Ouganda et d�sign� BOSCO (Battery Operated Systems for Community Outreach) (Syst�mes aliment�s par piles pour atteindre les collectivit�s) en association avec l'entreprise sociale Inveneo, pour laquelle la participation des utilisateurs est un �l�ment essentiel de la conception du r�seau. Il a �t� tenu compte, par exemple, dans ce projet, du fait que le r�seau en question serait exploit� par des administrateurs n'ayant pas re�u une formation technique et ayant une exp�rience limit�e de l'utilisation des TIC. L'infrastructure devait donc comprendre un �quipement facile � utiliser.
La pr�sente section passe en revue les technologies disponibles qui r�pondent aux besoins d�finis dans les sections pr�c�dentes. De plus, le type de technologie le mieux adapt� est d�termin� en tenant compte du contexte physique dans lequel il sera exploit�.
Ces technologies comprennent les technologies et dispositifs d'acc�s et les applications. Elles sont �valu�es en fonction des r�sultats obtenus lors de l'analyse de chaque domaine.
Lors de l'examen des technologies d'acc�s, on doit chercher � savoir si elles sont disponibles et capables d'assurer des services appropri�s, compte tenu de la r�gion et des caract�ristiques des utilisateurs. Cette mani�re de proc�der permet de d�terminer si l'on doit adopter et utiliser la t�l�phonie fixe, la t�l�phonie mobile, la radio, la t�l�vision, les fibres optiques, le c�ble, les courants porteurs en ligne ou les technologies WiFi ou WIMAX.
Les dispositifs d'acc�s sont les m�canismes par l'interm�diaire desquels les utilisateurs se connectent et obtiennent des informations. On doit tenir compte, pour choisir les dispositifs appropri�s, des caract�ristiques suivantes:
–������� Caract�ristiques des utilisateurs
–������� L'environnement dans lequel la technologie est exploit�e, y compris les conditions physiques
–������� Prix
–������� Disponibilit�
–������� Facilit� d'utilisation
–������� Mobilit�
–������� Consommation d'�nergie.
Les applications en question concernent le logiciel ou le service qui sera fourni aux dispositifs d'acc�s et au r�seau. A ce stade, il est important de tenir compte, en plus des arguments qui d�coulent des caract�ristiques des utilisateurs et du contexte physique, des �l�ments de l'environnement de base qui d�finiront de nombreux avantages ou t�l�-applications. Ces �l�ments peuvent avoir un lien direct avec les priorit�s du d�veloppement.
Revenons � l'exemple utilis� dans la section consacr�e au domaine de la base: les producteurs de grain zambiens pour lesquels la priorit� en mati�re de d�veloppement �tait l'acc�s aux march�s. Dans le cas envisag�, ces producteurs avaient acc�s � la t�l�phonie mobile � un prix abordable. Bien qu'ils aient eu �galement acc�s � l'Internet gr�ce au portail d'un centre communautaire num�rique, �tant donn� les caract�ristiques physiques du lieu et des utilisateurs, la technologie la plus accessible et la plus demand�e �tait la t�l�phonie cellulaire.
La pr�sente analyse peut �tre appliqu�e avec succ�s � la construction d'un centre d'acc�s dans une �cole de communaut� autochtone. Avant de construire un tel centre, il faudrait se poser les questions suivantes: Quels sont les besoins � satisfaire? Qui va utiliser ce centre et � quelles fins? Quelles sont les caract�ristiques g�ographiques de la zone? Les caract�ristiques du r�seau, la s�lection de l'�quipement, les applications requises et, comme nous l'avons vu, la cr�ation des capacit�s n�cessaires � l'utilisation de la technologie devraient �tre d�termin�es en fonction des r�ponses � ces questions.
Lectures recommand�es
•����������� Mallalieu & Rocke, Selecting Sustainable ICT Solutions for Pro-poor Intervention in Digital Poverty, Latin American and Caribbean Perspectives IDRC-2007 http://dirsi.net/sites/default/files/dirsi_07_DP06_en.pdf
•����������� ICT Project and Sustainability Primer: Things to Consider When Designing ICT Projects for Low-resource Environments. Inveneo http://www.inveneo.org/download/Inveneo_ICT-Sustainability_Primer0809.pdf
Les bonnes pratiques dans le domaine de la technologie et de l'infrastructure seront pr�sent�es de la m�me mani�re que les �l�ments essentiels. On examinera d'abord celles qui ont trait � la politique publique, puis celles qui rel�vent du domaine de la m�thodologie ou de l'organisation et permettent de choisir la technologie appropri�e.
S'agissant de la politique publique, l'exp�rience acquise par le Canada lors de l'ex�cution du Projet national de recherche sur la t�l�m�decine pour les premi�res nations a �t� mentionn�e car ce projet comprenait une vaste phase de recherche destin�e � d�terminer la technologie appropri�e et tenait compte de toutes les caract�ristiques indiqu�es. Il a ainsi �t� possible de choisir, pour chacune des communaut�s autochtones, la technologie et l'�quipement particulier qui r�pondaient le mieux � ses besoins et caract�ristiques.
S'agissant de la m�thodologie, il est int�ressant de mentionner les travaux qui ont abouti � l'adoption, dans le cadre du Projet de mise en r�seau sans fil du N�pal, d'une m�thode de s�lection de la technologie pr�sent�e par la Commission d'�tudes 2 de l'UIT sur le th�me des communications rurales. Ce projet communautaire est un exemple de m�thode de s�lection de la technologie qui repose sur un grand nombre d'�l�ments mentionn�s dans la partie du pr�sent document consacr�e � la m�thodologie. Par ailleurs, il illustre on ne saurait plus clairement la citation d'Albert Einstein: "L'imagination est plus importante que le savoir".
Le projet de mise en r�seau sans fil du N�pal est n� du d�sir de plusieurs collectivit�s de trouver des moyens de se connecter � la ville la plus proche10, Pokhara. Au d�but du projet, deux volontaires europ�ens ont apport� deux cartes r�seau sans fil avec lesquelles ils ont commenc� � exp�rimenter en utilisant des antennes de leur fabrication. Avant cette exp�rience, les membres de la communaut� locale avaient d�j� envisag� d'autres options, telles que les microstations, les t�l�phones satellitaires et les antennes � hyperfr�quences, mais ils ne pouvaient couvrir le co�t de ces technologies.
A l'�poque du lancement du projet, la technologie WiFi venait de faire son apparition et on ne savait�pas si elle �tait efficace sur de grandes distances. Les ing�nieurs des t�l�communications avec lesquels la communaut� de Nangi �tait en rapport, pensaient qu'il �tait impossible de couvrir les 40 kilom�tres qui s�paraient Nangi de Pokhara. Or, les essais ont donn� de bons r�sultats et la communaut� a choisi d'adopter cette technologie pour plusieurs raisons: 1) c'�tait la plus �conomiquement viable des technologies disponibles sur le march�; 2) c'�tait celle qu'il �tait le plus facile d'apprendre � utiliser; 3) elle consommait tr�s peu d'�nergie et pouvait donc �tre facilement adapt�e � l'�nergie solaire; et 4) son co�t d'exploitation et d'entretien �tait minime. A la date de�l'�tablissement du rapport de la Commission d'�tudes, la communaut� exploitait un �quipement11�Canopy de Motorola, qui utilise, pour les grandes distances, des fr�quences de la bande des 2,4 GHz, ou de celle des 5,8 GHz.
Apr�s son lancement, ce projet a re�u, de la part de l'UIT et d'autres organismes, un appui financier international pour l'achat d'�quipement. Aujourd'hui, il s'est transform� en une soci�t� communautaire dirig�e par un lyc�e de la r�gion, qui fournit au district de Myagdi (N�pal) un soutien p�dagogique, ainsi que des services de t�l�m�decine, de commerce �lectronique local et de t�l�phonie VoIP.
Pour choisir la technologie, la communaut� a suivi un processus logique - ce que les instances publiques oublient parfois de faire lorsqu'elles �tablissent des programmes de communication nationaux dans des r�gions isol�es.
Les peuples autochtones sont confront�s � une difficult�: celle de s'assurer que les nouvelles technologies sont culturellement adapt�es aux besoins particuliers de chaque communaut�. Le choix et le d�ploiement de la technologie � utiliser doivent donc �tre fonction des avantages qu'ils pr�sentent pour les communaut�s autochtones. Autrement, la connexion de la communaut� peut aller � l'encontre de valeurs telles que l'autonomie, que les communaut�s autochtones cherchent � renforcer. De plus, la durabilit� du projet sera, sans nul doute, affect�e12.
10 Par exemple, la communaut� autochtone de Nangi, qui ne dispose d'aucun service t�l�phonique ou Internet, ni d'aucun service de sant�, est � deux jours de distance � pied de Pokhara.
11 Pour plus de renseignements sur l'infrastructure du r�seau, voir l'�tude de cas de la Question � �tudier 10-2/2 ID227.
12�Srinivasan, R. (2006). Indigenous, Ethnic and Cultural Articulations of New Media.�International Journal of Cultural Studies, 9(4), 497-518.
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La pr�sente section permettra de v�rifier plus facilement si les politiques et programmes de d�veloppement des TIC au sein de communaut�s autochtones isol�es encouragent ces communaut�s � adopter des solutions technologiques. L'incorporation de pratiques de ce type garantira que la technologie retenue sera adapt�e aux caract�ristiques et aux besoins de la communaut� et que le projet sera techniquement viable � long terme.
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Pratiques qui encouragent
les communaut�s � adopter une technologie
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Oui
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Non
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Les programmes nationaux destin�s �
connecter des zones isol�es permettent de choisir une technologie
adapt�e aux caract�ristiques de la communaut�
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Il est tenu compte des
particularit�s de la communaut� au cours de l'ex�cution du
projet.
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Il est tenu compte des priorit�s de
la communaut� et du pays en mati�re de d�veloppement lors du choix
de la technologie � utiliser.
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Des param�tres sont en place pour
v�rifier que ces priorit�s locales et nationales ont �t� prises en
consid�ration et contr�l�es au moyen de cyberapplications
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Il est tenu compte des besoins et
des comp�tences des utilisateurs lors du choix de la
technologie
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Des param�tres sont en place pour
v�rifier qu'il a �t� tenu compte de ces besoins et comp�tences en
ce qui concerne l'infrastructure et les applications
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Il est tenu compte, lors du choix
de la technologie, du contexte physique et du march� dans lesquels
elle sera appliqu�e/utilis�e
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Des param�tres sont en place pour
v�rifier qu'il a �t� tenu compte de ces besoins et
comp�tences
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Des mesures d'incitation sont
prises pour stimuler la recherche de technologies de communication
convenant aux zones rurales ou isol�es
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Les caract�ristiques individuelles
de la communaut� sont, dans l'ensemble, prises en consid�ration et
la participation de cette communaut� � la d�finition et au choix de
la technologie � utiliser est assur�e.
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Il convient de faire observer que les localit�s isol�es repr�sentent des march�s inint�ressants pour les compagnies de t�l�communications. Des entreprises de TIC peuvent, malgr� tout, �tre �tablies dans des zones isol�es dans le cadre de projets commerciaux s�duisants qui �tendent la couverture des t�l�communications � ces zones sans n�cessiter de subventions.
Quels sont donc les facteurs qui favorisent l'adoption de plans d'activit�s durables et s�duisants en faveur du d�veloppement d'infrastructures TIC dans les zones isol�es et au sein des communaut�s autochtones? Quel est le r�le du gouvernement dans l'�laboration de ces plans? Avant de chercher � r�pondre � ces questions, il est n�cessaire de comprendre un principe fondamental en mati�re d'�conomie. Selon le mod�le de Braudel, il existe trois niveaux �conomiques, chacun �tant capable de r�pondre � tous les besoins de l'�tre humain, et des institutions sp�cifiques qui conviennent � chaque environnement �conomique particulier13. Ces trois niveaux sont: l'�conomie de subsistance, l'�conomie locale et l'�conomie-monde14.
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Les projets de couverture de t�l�communications ne cadrent habituellement pas avec ce mod�le et les entreprises qui fonctionnent au niveau de l'�conomie-monde tentent souvent d'op�rer dans des zones d'�conomie de subsistance, ce qui exige de lourdes subventions, au lieu de cr�er les conditions n�cessaires � la mise en place d'une infrastructure adapt�e � ce type d'�conomie.�
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13�Voir l'OCDE (1996)�R�concilier l'�conomique et le social: Vers une soci�t� plurielle; Braudel (1980) Civilisation mat�rielle, �conomie, capitalisme; Neff (1993) Desarrollo a Escala Humana: Conceptos y Aplicaciones.
14 Diagramme d'apr�s Haughton (1999)
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On examinera, � ce stade, les �l�ments essentiels qui garantissent le succ�s des centres d'acc�s communautaires, y compris les facteurs dont d�pend la viabilit� de ces centres et ceux qui permettent de fournir des services modulables. Le kit pratique examinera �galement les mesures que les Etats devraient adopter pour faciliter le d�veloppement d'entreprises de TIC dans des milieux ruraux viables.�
Lorsqu'on pr�voit d'�tendre une technologie � des communaut�s rurales, il faut examiner la cha�ne de production toute enti�re, ses principaux acteurs et les niveaux �conomiques auxquels chacun travaille.
Par exemple, le dernier maillon de la cha�ne est le centre communautaire, qui fonctionne g�n�ralement dans une �conomie de subsistance. Ses ressources mon�taires sont maigres mais les membres de la communaut� et leurs organismes constituent d'importantes ressources �conomiques.
Il risque toutefois d'�tre difficile, dans ce contexte �conomique, de trouver certaines des ressources dont les centres d'acc�s communautaires ont besoin, tels que conseils techniques, entretien de l'�quipement, p�riph�riques et autres appareils. Ces ressources doivent �tre obtenues aupr�s d'agents ext�rieurs � l'environnement �conomique imm�diat - d'un niveau �conomique sup�rieur (l'�conomie locale). Il est important de se procurer ces ressources localement et non pas � un niveau mondial, ce niveau n'�tant souvent pas rentable.
Enfin, l'acc�s au r�seau dorsal principal ne peut �tre g�r� que par une entreprise qui participe � l'�conomie-monde, car la dorsale est habituellement hors de port�e des fournisseurs de services locaux.
Il faut tenir compte, lors de la conception et de l'ex�cution de programmes visant � connecter des zones isol�es, de la cha�ne de production d�crite ci-dessus, et de la mani�re dont les acteurs sont coordonn�s ou motiv�s. Cet aspect sera examin� plus loin dans une �tude de cas repr�sentative.�
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Une fois qu'il a �t� tenu compte, dans le plan de mise en oeuvre, de la cha�ne de production des TIC, il faudra tr�s vraisemblablement pr�voir des mesures d'incitation ou des subventions pour que les micro-entrepreneurs investissent dans ces technologies et en assurent l'expansion. Il peut arriver que des groupes de volontaires offrent leurs services pour installer et entretenir l'�quipement ou mettre des logiciels au point. Bien qu'int�ress�es, ces personnes risquent de ne pas avoir les comp�tences, le mat�riel et/ou les fonds n�cessaires pour r�pondre de mani�re efficace � la demande ou aux d�bouch�s �conomiques qui se pr�sentent.
En ce sens, les incubateurs se sont r�v�l�s utiles en aidant les micro-entreprises � r�pondre aux besoins de communication de zones isol�es. L'initiative de communications autochtones My-Knet, financ�e dans le cadre du Programme collectivit�s ing�nieuses d'Industrie Canada est un exemple de programme de ce type. Lanc�e sous forme d'un syst�me d'appel individuel unilat�ral destin� aux collectivit�s autochtones du Nord de l'Ontario, cette initiative se targue aujourd'hui d'offrir des communications large bande et de multiples applications.
Pour r�ussir, les micro-entreprises doivent avoir acc�s aux quatre �l�ments essentiels�suivants:
–���������� Finance - acc�s � des ressources mon�taires.
–���������� Connaissances et appui technique.
–���������� Logistique pour l'achat et la vente (acc�s aux march�s pour acqu�rir des intrants et pouvoir placer ses produits).
–���������� Possibilit� de partager les risques.
L'acc�s � ces quatre �l�ments peut �tre garanti de bien des fa�ons, suivant la situation nationale et les ressources disponibles. Il est toutefois n�cessaire de les incorporer dans tous les programmes.�
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Les micro-entreprises qui op�rent dans des zones autochtones sont g�n�ralement des pionni�res technologiques. L'application de normes de qualit� et de service rigoureuses peut faire barrage � l'apparition de nouveaux concurrents sur ce march�. Il est donc important d'incorporer des principes universellement accept�s et la neutralit� technologique afin d'�viter le ralentissement de l'utilisation de certains protocoles ou de certaines technologies � des fins qui n'avaient pas �t� pr�vues auparavant. �
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Les entreprises d'une collectivit� doivent pouvoir acc�der aux serveurs essentiels et aux lignes de la dorsale qui sont habituellement exploit�s par des compagnies fonctionnant � un niveau mondial. Il est donc indispensable que les micro-entreprises qui fournissent des services de t�l�communication dans des zones isol�es fonctionnent dans des conditions concurrentielles pour garantir l'acc�s communautaire aux r�seaux de communication.
Lectures recommand�es
•����������� Galperin & Girard, Microtelcos in
Latin America and the Caribbean, in Poverty Digital, the Prospects
in Latin America and the Caribbean IDRC-2007
http://dirsi.net/sites/default/files/dirsi_07_DP05_en.pdf
•����������� Jhunjhunwala, n-Logue: The Story of a Rural Service
Provider in India. Journal of Community Informatics (2004) V1 issue
1.
http://unpan1.un.org/intradoc/groups/public/documents/APCITY/UNPAN023008.pdf
•����������� Finquelievich, S. Telecommunications Cooperatives and Social democratization. Telpin a Case Study of Community Organization of the Information Society Magazine of Social Studies Universidad de los Andes (2005) http://redalyc.uaemex.mx/redalyc/pdf/815/81502203.pdf
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Plusieurs pays ont choisi d'�liminer les obstacles au d�veloppement de petits organismes sociaux et entreprises sociales qui assurent des services de t�l�communication dans des zones isol�es, ou de leur fournir des moyens. Connus dans les milieux acad�miques sous le nom de micro-telcos, ces petites entreprises, qui sont souvent regroup�es en associations, couvrent en Argentine (par exemple) 8% environ du march� national. Les groupes qui exploitent des micro-telcos sont organis�s de diff�rentes mani�res, soit par les membres de la communaut�, soit par l'administration locale ou celle de la communaut�, soit m�me par des entreprises sp�cialis�es dans ce type de couverture.
L'entreprise indienne N-Logue, � laquelle un prix a �t� d�cern� en 2005 dans le cadre du SMSI, au m�me titre que d'autres entreprises, est un bon exemple de micro-telco. On ne dispose toutefois d'aucune information actuelle sur N-Logue; m�me certains des universitaires indiens qui ont effectu� des recherches sur cette entreprise n'ont pas r�ussi � �tablir si elle existait encore, si elle avait �t� rachet�e, ou si elle avait simplement chang� de nom. La n�cessit� d'examiner de plus pr�s la performance r�cente de N-Logue et le fait que bon nombre de bonnes pratiques recommand�es dans le pr�sent document ont �t� suivies par cette entreprise lui valent malgr� tout d'�tre mentionn�e�ici.
N-Logue se trouve en Inde, le deuxi�me pays le plus peupl� du monde, o� l'entreprise publique de t�l�communications a r�ussi � installer des c�bles � fibres optiques dans presque tous les comt�s (talukas). Ces c�bles ont, � leur tour, �t� utilis�s comme point de d�part pour �tendre les services de t�l�communication aux quelque 300 � 500 villages voisins, situ�s dans un rayon de 30 km. L'existence d'une infrastructure de lignes interurbaines � laquelle se connecter a, sans aucun doute, facilit� la cr�ation d'une entreprise qui a pu ainsi desservir les villages avoisinants gr�ce � un r�seau hertzien.
Il est certes important de disposer d'une infrastructure de base, mais cette infrastructure est de peu�d'utilit� sans un mod�le d'entreprise appropri�. Le point de d�part de la strat�gie commerciale de N‑Logue, que l'entreprise publique de t�l�communications a, elle aussi, adopt�e, a �t� de contourner le probl�me de la prestation d'un service universel (m�me dans les zones urbaines) en�installant des op�ratrices du t�l�phone assist�es dans des magasins situ�s � 50 m�tres au moins d'une zone r�sidentielle. Cette strat�gie a contribu� � la cr�ation d'une base de micro-entreprises et�d'utilisateurs de services de t�l�communication qui, � l'aube du nouveau mill�naire, repr�sentait�25% du revenu national issu des communications t�l�phoniques.
Le premier maillon de cette cha�ne commerciale est le kiosque Internet, qui est dot� d'un ordinateur, d'une connexion Internet, d'une imprimante et de quelques autres accessoires, tels qu'une webcam�ra. Ces kiosques sont g�r�s par des membres de la collectivit�; il s'agit g�n�ralement de jeunes femmes, dont certaines poss�daient au d�part des connaissances en informatique. Les kiosques Internet sont financ�s par des cr�dits bancaires qui peuvent �tre rembours�s gr�ce aux recettes engendr�es par la micro-entreprise.
Pour le deuxi�me degr� de l'�chelle de service, il faut un prestataire qui r�ponde � l'un des besoins du kiosque Internet, le plus souvent au besoin de r�paration et d'entretien de l'�quipement, de suppression de virus ou de connexion de services. Dans chaque comt�, on trouve de tels acteurs, qualifi�s de "fournisseurs de services locaux" (LSP), qui peuvent ainsi r�pondre � une demande de service dans les 90 minutes qui suivent. Ces acteurs jouent un r�le essentiel en effectuant des connexions et des reconnexions, en assurant l'entretien et en dispensant une formation aux op�ratrices des kiosques Internet. Ils sont partenaires de N-Logue et sont situ�s au niveau du pyl�ne d'acc�s.
Enfin, le dernier maillon de la cha�ne de service est l'entreprise N-Logue elle-m�me, qui offre l'acc�s � la dorsale du r�seau. Elle assure la coordination requise avec les fournisseurs d'applications et ceux de technologies de contenu, forme les LSP et les op�ratrices de kiosques Internet, fournit aux kiosques Internet des logiciels et du mat�riel et collabore avec les d�cideurs publics afin de garantir un service de qualit� et de d�velopper les march�s qui int�ressent les LSP et les op�ratrices des kiosques Internet.
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Comme cet exemple le montre, tous les �l�ments recommand�s ont �t� pris en compte. Un plan d'entreprise a �t� �tabli, qui envisage des �conomies d'�chelle. Chaque op�rateur et op�ratrice apporte sa contribution, les centres communautaires peuvent obtenir une aide financi�re et technique et il est possible d'acc�der � un r�seau dorsal.
Les coop�ratives de t�l�communication argentines sont, elles aussi, un exemple de bonne pratique. Dans la plupart des cas, les initiatives communautaires offrent des services de qualit� � des prix inf�rieurs � ceux pratiqu�s par les fournisseurs nationaux ou � ceux des communications internationales.�
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Le tableau ci-dessous permet de d�terminer s'il existe un environnement propice au d�veloppement d'entreprises qui soient en mesure d'assurer des services de t�l�communication dans des zones isol�es. Ces entreprises collaborent avec les centres d'acc�s communautaires - y compris ceux qui sont h�berg�s dans des �coles - et fournissent les services n�cessaires au d�veloppement de leurs activit�s � des prix abordables et � des distances accessibles. Somme toute, ces entreprises deviennent, pour les populations voisines, des prestataires de services de t�l�communication.�
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Pratiques qui
contribuent au d�veloppement d'entreprises
du secteur des TIC dans les zones rurales |
Oui
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Non
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Les plans de connectivit� pr�voient
la participation d'organisations communautaires, d'entreprises
sociales ou d'organisations sans but lucratif � la�prestation de
services de t�l�communication dans des zones isol�es
(micro‑telcos).
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Les plans de connectivit� pr�voient
des mesures pour inciter les organisations communautaires, les
entreprises sociales ou les organisations sans but lucratif �
fournir des services de t�l�communication dans des zones isol�es
(micro-telcos).
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Les plans de connectivit� pr�voient
la cr�ation d'entreprises locales qui assurent l'entretien et
fournissent un service aux centres d'acc�s communautaires.
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Un financement accessible existe,
qui permet aux micro-telcos de d�marrer, d'�largir ou d'am�liorer
leurs services.
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L'acc�s au r�seau dorsal � des prix
abordables est garanti
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L'adoption d'une nouvelle
technologie est facilit�e tout en tenant compte des
caract�ristiques sp�ciales de ces zones.
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La cr�ation de contenus est un sujet � diverses facettes. Il existe en fait, sur la question de la cr�ation de contenus par les communaut�s autochtones, une multitude d'accords et d'�tudes qui montrent clairement combien ces communaut�s jugent le contenu important pour exercer leurs droits � la libert� d'expression et � la culture.
Dans la pr�sente section, le th�me de la cr�ation de contenus sera abord� de deux mani�res: 1) du point de vue de la cr�ation d'un environnement propice au d�veloppement de contenus; et 2) du point de vue des �l�ments qui devraient �tre pris en consid�ration pour faciliter la production de contenu dans les centres d'acc�s communautaires h�berg�s dans des �coles de collectivit�s autochtones.
Avant de d�finir les �l�ments essentiels, il convient de noter que les plans de connectivit� ne tiennent souvent pas compte du contenu des programmes. Cela revient � construire une route sans qu'il y ait de v�hicules pour l'emprunter. Un plan de connexion national doit �tre assorti d'un plan de d�veloppement de contenus.
Les projets de centres d'acc�s communautaires ou de connectivit� r�alis�s par l'interm�diaire d'�coles doivent �galement s'attaquer � ce probl�me, bien que souvent le besoin ne se fasse sentir qu'� un stade plus avanc� de ces projets ou lorsque le centre a �t� connect� � d'autres moyens de communication, comme on le verra plus loin. Pour pouvoir produire des programmes locaux, les centres d'acc�s communautaires doivent g�n�ralement �tre transform�s de v�hicules d'acc�s � l'information en v�hicules de communications m�diatiques et, bien que cette transformation soit souhaitable, elle n'est pas facile � r�aliser.�
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Pour expliquer les �l�ments essentiels, il est pr�f�rable de commencer par ceux qui sont li�s � la cr�ation d'un environnement propice � une production locale. Cette explication sera suivie de l'examen des facteurs � prendre en consid�ration pour l'installation et le fonctionnement des centres d'acc�s communautaires dans les communaut�s autochtones. �
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Les aspects suivants de la cr�ation d'un environnement propice au d�veloppement de programmes locaux devraient figurer dans un plan ou un programme national de contenu multiculturel.
–���������� S'assurer que les conditions n�cessaires � la production de contenus locaux sont maintenues tout au long du cycle de d�veloppement: Tous les contenus sont des �l�ments d'un cycle, chaque �l�ment �tant enti�rement li� ce cycle, lequel peut �tre repr�sent� comme suit:
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Pour mieux comprendre cette description, prenons un exemple hypoth�tique fond� en partie sur une exp�rience r�elle. Il a �t� d�cid�, dans cet exemple, de cr�er des centres vid�o autochtones pour former les membres de communaut�s indig�nes � la production de films cin�matographiques et vid�o. Or, il s'av�re qu'aucune salle de cin�ma ne veut projeter les films, que le march� des moyens de diffusion de masse leur tourne le dos, ou que les productions sont utilis�es sans consentement, car il n'existe pas de m�canismes d'application des droits d'auteur.
En cons�quence, dans ce cas particulier, les investissements ont peu d'effet sur l'exercice des droits � la culture et � la libert� d'expression et les collectivit�s d'intervenants, tout comme la soci�t� en g�n�ral, ont un acc�s limit� au contenu produit. Autrement dit, l'objectif de communication n'est pas atteint puisque les radiodiffuseurs et les personnes qui re�oivent ce contenu sont peu nombreux.
C'est la raison pour laquelle des mesures doivent �tre prises, lors de la conception d'un plan national de production de contenu local ou autochtone, � toutes les �tapes du cycle: formation, production, distribution et application de la r�glementation.�
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Toutes les politiques de contenu local doivent veiller � cr�er des march�s pour la distribution des produits. Les m�canismes � utiliser pour ce faire peuvent �tre vari�s et consistent souvent � imposer la diffusion d'�missions locales susceptibles d'�tre commercialement avantageuses pour les deux camps.
Par exemple, au Mexique, les fournisseurs de services t�l�visuels par c�ble sont contraints de pr�voir, dans leurs programmes d'�mission, au moins une heure par jour pour la diffusion de contenus locaux.
Lorsque cette politique a �t� appliqu�e pour la premi�re fois, les op�rateurs se sont montr�s peu enclins � s'y conformer, mais ils ont compris que l'obligation qu'elle leur imposait leur conf�rait un avantage concurrentiel sur d'autres fournisseurs de services t�l�visuels car les populations locales pr�f�rent, dans les programmes d'�mission, ceux qui les concernent. Il est possible aujourd'hui de trouver des productions indig�nes locales sur certaines cha�nes de t�l�vision par c�ble install�es dans des zones autochtones.
Il existe une autre fa�on de cr�er un march�, qui consiste � garantir la mise en contexte de campagnes de communication destin�es aux populations autochtones. Les pouvoirs publics y trouvent eux aussi leur compte en s'assurant que les populations cibl�es comprennent mieux leur message.
Il existe de nombreuses fa�ons de cr�er des march�s, dont l'organisation de festivals, la promotion de contenu �ducatif autochtone et le subventionnement de productions locales. Leur choix d�pend des caract�ristiques de chaque pays et de l'organisation de ses divers r�seaux de distribution.�
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Les aspects des politiques publiques qui devraient �tre pris en compte pour stimuler la promotion de programmes de contenus locaux sont nombreux. Des mesures devraient �tre prises pour insister sur la n�cessit� de fixer des objectifs clairs et mesurables pour toutes les �tapes du cycle d'�laboration de contenu local. Il faut savoir, pour ce faire, si les objectifs de d�veloppement contribuent � satisfaire � une politique de production de contenus locaux, qui peut aller du renforcement des valeurs culturelles d'un secteur particulier au positionnement de ses produits sur un march� donn�.
Dans le cas de centres d'acc�s h�berg�s dans des �coles, certaines activit�s �ducatives offrent une�excellente occasion de cr�er du contenu local. De nombreuses initiatives int�ressantes ont �t�lanc�es dans le cadre d'un enseignement officiel ou informel sur la base de r�cits15, de films16 et de vid�os17 produits par des enfants, qui ont pu ensuite �tre incorpor�s en tant que mat�riel didactique.
15�"Faiseurs de mots" est une initiative �ducative qui s'appuie sur des r�cits imagin�s et illustr�s par les enfants d'�coles rurales.�http://www.youtube.com/watch?v=DYfMyqVhY0g.
16�"Saint coup" est un court m�trage r�alis� par Dominique Jonard, auquel plusieurs prix ont �t� d�cern�s, qui a �t� produit � partir de dessins d'enfants et qui est racont� par des enfants de la communaut� des indiens Chamula.�http://www.youtube.com/watch?v=DYfMyqVhY0g.
17��"Fen�tre ouverte sur ma communaut�" est une s�rie
de vid�os �ducatives dans lesquelles des enfants issus de diverses
collectivit�s et cultures autochtones pr�sentent leurs
communaut�s.�http://ventana.ilce.edu.mx/.
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Il est indispensable que les autochtones puissent compter, pour les besoins de la production, sur des membres qualifi�s de leur communaut�. Les peuples indig�nes ont d�montr� qu'ils savaient fort bien g�rer les m�dias audiovisuels et il existe de nombreux exemples de films, de vid�os18 et de pages web d'excellente qualit�. Il suffit souvent d'une courte formation et de moyens de production pour r�aliser des produits de grande qualit�. Les exemples de r�ussites dans ce domaine abondent; il suffit parfois de leur donner une s�ance de formation et les outils n�cessaires pour que les communaut�s commencent � produire du contenu local. Tel a �t� le cas de "Comunicadores de pueblos originarios" (Communicateurs de peuples d'origine), dont le site web peut �tre consult� � l'adresse suivante: http://www.originarios.org.ar.
Par ailleurs, il est indispensable de former des personnes � la recherche de manuels et de cours �tablis dans les langues autochtones, ainsi que d'outils audio et vid�o qui permettent de dispenser plus facilement la formation requise, car bon nombre de cultures autochtones sont orales. �
18�Guanaba.Net � la Cienega, Baharona, en R�publique dominicaine, est un excellent exemple de la mani�re dont un t�l�centre rural peut produire des contenus gr�ce � la formation offerte et �des initiatives de la communaut�http://www.youtube.com/watch?v=ZqdDWvMNmUY. Ce centre est �galement le lieu o� le journal local El Guanabanero est publi�http://el‑guanabanero.com/.
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L'Internet a permis d'acc�der � des informations qui, auparavant, �taient disponibles uniquement dans les biblioth�ques ou les collections d'institutions publiques. Ces informations portent souvent sur les autochtones mais ceux-ci y avaient un acc�s limit� - voire nul. Or, les informations en question sont de plus en plus souvent disponibles en ligne, ce qui permet aux m�dias autochtones de trouver des renseignements utiles susceptibles d'�toffer leurs programmes. La num�risation des productions indig�nes par les institutions universitaires et les pouvoirs publics est, � n'en point douter, un �l�ment indispensable � la diffusion de contenu local.�
Outre la formation et la disponibilit� de moyens de production, le d�veloppement du contenu d�pend essentiellement de l'existence d'un programme de communication communautaire, qui est n�cessairement li� � l'existence d'un plan de vie communautaire, autrement dit, d'un plan de d�veloppement communautaire.
Le programme de communication doit d�finir les personnes auxquelles il s'adressera, les domaines et activit�s auxquels il s'int�ressera, et le contenu sur lequel il s'appuiera pour ce faire, comme dans l'exemple suivant:
������������ Depuis sa cr�ation, le r�seau de l'AMCIC a mis au point, en liaison avec des conseils indig�nes (cabildos), un plan strat�gique pour renforcer les aspects essentiels ci-apr�s de la vie des autochtones du Cauca: leur langue maternelle, l'unit� de la communaut�, son autonomie, son territoire et sa culture, aspects essentiels mentionn�s dans le Plan de vie des peuples autochtones du Cauca19.
Du point de vue des autochtones, la production de contenu a toujours pour vocation de r�pondre au besoin imp�rieux de d�veloppement de la communaut� et de son plan de vie. La mise en place d'un centre d'acc�s communautaire dans une �cole autochtone est logique dans la mesure o� elle s'inscrit dans le cadre d'un plan de vie et sert � le consolider. Ce plan devrait couvrir tous les secteurs de la communaut� (femmes, jeunes, personnes �g�es, et jeunes enfants), ainsi que leurs diff�rentes structures (gouvernementale, territoriale, �ducative et de production), et les communications dont ils auront besoin, comme dans l'exemple suivant:
������������ Pour cette raison, une station radio a �t� cr��e, qui transmettra les connaissances acquises par les Way�u depuis leurs origines et montrera comment ce people s'est adapt� � son environnement d�sertique, en se nourrissant des fruits et autres aliments sauvages que produit la r�gion - ce sont l� les informations essentielles que la station radio devrait diffuser pour renforcer la culture Way�u. De plus, de la musique traditionnelle est produite avec la Kasha et des �changes ont lieu avec d'autres qui ne se livrent pas � cette occupation. Cette initiative est valable, elle g�n�re des recettes et sert � renforcer le monde auquel nous appartenons et celui qui nous appartient20.
L'installation de ce type de centre doit donc �tre le fruit d'un processus participatif qui, entre autres aspects, d�terminera la strat�gie de communication de la communaut� et le contenu � pr�voir pour se conformer � son plan de vie.
Lectures recommand�es
•����������� Hampton, A. Le Guide de l'autostoppeur sur les
autoroutes de l'information, UNESCO
http://portal.unesco.org/ci/en/files/13982/10736381611Hampton_Discussion_English.pdf/Hampton%2BDiscussion%2BEnglish.pdf
•����������� Yasarekomo: Une exp�rience de communication indig�ne en Bolivie, FAO (2004) http://www.fao.org/docrep/006/y5311s/y5311s00.HTM
19Extrait de l'Asociaci�n de Medios Ind�genas de Colombia (Association de moyens de communication indig�nes de Colombie)�http://www.amcic.info/?q=node/3.
20Radio station Appraisals and/or Indigenous
Radios: Columbian Communication Ministry 2009 p.45
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Lors du choix des programmes qui repr�sentent de bonnes pratiques � mentionner dans le pr�sent chapitre, il a �t� tenu compte de leur contribution � la cr�ation d'un environnement propice � l'�laboration de contenus. Bien que le programme ne vise pas forc�ment de mani�re sp�cifique la formulation du contenu local et qu'il soit plut�t destin� � renforcer le r�le des radiodiffuseurs autochtones, tous les �l�ments essentiels � un environnement propice � l'�laboration de contenus ont �t� pris en compte lors de sa cr�ation et de son ex�cution. Par ailleurs, d'autres �l�ments cl�s ayant trait � des r�gles sur lesquelles la pr�sente section a appel� l'attention, ont �t� pris en consid�ration lors de la conception dudit programme.
Le Plan de renforcement des stations radio indig�nes (2008-2010) du Minist�re colombien de la technologie de l'information et de la communication a �t� �tabli sur la base de l'Evaluation des radiodiffuseurs indig�nes, qui a �t� effectu�e en 2008 en concertation avec le Minist�re de la culture et l'Organisation nationale indig�ne de Colombie (NIOC), et a r�v�l� notamment les probl�mes suivants:
•����������� Non-conformit� des stations avec les plans de vie de leurs communaut�s.
•����������� Manque de connaissances sur les conseils indig�nes et autres autorit�s traditionnelles et appui insuffisant � ces organes.
•����������� Faiblesse des structures organisationnelle et administrative des stations.
•����������� Production radio locale insuffisante.
•����������� Sur 29 stations (26 stations et trois radiodiffuseurs de communaut�s indig�nes dans des zones autochtones), 20 stations diffusent des programmes dans leur langue maternelle, trois ne diffusent pas de programmes dans leur langue et cinq appartiennent � des communaut�s qui n'ont pas leur propre langue.
S'appuyant sur cette analyse, un Plan de renforcement a �t� approuv� par la NIOC, le Minist�re des communications et le Minist�re de la culture. Lors de l'ex�cution de ce plan, des processus de formation et d'autoformation reposant sur la construction et l'adoption d'un format de radiodiffusion indig�ne ont �t� mis en pratique. Ce plan pr�voyait �galement des r�unions r�gionales de radiodiffuseurs, le renforcement du r�seau radio indig�ne et la formulation de directives sur les politiques de radiodiffusion autochtone21. C'est dans le m�me esprit qu'a �t� produit le programme Mochila a la Palabra, dans le cadre duquel des �chantillons de programmes de�24�stations radio indig�nes ont �t� recueillis. Un programme de formation radiale ax� sur la r�cup�ration de la m�moire populaire des peuples autochtones a �galement �t� produit.
Comme on peut le constater, ce programme comprenait un grand nombre d'�l�ments des principaux aspects de la production de contenu identifi�s dans le pr�sent module. Il �tait n� d'une �valuation effectu�e en collaboration avec des peuples autochtones et a �t� ex�cut� en liaison avec des institutions de ces peuples. Il a renforc� la conception du plan de contenu conform�ment aux plans de vie communautaire. Il a renforc� en m�me temps les moyens de production en dispensant aux autochtones une formation directe, mais aussi en �changeant des exp�riences, et il a offert un moyen de partage et de diss�mination de contenus tout en consolidant les m�dias locaux. Ces �l�ments peuvent �tre adapt�s � un programme de production de contenus dans les centres d'acc�s de nombreuses communaut�s autochtones.
On notera que diverses exp�riences ont r�v�l� que les centres d'acc�s communautaires produisaient du contenu principalement lorsqu'ils �taient associ�s � d'autres m�dias locaux, tels qu'une station radio ou de t�l�vision ou lorsqu'il existait, en mati�re de contenu, une strat�gie de renforcement de la pr�sence de la communaut� hors de ses fronti�res22.
21L'un des r�seaux est l'Asociaci�n de Medios de Comunicaci�n Ind�gena de Colombia Red‑AMIC, qui travaille avec 10 stations radio indig�nes dans le d�partement du Cauca�http://www.amcic.info/?q=node/2.
22Voir l'�valuation des multim�dias faite par l'UNESCO�http://portal.unesco.org/ci/en/files/22129/11477736959CMC_Evaluation_Final.pdf/CMC%2BEvaluation_Final.pdf.
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Cr�ation d'un cadre de
politique d'�laboration de contenus
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Oui
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Non
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Un plan national pour l'�laboration
de contenus locaux est en place
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Ce plan couvre toutes les �tapes du
cycle d'�laboration de contenus locaux
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Ce plan comprend les mesures �
prendre pour cr�er des march�s sur lesquels distribuer les contenus
locaux
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Ce plan comprend les mesures �
prendre pour dispenser aux communaut�s une formation dans des
domaines li�s � la production de contenus
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Ce plan comprend les mesures �
prendre pour fournir l'�quipement n�cessaire � la production de
contenu ou faciliter son acquisition
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Ce plan comprend les mesures �
prendre pour mettre le contenu existant � la disposition des
autochtones ou pr�voit des moyens d'�change de contenus
locaux
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Ce plan pr�voit des mesures de
protection du savoir traditionnel
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La mise en place de centres d'acc�s
communautaires pr�voit l'�tablissement participatif d'un plan
d'�laboration de contenus
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Le plan de vie de la communaut� ou
son plan de d�veloppement sont incorpor�s ou �labor�s lors de
l'�tablissement participatif�
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L'un des objectifs de l'�cole dans
laquelle le centre est install� est l'utilisation de ce centre pour
la production de contenus locaux
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La cr�ation de capacit�s et le renforcement des capacit�s existantes s'appliquent � tous les domaines qui ont �t� examin�s dans les sections pr�c�dentes, depuis la planification et l'exploitation d'outils de base, l'entretien et l'installation de r�seaux et d'�quipement et la mise au point d'applications, jusqu'� la recherche de pointe en mati�re d'applications, de r�seaux et de r�glementation.
Le tableau ci-dessous indique le r�le de divers acteurs dans les secteurs de la politique nationale et des communaut�s locales.�
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Secteurs dont les capacit�s
doivent �tre renforc�es�
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Centres d'acc�s
communautaires
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Fournisseurs de
services�
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Applications�
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Recherche et
d�veloppement
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Politique
nationale
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Agent
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Capacit�s
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Communaut�
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Agent
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Capacit�s
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Tous les aspects essentiels du renforcement des capacit�s devraient �tre pris en compte par les personnes et organismes qui mettent en oeuvre des projets visant � connecter des r�gions autochtones. En d'autres termes, la t�che des pouvoirs publics consiste � d�velopper les capacit�s institutionnelles et les ressources humaines pour renforcer leurs communaut�s. Il est pr�f�rable de proc�der non pas en offrant une assistance directe mais en consolidant les ressources locales et en fournissant une aide aux r�seaux qui contribuent � la mise au point de centres d'acc�s communautaires.�
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Le renforcement des capacit�s ne peut faire abstraction d'aucun des aspects de la cha�ne de production et du d�veloppement des TIC. En ce sens, une politique de d�veloppement int�gr� comprend les moyens n�cessaires � l'interaction avec la communaut�, au d�ploiement, � la prestation et � la maintenance du service, � la mise au point d'applications et au d�veloppement d'�quipements adapt�s � ce type de communication - en plus des politiques et r�gles qui contribuent � sa mise en place. Par ailleurs, la communaut� doit disposer de ces moyens ou de liaisons de raccordement aux r�seaux qu'elle poss�de et d�veloppe.
Les plans de connectivit� mettent l'accent sur la cr�ation des moyens d'action n�cessaires � l'utilisation des TIC au sein des communaut�s mais oublient de d�velopper les comp�tences minimales n�cessaires � l'installation et � l'entretien du r�seau. Ces communaut�s sont donc fortement tributaires d'une aide ext�rieure et des probl�mes qui pourraient �tre r�solus sur place, tels que, par exemple, la reconnexion d'une antenne ou l'installation d'un antivirus, doivent l'�tre � grands frais.�
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Le manque d'exp�rience en mati�re de t�ches communautaires des personnes qui participent � l'�laboration et � l'application de la strat�gie est le probl�me auquel se heurte le plus fr�quemment l'installation de centres d'acc�s aux TIC au sein de communaut�s autochtones. Les programmes propos�s sont souvent le reflet d'une perception ext�rieure. Les erreurs commises lors de la construction de centres d'acc�s sont souvent pr�judiciables aux structures sociales de la communaut� et donnent naissance � de r�els conflits qui garantissent l'�chec de ces centres et affectent les chances de succ�s des autres projets collectifs qui pourraient �tre entrepris.
L'installation d'un centre num�rique au sein d'une communaut� autochtone est un �v�nement politique et social, qui s'accompagne d'un renforcement des capacit�s d'intervention - renforcement qui doit �tre g�r� correctement pour profiter � l'ensemble de la communaut� et non pas simplement � un individu ou � un groupe. Les exemples de centres d'acc�s abandonn�s ou d�truits r�cemment parce qu'un processus participatif satisfaisant n'avait pas �t� suivi au cours de l'installation et de l'exploitation sont l�gion.
Il est indispensable, � cet �gard, de fixer une norme de comp�tence � inclure dans la formation des responsables de la planification communautaire dans les centres num�riques. Cette solution, adopt�e par les Philippines, constitue une bonne pratique pour assurer la viabilit� de ces centres.
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Renforcer les capacit�s ne veut pas dire simplement dispenser une formation. Cela sous-entend redonner son autonomie � la communaut�, entretenir avec elle des rapports qui emp�chent sa d�pendance et consolident sa collaboration au niveau tant interne qu'externe. En pratique, il existe une �norme diff�rence entre les activit�s ax�es sur la formation et la formation ax�e sur le d�veloppement des comp�tences. A l'issue d'un atelier de formation r�ussi, les participants ont l'impression d'avoir acquis des connaissances. Apr�s un atelier sur le renforcement des capacit�s, ils ont l'impression qu'ils savaient beaucoup de choses mais qu'ils en savent encore bien plus maintenant et qu'ils sont capables de faire face aux situations qui se pr�senteront car ils disposeront des ressources n�cessaires pour ce faire.
L'orientation concernant l'autonomie s'appuie essentiellement sur les ressources humaines et mat�rielles locales. Elle consolide les relations au sein de la communaut� et cr�e de nouvelles relations avec l'ext�rieur. Elle permet � la communaut� de g�rer ses ressources et renforce les informations et les connaissances dont elle dispose.
Le renforcement des capacit�s touche des �l�ments aussi bien concrets qu'incorporels. Il est impossible de d�finir une seule ligne d'action comme �tant la bonne voie � suivre pour renforcer les capacit�s car chaque situation est unique, mais l'encha�nement ci-apr�s peut �tre d�crit.
Le renforcement des capacit�s commence par celui de l'identit� et des aspirations de la communaut�, qui reconna�t son monde - ses mythes, ses valeurs, ses ressources naturelles et ses membres eux-m�mes. A partir de l�, on d�finit la place que le centre num�rique occupera au sein de la communaut�. Les membres de cette communaut� passent alors � la d�finition de la situation qu'ils jugent id�ale (certains diraient de leurs r�ves) et tracent le chemin � suivre pour y parvenir. On dispose d�sormais d'un plan et les membres de la communaut� savent de quelle formation ils ont besoin pour atteindre leurs objectifs. Ils peuvent alors commencer � r�fl�chir aux possibilit�s d'association avec d'autres et obtenir les ressources dont ils ont besoin pour acqu�rir les comp�tences requises. Le reste est une question de formation et de ressources et constitue la partie la plus �vidente et la plus facile. Les autres �l�ments essentiels clarifieront cet aspect.�
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Tout au long de la pr�sente section, nous avons appel� l'attention sur les divers aspects de la participation � chaque stade du d�veloppement. Le pr�sent paragraphe ne fait pas exception � cette r�gle. Les bienfaits du renforcement des capacit�s ne viennent pas seuls une fois que le centre d'acc�s est install�; ils doivent �tre planifi�s.
Avant d'installer le centre d'acc�s, il faut travailler avec la communaut� pour d�signer les membres d'un comit� qui participeront au processus de planification et de construction et qui, de pr�f�rence, poursuivront les travaux sur l'assistance technique du centre apr�s son ouverture. Ce comit� devra:
•����������� �tre constitu� de personnes poss�dant une aptitude naturelle � l'utilisation de la technologie;
•����������� �tre constitu� de personnes d'�ges diff�rents, dont certaines ont leurs racines dans cette communaut� et lui sont fonci�rement attach�es;
•����������� mettre au courant les personnes qui sont en mesure de fournir, � long terme, un appui technique au r�seau;
•����������� r�partir les responsabilit�s et obligations entre les membres et, en plus, consigner les proc�dures dans un manuel d'exploitation pour appui et orientation;
•����������� collaborer �troitement avec un organisme local fournissant un appui et tenir compte de son avis sur l'int�gration de l'�quipe.
La participation d'un comit� � tous les stades du processus permet � la communaut� de disposer de personnel qui, ayant pris part � la planification et � la construction du r�seau et du centre, en comprend le fonctionnement. D'autres aptitudes peuvent �tre construites sur cette base, qui offre au fournisseur de services un point de r�f�rence aupr�s duquel solliciter une aide en mati�re de diagnostic et de r�paration en cas d'interruption de service.�
Avant de commencer � exploiter le centre d'acc�s, la communaut� devra passer en revue ses aspirations en mati�re de d�veloppement et d�terminer le r�le que ce centre jouera dans la r�alisation de ses objectifs23. Lors de l'�valuation, les diff�rents groupes de cette communaut� devront reconna�tre l'utilit� du centre num�rique et d�finir les objectifs qu'ils esp�rent que ce centre les aidera � atteindre. Les besoins en mati�re de formation pourront ainsi �tre �tablis sur la base de valeurs r�elles.
Il est important que toutes les sections de la communaut� - et surtout les plus vuln�rables, dont les femmes, les enfants, les groupes marginalis�s ou les personnes handicap�es - prennent part aux �valuations participatives. Chaque communaut� comprend un ensemble unique de ces groupes et personnes. Il est parfois n�cessaire de mener des activit�s sp�cifiques � l'intention de certains groupes, tels que les femmes, afin que ces personnes puissent travailler s�par�ment et se sentir ainsi plus � l'aise. Il est important de tenir compte de la fa�on de voir de chacun dans le plan du centre d'acc�s.
23�Les outils m�thodologiques qui peuvent �tre utilis�s pour ce faire sont vari�s et proviennent d'une multitude de sources, telles que: 80 Tools for Participatory Development: Geilfus F. (1980)�http://www.crid.or.cr/digitalizacion/pdf/spa/doc15788/doc15788-a.pdf.
��� Le manuel ci-apr�s, consacr� aux ateliers participatifs, est un autre texte sp�cialis� qui traite des�t�l�centres des communaut�s autochtones: ITC Use for Local Development: Community (Medellin 2006).�http://www.slideshare.net/diocesispopayan/manual-taller-participativo-telecentros-1
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L'�valuation sert de base � la hi�rarchisation des besoins de formation, ce qui ne veut d'ailleurs pas dire que ces besoins sont immuables. Il peut en appara�tre de nouveaux au cours du processus, mais qui doivent �tre syst�matiquement pond�r�s en fonction de ceux qui avaient �t� d�finis � l'origine.
De plus, l'�valuation sert de base de r�f�rence pour la mesure de l'impact de la formation et l'appr�ciation de ses r�sultats, puisque cette formation r�pond � un besoin de d�veloppement sp�cifique. Elle n'est d'ailleurs utile que dans la mesure o� le besoin est satisfait.
Etant donn� que nous parlons de centres d'acc�s situ�s dans des �coles de communaut�s autochtones, il est indispensable de d�finir, d�s le d�part, les r�sultats que la communaut� obtiendra�en mati�re d'�ducation, au-del� du simple acc�s � l'information ou du temps que les �l�ves de cette �cole pourront consacrer � l'informatique. L'id�al serait que le centre d'acc�s devienne un espace de cr�ation de contenu �ducatif local qui contribue au multiculturalisme de ces collectivit�s rurales24
24��Quiche Link,�association guat�malt�que qui produit du contenu �ducatif en langue Quiche,�est un exemple de l'utilisation des TIC � des fins didactiques, dans ce contexte�http://www.enlacequiche.org/.
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Pour que ses comp�tences soient continuellement renforc�es, il faut absolument que la communaut� ait directement acc�s aux m�dias et aux liaisons qui lui permettent d'�changer des exp�riences, de consolider ses relations et de disposer d'avis techniques. Il est important, pour l'�valuation, d'identifier les groupes et institutions proches de la communaut� qui sont � m�me de faciliter le processus de renforcement des capacit�s, et les r�seaux nationaux ou internationaux auxquels cette communaut� peut �tre connect�e.
L'organisation de rencontres nationales ou internationales qui permettent d'�changer des exp�riences est �galement une bonne pratique � adopter pour renforcer les initiatives locales.
A ce sujet, il existe des r�seaux internationaux, tels que Somos@Telecentros http://www.tele‑centros.org/paginas/inicio.php et Telecentre.org, http://telecentre‑comunidad.ning.com/ qui sont des espaces virtuels d'�change d'exp�riences, de formation et d'appui technique.
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Il est souvent jug� possible d'utiliser la m�me structure pour les plans et programmes de renforcement des capacit�s, autrement dit, d'�laborer un programme uniforme qui puisse �tre adopt� par chaque centre d'acc�s. Ce programme prendrait la forme d'un plan d'�tudes unique que devrait respecter chaque responsable ou op�rateur de centre d'acc�s. Les plans de formation locaux d'un programme destin� � renforcer les capacit�s d'une communaut� particuli�re seront toutefois sp�cifiques � cette communaut� et les structures organisationnelles, les centres d'acc�s et les syst�mes nationaux de renforcement des capacit�s devront pouvoir �tre adapt�s aux variations locales.
Pour ce faire, il faut relier les communaut�s aux institutions et aux outils de formation et leur donner acc�s en ligne � des contenus produits dans des langues autochtones appropri�es et sur des th�mes divers. Il doit y avoir �galement des r�seaux locaux qui permettent d'acc�der facilement � une formation r�pondant aux besoins de la communaut�. Le tableau dress� plus haut dans la pr�sente section r�pertorie une gamme de r�seaux de renforcement des capacit�s.
Lectures recommand�es
La bibliographie recommand�e ci-dessous couvre trois aspects fondamentaux de la constitution d'un programme de renforcement des capacit�s satisfaisant. Le premier texte fournit un exemple des comp�tences nationales que doivent poss�der les responsables des centres d'acc�s. Le deuxi�me contient des renseignements pratiques sur la formation au d�veloppement de r�seaux locaux. Les chapitres 9 et 10 fournissent des orientations importantes sur la constitution de comit�s techniques au sein des communaut�s et sur la structure des centres communautaires. Il existe un manuel utile sur la structure des centres d'acc�s, qui repose sur un mod�le participatif, lui-m�me bas� sur une analyse des besoins, et � partir duquel il est possible d'�tablir un plan de formation. Enfin, la troisi�me publication est la base sur laquelle s'appuie la section ci-apr�s consacr�e aux bonnes pratiques.
•����������� National Competency Standards for Community eCenter Knowledge Workers. Telecentre.org-Philipine Community eCenter Academy http://www.itu.int/ITU-D/asp/CMS/ASP-CoE/2010/IRD/S7-Mr_Noel_Mendoza.pdf
•����������� Wireless Networks in Developing Countries Third Edition http://wndw.net/download.html Roesner C. Step by Step Towards a Telecentre: A Template for the Development of a Community Telecentre. Chasquinet Foundation, 2008. http://www.telecentros.org.co/index.shtml?apc=h1b1--&x=14651
•����������� Yasarekomo: Une exp�rience de communication indig�ne en Bolivie, FAO 2004. http://www.fao.org/docrep/006/y5311s/y5311s00.HTM.
Les bonnes pratiques cit�es en exemple dans la pr�sente section rendent compte de tous les facteurs inh�rents au renforcement des capacit�s qui ont �t� mentionn�s dans la pr�sente partie du kit pratique. Le programme en question a �t� lanc� avant la vulgarisation de l'Internet mais il reste une base de r�f�rence essentielle dans le domaine de la communication indig�ne.
L'Unit� de communication guarani avait besoin d'un vaste processus de d�veloppement. Il a d'abord �t� proc�d�, en 1986, � une �valuation de la province de la Cordillera de Santa Cruz, Bolivie, o� vivaient plusieurs communaut�s guaranis. Au cours de cette �valuation, l'Assembl�e du peuple guarani (APG) a adopt� plusieurs strat�gies de d�veloppement, issues de la diffusion d'informations aux divers dirigeants indig�nes. L'APG constituait une structure organisationnelle, dont les projets et programmes �taient ex�cut�s en concertation avec des institutions publiques, des agences internationales et des organismes sociaux.
L'APG a d�cid� que l'enseignement �tait indispensable au succ�s d'une �ducation interculturelle et bilingue propos�e pour am�liorer le syst�me p�dagogique guarani et acqu�rir des ressources humaines suffisamment qualifi�es, conscientes de leurs origines et fonci�rement attach�es � leur communaut�. Dans le cadre de cette strat�gie, et afin de disposer d'un m�canisme d'ex�cution et de mise en oeuvre des programmes et projets, le Taller de Educaci�n y Comunicaci�n Guaran� (Atelier d'enseignement et de communication guarani) (TEKO Guaran�), a �t� constitu� et a commenc� � travailler en concertation avec l'Etat et des institutions internationales comme l'UNICEF.
Dans le cadre du TEKO Guaran�, une �quipe de communication a �t� constitu�e, qui a appuy� les activit�s p�dagogiques d'alphab�tisation et de bilinguisme en fournissant des contenus produits localement et diffus�s par des stations radio locales dont les �missions sont m�me parvenues � atteindre d'autres communaut�s guarani du Paraguay et d'Argentine.
Ses activit�s ayant remport� un vif succ�s, en 1995, TEKO Guaran� et le projet de la FAO de Communication pour le d�veloppement en Am�rique latine�ont sign� un accord aux termes duquel l'�quipe de communication du TEKO devenait l'Unit� de communication guarani (UCG). L'objectif �tait de produire un syst�me de communication qui am�liore la qualit� de vie du peuple guarani et encourage le d�veloppement autochtone. Il a fallu trois ans d'ateliers de planification et de formation pour fa�onner la perception guarani des communications. Gr�ce � un appui technique et � des fonds internationaux, une proposition de partage d'informations et de connaissances interculturelles reposant sur l'utilisation de vid�os et de la radio communautaire a �t� d�finie. Les communaut�s ont continu� � travailler de mani�re autonome en produisant des informations � communiquer et en mettant en oeuvre des plans de d�veloppement portant sur les six ann�es suivantes.
Inspir�e par sa performance pass�e, l'UCG a d�cid� de proc�der � une auto�valuation de ses travaux. Elle a sollicit�, pour ce faire, l'aide de l'APG et d'autres organisations autochtones de Bolivie. Pour la premi�re fois, la population autochtone a not� par �crit et analys� syst�matiquement et de mani�re ind�pendante l'utilisation des m�dias et des communications produites par et pour les communaut�s Guarani. Les r�sultats de cette auto�valuation ont confirm� l'importance de l'adoption de nouveaux m�dias. De nouveaux objectifs ont �t� d�finis, tels que la n�cessit� d'arr�ter une politique nationale qui reconnaisse le droit des peuples autochtones � assurer des services de communication et � acc�der � de tels services gr�ce au financement d'institutions locales.
L'Unit� de communication guarani continue aujourd'hui d'encourager les communaut�s � produire des cours audiovisuels, suivant une m�thode p�dagogique qui a �t� mise au point par les membres de l'Unit� eux-m�mes, est participative et s'emploie � r�pondre aux besoins de ces communaut�s. Par ailleurs, l'Unit� �tablit et met en oeuvre des plans de communication pour la formation des paysans qui permettent de d�cider des priorit�s, des informations techniques, des ressources et de la logistique, de produire collectivement des supports de formation et d'optimiser les ressources disponibles. Ces plans se sont �galement av�r�s utiles en tant qu'outils de n�gociation pour des projets de communes locales.
Comme on a pu le voir, cet exemple de bonne pratique a commenc� par un processus de planification fond� sur la strat�gie de vie de la communaut� et a adopt� la communication en tant qu'outil � utiliser � l'appui des diverses activit�s de d�veloppement jug�es essentielles. Ce processus a ensuite �t� �tendu non seulement aux applications et � la production de contenus mais aussi � la recherche et � la participation � la formulation de politiques publiques, afin de surveiller les r�sultats. Dans cet exemple, tous les aspects du renforcement des capacit�s sont saillants.
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Cr�ation d'un environnement
propice au renforcement des capacit�s.
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Oui
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Non
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Un
plan national de renforcement des capacit�s existe.
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Ce
plan tient compte des acteurs et institutions associ�s aux centres
d'acc�s, � la prestation de services locaux, aux applications,
ainsi qu'� la recherche et au d�veloppement.
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Ce
plan vise � renforcer les capacit�s dans les domaines mentionn�s,
tant au niveau national qu'� celui des communaut�s.
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Le
personnel qui est en contact direct avec les communaut�s est form�
aux m�thodes participatives de d�veloppement
communautaire.�
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Les
activit�s de formation au niveau de la communaut� s'appuient sur un
exercice d'�valuation ou un plan communautaire.�
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Un
comit� est constitu� par les participants au cours des
consultations de la communaut� sur la mise en place d'un centre
d'acc�s.�
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Il
existe localement des groupes, organismes ou petites entreprises
capables de fournir des services d'entretien au r�seau et au centre
d'acc�s.�
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Le
r�seau local est connect� � d'autres institutions ou groupes qui
permettent le renforcement des capacit�s du centre d'acc�s et de la
communaut�.�
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Les connexions aux r�seaux de t�l�centres
internationaux sont encourag�es et
facilit�es.
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Il
existe, au niveau national, des installations qui permettent aux
communaut�s d'�changer leurs exp�riences.�
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L'impact des programmes, des cours et des
ateliers est �valu� en fonction des capacit�s n�cessaires pour
atteindre les objectifs de d�veloppement des
communaut�s.
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Lors de l'examen de chacun des sujets dont traite le pr�sent chapitre, il a �t� d�clar� que la participation �tait essentielle � tous les stades de la cr�ation d'un environnement propice � la mise en place de centres d'acc�s communautaires dans des �coles. La participation � tous les aspects des processus de planification, d'installation et d'exploitation s'impose �galement. On peut dire que la participation est l'axe qui relie tous les domaines et environnements li�s aux centres d'acc�s25.
La pr�sente section traite de l'aspect essentiel de tous les travaux relatifs � l'installation de centres d'acc�s au sein de communaut�s autochtones et d'autres communaut�s isol�es. Elle fait �galement la synth�se de la participation � chaque stade du processus d'installation et d'exploitation des centres d'acc�s, qui ont tous pour objectif l'adoption de la technologie par la communaut�.
Lorsque nous parlons ici de la participation de la communaut�, nous entendons une participation qui va au-del� de la prise en consid�ration pure et simple de cette communaut� lors du processus de prise de d�cision. Nous nous r�f�rons � l'adoption de TIC par la communaut�, c'est-�-dire � l'incorporation de ces technologies dans la vie de la communaut�. La nouvelle installation peut donc �tre per�ue non pas uniquement comme un centre d'acc�s mais comme un outil ou une strat�gie au service du plan de vie de la communaut�.
������������ "L'expression "adoption sociale" signifie que les ressources de l'Internet ont contribu� � r�soudre des probl�mes sp�cifiques en rapport avec la transformation des r�alit�s de la communaut�. La preuve de l'adoption n'est pas l'utilisation des TIC, mais les changements qui sont intervenus dans le monde r�el. Ce n'est que lorsque les ressources de l'Internet sont des outils utiles avec lesquels transformer leurs r�alit�s et que les TIC r�v�lent leur capacit� de contribuer au d�veloppement… La difficult� est d'aller au-del� de la connectivit�, qui est insuffisante en elle-m�me, et d'ajouter la dimension de l'acc�s �quitable, de l'utilisation lucide et de l'appropriation sociale des TIC pour le d�veloppement 26."
Les programmes et projets qui visent � introduire les TIC dans les communaut�s autochtones devraient, en tant que tels, am�liorer et faciliter le processus d'adoption, ce qui est obtenu en encourageant ces communaut�s � participer � toutes les phases du processus, en renfor�ant les capacit�s locales et en tenant compte du contexte particulier dans lequel les TIC sont introduites.
25�Les principales id�es exprim�es dans la pr�sente section sont emprunt�es � une �tude r�alis�e en�2006 sous la direction de Sofia Medell�n et Diana Marenco, mais qui n'a pas �t� publi�e et dont le titre est:�Considerations about the Community of ICTs and Telecenters.
26 Internet: What For? www.idrc.ca/pan/pppp in Rabadan, Silvia F and Bassi, Roxana, (2002).
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Les �l�ments essentiels de la participation sont au nombre de cinq. Ils seront bri�vement expos�s car le th�me de l'auto�valuation et de la contribution de la communaut� a �t� largement explor� lors de la d�finition du questionnaire qui fournit des orientations sur chaque aspect de la participation et est pr�sent� ici sous une forme g�n�rale.�
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L'�l�ment le plus important�- qui est de plus en plus souvent reconnu comme �tant n�cessaire � l'adoption et � la viabilit� des t�l�centres - est peut-�tre la participation de la communaut� � tous les stades et � toutes les activit�s du projet. Le terme "participation" peut toutefois s'av�rer quelque peu ambigu; dans tout projet, il existe diff�rents niveaux de participation b�n�fique, qui vont de la simple acceptation � l'autogestion des projets, en passant par la consultation, la prise de d�cisions communes et la collaboration.
Chacun sait qu'un haut niveau de participation de la communaut� contribue largement � l'adoption du projet et � sa viabilit� � long terme. La mesure dans laquelle la communaut� participe � la d�finition des aspects les plus importants du projet d�pend de sa propre structure et des conditions locales. Ses membres s'impliqueront dans le projet et se l'approprieront, contribuant ainsi nettement � sa viabilit�.
Bien que la possibilit� que la prise de d�cision soit un �l�ment de la participation ait d�j� �t� �voqu�e, il est important d'insister sur ce point lorsqu'il s'agit de l'acceptation d'un projet. Il faut absolument que la communaut� puisse d�finir la ligne d'action et les caract�ristiques du centre d'acc�s, notamment en ce qui concerne la planification, la conception, l'exploitation, la gestion des ressources, la surveillance et l'�valuation. Son intervention permettra de garantir que le centre d'acc�s r�pondra � des r�alit�s et � des exigences sp�cifiques - les besoins de la communaut� - et qu'il s'adaptera aux changements lorsque cela s'av�rera n�cessaire.
Il est recommand� non seulement d'encourager la communaut� � prendre des d�cisions au sujet de son propre centre d'acc�s, mais aussi de partager les responsabilit�s avec les personnes associ�es au projet. Il faut commencer par prendre une d�cision fondamentale: celle de faire adopter ou non le projet par la communaut�. L'information est un ingr�dient essentiel du processus de prise de d�cision auquel la communaut� devrait avoir pleinement acc�s. Dans le m�me esprit, elle devrait �tre encourag�e � r�fl�chir aux d�cisions prises. Il est important que les membres de la communaut� comprennent parfaitement les r�percussions possibles - tant positives que n�gatives - de tels projets et qu'ils puissent �laborer leurs propres strat�gies d'intervention.
Ce point est particuli�rement important lorsqu'il s'agit de connecter des �coles. La connexion d'une �cole n'entra�ne pas n�cessairement celle d'une communaut�, comme indiqu� dans la Partie 4 du Module 1 de "Connecter une �cole - connecter une communaut�". Un service Internet peut �tre �tendu � la communaut� de deux mani�res: 1) en cr�ant des centres d'acc�s communautaires � l'int�rieur d'�coles; ou 2) en utilisant les centres d'acc�s en tant que noeuds pour �tendre la connectivit� � d'autres secteurs de la communaut� ou � d'autres communaut�s.
Pour que de tels centres puissent �tre cr��s dans des �coles, ou qu'ils puissent �tre utilis�s en tant que noeuds de d�veloppement, il faut d�finir des protocoles qui permettent une gestion commune de l'espace op�rationnel. Bon nombre de centres d'acc�s install�s dans des �coles, qui avaient �t� con�us pour fournir un service � la communaut�, n'assurent jamais ce service pr�cis�ment parce qu'au stade de leur planification et de leur mise en place, la mani�re dont ils accompliraient cette t�che n'avait pas �t� envisag�e.
Les �coles sont normalement des espaces ferm�s � la communaut� et ce, pour des raisons �videntes de s�curit� qui ont trait � la protection des installations et des �tudiants. Ce ne sont donc pas des espaces publics au plein sens du terme et, de ce fait, il est impossible de ne pas tenir compte, lors du processus de prise de d�cision, de la mani�re dont l'�cole assurera la connectivit� de la communaut�.
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Etant donn� que cette question a �t� amplement examin�e dans d'autres paragraphes, il ne sera pas vers� beaucoup d'encre � son sujet dans le pr�sent. On mentionnera toutefois trois aspects du renforcement des capacit�s auxquels la communaut� doit absolument participer:
•����������� La s�lection des domaines de formation conform�ment au plan de vie communautaire.
•����������� La constitution de groupes ou de comit�s auxquels seront donn�s les moyens d'action n�cessaires � l'ex�cution des t�ches relatives aux centres d'acc�s.
•����������� La participation au renforcement des capacit�s d'autres communaut�s et personnes.
Les points mentionn�s dans le paragraphe pr�c�dent permettent de garantir que la communaut� b�n�ficiera d'une formation adapt�e dans les domaines o� des mesures peuvent �tre r�ellement appliqu�es pour am�liorer la qualit� de vie des personnes. En deuxi�me lieu, il est important de disposer de groupes qui soient capables de r�pondre aux besoins technologiques minimaux des centres d'acc�s. Enfin, le troisi�me �l�ment facilite la cr�ation de r�seaux de renforcement des capacit�s et l'�laboration de contenu de formation dans les langues des communaut�s.�
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Au cours du processus d'adoption et afin de contribuer � la viabilit� des t�l�centres, il est recommand� d'utiliser, autant que possible, des ressources et moyens locaux dans le cadre du projet. A condition qu'elle s'inscrive dans un contexte de r�elle participation et de coresponsabilit�, la contribution de la communaut� est tr�s importante pour le renforcement du processus d'adoption des projets qui, au m�me titre que le d�veloppement du potentiel local, r�duit la d�pendance vis-�-vis de l'ext�rieur.
Il est n�cessaire, pour ce faire, de r�pertorier, lors des processus de planification, les ressources humaines, les mat�riels, les informations et le soutien que les institutions peuvent fournir. Ces ressources peuvent �tre utilis�es lors de l'installation et de l'exploitation du centre et, bien entendu, elles sont habituellement d�finies par la communaut� elle-m�me.
Comme nous l'avons mentionn�, chaque projet TIC est introduit dans un contexte particulier, dont il faut tenir compte d�s le moment o� le projet est propos�. Ce projet ne peut pr�senter un int�r�t culturel que si les communaut�s auxquelles il s'adresse y participent. Ce sont les communaut�s elles-m�mes qui doivent d�finir la nature et les particularit�s du centre d'acc�s, ainsi que l'utilisation qu'il est pr�vu d'en faire, afin de l'adapter au contexte culturel pertinent.
Pour d�fendre nos Plans de vie, nous sommes pass�s de la tradition orale aux m�dias de communication, sans oublier nos principes en tant que peuples. Nous mettons � profit les nouvelles technologies de communication pour nous faire conna�tre en prenant en main nos propres moyens de communication. Cette strat�gie est n�e de la n�cessit� de nous rendre perceptibles et de faire appr�cier l'importance de notre culture et, en m�me temps, de d�noncer les nombreux abus dont les peuples autochtones du Cauca sont victimes dans tous les sens du terme. Le Conseil national indig�ne du Cauca http://www.cric-colombia.org.
En ce sens, il est de la plus haute importance que les structures sociales, les organes de d�cision et les plans de vie de la communaut� soient respect�s. Une fois, un groupe de chercheurs travaillant dans un centre d'acc�s situ� dans une �cole autochtone a accept� de produire un portail Internet sur le peuple Wixarica du Mexique. Ces chercheurs ont constitu� un groupe form� principalement de Maracames (m�decins traditionnels) de la communaut�. Une fois le portail termin�, il a �t� soumis � l'Assembl�e de la communaut�, qui l'a rejet� car le projet n'avait jamais �t� approuv� par la communaut� et car le groupe n'avait pas �t� autoris� � r�v�ler des informations sur ses coutumes et rites.
Les communaut�s indig�nes disposent de protocoles de prise de d�cision et de traitement de l'information. La connaissance et le respect de ces protocoles sont les premiers pas vers l'ex�cution d'un projet r�ussi.
Autres publications � lire
Les publications recommand�es offrent un programme de d�veloppement de centres d'acc�s reposant sur un mod�le participatif et une m�thode d'adoption par les communaut�s de t�l�centres.
•����������� Toolkit for Setting up Rural Knowledge Telecentres; Fondation de recherche M S Swaminathan http://www.mission2007.in/files/toolkit.pdf
•����������� Medell�n, S. Use of ICT for Local Development: Telecenters Community Appropriation Participatory Workshop Manual Mexico 2006 http://www.slideshare.net/diocesispopayan/manual-taller-participativo-telecentros-1
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Les bonnes pratiques constat�es en rapport avec ce sujet pourraient incontestablement convenir aussi � plusieurs autres aspects du pr�sent module. Nous mentionnerons ici la Mission 2007 du r�seau Grameen Gyaan Abhiyan, en Inde http://www.mission2007.in/.
Le r�seau Grameen Gyaan Abhiyan est un mouvement de savoir social rural qui vise � rendre 637�000 villages autonomes gr�ce � l'intervention d'une �quipe constitu�e de nombreux acteurs. Il repose sur diff�rents mod�les indiens de d�veloppement des TIC, qui concernent notamment l'acc�s communautaire, l'esprit d'entreprise, le gouvernement, les affaires, la coop�ration et diverses combinaisons de ces mod�les.
Ce mouvement a �t� choisi pour illustrer une bonne pratique en raison des principes directeurs sur lesquels elle repose:
•����������� Il s'agit d'un programme ax� sur les personnes et fond� sur l'adoption collective. Pour �tre ex�cut�, il doit donc b�n�ficier de l'appui de l'ensemble de la communaut�.
•����������� Il tient compte du contexte local et des besoins d'information des personnes, assurant ainsi des services utiles r�pondant � une demande. Bien qu'il repose sur l'utilisation et la recherche de divers types de techniques, le programme ne vise pas � d�montrer le pouvoir de la technologie. Son utilit� est plus importante que l'utilisation de la technologie la plus r�cente.
•����������� Le programme se veut ouvert et permet � chacun de participer. Des principes tels que l'inclusion sociale, le traitement �quitable des sexes, la prise en consid�ration de solutions concernant les zones isol�es et les in�galit�s r�gionales sont donc les piliers sur lesquels reposent les centres communautaires.
Dans le cadre de ce programme, les centres d'acc�s sont exploit�s par des groupes de la communaut� qui d�finissent ceux de leurs besoins auxquels l'utilisation de la technologie permettrait de r�pondre et les objectifs qu'elle permettrait d'atteindre. Les centres d'acc�s sont reli�s � de multiples institutions afin d'acc�der � des informations et de renforcer les capacit�s.
La participation - et donc l'adoption collective des centres d'acc�s - est le pivot de ce processus, au m�me titre que la collaboration et le travail en r�seau, qui peuvent �tre reconnus comme constituant de bonnes pratiques.�
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Comme mentionn� au d�but de la pr�sente section, les �l�ments de la participation qui ont trait � l'auto�valuation seront examin�s plus en d�tail et, contrairement au traitement adopt� dans d'autres sections, chaque domaine de participation fera l'objet d'un tableau distinct.
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Participation � la
planification. Qui planifie?
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Oui
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Non
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La communaut� est consult�e.
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La communaut� peut d�cider si le projet doit �tre mis en
oeuvre ou non.
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Le projet fait intervenir des membres de la
communaut� approuv�s par celle-ci.�
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Les structures et formes d'organisation de la
communaut� sont prises en consid�ration.�
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Le projet est le produit d'une initiative locale.�
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Il r�pond � un besoin d'information et de communication
collective identifi� par la communaut�.
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La planification est effectu�e au sein de la communaut�.
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Participation � la
planification. Comment planifier?
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Oui
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Non
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Le contexte local est connu gr�ce � une �valuation
participative.�
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La communaut� prend des d�cisions au cours de la
planification du projet.�
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Le processus de planification vise � renforcer les capacit�s
locales.
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Participation � la
planification. Quels aspects sont planifi�s
avec la communaut�? |
Oui
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Non
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Installation.
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Renforcement
des capacit�s.
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Besoins d'information et de production de
contenus.�
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Gestion et exploitation du centre d'acc�s et des services qu'il
fournira.
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L'�valuation est pr�par�e avec la communaut�.
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Participation �
l'exploitation du centre d'acc�s�
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Oui
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Non
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Les membres de la communaut� participent � la
gestion du centre.�
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�
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�
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Les membres de la communaut� participent � l'exploitation du
centre.�
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�
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�
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Les membres de
la communaut� participent � la surveillance, � l'entretien et au
signalement des d�faillances.�
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�
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�
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Les membres de la communaut� qui participent � ces aspects
b�n�ficient de l'appui de la communaut�.
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�
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Participation �
l'utilisation du centre d'acc�s�
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Oui
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Non
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Les utilisations sont d�finies par la communaut� sur la base
d'une �valuation participative.�
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�
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Tous les secteurs de la communaut�, et notamment les plus
vuln�rables, sont pris en consid�ration et participent � la
d�finition des utilisations.
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�
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�
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Participation � la
viabilit�
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Oui
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Non
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La communaut� d�finit les strat�gies de viabilit�.
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�
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Des membres de la communaut� participent � divers aspects de
l'exploitation du centre d'acc�s.�
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�
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�
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La communaut� contribue directement, en esp�ces ou en nature, �
la viabilit� du centre d'acc�s.�
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�
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�
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Il existe un plan de viabilit� � long terme.�
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La communaut� ou ses repr�sentants participent directement aux
r�seaux qui contribuent � sa viabilit�.�
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Les ressources locales sont utilis�es lorsque cela est
possible.
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Participation �
l'�valuation
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Oui
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Non
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La communaut� �value.�
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�
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�
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La communaut� d�finit les indicateurs.
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�
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�
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La communaut� est le principal groupe vis� par
l'�valuation.�
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�
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�
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La communaut�
est en mesure de prendre des d�cisions au sujet du centre d'acc�s,
par suite de l'�valuation pr�c�dente.
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�
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�
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Participation au
renforcement des capacit�s
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Oui
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Non
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La communaut� d�finit ses besoins de formation
en fonction d'une �valuation.�
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La communaut� participe aux r�seaux de
formation.
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La communaut� produit ses propres outils de
formation.
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La communaut� produit du contenu
�ducatif.
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Adoption culturelle du
projet
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Oui
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Non
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La communaut� int�gre le projet dans son plan de
vie.
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Le projet respecte les structures sociales et les
valeurs de la communaut�.
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Le projet peut �tre modul� en fonction des
caract�ristiques culturelles.
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Si c'est aux pouvoirs publics de chaque pays qu'il appartient de prendre certaines mesures pour garantir le d�veloppement des TIC au sein des communaut�s autochtones, c'est � ces communaut�s elles-m�mes qu'il revient de s'assurer que les projets TIC dont elles b�n�ficient sont viables et contribuent � leur d�veloppement; elles disposent, pour ce faire, de plusieurs moyens.
S'il est vrai que le r�le que jouent les strat�gies nationales de d�veloppement des TIC au sein des communaut�s autochtones est tr�s important, celui des communaut�s elles-m�mes est essentiel. Les exemples de communaut�s qui sont parvenues � �tablir des projets durables malgr� l'indiff�rence des politiciens � l'�gard du d�veloppement des TIC sont nombreux � travers le monde. Des projets locaux ont souvent r�ussi, gr�ce au travail en r�seau et � l'organisation, � transformer des politiques nationales. �
Le pr�sent chapitre exposera les mesures de base qu'une communaut� autochtone, ou une communaut� qui vit dans une r�gion isol�e, peut prendre pour r�unir les conditions n�cessaires � la viabilit� d'un projet TIC et utiliser ces technologies aux fins de son d�veloppement.
Ces mesures, qui vont des dispositions � prendre localement � celles qui doivent l'�tre au niveau mondial, comprennent les �tapes de base de tout projet communautaire. L'accent est toutefois mis, cette fois-ci, sur les TIC, en particulier sur celles des centres d'acc�s situ�s dans des �coles, ou sur la connectivit� des �coles en vue de son �largissement � la communaut�.
L'importance de la participation des communaut�s autochtones est mentionn�e dans une autre partie du pr�sent module. La pr�sente section trace la voie que doit suivre une communaut� qui souhaite garantir le succ�s du processus d'adoption collective des TIC et contribuer � la cr�ation d'un environnement propice aux TIC pour les peuples autochtones d'un pays.
La voie que nous avons trac�e comprend les �tapes suivantes:
1)��������� D�couverte: Le projet doit trouver sa place au centre du plan de vie communautaire. Cette �tape est assimil�e � la naissance de l'�me du projet, qui fera perdurer le projet dans l'espace de vie de la communaut�.
2)��������� Organisation: Le projet doit trouver les personnes et les espaces de la communaut� qui faciliteront son d�veloppement. Cette �tape est assimil�e � la naissance du corps du projet - des bras et des jambes avec lesquels il pourra commencer � bouger.
3)��������� D�finition: Le projet doit �tre clairement d�fini et s'appuyer sur un plan d'ex�cution. Pour reprendre notre analogie, cette �tape est la cr�ation de l'esprit du projet.
4)��������� Connexion: A ce stade, le projet doit trouver d'autres projets comparables sur lesquels il puisse s'aligner. Il est pr�f�rable de commencer par examiner ceux qui s'en rapprochent le plus, puis d'unir ses efforts aux leurs. Au cours de cette �tape, le projet est d�j� complet puisqu'il a une �me, un corps et un esprit mais personne ne peut �tre complet sans amis; le moment est donc venu de chercher des compagnons et de s'associer � un nouveau groupe.
5)��������� Etablissement de r�seaux: Les organisateurs du projet se rendront compte qu'il existe bien davantage de projets semblables au leur, qui ont beaucoup en commun et qu'ensemble, ils peuvent obtenir que les changements recherch�s se produisent. A ce stade, le projet entame sa marche vers la d�couverte du monde. Il est rattach� � la terre qui l'a vu na�tre et participe aux activit�s d'autres projets qui engendrent des b�n�fices communs pour tous ceux auxquels il s'apparente.
6)��������� R�cit de son exp�rience et r�flexions associ�es: Le projet m�ne une pleine existence. Il prend d�sormais de l'ampleur et doit percevoir la voie qu'il suit et la mani�re dont il �volue.
Comme avec n'importe quelle autre voie, celle de la r�ussite d'un projet TIC doit pouvoir partir de points diff�rents. Parfois, nous commen�ons au milieu du trajet. Cette solution est acceptable � condition de franchir toutes les �tapes. L'exp�rience nous montre que les limites entre ces �tapes changent constamment et que certaines �tapes peuvent m�me �tre franchies en m�me temps.
Nous suivrons la voie que nous avons d�crite ici. Nous nous r�f�rerons, pour ce faire, � des �tudes de cas de processus appliqu�s par les communaut�s autochtones; enfin, dernier point mais non le moindre, nous poserons deux questions qui sont susceptibles de permettre de v�rifier plus facilement si le processus adopt� par une communaut� donn�e respecte cette voie.
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R�fl�chir � la vie et au r�le que leur communaut� y joue est une pratique courante chez les peuples autochtones. C'est � travers des chansons, des contes et des r�cits, le tissage, l'artisanat, des l�gendes, des danses et des rites que les nouveaux membres d�couvrent l'histoire de la communaut�, afin qu'ils puissent y r�fl�chir et comprendre le monde dans lequel ils vivent.
Toutes ces activit�s, ainsi que les assembl�es, les tequios27, les mingas28�sont les processus sur lesquels la communaut� se base pour construire, se rem�morer et mettre � jour son plan de vie.
������������ "De notre point de vue, la communication est l'expression de nos us et coutumes. Il y a de nombreuses fa�ons de communiquer: � travers le tissage et les mingas, et � travers bien d'autres exp�riences de notre vie29."
Le centre d'acc�s constitue donc un nouvel instrument qui peut servir � communiquer un tel plan de vie et permettre � ces formes de communication d'atteindre plus facilement leur objectif. Aussi, la d�cision de lancer un projet de communication - dans ce cas particulier, un centre de communication dans une �cole - ne peut-elle donc �tre prise sans tenir compte du plan de vie de la communaut� puisque le projet justifie son existence et fixe ses objectifs en fonction de ce plan.
������������ "Pour d�fendre nos Plans de vie, nous sommes pass�s de la tradition orale aux m�dias de communication, sans oublier nos principes en tant que peuples. Nous mettons � profit les nouvelles technologies de communication pour nous faire conna�tre en prenant en main nos propres moyens de communication. Cette strat�gie est n�e de la n�cessit� de nous rendre perceptibles et de faire appr�cier l'importance de notre culture et, en m�me temps, de d�noncer les nombreux abus dont les peuples autochtones du Cauca sont victimes dans tous les sens du terme."
L'organisation d'une assembl�e, d'une minga ou de n'importe quel �v�nement collectif est une �tape indispensable qui ne peut �tre omise lors de la justification de la cr�ation d'un centre d'acc�s et de la d�termination du r�le qu'il jouera au sein de la communaut�.
27���Note de la traductrice: Un�tequio�est
une mani�re structur�e de travailler qui exige des membres de la
communaut� qu'ils contribuent � la construction d'un �difice
communautaire sous forme de mat�riaux ou de main d'oeuvre.
28��Note de la traductrice: Une�minga�est une
forme traditionnelle de travail commun ou social r�pondant � des
objectifs sociaux, qui peut �galement �tre effectu� dans l'int�r�t
d'une personne ou d'une famille et dont les participants tirent
toujours profit. Elle est pratiqu�e principalement au P�rou, en
Equateur, en Bolivie et au Chili.
29 Diagnostico de Emisoras y/o Radios Ind�genas.
Ministry of Communications of Colombia. 2009. pp 44.
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Le peuple Nasa vit dans la r�gion du Cauca, en Colombie30. Il consid�re que la pratique de son plan de vie est un droit. Les principes d'unit�, de culture et d'autonomie sont �nonc�s dans ce plan dans l'int�r�t des membres du peuple Nasa et de leur environnement.
� � � � � � �"Nous avons indiqu� clairement que, nous aussi, nous avons un choix politique dans ce monde, que, nous aussi, nous pensons et que nous avons �galement une philosophie […] Ce�droit est si r�el que m�me s'ils n'ont pas voulu le reconna�tre, ils n'ont pas pu le m�conna�tre. Notre territoire, nos ressources et la possibilit� de g�rer notre propre d�veloppement comme nous l'entendons et non pas en fonction des valeurs d'un syst�me qu'ils veulent nous imposer, font fondamentalement partie des droits pour lesquels nous continuons de lutter31."
Gardant cette id�e � l'esprit et bien ancr�e dans leur plan de vie, les Nasa ont commenc�, avec l'aide du Conseil r�gional indig�ne du Cauca, � mettre ce plan par �crit au moment o� le gouvernement commen�ait, lui aussi, � demander des plans de d�veloppement de la r�gion. Ce faisant, les Nasa ont tenu compte du point de vue des femmes sur la mani�re dont le plan devrait �tre cr�� pour �tre ouvert et harmonieux. Ils ont utilis� l'analogie du tissage:
•����������� "La belle et harmonieuse uniformit� des nombreuses mailles dont est constitu� le produit final du tissage."
•����������� L'harmonie des couleurs, des figures et des diff�rentes mailles qui constituent l'ensemble.
•����������� Le r�sultat: le tissage en tant que produit de divers objectifs, propositions, formes de travail et m�thodologies diff�rents et pourtant visant le m�me but.
•����������� Un tissage � des fins et pour des utilisations diff�rentes correspondant � des besoins communautaires particuliers.
Tous les domaines qui devaient �tre �valu�s ont �t� indiqu�s dans ce plan; parmi eux figuraient l'�ducation, la langue et la communication:
•����������� R�tablir la langue sous tous ses aspects: compr�hension, expression orale et �crite. Son utilisation doit �tre encourag�e au niveau local et r�gional, ainsi que dans les moyens de communication et d'expression auxquels participent aussi bien les jeunes que les personnes plus �g�es.
•����������� Confirmer le projet �ducatif relatif aux cabildos indig�nes32 du Cauca. Uniformiser une proposition d'instruction qui permette de planifier et de coordonner les activit�s des diff�rents conseils et de leurs �tablissements d'enseignement.
•����������� Cr�er nos propres strat�gies de communication en mettant � profit la technologie et les comp�tences professionnelles de certains autochtones. Nous avons mis en oeuvre certains moyens de communication qui correspondent � notre langue et � nos us et coutumes, en particulier une radio indig�ne, des pages web, des journaux, des revues et des mat�riels audiovisuels. L'objectif est de chercher � nous affirmer par des moyens de communication contr�l�s par les autochtones eux-m�mes.
L'une des mesures que le peuple Nasa a prises pour r�soudre ces probl�mes a �t� la cr�ation du Programme de communication du Conseil r�gional indig�ne du Cauca, lequel fixait les principes que devaient respecter les m�dias qui s'inscriraient dans le cadre de ce programme, � savoir:
•����������� Informer: Etre capable de fixer l'attention de la communaut� sur les activit�s que m�nent les organismes nationaux, r�gionaux et locaux et les diff�rents secteurs sociaux en rapport avec des questions pr�sentant un int�r�t pour la soci�t� et auxquelles ils participent en offrant des �l�ments d'analyse qui permettent de comprendre ces questions plus facilement et mieux et de forger une opinion publique.
•����������� Eduquer: D�velopper une communication directe et bilat�rale, en optimisant les moyens d'�mission et de r�ception des peuples indig�nes du Cauca. Nous voulons permettre � ces peuples de comprendre et d'analyser les raisons qui expliquent l'existence de cette r�alit� sociale, cr�er des espaces de conciliation et faciliter le partage de visions diff�rentes.
•����������� Mobiliser: Faire prendre conscience de la r�alit� sociale des peuples indig�nes du Cauca de mani�re � inciter ces peuples et les acteurs sociaux � se mobiliser pour mettre en oeuvre des id�es, propositions et projets en vue de parvenir � une coexistence pacifique, de reprendre confiance et de recouvrer une force culturelle, sociale, politique et organisationnelle.
Cet expos� rend compte de la mani�re dont le peuple Nasa a con�u son projet de communication. Les objectifs et le r�le que les m�dias jouent au sein de la communaut� sont bien d�finis, les id�es correspondantes sont claires et tous les membres de cette communaut� sont r�solus � les concr�tiser. Nous pouvons dire que les Nasa ont couvert avec succ�s la premi�re �tape de la voie.
30�Toutes les notes que nous mentionnons dans le pr�sent chapitre sont reprises en grande partie du document de Jos� Otero, intitul� "El derecho a la comunicaci�n en el Plan de Vida de los Pueblos Ind�genas Cauca". Colombie. 2008.
31�Extrait d'un discours prononc� par Lorenzo Muelas, repris du document de Jos� Otero, intitul�: "El derecho a la comunicaci�n en el Plan de Vida de los Pueblos Ind�genas del Cauca". Colombie. 2008.
32��Note de la traductrice: Un�cabildo�est
l'�quivalent d'une mairie ou d'un conseil.
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Si vous lancez un projet visant � connecter une �cole dans votre communaut�, ou si vous en avez d�j� entam� un, il serait bon de r�pondre aux questions ci-apr�s pour savoir si vous avez suivi avec succ�s toutes les �tapes n�cessaires.
•����������� Le projet a-t-il �t� d�battu au sein de l'Assembl�e?
•����������� Le plan de vie ou de d�veloppement de la communaut� est-il clair?
•����������� Le r�le et la fonction du projet dans le plan de vie de la communaut� sont-ils clairs?
•����������� Les autres domaines du plan de vie auxquels touche le projet sont-ils �vidents?
•����������� Peut-on dire que le r�le du projet dans le plan de vie de la communaut� a �t� �tabli?
Nous savons fort bien que, quel que soit le m�rite d'une id�e de projet, elle ne peut �tre r�alis�e seule. Il doit toujours y avoir quelqu'un pour la d�velopper et assumer des responsabilit�s sp�cifiques. Autrement dit, nous devons d�signer les personnes qui coordonneront le projet. Les communaut�s savent tr�s bien comment choisir ces personnes. Elles connaissent leurs talents mais aussi leurs d�fauts. Leurs dirigeants savent comment constituer un comit� �quilibr� rassemblant toutes les personnes qui devraient et qui souhaitent y participer.
Il faudrait tenir compte des �l�ments ci-apr�s lors de la s�lection des membres du Comit� qui sera charg� du projet de connectivit�:
1)��������� Continuit�: L'installation et le d�veloppement du projet demanderont un certain temps; il est donc pr�f�rable de choisir des personnes qui ont leurs racines dans la communaut� et qui ne vont pas la quitter dans un avenir proche.
2)��������� Aptitude: On peut trouver, au sein de la communaut�, des personnes qui ont d�j� une exp�rience des TIC ou qui sont en mesure de comprendre ce sujet plus facilement, comme les enfants et les jeunes.
3)��������� Inclusion: Il est important que les personnes qui vivent dans une zone concern�e par le projet participent aux travaux du comit� de mani�re � tenir compte du point de vue de tout le monde et � faciliter l'ex�cution de ce projet. La pr�sence de femmes au sein du comit� est �galement importante car les femmes repr�senteront une part appr�ciable des utilisateurs et gestionnaires et car elles ont g�n�ralement des activit�s sp�cifiques et des projets dans la communaut�.
4)��������� Alternance: De nombreuses communaut�s ont trouv� que l'alternance �tait un excellent moyen d'�viter que seules quelques personnes disposent de connaissances et d'exp�rience. A l'issue d'une certaine p�riode, ces personnes changent de r�le, afin que d'autres puissent acqu�rir leurs comp�tences. La gestion du projet n'est ainsi jamais mise en p�ril par l'absence d'un des membres du comit�.
Les comit�s sont g�n�ralement cr��s lors d'une assembl�e afin que les personnes �lues rendent compte � cette autorit�.
Une fois choisies, les personnes auront besoin d'un endroit o� travailler. Il est n�cessaire, � ce stade, de d�cider du ou des lieux d'implantation du projet (il sera possible de revenir plus tard sur cette d�cision). Il est bon de pr�voir plusieurs options car les caract�ristiques que ce lieu devrait pr�senter seront r�v�l�es tout au long du projet. Le signal est parfois meilleur � certains endroits qu'� d'autres, ou les personnes ont plus facilement acc�s � un endroit qu'� un autre. Il s'agit l� de facteurs importants dont il faut tenir compte pour d�terminer l'emplacement du centre d'acc�s.
Il est tr�s important que tous les accords mentionn�s ci-dessus et que ceux qui sont conclus par la suite soient officialis�s en les consignant par �crit, de mani�re � disposer d'une trace �crite lorsqu'ils devront �tre r�examin�s.�
Au Mexique, il existe une communaut� baptis�e "La Mixtequita" constitu�e d'autochtones mixt�ques qui ont �t� relocalis�s dans cet endroit. Un centre d'acc�s communautaire a �t� install� dans une �cole de la communaut�. Malheureusement, ce centre n'a pas �t� utilis� car la directrice de l'�cole craignait que les ordinateurs tombent en panne.
Encourag�s par un promoteur, des repr�sentants de la communaut� se sont r�unis dans cette �cole pour �tudier le probl�me du centre d'acc�s. Parmi eux figuraient notamment des fermiers, un repr�sentant de l'association d'�leveurs de b�tail, un groupe de femmes, des �l�ves du lyc�e public, des enfants, la directrice de l'�cole primaire et le comit� de l'�cole.
Au d�but de la discussion, la directrice a expliqu� pourquoi elle n'avait pas autoris� l'utilisation du centre d'acc�s�en ces termes: "Nous sommes trop peu nombreux pour g�rer ce centre, l'�quipement est tr�s co�teux et personne ne sait le faire fonctionner, nous avons donc peur qu'ils l'endommagent, et il n'y a pas de professeur d'informatique."
Les autres se sont ralli�s � l'opinion de la directrice mais ils ont not� que la communaut� disposait d'un lyc�e technique qui enseignait l'informatique. Le seul probl�me �tait que ce lyc�e n'avait pas acc�s � l'Internet. La communaut� a donc d�cid� de former un comit� constitu� des membres du comit� de l'�cole, des �l�ves du lyc�e et de repr�sentants d'autres groupes et de le charger de t�ches � ex�cuter dans le centre num�rique. La formation de ces personnes a d�marr� d�s leur nomination et le centre a commenc� � fonctionner.
Dans cet exemple, le centre a �t� install� sans m�me disposer d'un comit� de gestion. La connectivit� avait �t� fournie � l'�cole alors qu'un autre local aurait peut-�tre �t� plus appropri�.
Comme nous l'avons mentionn� au d�but, toutes les �tapes du processus doivent �tre syst�matiquement suivies; autrement le projet devra, � un certain moment, faire marche arri�re. Si la Mixtequita avait adopt� un processus de planification qui pr�voyait que la communaut� constitue un comit� et d�termine l'emplacement qui convenait le mieux au centre d'acc�s, elle aurait peut-�tre pu �viter que ce centre soit ferm� pendant un an.�
Voici quelques-unes des questions que vous pouvez vous poser pour v�rifier si vous avez choisi correctement les membres du comit� charg� de l'installation et de l'exploitation du centre d'acc�s.
•����������� Un comit� est-il charg� de l'installation de la connectivit�?
•����������� Le comit� est-il constitu� de personnes ayant leurs racines dans la communaut�?
•����������� Y a-t-il des femmes parmi les membres du comit�?
•����������� Y a-t-il des jeunes, des enfants ou des personnes participantes qui sont capables de travailler avec les TIC?
•����������� Y a-t-il un syst�me en place qui permette d'intervertir les r�les des membres du comit� ou d'accepter de nouveaux membres?
•����������� Les accords sont-ils consign�s par �crit?
•����������� Y a-t-il plusieurs endroits possibles o� installer la connectivit� ou le centre d'acc�s?
Le projet a d�j� fix� les objectifs � atteindre, il dispose d'un comit� qui sera charg� de le concr�tiser, et pourtant il reste encore beaucoup de points n�buleux, tels que:
•����������� Les questions li�es � l'infrastructure et � la viabilit� - Comment le centre va-t-il �tre exploit�, combien co�te l'�quipement, par quoi doit-on commencer et quelles sont les activit�s requises?
•����������� Les questions ayant trait aux t�ches et aux services que le centre devrait assurer - Quels sont les formes ou les moyens de communication que le centre d'acc�s peut renforcer et les projets communautaires actuels auxquels il peut fournir un appui?
Pour r�pondre � ces questions et � d'autres qui d�finissent clairement notre projet, il est n�cessaire de r�fl�chir � ce qui suit:
a)��������� Quelles sont les options? Nous savons que nous voulons un centre d'acc�s, mais nous n'en avons peut-�tre jamais vu - ou nous en avons peut-�tre vu un mais nous ne savons pas comment il fonctionne. Il est donc utile, au cours de cette premi�re phase, de rechercher d'autres exp�riences aupr�s de communaut�s qui poss�dent d�j� un centre, de leur rendre visite et de leur poser des questions telles que: Comment �tes-vous connect�e au r�seau?
������������ Qui vous fournit le service? Quelles sont les conditions requises? Comment l'avez-vous financ�? O� l'antenne est-elle install�e et combien de personnes peut-elle desservir? Combien co�te ce centre? N�cessite-t-il une attention et une maintenance particuli�res? A quelles fins l'utilisez-vous? Qui vous a aid�? Qui vous a form�? Et toute autre question qui vous vient � l'esprit.
b)��������� De quoi disposons-nous et que nous manque-t-il? Forts de l'exp�rience du pass�, nous pourrons nous faire une id�e pr�cise de ce dont nous avons besoin pour notre projet. Nous serons en mesure de grouper ces besoins de mani�re � y r�pondre et � les identifier plus facilement. Le classement ci-apr�s pourrait �tre adopt�:
•���� Besoins de connectivit�: Tous ceux qui ont trait au service de communication, tels que fournisseur ou type de connectivit� (WiFi, WiMax, satellite, t�l�phone, etc.)
•���� Besoins en �quipement: Tous ceux qui ont trait � l'�quipement du centre d'acc�s, tels qu'ordinateurs, imprimantes, cam�ras et tous les autres appareils n�cessaires, suivant l'usage auquel le centre d'acc�s est destin�.
•���� Besoins de formation: Tous ceux qui ont trait � la formation que nous devons recevoir pour pouvoir exploiter tous les aspects du centre d'acc�s. Il ne sera peut-�tre pas possible de r�pondre imm�diatement � tous ces besoins mais il est important de les garder pr�sents � l'esprit de mani�re � se rapprocher peu � peu de l'autonomie.
c)��������� De quels moyens la communaut� dispose-t-elle et de quelle mani�re le centre d'acc�s les renforcera-t-il? Il est n�cessaire, � ce stade, d'identifier les moyens de communication dont la communaut� dispose d�j� (stations radio, journaux locaux, affiches). Les organisateurs peuvent r�fl�chir � la mani�re dont le centre d'acc�s pourrait contribuer � les am�liorer ou, dans le cas de la t�l�phonie, � faire baisser le prix des appels t�l�phoniques. Par exemple, le centre peut aider en mettant la station radio en ligne, en t�l�chargeant le journal local, en cr�ant des affiches, etc.
d)��������� Quels sont les projets en cours ou les services actuellement assur�s au sein de la communaut� et comment le centre d'acc�s peut-il les soutenir? En d'autres termes, quels sont les besoins en information et en communication de chacun de ces projets et comment le centre d'acc�s peut-il y r�pondre. Il pourrait, par exemple, offrir la t�l�consultation dans l'unit� m�dicale, cr�er des cours de p�dagogie dans l'�cole, rechercher les prix sur le march� des marchandises produites au sein de la communaut�, etc.
e)��������� Quels sont les besoins de la communaut� en mati�re de formation? Les paragraphes c) et d) fournissent les renseignements n�cessaires � la d�finition des domaines dont il faut d�velopper le potentiel. Comme indiqu� pr�c�demment, toutes les aptitudes requises doivent �tre identifi�es afin que le centre puisse devenir autonome.
f)���������� Comment le centre sera-t-il g�r� pour assurer son autonomie? Tenir compte de ce que co�tera l'exploitation du centre apr�s son installation, de la mani�re dont ces co�ts seront couverts et de la source � laquelle seront r�guli�rement puis�es les ressources n�cessaires � son autonomie.
g)��������� Qui est en mesure de pr�ter son appui au centre? Pour pouvoir effectuer toutes ces t�ches r�guli�rement, les op�rateurs du centre auront besoin d'un soutien ext�rieur, qui pourrait �tre technique, financier ou li� � la formation. On commencera par chercher autour de soi, au sein de la communaut� elle-m�me. Cette communaut� est peut-�tre en mesure de cr�er�un fonds d'�pargne ou de fournir des contributions en nature. Par exemple, bon nombre de coop�ratives de t�l�communications d'Argentine ont �t� cr��es de cette fa�on.
������������ Plus tard, les organisateurs devront chercher � �tablir les relations qui unissent la communaut� � d'autres de la r�gion afin de les connecter ais�ment. Enfin et surtout, les organisateurs doivent identifier les r�seaux ou organismes nationaux et internationaux qui sont en mesure d'appuyer le centre.
Le plan est pr�t. L'heure est venue de faire les premiers pas vers son ex�cution.�
L'exp�rience que nous sommes sur le point de relater va au-del� de la planification des besoins initiaux d'un centre d'acc�s. Elle parle de l'�tablissement de strat�gies de communication qui peuvent �tre appliqu�es par l'interm�diaire d'un centre d'acc�s ou d'autres moyens de communication au sein de la communaut�.
L'Unit� de communication guarani33 de Bolivie avait mis en place un processus de renforcement des capacit�s qui lui permettait d'�tablir des plans de communication et de dispenser un enseignement audiovisuel. Depuis le tout d�but, les fonctions s'inspiraient principalement d'un mod�le de formation de personnel comp�tent.
Munie de ces outils, l'Unit� de communication guarani a d�fini les besoins d'information et de communication en engageant un processus participatif avec les communaut�s et groupes. La m�thodologie utilis�e pour ce projet consistait � identifier les r�seaux de communication traditionnels et locaux, les points de raccordement entre eux et les services techniques officiels, ainsi que les besoins de connaissances et de formation.
Ce syst�me de diagnostic a permis de d�celer des pertes de connaissances m�dicales traditionnelles dans quatre communaut�s. Des praticiens de la m�decine traditionnelle sont donc intervenus, avec les autorit�s et des membres de la communaut�, pour am�liorer l'�change de connaissances et renforcer le contr�le communautaire de ce sujet. D'autre part, au nombre des questions de ses programmes agricoles que la communaut� a reconnu comme �tant prioritaires figuraient les activit�s n�cessaires � la production de mat�riels didactiques et de cours de formation.
Comme nous pouvons le constater, le processus participatif d'�valuation suivi par l'Unit� de communication guarani a produit des strat�gies de communication destin�es � r�pondre � des besoins sp�cifiques, qui devaient �tre appliqu�es par l'Unit� mais aussi par les membres de la communaut� et d'autres parties prenantes.
Nous avons choisi une exp�rience ax�e sur l'�tablissement de strat�gies de communication puisque ces strat�gies sont la base sur laquelle nous pourrons nous appuyer pour concevoir un grand nombre des �l�ments n�cessaires � notre centre d'acc�s. Par exemple, si la communaut� dispose d'une station radio et d�sire trouver du contenu audio ou publier un "podcast" (balado) sur l'Internet, l'�quipement, la connectivit� et la formation de personnel comp�tent seront ax�s sur ces domaines.
33�Cet exemple est cit� dans la publication intitul�e "Yasarekomo: Une exp�rience de communication indig�ne en Bolivie", FAO 2004�http://www.fao.org/docrep/006/y5311s/y5311s00.htm.
•����������� Des visites d'autres centres d'acc�s ou de projets de communication ont-elles eu lieu avant la planification ou a-t-on examin� les �ventuels documents traitant de ces sujets?
•����������� Les organisateurs ont-ils une id�e g�n�rale des TIC et de leurs utilisations possibles?
•����������� Existe-t-il un plan � la r�daction duquel tous les groupes de la communaut� ont particip�?
•����������� Les organisateurs ont-ils une id�e pr�cise des moyens de communication dont dispose la communaut� et de ses besoins de communication?
•����������� A-t-on une id�e des techniques et du mat�riel n�cessaires � l'exploitation du centre d'acc�s?
•����������� A-t-on une id�e pr�cise des co�ts d'exploitation de ce centre?
•����������� A-t-on une id�e pr�cise des mesures � prendre pour assurer sa viabilit�?
•����������� Quelqu'un a-t-il dress� une liste des institutions et personnes qui seront charg�es de prendre en charge les diff�rents domaines identifi�s au cours de la planification?
•����������� Y a-t-il un comit� charg� de l'application du plan, ainsi que des �ch�anciers et une indication des mesures � prendre pour chaque t�che?
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Le projet dispose d�sormais d'un plan. Il a d�fini ses besoins et fix� ses priorit�s. Il existe une liste des personnes qui peuvent aider � r�pondre � ces besoins et une autre consacr�e au type d'aide requise.
Il est pr�f�rable de commencer par la question la plus simple et avec les ressources imm�diatement disponibles. Il existe peut-�tre, � proximit�, une autre communaut�, une �cole ou une universit� qui peuvent aider � r�gler les probl�mes techniques. Il existe peut-�tre un programme gouvernemental, ou des groupes de migrants qui sont pr�ts � aider ou � fournir des conseils.
Lorsqu'on commence � chercher de l'aide, de nombreuses possibilit�s de collaboration avec un autre organisme ou une autre institution peuvent se pr�senter. L'avantage que procure l'existence d'un plan est que l'on peut d�terminer, en fonction de ce plan, ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Nombreuses sont les communaut�s qui, ne disposant pas d'un plan de travail, ont tendance � accepter les projets � mesure qu'ils se pr�sentent, sans se demander si ces projets ne leur apporteront pas des probl�mes plut�t que des avantages. La communaut� pourrait �tre amen�e � consacrer du temps et des efforts � quelque chose dont elle n'a peut-�tre pas besoin ou qui n'est pas dans son int�r�t.
Autre point important � retenir lorsqu'on sollicite un appui: ne jamais permettre aux personnes qui fournissent cet appui d'exercer les activit�s � la place de la communaut� ou du comit�. Si l'aide consiste � entreprendre une t�che, celle-ci doit �tre effectu�e ensemble afin d'acqu�rir exp�rience et autonomie. Par exemple, si quelqu'un assure la connectivit�, la communaut� travaillera avec cette personne � la mise en place du service mais devrait insister pour que la formation fasse partie du type d'aide fournie.
Il est tr�s important que la communaut� ait le pouvoir de d�cider de toutes les questions touchant le centre d'acc�s. Elle doit donc continuer � participer � son exploitation et disposer de personnel et de membres du comit� bien form�s.�
A Chemax, province du Yucat�n (Mexique), il existe un foyer indig�ne �quip� d'une station radio exploit�e par des enfants de ce foyer. Les directeurs du foyer, qui dispose d'un nouveau centre num�rique, sont inquiets car ils pensent que les ordinateurs et l'Internet repr�sentent un probl�me administratif de plus. "Qui va nous former?" demandent-ils. "Qui assurera la maintenance de ces appareils?"
Le foyer a d�cid� de proc�der � une planification participative en rapport avec le centre d'acc�s qui avait �t� install�. Au cours de cet exercice, de nombreuses utilisations de l'Internet ont �t� identifi�es - qui avaient trait essentiellement � la fourniture de contenus de programmes pour la radio et pour la surveillance des ouragans, qui sont fr�quents dans cette zone.
Au cours de la planification, il est �galement apparu �vident que la station radio avait besoin d'un site web. Le d�bat a �t� centr� principalement sur la question de savoir qui pourrait former les r�sidents locaux pour qu'ils puissent cr�er et g�rer ce site. Le coordonnateur de la r�union a demand� aux participants s'ils ne connaissaient pas quelqu'un, une universit� ou un institut technique qui puisse les aider. Le directeur de la station radio de la zone a r�pondu qu'en fait, il connaissait des membres d'un institut technique voisin. Quelques mois plus tard, la station radio disposait de son propre site web, con�u par l'institut, qui avait �galement fourni le serveur. Le site ainsi cr�� est le suivant: http://www.cdi.gob.mx/mayadigital/chemax.html.
Le foyer avait su tirer parti des relations qu'il avait identifi�es au niveau local et institutionnel pour atteindre ses objectifs.�
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•����������� Les partenaires, institutions, organismes et organisations qui sont susceptibles de fournir une aide ont-ils �t� identifi�s?
•����������� A-t-on une id�e pr�cise du type d'aide qui est n�cessaire et du genre de soutien qui n'est pas acceptable?
•����������� L'aide fournie renforce-t-elle les capacit�s ou rend-elle le centre d�pendant?
•����������� Quel pouvoir de d�cision la communaut� a-t-elle sur le projet?
De nombreuses communaut�s autochtones de par le monde travaillent sur des centres d'acc�s ou d'autres moyens de communication. Elles ont des probl�mes communs et une multitude d'id�es et d'exp�riences pour les r�soudre. Un grand nombre d'entre elles font partie de r�seaux qui partagent l'information. De la m�me mani�re, il existe des r�seaux nationaux qui partagent et diss�minent l'information dans le cadre d'un programme de travail organis� et qui souhaitent �galement encourager l'�tablissement d'une politique nationale en faveur du d�veloppement de la communication indig�ne.
La participation au r�seau est le stade du d�veloppement d'un centre d'acc�s qui a la port�e la plus vaste puisque la communaut� locale se trouve connect�e � son pays ou au monde. Cette participation n'est toutefois utile que si elle sert les int�r�ts de la communaut�; les probl�mes mondiaux ont un sens lorsqu'ils sont li�s � des probl�mes locaux.
La construction de r�seaux se fait � tous les niveaux. Il est n�cessaire de commencer par celui de la communaut�, c'est-�-dire par le r�seau social que constituent les utilisateurs du centre d'acc�s. Ces utilisateurs r�aliseront qu'ils appartiennent � de nombreux r�seaux. Lorsque cela est possible, les organisateurs devraient se mettre en rapport avec les autres centres d'acc�s de leur r�gion, mais plus important encore, ils devraient contacter les centres de communication qui sont susceptibles d'�largir la port�e de leurs activit�s de communication. Recenser les mesures prises � l'�chelle nationale qui concernent aussi bien les �coles que les centres d'acc�s et les t�l�centres, et rechercher un r�seau international. Il existe de nombreux r�seaux nationaux et r�gionaux, et au moins un r�seau mondial, � rejoindre. Recenser avant tout les autres communaut�s autochtones qui font partie de ces r�seaux.
Europe: http://www.telecentre-europe.org/
Asie: http://www.a-ptnetwork.ning.com/
Afrique australe: http://www.satnetwork.org/
Am�rique et Cara�bes: http://www.tele-centros.org
Monde entier: http://www.telecentre.org
En dehors des r�seaux dont les centres num�riques font partie, les peuples autochtones ont cr�� un mouvement mondial sur la communication indig�ne, auquel les centres d'acc�s sont int�gr�s de diverses mani�res. Il s'agit essentiellement d'applications et de contenus qui compl�tent les t�ches d'autres m�dias, tels que la radio, et la conduite d'activit�s de communication li�es � la reconnaissance des droits des autochtones. C'est la raison pour laquelle les r�seaux des centres d'acc�s des communaut�s indig�nes ne peuvent se limiter uniquement � la participation aux r�seaux de t�l�centres. Ils ont �galement leur place au sein du mouvement des m�dias indig�nes et de celui de la reconnaissance des droits des peuples autochtones partout dans le monde.
Le t�l�centre d'Asodigua se trouve � Solol� (Guatemala), municipalit� rurale regroupant des peuples Kaqchiquel, Quich� et Tz'utuhil. Le t�l�centre occupe une place pr�pond�rante dans la r�gion. Il forme de nombreuses communaut�s autochtones et ex�cute des projets qui aident les femmes artisans � utiliser le courrier �lectronique et � cr�er des sites web. Il appuie �galement des processus �ducatifs destin�s aussi bien aux enfants autochtones qu'aux autorit�s locales. Il fournit des services aux militants des droits de l'homme et a mis en place un programme sp�cial pour les femmes indig�nes.
Le t�l�centre joue un r�le social tr�s important au sein de la communaut� et dispose d'un r�seau robuste au niveau local. Ces capacit�s structurelles ont pu �tre largement appr�ci�es lors des sauvetages et des efforts de reconstruction qui ont fait suite � la trag�die caus�e par l'ouragan Stan en 2005.
Asodigua, qui repose sur une base solide au niveau local, fait
partie du r�seau d�sign� "Somos Telecentros". Comme il
ressort nettement de son site web, Somos Telecentros a permis
d'acc�der � de nombreuses exp�riences, renfor�ant ainsi les
comp�tences des peuples autochtones, y compris leur aptitude �
s'entraider dans des domaines qui vont bien au-del� des t�ches
techniques. Asodigua illustre clairement les avantages de
l'appartenance � un r�seau mondial de t�l�centres.
http://arpapallo.net/Asodigua/index.php?pagina=1.
Ceci dit, au-del� des r�seaux de t�l�centres, il existe des r�seaux de communication autochtones plus vastes. Nous avons d�j� mentionn�, dans la pr�sente section, le Conseil r�gional indig�ne du Cauca, en tant que r�seau qui a su s'�tendre � tous les domaines - � tel point qu'au moment de la r�daction du pr�sent document, il �tait l'un des principaux organisateurs du Sommet continental de communication indig�ne. Il s'agit l� sans aucun doute d'un exemple de r�seau durable, reposant sur une base solide, qui a su s'organiser en r�fl�chissant � ses besoins locaux et en tenant compte, pour y r�pondre, du contexte international.
•����������� Le r�seau local a-t-il �t� consolid�?
•����������� Est-ce que la majorit� des groupes qui agissent au sein de la communaut� participent au r�seau local?
•����������� Attend-on des r�sultats concrets d'un r�seau national et d'un r�seau mondial?
•����������� Que peut apporter le centre num�rique � un r�seau national ou mondial?
•����������� Quelles actions mondiales sont susceptibles d'affecter directement ou indirectement les actions locales?
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Jen P�j est une station radio indig�ne Ayuc du Mexique. Chaque ann�e elle organise, � l'occasion de son anniversaire, une grande f�te � laquelle sont convi�s tous ses auditeurs, les amis qu'ils comptent dans les r�seaux auxquels ils appartiennent, les projets auxquels ils participent et la ville qui, ce jour-l�, se pare de multiples couleurs et d�borde de festivit�s et d'activit�s culturelles. Mais cette f�te est aussi l'occasion d'une r�flexion collective. Les Ayuc comm�morent l'anniversaire de leur station radio mais ils pensent �galement � elle et � la radio indig�ne en g�n�ral. Ils �coutent les exp�riences d'autres invit�s et s'interrogent pour savoir s'ils suivent bien la voie que la communaut� a trac�e pour eux et pour elle-m�me.
Il s'agit d'un exemple parmi d'autres de moyen de diffusion communautaire qui examine, observe et critique ses services en fonction du plan de vie des personnes auxquelles ils sont destin�s. Cette activit� est un �l�ment essentiel d'un centre d'acc�s autochtone.
Lectures recommand�es
•����������� Figueroa, E. Consejos y Recomendaciones para Montar Telecentros Comunitarios. Infocauca.2003 http://webapp.ciat.cgiar.org/es/descargar/pdf/guia_montaje_telecentro.pdf
•����������� Medell�n, S. Uso de las TIC para el Desarrollo Local: Apropiaci�n Comunitaria de Telecentros Manual de Taller Participativo. M�xico. 2006 http://www.slideshare.net/diocesispopayan/manual-taller-participativo-elecentros-1
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Comme nous l'avons vu tout au long du pr�sent module, l'utilisation des TIC pour le d�veloppement des peuples autochtones et des communaut�s isol�es va bien au-del� de la connexion d'une �cole. La connectivit� n'est que l'un des maillons d'une longue cha�ne de mesures � prendre pour que les�TIC soient utilis�es dans l'int�r�t des communaut�s. Le gouvernement et les communaut�s sont investis de responsabilit�s r�ciproques dont ils doivent s'acquitter lors de l'application de ces mesures afin de faire des TIC un v�ritable outil d'aide au d�veloppement.�
Tout au long du pr�sent module, nous avons mis l'accent sur les bonnes pratiques et les erreurs associ�es au d�veloppement des TIC au sein des communaut�s autochtones, r�alis� soit en installant des centres communautaires d'acc�s � l'Internet dans des �coles, soit en �tendant la connectivit� � partir des �coles connect�es.
Nous avons d�j� donn� certaines directives g�n�rales qui doivent �tre suivies pour s'acheminer vers le d�veloppement durable des TIC au sein de communaut�s isol�es et qui n'ont pas besoin d'�tre r�p�t�es dans la pr�sente section. Il est n�anmoins important de souligner, en conclusion, que pour assurer la viabilit� des projets de connectivit� dans des zones isol�es, il faut une strat�gie int�gr�e qui tienne compte de tous les aspects d'un environnement propice et, en particulier, de la participation des communaut�s concern�es.
Les exemples de strat�gies de d�veloppement des TIC qui n'ont connu qu'un succ�s superficiel sont l�gion. Il s'agit de strat�gies qui ambitionnent de d�ployer massivement des centres num�riques mais qui, lorsqu'elles sont �valu�es en fonction de crit�res d'utilit� et de viabilit�, sont de v�ritables �checs.
Les mesures d�crites dans le pr�sent module ne garantissent pas des r�sultats imm�diats, non plus que l'augmentation de la connectivit� sur de courtes p�riodes, mais elles constituent le fondement d'une strat�gie int�gr�e et � long terme, qui se traduira par des projets solides, lesquels permettront � leur tour de mettre au point d'autres projets TIC.
Les propositions formul�es dans le pr�sent module supposent l'adoption de mesures initiales qui ne donneront peut-�tre pas lieu imm�diatement � une hausse des indicateurs relatifs � la t�l�densit� ou � l'acc�s aux TIC des communaut�s. Ceci dit, une fois prises, les mesures essentielles conduiront � une croissance exponentielle de la connectivit� et des applications, comme le montrent certains des exemples pr�sent�s.
Les administrations qui optent pour une strat�gie de d�veloppement durable des TIC au sein de communaut�s isol�es ne manqueront pas de juger utiles les indications fournies dans le pr�sent module.�
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Ceux qui ont v�cu dans des communaut�s autochtones, ou dans des communaut�s poss�dant de maigres ressources, savent qu'un travail collectif organis� est l'�l�ment moteur dont d�pend le succ�s ou l'�chec des projets. Nous savons fort bien que s'il est important de fournir des ressources �conomiques, il l'est encore plus d'organiser les membres de la communaut� de mani�re � ce qu'ils utilisent efficacement les ressources locales, lesquelles comprennent non seulement les ressources mat�rielles disponibles mais aussi les aptitudes de ces membres et leurs relations avec d'autres personnes, communaut�s et institutions.
Tout au long du pr�sent module, nous avons appel� l'attention sur plusieurs �l�ments essentiels dont les communaut�s doivent tenir compte lors du d�veloppement de projets TIC afin de s'assurer qu'ils seront durables et qu'ils r�pondront aux objectifs de d�veloppement de la communaut�.
Pour que les projets TIC puissent r�pondre aux objectifs de d�veloppement de leurs communaut�s, ils doivent se livrer � de s�rieuses r�flexions et entreprendre des t�ches organisationnelles susceptibles d'encourager les communaut�s � prendre les mesures n�cessaires. Comme nous l'avons d�j� fait observer, les gouvernements doivent absolument ouvrir la porte � la participation des communaut�s isol�es et autochtones � tous les aspects du d�veloppement des TIC. Nous avons toutefois montr� �galement que les communaut�s elles-m�mes devaient �tre pr�tes � participer et � assumer la responsabilit� de d�cider de leur d�veloppement, et qu'elles devaient �tre organis�es pour ce faire.�
Tout au long de la pr�sente section, nous avons pu appr�cier la complexit� des mesures concernant les questions de d�veloppement des TIC et l'importance des caract�ristiques sociales, �conomiques, g�ographiques, politiques et culturelles du lieu, dont il faut tenir compte dans la conception des politiques de connectivit� des zones isol�es et autochtones.
Pour cette raison, il ne faut en aucun cas recommander d'importer un mod�le soit d'un pays � l'autre, soit d'une communaut� � l'autre. Les strat�gies et politiques doivent �tre con�ues en fonction de r�alit�s locales et nationales, en suivant les recommandations donn�es sur la cr�ation d'un environnement propice.
Nous ne consid�rons aucunement les recommandations formul�es comme �tant d�finitives. Il est possible que les administrations et communaut�s trouvent de nouveaux aspects qui devront �tre pris en consid�ration. La plateforme "Connecter une �cole, connecter une communaut�" est pr�te � assimiler leurs exp�riences et recommandations, ce qui permettra d'am�liorer continuellement le d�veloppement des TIC dans les zones rurales et autochtones.
The Module on Community ICT Centres for Indigenous Peoples was drafted by Mr. Erick Huerta Velázquez, Joint General Coordinator of “Redes por la Diversidad, Equidad y Sustentabilidad A.C.” (REDES), Mexico City (www.redesac.org.mx). REDES is an NGO that works on issues related to diversity, equity and sustainability, including “Communication for Development”. Mr. Huerta provides advice to several indigenous communication organizations at the national and international level, as well as to government bodies, to create better conditions for the development of communications in indigenous communities and remote areas.
1. Introduction
2. Who are the Indigenous Peoples?
3. What is the role of governments in creating an enabling ICT
environment for Indigenous Peoples?
3.1 Introduction
3.2 Regulation
Huerta, Erick �Qué significa crear condiciones para que los pueblos indígenas puedan adquirir, administrar y operar medios de comunicación? Jurídica 37, 2007.
3.3 Infrastructure and Technology
3.4 Industry
3.5 Local Content
3.6. Capacity-Building
3.7 Participation
4. What is the Role of Indigenous Peoples in the Installation and Operation of Access Centres Located in Schools in their Communities?
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