Module 4: Using ICTs to promote education and job training for persons with disabilities

Table of Contents

      Introduction       1 Les TIC pour l'éducation des enfants handicapés             1.1 Qu'en entend-on par TIC accessibles?                   1.1.1 Exemples de TIC accessibles             1.2 Définir ce que sont les TIC accessibles                   1.2.1 Les avantages des TIC accessibles dans les écoles connectées             1.3 La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées                   1.3.1 Dispositions relatives à l'accessibilité des TIC                   1.3.2 Education                   1.3.3 Emploi                   1.3.4 Incidences dans d'autres domaines de politique générale                   1.3.5 Résumé des obligations en matière de TIC accessibles             1.4 Récapitulatif des autres lois et initiatives internationales en faveur des TIC accessibles dans l'éducation pour tous                   1.4.1 Sommet mondial sur la société de l'information                   1.4.2 L'Union internationale des télécommunications                   1.4.3 Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO)                   1.4.4 UNICEF: Convention de 1989 relative aux droits de l'enfant                   1.4.5 Les Objectifs du Millénaire pour le développement                   1.4.6 Conclusions       2 Situation actuelle, défis et perspectives             2.1 Statistiques sur les enfants handicapés qui reçoivent une éducation             2.2 Corrélation entre niveaux d'alphabétisation et pauvreté             2.3 Les motifs de l'exclusion             2.4 Le prix de l'inclusion dans l'éducation             2.5 Nombre de personnes handicapées dans le monde             2.6 Incidences du vieillissement de la population mondiale       3 Les technologies d'assistance par type de handicap: comprendre les besoins des utilisateurs             3.1 Personnes souffrant de handicaps physique et de troubles moteurs                   3.1.1 Technologies d'assistance pour les personnes souffrant d'un handicap physique et de troubles moteurs                   3.1.2 Accessibilité des bâtiments et des postes de travail             3.2 Assistance aux personnes aveugles ou malvoyantes                   3.2.1 Technologies d'assistance pour les personnes aveugles ou souffrant d'une déficience visuelle                   3.2.2 Supports et formats accessibles                   3.2.3 Coûts et évolution de l'utilisation et de la fourniture du braille                   3.2.4 Eléments à prendre en compte lors du choix d'une imprimante braille             3.3 Personnes sourdes ou malentendantes             3.4 Handicaps cognitifs             3.5 Equiper les écoles inclusives de TIC accessibles       4 Créer et faire fonctionner des écoles accessibles et connectées aux TIC             4.1 Réforme des politiques nationales                   4.1.1 Six éléments clés pour la création et la mise en oeuvre de TIC accessibles dans des écoles connectées                   4.1.2 Recherches à l'appui de l'élaboration d'une politique pragmatique                   4.1.3 Parties prenantes et consultations                   4.1.4 Considérations intéressant particulièrement les personnes handicapées                   4.1.5 Evaluation et suivi             4.2 Appui aux enseignants et aux élèves                   4.2.1 Intégration et utilisation de TIC accessibles dans les programmes scolaires                   4.2.2 Technologies d'assistance et évaluation des besoins             4.3 Stratégies de financement                   4.3.1 Financement durable                   4.3.2 Logiciels propriétaires et logiciels libres et à code source ouvert                   4.3.3 Faciliter la création d'un écosystème viable et durable dans le domaine des technologies d'assistance             4.4 Politiques d'achat                   4.4.1 Compatibilité avec les infrastructures informatiques dans les écoles             4.5 Comment l'évolution des technologies influe sur l'utilisation des TIC au service de l'éducation                   4.5.1 Technologies d'assistance et informatique dématérialisée                   4.5.2 Apprentissage en version nomade (Mobile learning)                   4.5.3 Connectivité                   4.5.4 Plates-formes d'apprentissage                   4.5.5 Ressources éducatives libres                   4.5.6 Accessibilité du web       Tirer parti des écoles rendues accessibles au moyen des TIC en tant que centres communautaires pour la formation des adultes handicapés             5.1 Télécentres communautaires polyvalents                   5.1.1 Centres d'enseignement et de formation technique et professionnelle (TVET) pour les personnes handicapées dans les pays en développement             5.2 Bonnes pratiques et enjeux de la création et du fonctionnement de TCP et de centres TVET accessibles                   5.2.1 Modèles de financement pour l'utilisation d'écoles accessibles et connectées en tant que centres TCP et TVET                   5.2.2 Modèles de financement durables et grandes tendances de l'approche philanthropique                   5.2.3 Délivrance de diplômes et éducation permanente             5.3 Considérations technologiques                   5.3.1 Les technologies d'assistance pour l'emploi et les services de placement pour les employeurs et les participants       6 Liste récapitulative pour les décideurs             6.1 Conclusion       7 Textes, initiatives et objectifs internationaux relatifs à l'utilisation des TIC au service de l'éducation et de la formation professionnelle des personnes handicapées             7.1 Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI)                   7.1.1 Principes fondamentaux du SMSI             7.2 Initiatives de l'Union internationale des télécommunications (UIT)                   7.2.1 Kit pratique UIT-G3ict sur les politiques en matière de cyberaccessibilité pour les personnes handicapées             7.3 Initiatives de l'UNESCO                   7.3.1 Déclaration de Salamanque et écoles inclusives                   7.3.2 48ème Conférence internationale de l'éducation organisée par l'UNESCO                   7.3.3 Autres initiatives de l'UNESCO                   7.3.4 UNICEF – Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant (1989)       8 Démonstrations vidéo de technologies d'assistance       9 Ressources techniques             9.1 Ressources éducatives pour les enseignants et les décideurs dans le domaine des technologies d'assistance, des formats accessibles et de l'élaboration de programmes             9.2 Evaluation des besoins en matière de technologies d'assistance             9.3 Technologies d'assistance, logiciels, ressources, guides et projets             9.4 Solutions et produits logiciels gratuits et à code source ouvert             9.5 Télécentres communautaires polyvalents, télécentres accessibles et centres VTET pour les personnes handicapées       10 Case studies       Credits

Introduction

"Si on me demande ce que signifie pour moi l'Internet, je r�pondrais sans h�siter: pour moi (qui suis quadripl�gique), l'Internet repr�sente la partie la plus importante de mon existence. Il remplace mes pieds et me fait voyager partout dans le monde; il remplace mes mains et m'aide � faire mon travail; l'Internet est mon meilleur ami - il donne un sens � ma vie" - Dr�ZhangXu1.

Les enfants handicap�s dans les pays en d�veloppement rencontrent des difficult�s particuli�res d'acc�s aux moyens d'�ducation, aussi rudimentaires soient‑ils. Ils ont le plus faible niveau d'acc�s � l'�ducation de toutes les cohortes d'�l�ves. Un tiers des 75�millions d'enfants non scolaris�s dans le monde et en �ge d'aller � l'�cole primaire sont des enfants handicap�s2, 3. Les technologies de l'information et de la communication (TIC), en particulier les technologies d'assistance, peuvent donner aux �l�ves handicap�s acc�s � des contenus �ducatifs qui leur seraient autrement inaccessibles gr�ce aux moyens d'apprentissage �lectroniques et en ligne. Les �coles connect�es qui utilisent � bon escient des technologies d'assistance peuvent donner aux enfants handicap�s un acc�s sans pr�c�dent � l'�ducation.

Une fois connect�es et accessibles, ces �coles peuvent �galement servir de centres communautaires TIC qui facilitent la formation professionnelle, voire offrent des possibilit�s d'emploi � des jeunes et � des adultes handicap�s dans leur entourage. Nous montrons �galement dans le pr�sent module comment des �coles connect�es et accessibles peuvent �tre transform�es en t�l�centres communautaires polyvalents (TCP) accessibles � tous.

Les enfants handicap�s dans les pays en d�veloppement se heurtent � des obstacles d'une grande complexit� dans l'acc�s � l'�ducation. Ces obstacles peuvent �tre, par exemple, associ�s � des syst�mes de pens�e soci�taux et comportementaux selon lesquels il n'est pas possible d'�duquer des enfants souffrant d'un handicap sensoriel, physique ou intellectuel.

Dans la Section�1 du pr�sent module, nous nous attachons � montrer que les TIC peuvent faciliter la cr�ation d'�coles connect�es qui assurent l'�galit� de l'acc�s � l'�ducation pour les enfants handicap�s. Dans la Section�2, nous examinons les obstacles que rencontrent de nombreuses personnes handicap�es dans les pays en d�veloppement lorsqu'elles s'efforcent de recevoir une �ducation et une formation professionnelle. Dans la Section�3, nous analysons les types de TIC, de technologies d'assistance, de formats et de m�dias accessibles qui permettent de recevoir une �ducation � �galit� avec les autres. Nous examinons aussi les questions li�es aux co�ts et � l'�laboration, sur le plan local et national, d'�cosyst�mes technologiques capables d'appuyer et de soutenir le d�veloppement de TIC accessibles et la formation � leur utilisation. La Section 4 pr�sente de bonnes pratiques concernant la mise en place et en service d'�coles accessibles connect�es aux TIC. Dans la Section 5, nous nous int�ressons � la fa�on dont ces �coles peuvent servir de TCP accessibles qui fournissent une formation professionnelle et offrent des possibilit�s d'emploi. La Section 6 recense les principales �tapes que doivent franchir les d�cideurs dans les minist�res de l'�ducation et de la communication, les collectivit�s locales et les administrations des �tablissements pour cr�er des �coles accessibles et connect�es. La Section 7 d�crit l'ensemble des l�gislations et politiques internationales relatives aux droits des enfants handicap�s � une �ducation inclusive, dans des �coles ordinaires, ainsi que le r�le important que joue l'accessibilit� des TIC dans la conqu�te de ces droits. La Section 8 pr�sente des �tudes de cas et des exemples de bonnes pratiques de TIC accessibles et la Section 9 pr�sente des ressources pour les enseignants et les d�cideurs.

1 http://www.icdri.org/inspirational/no_disability_in_digitalized_com.htm

2 http://www.unesco.org/en/inclusive-education/children-with-disabilities/

3 http://data.un.org/Data.aspx?q=disability&d=SOWC&f=inID%3a150

1 Les TIC pour l'éducation des enfants handicapés

Les enfants handicap�s dans les pays en d�veloppement rencontrent des difficult�s particuli�res d'acc�s aux moyens d'�ducation, aussi rudimentaires soient‑ils. Ils ont le plus faible niveau d'acc�s � l'�ducation de toutes les cohortes d'�l�ves. Un tiers des 75�millions d'enfants non scolaris�s dans le monde et en �ge d'aller � l'�cole primaire sont des enfants handicap�s2 3. Les technologies de l'information et de la communication (TIC), en particulier les technologies d'assistance, peuvent donner aux �l�ves handicap�s acc�s � des contenus �ducatifs qui leur seraient autrement inaccessibles gr�ce aux moyens d'apprentissage �lectroniques et en ligne. Les �coles connect�es qui utilisent � bon escient des technologies d'assistance peuvent donner aux enfants handicap�s un acc�s sans pr�c�dent � l'�ducation.

2http://www.unesco.org/en/inclusive-education/children-with-disabilities/
3http://data.un.org/Data.aspx?q=disability&d=SOWC&f=inID%3a150

1.1 Qu'en entend-on par TIC accessibles?

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) accessibles ouvrent aux personnes handicap�es des possibilit�s d'acc�s � l'�ducation, � l'acquisition de comp�tences et � l'emploi et leur donnent la possibilit� de participer � la vie �conomique, culturelle et sociale de la collectivit�.

On entend par TIC une vaste gamme de mat�riels et de logiciels, d'appareils et d'ordinateurs, de formats et de syst�mes qui permettent de communiquer par des moyens �lectroniques. La d�finition des TIC est tr�s vaste: stockage, traitement et extraction d'informations par voie �lectronique, appareils et logiciels utilis�s pour extraire ces informations, ainsi que ceux qui servent � communiquer en temps r�el avec d'autres. La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es4�d�finit les communications comme suit:

������������ "On entend par "communication", entre autres, les langues, l'affichage de texte, le braille, la communication tactile, les gros caract�res, les supports multim�dias accessibles ainsi que les modes, moyens et formes de communication am�lior�e et alternative � base de supports �crits, supports audio, langue simplifi�e et lecteur humain, y compris les technologies de l'information et de la communication accessibles5."

Un produit ou service TIC accessible est un produit ou service qui peut �tre utilis� par tous ceux � qui il est destin�, compte tenu de leurs diff�rentes capacit�s. Une personne peut avoir des difficult�s � intervenir sur ces produits ou services (par exemple � saisir un texte) ou � le consulter (par exemple � lire un texte sur un �cran). Cette incapacit� peut �tre permanente ou temporaire et peut �tre due � diff�rentes raisons physiques, mentales ou environnementales6.

4Cliquer ici pour consulter le texte complet de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es:�http://www.un.org/disabilities/default.asp?navid=13&pid=150.
5Article 2 Definitions
6http://universaldesign.ie/useandapply/ict/universaldesignforict/introductiontoaccessibility#introduction

1.1.1 Exemples de TIC accessibles

Pour illustrer la fa�on dont tous ces �l�ments se combinent pour faciliter l'accessibilit� pour les personnes handicap�es, nous envisagerons deux sc�narios.

Appeler sur un t�l�phone mobile

Supposons qu'une personne sourde ou malentendante souhaite appeler sur un t�l�phone mobile. Cette personne utilise une technologie d'assistance, appel�e appareil auditif, qui amplifie les sons provenant de son environnement. L'appel n'est possible dans ce cas que si l'appareil auditif et le t�l�phone mobile sont compatibles. Si ce n'est pas le cas, la personne entendra vraisemblablement un sifflement aigu, appel� r�action acoustique, lorsque le t�l�phone est plac� � proximit� de l'appareil auditif. Si l'un et l'autre sont compatibles, la personne peut t�l�phoner et recevoir un appel tout � fait normalement.

Consulter un site web

Pensons au cas d'un aveugle qui souhaite consulter un site web sur son ordinateur individuel. Il utilise alors un �quipement complexe appel� "lecteur d'�cran", capable de convertir du texte sur l'�cran de l'ordinateur en paroles de synth�se. Cette personne peut aussi naviguer sur un site web et saisir du texte en ligne en utilisant ce lecteur d'�cran associ� � un clavier standard. Dans un tel cas, plusieurs conditions doivent �tre r�unies pour que l'acc�s soit possible.

1)��������� Le lecteur d'�cran doit exister en version localis�e (c'est‑�‑dire adapt�e aux besoins linguistiques et culturels locaux)7.

2)��������� La personne doit avoir acc�s au lecteur d'�cran et avoir appris � l'utiliser.

3)��������� Le lecteur d'�cran et le PC doivent �tre "interop�rables" ou compatibles - c'est‑�‑dire que le logiciel de lecture d'�cran doit pouvoir commander le navigateur et le syst�me d'exploitation de l'ordinateur.

4)��������� Le contenu web du site que la personne consulte doit aussi �tre con�u pour �tre accessible, conform�ment aux normes internationales.

Une fois ces conditions r�unies, un non‑voyant peut avoir acc�s au m�me contenu et effectuer les m�mes t�ches en ligne qu'une personne voyante.

7http://portal.bibliotekivest.no/terminology.htm#L

1.2 Définir ce que sont les TIC accessibles

D�finition du handicap

Les d�finitions du handicap utilis�es dans les politiques et l�gislations nationales ainsi que dans les statistiques sur le handicap varient consid�rablement d'un pays � l'autre. Les chiffres relatifs � la pr�valence du handicap dans le monde utilis�s dans le pr�sent module sont ceux de la Banque mondiale8. La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es reconna�t les diff�rences �conomiques et culturelles dans lesquelles les d�finitions du handicap s'appliquent et ne cherche pas � donner une d�finition globale. Elle �nonce simplement ce qui suit:

������������ "Par personnes handicap�es on entend des personnes qui pr�sentent des incapacit�s physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l'interaction avec diverses barri�res peut faire obstacle � leur pleine et effective participation � la soci�t� sur la base de l'�galit� avec les autres"9�(Article 1)

La Convention a toutefois tendance � consid�rer que le handicap r�sulte des obstacles mis par la soci�t� elle‑m�me (par exemple l'existence de marches � l'entr�e d'un b�timent, qui emp�chent une personne en chaise roulante d'y avoir acc�s) plut�t que de l'�tat de sant� de la personne.

De mani�re analogue, la d�finition du handicap �tablie par l'Organisation mondiale de la sant� (OMS), dans sa Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la sant� (CIF), s'inspire de ce mod�le social. Dans cette classification, le handicap est envisag� comme "une interaction dynamique entre un �tat de sant� (maladies, d�sordres, blessures, traumatismes, etc.) et des facteurs contextuels"10. Le mod�le CIF a deux composantes, dont la premi�re concerne les questions li�es au fonctionnement et au handicap (fonctionnement et structures corporels de la personne) et la deuxi�me concerne l'environnement et le contexte dans lequel vit cette personne et le r�le de ces facteurs sur sa participation � la vie sociale. Ce mod�le fait �tat d'une interaction dynamique entre l'�tat de sant� (maladies, troubles, blessures, traumatismes, etc.) et les facteurs contextuels. La Classification CIF s'�loigne du " mod�le m�dian" supposant qu'il existe une "norme" en mati�re de capacit�s humaines pour �tablir que la soci�t� est un agent actif de la qualit� de vie de chacun.

D�finir les "TIC accessibles"

Le terme de TIC accessibles, tel qu'il est utilis� dans le pr�sent module, englobe toute une s�rie de technologies et de formats courants ou � des fins d'assistance qui permettent � un �l�ve handicap� de recevoir la m�me �ducation que les autres. La technologie d'assistance est d�finie comme "un �quipement, syst�me produit, mat�riel, logiciel ou service utilis� pour renforcer, maintenir ou am�liorer les capacit�s fonctionnelles des personnes handicap�es"11.

Les TIC accessibles sont notamment les suivantes:

•����������� les technologies courantes telles que les ordinateurs et les t�l�phones mobiles contenant des fonctions d'accessibilit� int�gr�es;

•����������� les technologies d'assistance, comme les appareils auditifs, les lecteurs d'�cran, les claviers adaptatifs, etc.;

•����������� les formats accessibles, tels que le langage HTML (Hypertext Markup Language), ou les livres en format DAISY (Digital Accessible Information System), etc.

Les Sections 3 et 4 d�crivent plus en profondeur ces technologies ainsi que les questions d'accessibilit�, entre autres �conomique, de personnalisation, d'interop�rabilit� et les fonctions d'accessibilit� sur les ordinateurs et t�l�phones mobiles de mod�le courant, ainsi que les activit�s de formation et d'appui.

8Banque mondiale (2007).�Measuring Disability Prevalence, disponible sur:�http://siteresources.worldbank.org/DISABILITY/Resources/Data/MontPrevalence.pdf.

9�Le texte complet de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes�handicap�es peut �tre consult� sur:�http://www.un.org/disabilities/default.asp?navid=13&pid=150.

10http://www.who.int/classifications/icf/en/. La Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la sant� (CIF) d�crit la fa�on dont les personnes vivent avec leur �tat de sant�. Ce document classe la sant� et les domaines y relatifs qui d�crivent les fonctions et structures corporelles, les activit�s et la participation du corps. Dans la mesure o� le fonctionnement et le handicap sont propres � un contexte donn�, la CIF inclut �galement une liste de facteurs environnementaux.

11���ISO (2000).�Guide 71. Principes directeurs pour les normalisateurs afin de r�pondre aux besoins des personnes �g�es et de celles ayant des incapacit�s. Disponible sur:�http://www.iso.org/iso/catalogue_detail?csnumber=33987.

��� NOTE – Technologie d'assistance est un terme g�n�rique qui inclut les �quipements d'assistance, d'adaptation et de r��ducation pour�personnes handicap�es, ainsi que les m�thodes utilis�es pour leur s�lection, localisation et utilisation.�http://en.wikipedia.org/wiki/Assistive_technology.

1.2.1 Les avantages des TIC accessibles dans les écoles connectées

Une m�ta‑�tude sur l'utilisation des TIC accessibles a fait appara�tre les avantages suivants pour toutes les parties prenantes impliqu�es dans l'�ducation: �tudiants, enseignants, parents et personnes qui ont la charge des enfants12:

Avantages g�n�raux

•����������� Encouragent l'autonomie de l'apprenant.

•����������� Lib�rent le potentiel cach� des personnes ayant des difficult�s � communiquer.

•����������� Permettent aux �l�ves de faire valoir leurs r�sultats autrement qu'avec les m�thodes traditionnelles.

•����������� Permettent d'adapter les t�ches aux comp�tences et capacit�s de chacun.

Avantages pour les �l�ves

•����������� L'informatique peut faciliter l'acc�s des �l�ves � l'�ducation en toute ind�pendance

•����������� Les �l�ves qui ont des besoins particuliers peuvent travailler � leur propre rythme.

•����������� Les �l�ves aveugles ou malvoyants qui utilisent l'Internet peuvent avoir acc�s aux informations, tout comme les �l�ves voyants.

•����������� Les �l�ves qui ont des difficult�s d'apprentissage profondes et multiples peuvent communiquer plus facilement.

•����������� Les �l�ves qui utilisent des moyens de communication vocaux peuvent prendre confiance en eux et acqu�rir une cr�dibilit� sociale � l'�cole et dans leurs communaut�s.

•����������� Les �l�ves qui font confiance aux TIC sont motiv�s pour utiliser l'Internet � la maison pour leurs devoirs et leurs loisirs.

Avantages pour les enseignants et le personnel non enseignant

•����������� Les enseignants qui exercent dans l'�ducation sp�cialis�e sont moins isol�s et peuvent communiquer par voie �lectronique avec leurs coll�gues.

•����������� Appui � la r�flexion sur les pratiques professionnelles gr�ce aux communications en ligne.

•����������� Renforcement des comp�tences du personnel et meilleure compr�hension des technologies d'acc�s utilis�es par les �l�ves.

•����������� Am�lioration de la formation continue et de l'efficacit� de l'utilisation des TIC avec les �l�ves, gr�ce � la collaboration entre coll�gues.

•����������� Il est facile d'adapter les documents existant d�j� sous forme �lectronique (par exemple sur l'Internet) en les rendant accessibles gr�ce � l'emploi des gros caract�res ou du braille.

Avantages pour les parents et les personnes qui s'occupent des enfants

•����������� L'utilisation de moyens vocaux d'aide � la communication encourage les parents et toutes les personnes qui s'occupent des enfants � attendre des enfants une meilleure sociabilit� et plus de participation.

12BECTA ICT Research (2003) What the research says about ICT supporting special educational needs (SEN) and inclusion. Disponible sur:� http://research.becta.org.uk/upload-dir/downloads/page_documents/research/wtrs_motivation.pdf

1.3 La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées

La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es impose d'importantes obligations � toutes les autorit�s de l'Etat charg�es d'assurer l'�galit� de l'acc�s aux possibilit�s d'�ducation et d'emploi13. La Convention contient plusieurs concepts novateurs et progressistes concernant l'exercice des droits humains par les personnes handicap�es14. Aux termes de cette Convention, l'accessibilit� des TIC est tout aussi importante que l'accessibilit� dans d'autres domaines, tels que l'environnement b�ti ou les transports.

La Convention envisage plut�t le handicap comme le r�sultat de barri�res sociales (par exemple, l'absence de marches � l'entr�e des b�timents pour les utilisateurs en chaise roulante) plut�t que comme le r�sultat exclusif d'un �tat de sant�. Cette transition du mod�le m�dical au mod�le social du handicap met l'accent sur l'acc�s des personnes handicap�es � la soci�t� et � ses structures - ce que l'on appelle habituellement "l'accessibilit�". Autre innovation de la Convention: l'acc�s des personnes handicap�es aux TIC est fondamental pour surmonter un grand nombre de ces obstacles soci�taux.

La Convention a �t� adopt�e par l'Assembl�e g�n�rale des Nations Unies le 13 d�cembre 2006 et est devenue un instrument juridique qui a pris effet � la date de sa ratification par un vingti�me pays, � savoir le 5 mai 2008. En septembre 2010, 147 pays avaient sign� la Convention, et sur ce nombre, 93 l'ont ensuite ratifi�e15.

13�Le texte complet de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es est disponible � l'adresse:�http://www.un.org/disabilities/default.asp?navid=13&pid=150.

14 http://www.un.org/disabilities/default.asp?navid=23&pid=151#iq1

15Ces informations sur le nombre de signataires � la Convention, son Protocole additionnel et le nombre de ratifications peuvent �tre consult�es ici:�http://www.un.org/disabilities/.

1.3.1 Dispositions relatives à l'accessibilité des TIC

L'accessibilit� est le principe primordial �nonc� dans l'article 3 de la Convention. L'article 9 sur l'accessibilit� fait sp�cifiquement mention de l'acc�s aux TIC, �l�ment cl� de l'exercice d'autres droits, tels que le droit � une �ducation inclusive et le droit au travail.

La d�finition du mot communication dans l'article 2 est la suivante:

������������ "On entend par "communication", entre autres, les langues, l'affichage de texte, le Braille, la communication tactile, les gros caract�res, les supports multim�dias accessibles ainsi que les modes, moyens et formes de communication am�lior�e et alternative � base de supports �crits, supports audio, langue simplifi�e et lecteur humain, y compris les technologies de l'information et de la communication accessibles;"16

La Convention fait sp�cifiquement mention des technologies d'assistance dans huit de ses articles (Articles 4, 9, 20, 21, 24, 26, 29 et 32). Les mesures englobant les technologies d'assistance (par exemple, "toutes les mesures appropri�es") sont mentionn�es dans 17 autres articles17.

D�finition de la conception universelle

La Convention reconna�t le risque d'exclusion que peuvent entra�ner les progr�s technologiques, si les besoins de tous les utilisateurs terminaux - y compris des personnes handicap�es - ne sont pas pris en compte. C'est pour �viter cela qu'elle pr�conise le concept de conception universelle, d�fini comme suit:

������������ "On entend par "conception universelle" la conception de produits, d'�quipements, de programmes et de services qui puissent �tre utilis�s par tous, dans toute la mesure possible, sans n�cessiter ni adaptation ni conception sp�ciale. La "conception universelle" n'exclut pas les appareils et accessoires fonctionnels pour des cat�gories particuli�res de personnes handicap�es l� o� ils sont n�cessaires." (Article 2)

L'article�4 recommande express�ment que toutes les nouveaut�s technologiques r�pondent au principe de "conception universelle", afin de contribuer � r�duire les co�ts de l'int�gration des fonctions d'accessibilit� en les incorporant le plus t�t possible au cours du cycle du d�veloppement du produit.

La Convention dispose aussi que l'acc�s � l'information sur les technologies d'assistance est important et impose aux Etats Parties de:

������������ "Fournir aux personnes handicap�es des informations accessibles concernant les aides � la mobilit�, les appareils et accessoires et les technologies d'assistance, y compris les nouvelles technologies, ainsi que les autres formes d'assistance, services d'accompagnement et �quipements" (Article 4 1. h))

L'article 26 sur "l'adaptation et la r�adaptation" souligne aussi l'importance de "l'offre, la connaissance et l'utilisation d'appareils et de technologies d'aide" concernant la r�adaptation en tant que moyen de parvenir � l'ind�pendance et � l'autonomie, gr�ce entres autres, � l'acc�s � l'�ducation (Article 24) et � l'emploi (Article 27).

16Article 2 (1)
17Borg, J., Lindstrom, A., Larrson, S. “Assistive technology in developing countries: national and international responsibilities to implement the Convention on the Rights of Persons with Disabilities”, available at www.thelancetglobalhealthnetwork.com/wp-content/uploads/Disability-REV-3.pdf

1.3.2 Education

Dans son pr�ambule, la Convention rappelle l'article�26 de la D�claration universelle des droits de l'homme, aux termes duquel toute personne a droit � l'�ducation.

D�finition de l'�ducation inclusive

La Convention reconna�t que l'acc�s � l'�ducation est un droit fondamental des personnes handicap�es. L'�ducation doit �tre assur�e, autant que possible, de mani�re "inclusive", c'est‑�‑dire dans le contexte du syst�me �ducatif ordinaire et non dans un cadre qui isole les handicap�s des autres. L'article 24 contient des dispositions pr�cises qui obligent � proc�der � "des am�nagements raisonnables" pour les �tudiants handicap�s. Il peut s'agir, selon les cas, de l'acc�s � des TIC accessibles (ainsi que de la formation � ces technologies et de leur utilisation), y�compris par les technologies d'assistance et le mat�riel �ducatif en format accessible.

D�finition du terme am�nagements raisonnables

Comme indiqu� dans l'article�2, les am�nagements raisonnables sont un facteur essentiel qui assure aux personnes handicap�es la jouissance ou l'exercice de leurs droits, sur la base de l'�galit� avec les autres. On entend par am�nagements raisonnables les modifications et ajustements n�cessaires pour assurer qu'une personne handicap�e ait la jouissance ou l'exercice, sur la base de l'�galit� avec les autres, des droits de l'homme. Un ajustement raisonnable doit �tre n�cessaire et appropri� et ne doit pas imposer de charges disproportionn�es ou indues � celui qui en b�n�ficie.

Un exemple d'am�nagement raisonnable dans le contexte de l'�ducation est la fourniture d'une technologie d'assistance appropri�e n�cessaire pour donner � une personne handicap�e acc�s � l'�ducation, � �galit� avec les autres. Toujours aux termes de l'article�2, le refus d'am�nagement raisonnable est une forme de "discrimination fond�e sur le handicap". Ainsi qu'il est en outre affirm� dans l'article�5, "Afin de promouvoir l'�galit� et d'�liminer la discrimination, les Etats Parties prennent toutes les mesures appropri�es pour faire en sorte que des am�nagements raisonnables soient apport�s".

Formation du personnel et entraide entre pairs

L'article�24 contient des dispositions importantes concernant les professionnels de tous les domaines de l'�ducation. Ces derniers devraient recevoir "une sensibilisation aux handicaps et [une formation �] l'utilisation des modes, moyens et formes de communication am�lior�e et alternative et des techniques et mat�riels p�dagogiques adapt�s aux personnes handicap�es".

L'article 26 (sur la r�adaptation) souligne l'importance de l'entraide entre pairs, ce qui joue un r�le particuli�rement important dans la formation � l'utilisation de TIC accessibles dans le contexte de l'�ducation et de la formation professionnelle.�

1.3.3 Emploi

L'article�27 de la Convention reconna�t "aux personnes handicap�es, sur la base de l'�galit� avec les autres, le droit au travail, notamment � la possibilit� de gagner leur vie en accomplissant un travail librement choisi ou accept� sur un march� du travail et dans un milieu de travail ouverts, favorisant l'inclusion et accessibles aux personnes handicap�es"18. L'article�27 dispose en outre que "des am�nagements raisonnables doivent �tre apport�s aux lieux de travail en faveur des personnes handicap�es"19.�

18Article 27.1
19Article 27.1 (i)

1.3.4 Incidences dans d'autres domaines de politique générale

Coop�ration internationale

L'article 4.2 de la Convention impose sp�cifiquement aux Etats d'utiliser le cadre de la coop�ration internationale "en vue d'assurer progressivement le plein exercice de ces droits". Cette obligation est reprise et d�velopp�e dans l'article�32, qui recommande d'utiliser la coop�ration internationale pour faciliter les �changes de connaissances et de capacit�s entre les pays en ce qui concerne "les connaissances scientifiques et techniques", ce qui int�resse particuli�rement l'�laboration d'�cosyst�mes TIC accessibles analys�s plus loin dans la Section�4.

L'article 9 relatif � l'accessibilit� pr�cise que "les Etats Parties prennent des mesures appropri�es pour �laborer et promulguer des normes nationales minimales et des directives relatives � l'accessibilit� des installations et services ouverts ou fournis au public et contr�ler l'application de ces normes et directives" (Article 9.2 (a)).

March�s publics

De nombreux Etats utilisent depuis longtemps les pratiques des march�s publics � des fins d'int�gration sociale. En pr�cisant certains crit�res pour l'article ou le service qu'il est pr�vu d'acheter, les organismes publics peuvent exercer une influence de poids sur la qualit� des biens et services commercialis�s. Ils peuvent aussi encourager l'innovation dans le secteur afin de r�pondre � ces obligations. Ainsi, les Etats-Unis et le Canada exigent, dans les proc�dures de march�s publics, que les moyens TIC achet�s par le gouvernement f�d�ral soient accessibles aux personnes handicap�es20. Ce crit�re a d'importantes incidences sur l'accessibilit� de nombreux produits grand public tels que les syst�mes d'exploitation des ordinateurs, les imprimantes et les t�l�phones mobiles. Il a encourag� l'industrie � innover et � proposer des solutions accessibles et bon march�, en faisant de l'accessibilit� un crit�re comp�titif dans les appels d'offres publics. Les march�s publics peuvent donc �tre un moyen d'encourager la normalisation et de permettre aux pouvoirs publics d'influer sur l'�laboration de la commercialisation de moyens TIC accessibles.

Ces effets se font �galement sentir sur l'�cosyst�me des TIC accessibles en cr�ant une demande, et donc une capacit� sur le march�, en vue de l'�laboration, de la fabrication et de l'existence � long terme de TIC accessibles. Plus la demande est forte, plus les co�ts finals ont des chances d'�tre faibles. Les march�s publics peuvent donc �tre un moyen de promouvoir l'�laboration et la commercialisation de TIC accessibles.

Le r�le et l'�volution de ces proc�dures sont examin�s plus loin dans la Section�4.

20http://e-accessibilitytoolkit.org/toolkit/public_procurement/case_studies

1.3.5 Résumé des obligations en matière de TIC accessibles

En ce qui concerne les TIC accessibles, l'emploi et l'�ducation, les obligations des Etats au titre de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es sont les suivantes:

•����������� En r�gle g�n�rale, les TIC accessibles doivent faciliter l'exercice et la jouissance de nombreux autres droits, y compris l'acc�s � l'�ducation et � l'emploi.

•����������� L'acc�s aux TIC, y compris � l'Internet, doit avoir le m�me rang de priorit� que l'acc�s aux b�timents et aux transports.

•����������� La conception universelle des produits et TIC grand public accessibles aux personnes handicap�es doit �tre encourag�e par la recherche et par l'�laboration de lignes directrices et normes appropri�es.

•����������� Des activit�s de recherche - d�veloppement et de promotion des nouvelles TIC accessibles, y compris des technologies d'assistance, doivent �tre entreprises, en privil�giant les solutions financi�rement abordables.

•����������� Les professionnels et personnes travaillant avec des personnes handicap�es doivent recevoir une formation � ces droits et � leur exercice. Il peut s'agir d'une formation adapt�e aux enseignants, �ducateurs, soignants et formateurs professionnels, sur les modalit�s d'utilisation des TIC en vue de donner acc�s � l'�ducation et � la formation professionnelle.

1.4 Récapitulatif des autres lois et initiatives internationales en faveur des TIC accessibles dans l'éducation pour tous

La Figure 1.1 retrace l'�volution de nombreux droits de l'homme, et plus r�cemment, des conventions et accords internationaux dans la soci�t� de l'information en faveur de l'utilisation des�TIC accessibles dans l'�ducation pour tous.

Figure 1.1 – Aper�u des cadres juridiques en faveur de l'utilisation de TIC
accessibles dans l'�ducation pour tous

Source: UNESCO (2005)

L�gende:

Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es
L'acc�s aux technologies d'assistance et aux TIC facilite l'exercice d'autres droits comme l'acc�s � l'�ducation

D�claration de principes et Plan d'action du SMSI
Encourage la cr�ation d'une soci�t� de l'information ouverte � tous et fixe des objectifs en cons�quence

Initiative phare de l'Education pour tous sur le droit � l'�ducation pour les personnes handicap�es: vers l'int�gration

Objectifs du Mill�naire pour le d�veloppement: fixent pour objectif d'assurer la scolarisation compl�te de tous les enfants et l'�ducation primaire pour tous

Cadre d'action du Forum mondial sur l'�ducation de Dakar
A r�affirm� d'urgence d'aller au-devant des groupes marginalis�s

D�claration de Salamanque et cadre d'action pour l'�ducation et les besoins sp�ciaux

R�gles des Nations Unies pour l'�galisation des chances des handicap�s

D�claration mondiale sur l'�ducation pour tous

Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant

D�claration universelle des droits de l'homme

Les sous-sections suivantes r�capitulent les principales initiatives prises par les organisations internationales en vue de promouvoir des TICS accessibles et une �ducation ouverte � tous. La Section�8 donne plus de d�tails sur les accords, initiatives et objectifs internationaux dans ce domaine.

1.4.1 Sommet mondial sur la société de l'information

Le Sommet mondial sur la soci�t� de l'information, organis� par l'Union internationale des t�l�communications (UIT) a �tabli une conception commune de l'�dification de la soci�t� de l'information pour tous et a mis en place un cadre pour traduire cette conception en mesures concr�tes21. Le Plan d'action du SMSI contient de nombreux engagements sur l'�dification d'une soci�t� de l'information qui facilite l'�ducation, la formation et l'emploi des personnes handicap�es22. Ces engagements sont, entre autres, les suivants:

•����������� C2 Infrastructure de l'information et de la communication - "Encourager la conception et la production d'�quipements et de services TIC qui soient facilement accessibles, � des conditions financi�res abordables pour tous, notamment aux personnes �g�es, aux handicap�s, aux enfants, particuli�rement aux enfants marginalis�s, et aux autres cat�gories d�favoris�es ou vuln�rables, et promouvoir le d�veloppement de technologies, d'applications et de contenus adapt�s � leurs besoins, en s'inspirant du principe de design universel et en ayant recours � des technologies d'assistance".

•����������� C3 L'Acc�s � l'information et au savoir - "L'adaptation des infrastructures TIC, les outils et les applications qui facilitent l'acc�s de tous, en particulier des cat�gories d�favoris�es, aux�TIC".

•����������� C4 Renforcement des capacit�s - "Faire en sorte que les avantages offerts par les TIC soient mis � la port�e de tous, y compris des cat�gories d�favoris�es, marginalis�es et vuln�rables".

21�Sommet mondial sur la soci�t� de l'information�http://www.itu.int/wsis/index.html.

22Nations Unies/UIT (2003 SMSI, Plan d'action de Gen�ve, disponible � l'adresse:�http://www.itu.int/wsis/documents/doc_multi.asp?lang=en&id=1160|0.

1.4.2 L'Union internationale des télécommunications

L'Union internationale des t�l�communications (UIT) est la principale institution des Nations Unies charg�e des questions relatives aux technologies de l'information et de la communication. Elle est l'instance mondiale o� pouvoirs publics et secteur priv� se rencontrent pour d�velopper les r�seaux et les services. L'UIT s'emploie � am�liorer l'infrastructure des t�l�communications des pays en d�veloppement et a d�fini une strat�gie sp�cifique concernant l'accessibilit�, ax�e sur les �l�ments suivants:

•����������� Rendre accessibles les normes de conception technique

•����������� D�fendre les droits des personnes handicap�es

•����������� Assurer une formation en ce qui concerne les TIC accessibles.

Voici quelques exemples des activit�s de l'UIT:

•����������� Normes sur la conversation totale (Recommandation UIT-T F.703)23�- La conversation totale est un service qui regroupe la visiophonie et la transmission de texte en temps r�el. Il s'agit d'un service de conversation audiovisuelle assurant la transmission en temps r�el de donn�es vid�o, texte et voix, ce qui en fait un service utile non seulement aux personnes handicap�es, mais encore � toute personne ayant besoin d'un support texte, de donn�es techniques, d'une traduction ou encore de conversations verbales ou en langue des signes.

•����������� Guide pratique sur la cyberaccessibilit� pour les personnes handicap�es (initiative commune UIT/G3ict) - Ce guide pratique en ligne est con�u pour aider les d�cideurs � mettre en oeuvre les dispositions relatives � l'accessibilit� des TIC d�finies dans la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es.

23http://www.itu.int/ITU-T/studygroups/com16/accessibility/conversation.html

1.4.3 Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO)

L'UNESCO est � la t�te du mouvement mondial de l'Education pour tous, qui vise � r�pondre aux besoins de tous les enfants, jeunes et adultes dans le domaine de l'�ducation � l'horizon�201524. L'UNESCO a pour objectif ultime l'�ducation inclusive, qu'elle consid�re comme permettant d'assurer une �ducation de qualit� pour tous et d'atteindre les objectifs d'inclusion sociale, au sens large. Entre autres documents et accords fondamentaux, elle a �labor� les documents suivants ou en a facilit� l'�laboration:

•����������� Principes directeurs pour l'inclusion: Assurer l'acc�s � "l'Education pour tous"25

•����������� Principes directeurs pour l'inclusion dans l'�ducation, �dition 200926

•����������� D�claration de Salamanque (1994)27.

L'UNESCO encourage la mise en place d'�coles inclusives, c'est‑�‑dire d'�coles qui "accueillent tous les enfants, quelles que soient leurs caract�ristiques particuli�res d'ordre physique, intellectuel, social, affectif, linguistique ou autres"28. Elle consid�re l'�ducation inclusive non comme un synonyme d'�ducation pour les personnes ayant des besoins particuliers ou comme des techniques d'int�gration, mais comme un "processus permanent dans un syst�me �ducatif en constante �volution - processus ax� sur les personnes actuellement exclues de l'acc�s � l'�ducation et sur celles qui sont scolaris�es mais n'apprennent pas"29.

Dans les pays en d�veloppement, de nombreux syst�mes �ducatifs ont du mal � assurer une �ducation de qualit� dans les �coles ordinaires et favorisent la cr�ation d'�coles pour les �l�ves ayant des besoins particuliers. De nombreux pays du monde ont mis en place un syst�me �ducatif � deux vitesses compos� d'�coles ordinaires et d'�coles pour les �l�ves ayant des besoins particuliers. L'UNESCO pr�conise, dans toute la mesure du possible, d'accueillir les enfants handicap�s dans des �coles int�gratrices qui ont un meilleur rapport co�t-efficacit� et facilitent l'�dification d'une soci�t� plus inclusive. Cliquer ici pour en savoir plus sur les activit�s de l'UNESCO concernant l'utilisation des TIC accessibles dans l'�ducation inclusive.

24http://www.unesco.org/en/efa/

25http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001402/140224e.pdf

26UNESCO Policy guidelines on Inclusive Education http://unesdoc.unesco.org/images/0017/001778/177849e.pdf

27http://unesco.de/fileadmin/medien/Dokumente/Bildung/Salamanca_Declaration.pdf

28(Article 3 du Cadre d'action de la D�claration de Salamanque).

29��UNESCO, 2008 "48�me Conf�rence internationale sur l'�ducation - Document de r�f�rence", peut �tre consult� sur:�http://www.ibe.unesco.org/fileadmin/user_upload/Policy_Dialogue/

48th_ICE/CONFINTED_48-3_English.pdf. Pour davantage de d�tails sur les diff�rences entre int�gration, besoins particuliers et �ducation inclusive, se reporter � la page 8.

1.4.4 UNICEF: Convention de 1989 relative aux droits de l'enfant

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance ou UNICEF oeuvre pour les droits, la survie, le d�veloppement et la protection de l'enfance30. Son action est guid�e par la Convention relative aux droits de l'enfant sign�e en 1989. Cette Convention internationale fait sp�cifiquement r�f�rence aux droits des enfants handicap�s � �tre prot�g�s contre toute forme de discrimination (Article�2). Aux termes de l'article�23, les Etats Parties � la Convention sont tenus d'assurer � ces enfants une vie dans des conditions qui garantissent leur dignit�, favorisent leur autonomie et facilitent leur "participation active � la vie de la collectivit�".

Une aide devrait �tre fournie pour assurer que les enfants handicap�s aient acc�s "� l'�ducation, � la formation, aux soins de sant�, � la r��ducation, � la pr�paration � l'emploi et aux activit�s r�cr�atives" (Article�23, ��3). Les Etats parties sont �galement encourag�s � coop�rer sur le plan international pour assurer l'�change "d'informations concernant les m�thodes de r��ducation et les services de formation professionnelle" en vue d'am�liorer leurs capacit�s et d'�largir leur exp�rience dans ces domaines (Article�23, ��4)31.

30http://www.unicef.org/

31Convention des Nations Unies relatives aux droits de l'enfant:�http://www2.ohchr.org/english/law/pdf/crc.pdf.

1.4.5 Les Objectifs du Millénaire pour le développement

Les Objectifs du Mill�naire pour le d�veloppement (OMD) ont fix� pour objectif la scolarisation compl�te et l'�ducation primaire pour tous les enfants � l'horizon 201532. Il appara�t, dans le Rapport 2010 sur les OMD, que si la scolarisation est toujours en hausse dans l'enseignement primaire, au point d'atteindre 89% dans le monde en d�veloppement, elle ne progresse pas � un rythme suffisant pour garantir que cet objectif sera atteint d'ici 201533. Pour atteindre cet objectif, tous les enfants d'�ge scolaire auraient d� �tre scolaris�s dans l'enseignement primaire en 2009; or, dans les pays d'Afrique subsaharienne, par exemple, au moins un enfant sur quatre n'�tait pas scolaris� en 2008.

Toujours dans le m�me rapport, on constate que m�me dans des pays qui sont sur le point d'atteindre l'objectif de l'�ducation primaire universelle, le pourcentage d'enfants handicap�s non scolaris�s est extr�mement �lev�. En Bulgarie et en Roumanie, le taux net de scolarisation pour les enfants de 7 � 15 ans d�passait les 90% en 2002, mais il n'�tait que de 58% pour les enfants handicap�s de cette tranche d'�ge.

32Objectifs du Mill�naire pour le d�veloppement "Objectif 2: assurer l'�ducation primaire pour tous". Cible: "D'ici � 2015, donner � tous les enfants, gar�ons et filles, partout dans le monde, les moyens d'achever un cycle complet d'�tudes primaires".� http://www.un.org/millenniumgoals/education.shtml

33 Millennium Development Goals 2010 Report

1.4.6 Conclusions

Dans leur ensemble, les politiques et l�gislations internationales relatives aux droits des personnes handicap�es pr�conisent tr�s nettement l'�ducation des enfants handicap�s dans un milieu scolaire inclusif, et non pas s�par�. Les Etats ont donc un important travail � accomplir sur le plan des droits

de l'homme et de l'�ducation pour assurer l'�ducation des enfants handicap�s. Dans les nouvelles strat�gies, une grande tendance se d�gage en faveur de l'�ducation inclusive34. Quel que soit le contexte, des TIC accessibles peuvent aider consid�rablement les enfants handicap�s � participer aux cours, � communiquer et � apprendre plus efficacement35.

34IITE page 17

35BECTA ICT Research (2003) What the research says about ICT supporting special educational needs (SEN) and inclusion. Available at http://research.becta.org.uk/upload-dir/downloads/page_documents/research/wtrs_motivation.pdf

2 Situation actuelle, défis et perspectives

"Objectifs du d�veloppement pour le Mill�naire – Objectif 2: Assurer l'�ducation primaire�pour tous
Cible 1: D'ici � 2015, donner � tous les enfants, gar�ons et filles, partout dans le monde, les moyens d'achever un cycle complet d'�tudes primaires
36"

Les enfants handicap�s ont � lutter contre une exclusion flagrante de l'�ducation. Sur les 75�millions d'enfants non scolaris�s dans le monde, et en �ge d'aller � l'�cole primaire, un-tiers sont des enfants handicap�s37. Selon les estimations de l'UNESCO, 90% des enfants handicap�s des pays en d�veloppement ne vont pas � l'�cole38. Au total, selon les estimations, 186 millions d'enfants handicap�s dans le monde n'ont pas achev� leurs �tudes primaires39. Ainsi, les enfants handicap�s constituent, sur le plan de l'�ducation, la minorit� la plus importante et la plus d�favoris�e au monde40.

36http://www.un.org/millenniumgoals/
37http://www.unesco.org/en/inclusive-education/children-with-disabilities/
38http://www.unesco.org/en/inclusive-education/children-with-disabilities/
39UNESCO, “Empowering Persons with Disabilities through ICTs”, 2009, available at http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001847/184704e.pdf
40http://www.un.org/disabilities/default.asp?id=18

2.1 Statistiques sur les enfants handicapés qui reçoivent une éducation

Il existe tr�s peu d'�tudes statistiques pouvant aider � d�terminer le nombre d'enfants handicap�s qui re�oivent une �ducation. Les analyses r�centes, par exemple le Rapport mondial 2010 de suivi sur l'Education pour tous41, montrent que de modestes progr�s ont �t� r�alis�s dans certains pays, par rapport aux rapports pr�c�dents42. L'UNESCO a r�alis� des recherches approfondies sur le sort des enfants handicap�s dans les pays en d�veloppement. Selon ses conclusions, l'exclusion "est nettement plus prononc�e parmi les personnes handicap�es, dont pr�s de 97% ne ma�trisent pas les comp�tences de base de la lecture et de l'�criture"43. Le taux d'alphab�tisation est tr�s faible (ne d�passant pas quelquefois 1%) pour les femmes handicap�es44. Dans son document de travail "Enfants non scolaris�s", l'UNESCO explique que la plupart des enfants handicap�s dans les pays en d�veloppement ne vont pas � l'�cole et que le syst�me �ducatif n'int�gre pas ceux qui souffrent d'un handicap physique, sensoriel ou intellectuel45.

41http://www.unesco.org/en/efareport

42Selon un rapport publi� en 2004 pour la Banque mondiale, "les estimations du pourcentage d'enfants et de jeunes handicap�s scolaris�s dans les pays en d�veloppement vont de moins de�1% (cadre d'action de la D�claration de Salamanque) � 5% (Habibi 1999)". Peters, S, 2004. "Inclusive Education: An EFA Strategy for all Children". Disponible sur:�http://siteresources.worldbank.org/EDUCATION/Resources/278200-1099079877269/547664-1099079993288/InclusiveEdu_efa_strategy_for_children.pdf. Selon une estimation de la Chine, "On compte 8 millions d'enfants handicap�s, tandis que les �coles sp�ciales subviennent aux besoins de quelque 130 000 d'entre eux". K Watkins (2000),�The OXFAM Education Report. OXFAM. OXFORD, cit� dans le rapport de l'UNESCO�Enfants non scolaris�s.

43UNESCO 2008 "48�me Conf�rence internationale de l'UNESCO sur l'�ducation", page 30, disponible sur:�http://www.ibe.unesco.org/fileadmin/user_upload/Policy_Dialogue/48th_

ICE/ICE_FINAL_REPORT_eng.pdf.

44http://www.un.org/disabilities/default.asp?navid=37&pid=1514

45UNESCO “Children out of School”, available at http://www.unesco.org/education/efa/global_co/policy_group/children_out_of_school.pdf

2.2 Corrélation entre niveaux d'alphabétisation et pauvreté

Par suite du faible taux de scolarisation des enfants handicap�s, le taux d'alphab�tisation des adultes handicap�s atteint � peine 3% et, dans certains pays, ne d�passe pas 1% pour les femmes handicap�es46. Pauvret� et handicap sont �troitement li�s. Selon les estimations de la Banque mondiale, 20% des personnes les plus pauvres sont handicap�es. Toujours selon des estimations, 30% des enfants des rues dans le monde souffrent d'un handicap. La qualit� de vie des personnes handicap�es dans les pays en d�veloppement est sensiblement inf�rieure � celle de leurs pairs. Dans la plupart des pays, on tend � consid�rer les personnes handicap�es comme le groupe social le plus d�favoris�. Les femmes handicap�es font l'exp�rience de l'exclusion, en raison � la fois de leur sexe et de leur handicap.

Ce sont leurs familles exclusivement qui prennent soin de la tr�s grande majorit� des personnes�handicap�es. Dans les pays en d�veloppement, ces personnes ne sont pas cens�es travailler et beaucoup d'entre elles ne peuvent survivre que par la mendicit�. Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), quelque 470�millions de personnes handicap�es dans le monde sont en �ge de travailler47. Pourtant, le taux de ch�mage parmi les handicap�s atteint quelquefois 80% dans certains pays. Sur les 70 millions de personnes handicap�es en Inde, par exemple, seules�100�000 ont r�ussi � obtenir un emploi dans l'industrie48.

46UNESCO, 2003 "Vaincre l'exclusion par des approches int�gratrices dans l'�ducation" – document de r�flexion, page 30, disponible sur:�http://unesdoc.unesco.org/images/0013/001347/134785e.pdf. Selon l'UNESCO, il n'est "pas rare" qu'en Ouganda, des enfants handicap�s ou soup�onn�s d'�tre porteurs du VIH/SIDA soient chass�s de l'�cole. Voir le rapport de l'UNESCO "Les enfants non scolaris�s", disponible sur:�http://www.unesco.org/education/efa/global_co/policy_group/children_out_of_school.pdf.

47http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---ed_emp/---ifp_skills/documents/publication/wcms_117143.pdf

48Of the some 70 million persons with disabilities in India, for example, only about 100,000 have succeeded in obtaining employment in industry.�http://www.un.org/disabilities/default.asp?id=18

2.3 Les motifs de l'exclusion

Les raisons expliquant que les enfants handicap�s ne vont pas � l'�cole dans les pays en d�veloppement sont complexes. On se rend compte, de plus en plus, que le "mod�le m�dical" du handicap sert souvent � stigmatiser les personnes handicap�es, sans pour autant rem�dier � l'exclusion sociale, environnementale et culturelle. En revanche, selon le "mod�le social" du handicap, les principaux obstacles auxquels se heurtent les enfants handicap�s peuvent �tre r�sum�s comme suit:

•����������� Obstacles comportementaux – Conceptions sociales ou institutionnelles selon lesquelles les personnes handicap�es ne peuvent pas ou ne doivent pas �tre �duqu�es49.

•����������� Obstacles physiques – La plupart des �coles ne sont pas con�ues pour tenir compte des besoins des enfants handicap�s. Des entr�es, toilettes, couloirs et embrasures de porte inaccessibles rendent l'acc�s physique aux b�timents scolaires difficiles, voire impossible pour les personnes souffrant d'un handicap physique ou sensoriel. En 2005, seulement 18% des �coles en Inde �taient accessibles aux enfants handicap�s, avec des am�nagements tels que des rampes d'acc�s, des salles de classe et des toilettes sp�cialement con�ues et des moyens de transport adapt�s50.

•����������� Obstacles p�dagogiques – Les enseignants ne sont pas ou gu�re form�s � r�pondre aux besoins �ducatifs et de communication des enfants handicap�s.

•����������� Obstacles d'infrastructure – Absence de moyens de transport (ou moyens de transport inaccessibles) qui permettraient aux enfants handicap�s de se rendre � l'�cole. Selon une enqu�te men�e au Bangladesh, l'absence de syst�me de transport sp�cialis� entre le domicile et l'�cole dans les zones rurales, et de subventions pour le transport en rickshaw, est per�ue comme une contrainte majeure par les parents d'enfants handicap�s51.

•����������� Obstacles politiques – Alors que la plupart des pays ont mis en place un cadre politique favorable aux syst�mes �ducatifs nationaux inclusifs, beaucoup n'ont pas �labor� de strat�gies pour lever les obstacles qui emp�chent les enfants d'�tre scolaris�s. En fait, l'accueil tr�s inadapt� qui est habituellement r�serv� aux enfants handicap�s dans les �coles ordinaires pousse la plupart du temps les parents et les associations de handicap�s � exiger pour eux des �tablissements qui leur soient r�serv�s52.

49Il est signal� dans le rapport de l'OMS sur "Les enfants non scolaris�s" que les enfants handicap�s en Ouganda sont souvent chass�s de l'�cole. M�me si aucune raison n'est donn�e, un autre rapport sur l'attitude envers les personnes handicap�es au Nig�ria rel�ve que la plupart des groupes ethniques sont convaincus que le handicap est le r�sultat d'une mal�diction divine ou d'un acte de sorcellerie. Rapport mondial de suivi sur l'EPT, �dition 2010.�http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001866/186606E.pdf.

50�Rapport mondial de suivi sur l'EPT, �dition 2010�http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001866/186606E.pdf

51(Ackerman et al., 2005). Cit� dans le rapport mondial de suivi sur l'EPT, �dition 2010.

52(Lang and Murangira, 2009). Cited in EFA Global Monitoring Report 2010

2.4 Le prix de l'inclusion dans l'éducation

Il existe peu de donn�es sur les co�ts exacts de l'�ducation des enfants handicap�s, m�me si certains chiffres montrent qu'ils peuvent �tre de deux � quatre fois plus �lev�s que pour les autres enfants53. L'UNESCO met en avant l'exp�rience de l'Europe, o� le co�t �lev� de l'�ducation des enfants ayant des besoins sp�ciaux est associ� � des mod�les de financement selon lesquels les enfants sont �duqu�s s�par�ment, par exemple dans des �coles sp�ciales. Les co�ts sont g�n�ralement moins �lev�s lorsque le financement "suit" l'enfant dans un cadre �ducatif inclusif. Les recherches montrent �galement que les �l�ves handicap�s obtiennent de meilleurs r�sultats scolaires dans un environnement inclusif54.

Il appara�t aussi que si le syst�me �ducatif est inclusif et d'excellente qualit�, le nombre d'�l�ves devant r�p�ter les cours ou redoubler est moindre. L'UNESCO signale le cas de l'Am�rique latine o� le redoublement est � mettre en rapport avec le co�t des �tudes, � savoir 5,6 milliards USD pour l'enseignement primaire et 5,5 milliards USD pour l'enseignement secondaire55. Les investissements n�cessaires pour la prise en charge de ces co�ts pourraient inclure la mise � disposition de TIC pour les �l�ves handicap�s.

De nombreux pays se sont rendu compte que, conform�ment aux dispositions de la Convention relative aux droits des personnes handicap�es en mati�re de conception universelle, r�pondre aux besoins des �l�ves handicap�s dans la conception des b�timents et des services r�duit sensiblement les co�ts. Dans son rapport national pr�sent� � la Conf�rence internationale de l'�ducation (CIE), le Minist�re afghan de l'�ducation a signal� que "les co�ts additionnels de la construction d'�coles pour tous conformes aux principes de conception universelle sont minimaux"56.

L'UNESCO recommande que toute mod�lisation des co�ts de l'inclusion dans l'�ducation tienne compte des co�ts sociaux �conomiques �lev�s qui seront � la charge d'un pays si ses enfants ne sont pas �duqu�s57. Selon les estimations de l'UNESCO, l'exclusion des personnes handicap�es peut entra�ner une perte de produit int�rieur brut (PIB) qui va de 10 � 35,8 pour cent58. Globalement, les co�ts sociaux et �conomiques � long terme de l'absence d'inclusion dans l'�ducation - et donc de la non-participation � la vie sociale �conomique et culturelle d'un pays - sont "incontestablement �lev�s". La conclusion de l'UNESCO est que ne pas investir dans l'�ducation inclusive est "profond�ment irrationnel" sur le plan �conomique.

53http://www.inclusion.com/resoecd.html

54UNESCO.�Dix questions sur l'inclusion dans l'�ducation:�http://www.unesco.org/en/inclusive-education/10-questions-on-inclusive-quality-education/.

55UNESCO. Guidelines for Inclusive Education, page 12

56Rapport national de la R�publique islamique d'Afghanistan pr�sent� � la 48�me session de la Conf�rence internationale de l'�ducation, Gen�ve, Suisse, novembre 2008�http://www.ibe.unesco.org/National_Reports/ICE_2008/afghanistan_NR08.pdf.

57UNESCO 2003 "Vaincre l'exclusion par des approches int�gratrices dans l'�ducation: document de r�flexion" pages 13-14.

58http://unesdoc.unesco.org/images/0017/001778/177849e.pdf

2.5 Nombre de personnes handicapées dans le monde

Dans son rapport publi� en 2007 "Measuring Disability Prevalence" (Mesure de la pr�valence du handicap), la Banque mondiale estimait le nombre de personnes handicap�es � 10‑12% de la population mondiale59. Bas� sur l'�dition 2008 des "Perspectives d�mographiques mondiales" publi�e par les Nations Unies60, qui donne pour la population mondiale un chiffre l�g�rement sup�rieur � 6,9 milliards d'habitants en 2010, le Tableau 2.2 estime � peine inf�rieur � 830 millions de personnes (691-829 millions de personnes) le nombre de personnes handicap�es dans le monde � la fin de 2010. On s'attend que ce nombre d�passe le milliard (915�millions – 1,1�milliard) � la moiti� du XXIe si�cle. Les statistiques montrent qu'environ une personne handicap�e sur cinq na�t handicap�e, tandis que la plupart des gens acqui�rent un handicap apr�s l'�ge de 16�ans, le plus souvent au cours de leur vie professionnelle61. Environ 20% de ces personnes sont des enfants handicap�s.

Tableau 2.1 – Nombre de personnes handicap�es dans le monde

Ann�e

2010

2020

2030

2040

2050

Population mondiale (en millions) Variance moyenne

6 909

7 675

8 309

8 801

9 150

Estimation de la population mondiale de personnes handicap�es (estim�es � 10-12%, en millions)

691-829

768-921

831-997

880-1 056

915-1 098

Estimation de la population mondiale d'enfants handicap�s (estim�s � 2-3%, en millions)

140-165

154-184

166-199

176-211

183-220

Sources: Perspectives d�mographiques mondiales 2008, cit�es dans le Kit pratique UIT-G3ict sur la cyberaccessibilit�.

Sources: Perspectives d�mographiques mondiales 2008, cit�es dans le Kit pratique UIT-G3ict sur la cyberaccessibilit�.

59�Banque mondiale – Measuring Disability Prevalence, disponible sur:�http://siteresources.worldbank.org/DISABILITY/Resources/data/MontPrevalence.pdf. Les chiffres du handicap donn�s dans le pr�sent module sont fond�s sur l'estimation de l'Organisation mondiale de la sant�, selon laquelle 10% de la population mondiale souffre d'un handicap.

60�Nations Unies – Perspectives d�mographiques mondiales 2008, disponible sur�http://esa.un.org/unpp.

61��Forum on Disability briefing for CSR practitioners Disabled employees: labour standards, an Employer, available at�www.csreurope.org/csrinfo/csrdisability/Disabledemployees.�

2.6 Incidences du vieillissement de la population mondiale

Pour de nombreux analystes, les chiffres r�els des personnes handicap�es dans le monde sont sans doute plus �lev�s que ces estimations. La Figure 2.2 indique le pourcentage de personnes �g�es de�50 ans et plus par r�gion. Un autre facteur qui pourrait influer sur le nombre de personnes handicap�es est l'augmentation du pourcentage de personnes �g�es dans la population mondiale et la pr�valence associ�e de handicaps li�s � l'�ge.

Source: Perspectives d�mographiques mondiales 2008

Figure 2.2 – Pourcentage de la population �g�e de 50 ans et plus par r�gion

L�gende:

Afrique, Asie, Europe, Am�rique latine et Cara�bes, Am�rique du Nord, Oc�anie

Avec l'�ge, apparaissent g�n�ralement de nouveaux probl�mes et de nouveaux handicaps, sensoriels (vue et audition), intellectuels (r�flexion et communication) ou moteurs (locomotion, pr�hension et dext�rit�). De m�me, les personnes qui souffrent de difficult�s mineures et de l�gers handicaps peuvent voir leur gravit� augmenter. Dans toute population vieillissante, le nombre total de personnes souffrant d'un handicap augmente62.

L'accroissement r�gulier du nombre de personnes �g�es de plus de 65 ans entra�ne une r�duction du "taux de d�pendance des personnes �g�es"63. Ce taux est le ratio de personnes �g�es de 15 � 64�ans dans la population par personne �g�e de 65 ans ou plus. Il s'�tablissait dans le monde en 1950 �12:1, en 2000 � 9:1 et devrait �tre, d'ici � 2050, de 4:1. La Figure 2.3 indique ces taux de d�pendance pour les diff�rentes cat�gories de pays.

Figure 2.3 – Taux de d�pendance des personnes �g�es

Source: Perspectives d�mographiques mondiales 2008

L�gende:

Taux de d�pendance
Ratio de membres de la population �g�s de 65 ans ou plus par rapport � ceux qui sont �g�s d'entre 15 et 64 ans
Pays les moins avanc�s
R�gions moins avanc�es, � l'exclusion de celles qui sont class�es parmi les moins avanc�es
R�gions les plus avanc�es

Les donn�es pr�sent�es dans les "Perspectives d�mographiques mondiales 2008" des Nations Unies montrent que les r�gions moins avanc�es (� l'exclusion des pays les moins avanc�s) devraient, selon les pr�visions, avoir la plus forte croissance de taux de d�pendance des personnes �g�es ces�40�prochaines ann�es. Ces r�gions devraient conna�tre une croissance de 200% du nombre de personnes �g�es de plus de 65 ans par rapport au nombre de personnes en �ge de travailler (entre�15 et 64�ans) entre 2000 et 2005, par comparaison � l'augmentation, l�g�rement sup�rieure � 100%, pr�vue pour les r�gions plus d�velopp�es et l'augmentation, l�g�rement inf�rieure � 100%, dans les pays les moins avanc�s.

En conclusion, de nombreuses r�gions en d�veloppement conna�tront une forte croissance du nombre de personnes actives pour prendre en charge celles qui ne peuvent plus travailler en raison de leur grand �ge. Avec l'accroissement du taux de d�pendance, il devient n�cessaire de renforcer la productivit� de la main-d'oeuvre. Donner aux personnes handicap�es les moyens d'avoir un acc�s � l'�ducation - et, � terme, d'obtenir un emploi gr�ce � l'utilisation de TIC accessibles - aidera � contrebalancer cette d�pendance croissante. Le "Kit pratique des politiques en mati�re de cyberaccessibilit� pour les personnes handicap�es", �labor� par l'UIT et l'Alliance G3ict, donne aux d�cideurs des orientations leur permettant de calculer les avantages qu'offre � l'�conomie nationale l'existence d'une main-d'oeuvre plus productive gr�ce � l'utilisation de TIC accessibles64.

62Anne-Rivers Forcke, IBM, in ITU/G3ict “e-Accessibility Policy Toolkit for Persons with Disabilities”

63United Nation’s Programme on Ageing

64�UIT/G3ict "Kit pratique des politiques en mati�re de cyberaccessibilit� pour les personnes handicap�es", renforcement de la productivit�, disponible sur: http://www.e‑accessibilitytoolkit.org/toolkit/who_benefits/global_demographics.

3 Les technologies d'assistance par type de handicap: comprendre les besoins des utilisateurs

Des TIC accessibles � tous devraient permettre aux personnes handicap�es de recevoir une �ducation et d'�tre productives dans leur vie professionnelle. Appliqu�es aux syst�mes �ducatifs, les�TIC accessibles peuvent favoriser l'�galit� des chances dans l'enseignement en facilitant la communication avec les enseignants et avec les autres �l�ves, en donnant acc�s � des mat�riels didactiques et en permettant de cr�er un site pour le travail et les examens scolaires. Il existe actuellement sur le march� toute une gamme de TIC accessibles qui permettent de rem�dier aux handicaps fonctionnels et facilitent la communication, les activit�s cognitives et l'acc�s � l'informatique. Les �l�ves handicap�s ont �galement besoin de textes didactiques et des ressources en ligne dans des formats accessibles.

On trouve parmi les technologies d'assistance des �quipements autonomes qui facilitent la mobilit� (par exemple les chaises roulantes) et la communication (par exemple les proth�ses auditives). On trouve aussi des mat�riels et logiciels qui permettent l'acc�s � l'ordinateur (par exemple un clavier adaptatif ou un lecteur d'�cran). Dans la pr�sente section, nous traitons essentiellement des technologies d'assistance directement li�es � la capacit� d'une personne � avoir acc�s � un ordinateur et � jouer un r�le efficace dans un environnement d'apprentissage inclusif. Nous traitons �galement d'autres pr�occupations telles que l'accessibilit� des b�timents ou des postes de travail informatiques.

Le catalogue des technologies d'assistance pour les TIC �tabli aux fins du pr�sent module est un surensemble de la norme ISO/CEI FDIS 24751 (Adaptabilit� et accessibilit� individualis�es en e‑apprentissage, en �ducation et en formation). Cette norme a �t� cr��e pour faire co�ncider les besoins et pr�f�rences de chaque utilisateur et les ressources �ducatives num�riques adapt�es.

L'identification de la meilleure technologie d'assistance n�cessite souvent une �valuation approfondie des besoins pour que l'on puisse comprendre comment une difficult� ou un handicap affecte l'utilisation de l'informatique et/ou l'acc�s � une ressource �ducative. La Section 4 traite de la n�cessit� de cr�er des centres d'expertise en technologies d'assistance.

Un large �ventail de capacit�s

Pour entreprendre d'appr�hender la vari�t� et la complexit� des limites fonctionnelles auxquelles se heurtent les personnes handicap�es, il faut tout d'abord prendre en consid�ration le caract�re �volutif des capacit�s humaines. Il n'existe pas deux personnes, handicap�es ou non, qui ont exactement les m�mes capacit�s. En outre, la capacit� � effectuer une t�che peut changer en fonction de plusieurs facteurs tels que la fatigue physique et mentale, l'environnement et le contexte d'utilisation. Si on prend par exemple le cas d'une personne ayant une vue normale qui s'efforce de lire sur un �cran d'ordinateur refl�tant une tr�s forte luminosit�, la lecture peut lui �tre difficile, voire impossible. On peut �galement subir une diminution de ses capacit�s cognitives lorsqu'on travaille en �tant fatigu� ou dans un environnement bruyant ou qui d�concentre. Il est donc important d'envisager les capacit�s personnelles d'utilisation des TIC comme un large �ventail de possibilit�s, dont chacune varie en fonction de divers facteurs65. On peut donc affirmer ce qui suit:

•����������� Un handicap peut soit survenir au cours de la vie, soit �tre pr�sent d�s la naissance.

•����������� Les cat�gories de handicap incluent, sans que cette liste soit exhaustive, les handicaps physiques, sensoriels, cognitifs et de d�veloppement.

•����������� Un handicap peut �tre permanent ou temporaire.

•����������� Le r�sultat peut �tre le r�sultat de plusieurs facteurs, par exemple:

–���� limitations fonctionnelles r�sultant d'un �tat physique, psychiatrique ou psychologique;

–���� limitations dans la conception d'un environnement, produit ou moyen TIC;

–���� obstacles associ�s aux comportements des gens et de la soci�t�.

•����������� A mesure que l'on avance en �ge, la pr�valence des handicaps li�s � l'�ge augmente.

Besoins �ducatifs des enfants handicap�s

Les besoins �ducatifs sp�ciaux des enfants souffrant d'un handicap fonctionnel, sont souvent appel�s besoins �ducatifs sp�ciaux, sont aussi divers que vari�s. L'UNESCO regroupe en trois grandes cat�gories les r�les que les TIC peuvent jouer � cet �gard:

•����������� R�le de compensation - Assistance technologique qui permet la participation active aux activit�s �ducatives traditionnelles, telles que la lecture ou l'�criture.

•����������� R�le didactique - Processus g�n�ral consistant � utiliser les TIC pour faire �voluer les m�thodes �ducatives. De nombreuses TIC peuvent �tre utilis�es comme outils didactiques au service d'un environnement d'apprentissage plus inclusif.

•����������� R�le de communication - Technologies pouvant faciliter la communication - souvent appel� moyens et strat�gies pour une communication alternative et am�lior�e66.

Dans les paragraphes suivants, nous traitons des principales cat�gories de handicaps physiques, sensoriels et cognitifs, ainsi que des bonnes pratiques visant � assurer, par l'interm�diaire des TIC, un apprentissage dans un environnement scolaire inclusif.

65�http://www.who.int/classifications/icf/en/. Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la sant� (CIF). Cette classification d�crit la fa�on dont les personnes vivent avec leur �tat de sant�. Ce document classe la sant� et les domaines y�relatifs qui d�crivent les fonctions et les structures corporelles, les activit�s et la participation du corps. Dans la mesure o� le fonctionnement et le handicap sont propres � un contexte donn�, la CIF inclut �galement une liste de facteurs environnementaux.

66UNESCO IITE ICTs in Eudcation for People with Special Needs. http://www.iite.ru/pics/publications/files/3214644.pdf

3.1 Personnes souffrant de handicaps physique et de troubles moteurs

Les handicaps physiques et les troubles moteurs peuvent �tre le r�sultat de traumatismes physiques, par exemple l�sions de la moelle �pini�re, ou de la perte de contr�le des membres par suite d'une maladie ou d'un �tat conditions cong�nital, par exemple infirmit� motrice c�r�brale, arthrite ou maladie de Parkinson. Pour permettre l'acc�s des personnes handicap�es physiques et handicap�es motrices � l'informatique dans un environnement d'apprentissage, plusieurs aspects doivent �tre pris en compte, en particulier celui des types de technologies d'assistance, ainsi que de l'accessibilit� des postes de travail et des b�timents.

Certains utilisateurs peuvent utiliser un clavier ou une souris ordinaire, mais lorsqu'ils sont pris de tremblements ou lorsque leur motricit� fine est faible, il faut r�gler certains param�tres par d�faut de l'ordinateur pour leur �viter de commettre des fautes perp�tuelles. Pour d'autres, il peut �tre n�cessaire d'utiliser des p�riph�riques de remplacement, comme une boule roulante ou un commutateur. Des utilisateurs qui ne peuvent acc�der clavier en utilisant leurs mains ou leurs bras, mais ont un bon contr�le au niveau de la t�te, du cou et du haut du torse, peuvent se servir du clavier en utilisant une baguette tenue dans la bouche ou un pointeur contr�l� par les mouvements de la t�te ou du menton.

3.1.1 Technologies d'assistance pour les personnes souffrant d'un handicap physique et de troubles moteurs

Solutions de rechange � la souris
Les souris � boule, manettes et diverses formes de tablettes sont plus faciles � contr�ler que la souris. On peut aussi contr�ler le pointeur de la souris par des mouvements de t�te qui sont d�tect�s par une technologie � infrarouges ou � ultrasons. Dans de nombreux cas, les boutons peuvent �tre programm�s pour effectuer les fonctions de double clic ou pour garder enfonc� le bouton de la souris afin de faire glisser le curseur. Les boutons de souris peuvent �tre remplac�s par des commutateurs (dispositifs de contr�le par la respiration, commutateurs � p�dale, etc.) ou par des logiciels qui cliquent ou double cliquent et font glisser le curseur en s'attardant sur une cible pendant un temps pr�alablement d�termin�, puis en faisant bouger le curseur de la souris dans une direction donn�e.
Le pointeur de la souris peut �tre contr�l� � l'aide des touches du clavier num�rique ou des touches d'un clavier sur �cran. Il existe des �mulateurs de souris pour les utilisateurs de commutateurs uniques et de syst�mes � reconnaissance vocale. Ces �mulateurs emploient diverses strat�gies pour se focaliser rapidement sur la cible.
Figure 3.1 – Main d'une personne arthritique s'effor�ant�d'utiliser une souris ordinaire
Claviers modifi�s et solutions de remplacement
Des logiciels libres ou des syst�mes d'exploitation permettent de modifier les temps de r�ponse au clavier, par exemple en ralentissant le temps de r�action, en supprimant ou ralentissant la vitesse de r�p�tition, ou encore en maintenant activ�es les touches utilis�es lorsqu'on presse plusieurs touches s�lectionn�es cons�cutivement. Il existe �galement des claviers ordinaires avec m�moire int�gr�e pour les macros de texte ou de commande. Les autres solutions courantes sont les claviers plus petits et plus ergonomiques avec disposition des touches plus efficace (par exemple DVORAK ou QWERTY) et qui comportent des souris � boule int�gr�es ou d'autres p�riph�riques rempla�ant la souris ordinaire.
Des claviers sp�cialis�s ont �t� mis au point pour tenir compte des divers besoins individuels. Ainsi, les mini‑claviers conviennent � ceux dont la port�e de mouvement ou la force est limit�e. Les claviers de ce type peuvent int�grer, d�s leur conception, le mode �mulation de souris. Les claviers agrandis sont, eux, adapt�s aux personnes dont le contr�le moteur est insuffisant mais qui peuvent effectuer des mouvements d'une certaine ampleur. Les claviers programmables permettent de personnaliser la disposition des touches (taille et contenu des touches) avec des dessins d�crivant leur contenu. Des touches peuvent �galement �tre programm�es avec des fonctions en mode �mulation de souris.
De nombreux logiciels de clavier sur �cran permettent � l'utilisateur de s�lectionner sa frappe (par exemple lettres, mots, commandes, phrases) en utilisant la souris ou le mode �mulation de souris.
Boutons poussoirs
Des boutons poussoirs peuvent �tre utilis�s par les personnes qui ne peuvent pas se servir d'un clavier ou d'une souris, mais qui ont une bonne commande d'autres fonctions musculaires. Elles peuvent se servir de ces boutons pour simuler des fonctions clavier et souris. Par exemple, les signaux simples, doubles ou triples du code Morse peuvent �tre convertis par une interface logicielle et/ou mat�rielle en mouvements de la souris et du clavier sur l'ordinateur.�
Figure 3.2 – Bouton poussoir install� sur une chaise roulante67
Reconnaissance vocale
Certains syst�mes d'exploitation permettent la reconnaissance vocale de commandes ou de texte. Il existe �galement des logiciels de reconnaissance vocale en continu qui permettent de saisir du texte, de commander la souris et les applications logicielles, y�compris des niveaux facultatifs de vocabulaire et de macros pour diff�rentes professions ou groupes sp�ciaux. Bien que les mod�les vocaux dans ces syst�mes permettent la reconnaissance des mots sans formation particuli�re, chaque utilisateur a son propre fichier de mod�le vocal, qui doit �tre adapt� pour une reconnaissance optimale. Pour le bon fonctionnement du mod�le vocal, il faut faire attention aux erreurs commises par l'utilisateur et par le syst�me et les corriger. La plupart des syst�mes de dict�e vocale disposent de dictionnaires tr�s importants, mais l'utilisateur doit y ajouter les noms propres et le vocabulaire sp�cialis�. Plusieurs syst�mes de dict�e d�pendent des commandes souris pour naviguer parmi les fonctions bureautiques et de dict�e.
Communications am�lior�es et alternatives
De nombreuses personnes souffrant d'un s�v�re handicap physique souffrent �galement de troubles de la parole. Les communications am�lior�es et alternatives (AAC) sont un moyen de communiquer, aussi bien pour elles que pour celles qui ont du mal � comprendre le langage verbal ou �crit68. Les strat�gies AAC sont tr�s vari�es: utilisation de symboles ou de gestes ou emploi de moyens AAC tels que (a) les syst�mes de conversion de texte en paroles (Figure�3.3) et (b) les aides � la communication avec sortie vocale (Figure�3.4). M�me si les strat�gies et dispositifs AAC ne font pas partie int�grante des strat�gies favorisant l'acc�s � l'informatique, ils sont essentiels pour faciliter la communication avec les enseignants, formateurs, autres �tudiants et coll�gues de travail, dans un environnement �ducatif ou professionnel inclusif.
Figure 3.3 – Appareil avec clavier pour�la conversion du texte en paroles69
Figure 3.4 – Aide � la communication avec sortie vocale
La vid�o ci‑apr�s montre Ellen, utilisatrice de technologies d'assistance, se servant de commutateurs et d'un syst�me AAC pour communiquer, acc�der � un ordinateur et interagir avec son environnement, � la maison comme en classe.

67Source: http://en.wikipedia.org/wiki/File:Access_device.JPG Debbie L OU

68http://en.wikipedia.org/wiki/Augmentative_and_alternative_communication
International Society for Augmentative and Alternative Communications (ISAAC) http://www.isaac-online.org/en/publications/index.html

69http://en.wikipedia.org/wiki/File:Dynawrite.jpg

3.1.2 Accessibilité des bâtiments et des postes de travail

Il faut, non seulement �tre en mesure de disposer des technologies d'assistance appropri�es, mais aussi que la conception des b�timents ne pr�sente pas d'obstacle. Pour veiller � ce qu'une �cole, un centre de formation ou un centre communautaire soit accessible aux personnes handicap�es, les entrepreneurs devraient suivre les lignes directrices concernant l'accessibilit� des b�timents et les r�glementations nationales ou r�gionales en mati�re de conception. La liste suivante �num�re certains des �l�ments � prendre en compte:

•����������� Environnement ext�rieur – par exemple, places de parking, portes d'entr�e.

•����������� Circulation horizontale – par exemple, conception et largeur des portes � l'int�rieur, corridors, signalisation et orientation.

•����������� Circulation verticale – par exemple, escaliers, ascenseurs et rampes � l'int�rieur.

•����������� Am�nagements – par exemple, accessibilit� des toilettes.

•����������� Sorties de secours – par exemple, syst�mes d'alarme visuels et auditifs, strat�gies d'�vacuation, si�ges utilis�s en cas d'�vacuation.

•����������� Accessibilit� des entr�es – niveau d'entr�e, marches et ou rampes70.

Le parcours jusqu'au poste de travail doit �tre d�gag� de tout obstacle tel que marches, poubelles ou meubles obstruant la progression des utilisateurs, que ceux‑ci soient � pied ou en chaise roulante. Il doit en �tre de m�me pour le parcours conduisant � n'importe quelle pi�ce ou espace dans lequel se trouve le poste de travail informatique. L'utilisateur doit �tre en mesure de faire fonctionner son ordinateur dans un espace d�gag� et plat, en disposant d'un espace dans un rayon d'au moins 1,5�m�tre directement � partir du poste de travail pour pouvoir manoeuvrer sa chaise roulante (Figure�3.5). Il faut en outre s'assurer que les utilisateurs puissent atteindre les diff�rentes parties du mat�riel quelle que soit leur taille. La fourchette id�ale se situe entre 1�200 et 900�mm. La hauteur maximale acceptable pour les personnes en chaise roulante est de 1�400�mm (voir Figure�3.6). La pi�ce devrait �tre suffisamment �clair�e.

Les Nations Unies ont d�fini un ensemble tr�s utile de donn�es anthropom�triques r�capitulant les hauteurs et les distances n�cessaires � une personne debout ou assise dans une chaise roulante, ainsi que l'espace dont on a besoin en chaise roulante pour pouvoir manoeuvrer et tourner71.

Figure�3.5 – Distance de circulation et de manoeuvre pour les chaises roulantes72

L�gende

1,5 m au minimum
1,8 m Distance acceptable
0,9 m Largeur acceptable

Figure 3.6 – Distances courantes73

L'acc�s physique � l'ordinateur est aussi un �l�ment cl�. On peut l'am�liorer tout simplement en changeant la position de l'utilisateur ou de l'ordinateur, en r�glant, par exemple, la hauteur des chaises, des tables, des plateaux � clavier ou des bras d'�cran. Beaucoup de ces solutions peuvent �tre assez on�reuses, mais si l'on respecte les principes de la conception ergonomique des postes de travail, il devrait �tre possible, dans de nombreux cas, d'adapter les postes de travail existants aux besoins de la personne74. L'adjonction de stabilisateurs ou de supports suppl�mentaires peut am�liorer le contr�le et diminuer le risque de microtraumatismes r�p�t�s.

70National Disability Authority, “Building for Everyone - Inclusion, Access and Use” http://www.nda.ie/cntmgmtnew.nsf/0/EBD4FB92816E8BB480256C830060F761?OpenDocument

71http://www.un.org/esa/socdev/enable/designm/AD5-02.htm

72Irish National IT Accessibility Guidelines, Public Access Terminals. National Disability Authority. http://universaldesign.ie/useandapply/ict/itaccessibilityguidelines/publicaccessterminals/guidelines/priority-1/1-14

73Irish National IT Accessibility Guidelines, Public Access Terminals. National Disability Authority. http://universaldesign.ie/useandapply/ict/itaccessibilityguidelines/publicaccessterminals/guidelines/priority-1/1-1

7412 ergonomic guidelines adapted from Cornell University studies help improve your computer working environment and comfort.” http://www.ergoindemand.com/ergonomic-computer-workstation-guidelines.htm
http://books.google.ie/books?id=A8TPF_O385AC&pg=PA316&lpg=PA316&dq=accessible+computer+workstati


3.2 Assistance aux personnes aveugles ou malvoyantes

D'apr�s les estimations, 180�millions de personnes de par le monde souffrent d'un handicap visuel. Sur ce nombre, 45�millions sont aveugles et 135�millions n'ont qu'une vue partielle75. Juridiquement, la c�cit� est d�finie dans de nombreux pays comme un �tat dans lequel la meilleure acuit� visuelle, une fois corrig�e, est de 20/200 au maximum, ou dans lequel le champ visuel de la personne est de 20�degr�s au maximum76. Les d�ficiences visuelles sont, par exemple, le daltonisme et les troubles de la vision sont, par exemple, la cataracte, le trachome, le glaucome ou encore la d�g�n�rescence maculaire77.

75Lighthouse International, available at http://www.lighthouse.org/research/statistics-on-vision-impairment/
World Health Organization, November 2004, "Fact sheet 282: Magnitude and causes of visual impairment, available at http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs282/en/ " World Health Organization, November 2004
76The WebAim Guide to Web Accessibility (2005) Available from the WebAIM project at http://www.webaim.org/products/training/
77For a further list of vision disorders see http://www.lighthouse.org/about-low-vision-blindness/vision-disorders/

3.2.1 Technologies d'assistance pour les personnes aveugles ou souffrant d'une déficience visuelle

Ces personnes peuvent utiliser diverses technologies d'assistance pour avoir acc�s � l'ordinateur et � des contenus en ligne.

•����������� Am�lioration de l'affichage sur l'�cran de l'ordinateur – L'affichage sur �cran peut �tre am�lior� � l'aide de commandes syst�me int�gr�es ou de logiciels libres. Ces am�liorations permettent d'obtenir un meilleur contraste et d'agrandir les ic�nes, les caract�res et les curseurs.

•����������� Agrandisseur d'�cran – Les agrandisseurs d'�cran sont souvent pr�vus dans le syst�me d'exploitation de l'ordinateur. Il existe en outre un grand nombre de programmes d'agrandissement d'�cran.

•����������� Solutions de remplacement � l'affichage visuel – Il s'agit par exemple de lecteurs d'�cran qui lisent oralement le texte affich� sur l'�cran et d'afficheurs braille dynamiques qui traduisent le texte en braille. On trouve par exemple les lecteurs d'�cran JAWS, NVDA, Windows Eyes, Homepage Reader et ORCA.

•����������� Reconnaissance optique de caract�res (ROC) – Des scanneurs de documents, associ�s � des logiciels ROC, convertissent des textes imprim�s en textes �lectroniques qui peuvent �tre agrandis ou lus � haute voix � l'aide des technologies d'assistance indiqu�es ci‑dessus.

•����������� Preneurs de notes ou assistants num�riques personnels (PDA) accessibles – Il s'agit de mat�riels et de logiciels portables sp�cialis�s qui int�grent en r�gle g�n�rale un afficheur braille dynamique et des fonctions de lecture d'�cran. Citons, par exemple, Braille 'n Speak, Type 'n Speak, Braille Lite Millennium (ou 2000), Type Lite, BrailleNote (et VoiceNote), PAC Mate and BrailleSense78. Le prix de tous ces appareils avoisine 6�000�USD, voire plus.

•����������� Machines braille – On appelle en r�gle g�n�rale machine braille un appareil m�canique rudimentaire, analogue � une machine � �crire, qui permet de saisir directement des caract�res braille en relief sur papier.

Figure�3.7 – Exemple de preneur de notes avec �cran braille 18�cellules, 9�touches de saisie en�braille, haut-parleur et prise audio pour la sortie audio79

La vid�o ci‑apr�s pr�sente une d�monstration de l'utilisation de l'ordinateur BrailleNote.

La vid�o suivante pr�sente un aper�u des fonctions du lecteur d'�cran JAWS.

78Pour une comparaison entre preneurs de notes et ordinateurs portables pour les personnes aveugles, se reporter au site:�http://nfb.org/legacy/bm/bm03/bm0304/bm030407.htm. Pour de plus amples informations sur les preneurs de notes et les assistants num�riques personnels accessibles, consulter le site:�http://www.myflorida.com/dbs/assistive‑technology/notetakers.php.
79Device shown is a BrailleNote from HumanWare

3.2.2 Supports et formats accessibles

Les �l�ves mal voyants ou ne pouvant pas lire les documents imprim�s80�(autrement dit ceux qui ne peuvent lire de texte �crit) ont besoin d'une information accessible sous diff�rentes formes et de diff�rentes mani�res:

•����������� Braille - Syst�me tactile utilisant des s�ries de points en relief repr�sentant des lettres et des chiffres. Le braille est produit � l'aide d'une imprimante sp�ciale, appel�e embosseuse, mais peut �galement �tre produit � l'aide d'assistants num�riques personnels accessibles (voir plus haut) ou par l'ajout � un ordinateur ordinaire de p�riph�riques braille dynamiques81.

•����������� Gros caract�res - Texte imprim� dans lequel les polices de caract�re sont g�n�ralement agrandies � 16�points ou plus, afin de pouvoir �tre lues par des personnes qui ont un l�ger handicap visuel.

•����������� Formats �lectroniques, par exemple:

–���� Documents trait�s en Word - Par exemple, documents produits par MS Word ou OpenOffice Writer.

–���� Livres audio - Soit racont�s par une voix humaine, soit convertis automatiquement en voix synth�tique (livre audio num�rique). Des services en ligne gratuits t�l�chargeables permettent de convertir les fichiers texte en fichiers audio utilisant la voix synth�tique dans des formats tels que MP3.

–���� HTML82�ou PDF83�accessibles.

–���� Livre audio num�rique DAISY (Digital accessible information system) (DTB) - Un tel livre peut inclure une version audio (voix humaine ou synth�tique). On peut naviguer dans ces livres et il en existe une version texte synchronis�e. Selon sa configuration, on peut �couter un livre DAISY sur ordinateur ou sur lecteur audio autonome, � l'aide d'une plage braille, en le lisant sur �cran ou en l'�coutant avec le texte affich� de mani�re synchronis�e sur l'�cran.

–���� ePub – Format ouvert normalis� pour les livres �lectroniques, utilis� pour certains lecteurs courants de livres �lectroniques.

80Print disabled: A person who cannot effectively read print because of a visual, physical, perceptual, developmental, cognitive, or learning disability. http://www.daisy.org/glossary/12#term325
81http://www.freedomscientific.com/news/pressroom/2010/Braille-Prices-Support-Braille-Literacy.asp
82http://www.w3.org/TR/WCAG20/
83http://www.adobe.com/accessibility/

3.2.3 Coûts et évolution de l'utilisation et de la fourniture du braille

L'�laboration de contenus �ducatifs dans l'un quelconque des formats con�us pour aider les personnes aveugles ou mal voyantes n�cessite d'�valuer les besoins d�s les premiers stades de cette �laboration. Alors que le co�t est un facteur essentiel dans les pays o� les ressources sont limit�es, il n'existe pas d'�tude sur les co�ts relatifs de la production et de la consommation des contenus dans les diff�rents formats accessibles. Chaque format a ses propres incidences sur les co�ts. Par exemple, une imprimante braille co�te entre 1�800�USD (pour l'impression en petites quantit�s) et�80�000�USD (pour l'impression en grandes quantit�s)85. M�me si les livres audio et les livres DAISY peuvent �tre produits sans frais � l'aide de logiciels gratuits, pour avoir acc�s � ce contenu, l'�tudiant doit parfois avoir acc�s � un ordinateur portable ou � un lecteur audio sp�cialis� tel qu'un lecteur DAISY, ce qui a un co�t.

Il faut tenir compte des questions suivantes:

•����������� Qu'en est-il de l'utilisation du braille? Aujourd'hui, selon les estimations, les �coliers des pays d�velopp�s comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni savent moins bien utiliser le braille qu'autrefois. En effet, ils utilisent des techniques ultramodernes comme les lecteurs d'�cran associ�s � des sites web et � des documents en format accessible. Leur capacit� d'utilisation du braille est quelquefois inf�rieure � celle des enfants des pays en d�veloppement, comme l'Indon�sie ou le Botswana, o� il existe peu d'alternatives au braille86,87, 88, 89.

•����������� Pour un �tudiant malvoyant qui n'a pas appris le braille, il peut �tre pr�f�rable d'utiliser du contenu sous forme audio.

•����������� Le niveau des fonctionnalit�s int�gr�es d'accessibilit� varie d'un format � l'autre. Par exemple, le format DAISY a �t� sp�cifiquement con�u pour tenir compte des besoins des utilisateurs incapables de lire les documents imprim�s. Le contenu en format HTML ou PDF conforme � la norme internationale d'accessibilit� web contient beaucoup plus de fonctionnalit�s d'accessibilit� que les documents �lectroniques produits � l'aide de logiciels tels que MS Word ou OpenOffice Writer.

•����������� Tandis que de nombreux formats �lectroniques peuvent �tre produits "gratuitement", la production de contenus en format accessible HTML ou PDF n�cessite habituellement plus de temps et de comp�tences que celle d'autres formats de texte �lectronique.

•����������� Il faut se demander comment le contenu sera diffus� et si les �l�ves seront en mesure d'y avoir acc�s.

•����������� Quel que soit le format, il faut se demander quelles sont les possibilit�s de centraliser la production, et donc de r�duire les co�ts.

Ind�pendamment du format utilis�, il est imp�ratif d'�valuer les besoins des �l�ves en consultant les �l�ves eux-m�mes et leurs familles ou repr�sentants. On trouvera dans la section 9 des informations concernant l'�laboration, la production et la diffusion de contenus �lectroniques accessibles dans des contextes �ducatifs.

85http://www.afb.org/ProdBrowseCatResults.asp?CatID=45

86http://blindaccessjournal.com/?p=924

87http://open.salon.com/blog/the_biblio_files/2010/02/02/listening_isnt_reading_--_why_braille_is_still_necessary

88Le nombre d'enfants aveugles apprenant le braille aux Etats-Unis, qui �tait de 50% en 1950, n'est plus aujourd'hui que de 10%.

89http://blindaccessjournal.com/?p=924

3.2.4 Eléments à prendre en compte lors du choix d'une imprimante braille

L'un des principaux �quipements braille utilis� par les �coles et les universit�s est l'imprimante. Un logiciel de traduction convertit un fichier texte �lectronique en code braille - soit de grade 1, soit de grade 2. Le braille de grade 2 contient des formes contract�es des combinaisons de mots et de lettres les plus couramment utilis�es. L'imprimante braille utilise le code braille pour imprimer en relief les points Braille sur le papier, qui est g�n�ralement plus lourd qu'un papier pour imprimante � jet d'encre. Les imprimantes Interpoint peuvent embosser des caract�res braille des deux c�t�s du papier.

Le prix des imprimantes braille varie consid�rablement d'un mod�le � l'autre. La principale diff�rence entre les imprimantes est le volume de braille qu'elles peuvent produire. La production de Braille de bonne qualit� n�cessite une bonne formation et une bonne connaissance du braille, du logiciel de conversion et de l'utilisation de l'imprimante. Il n'est donc pas toujours r�aliste que toutes les �coles utilisant le braille pour leurs �l�ves fassent fonctionner une imprimante braille. Dans le choix d'une imprimante, il faut tenir compte des �l�ments suivants:

•����������� N�cessit� du braille�‑�Il faut d�finir le nombre exact d'�l�ves concern�s et les volumes de braille dont chacun aura vraisemblablement besoin. Ce nombre sera, de pr�f�rence, d�termin� en consultation avec les �l�ves et leurs familles ou repr�sentants.

•����������� Le volume de documents en braille � produire�‑�Il faut fixer le volume de textes qui seront produits en braille pour la classe. N'oublions pas que la production de documents en braille suppose l'existence du document source original en version �lectronique.

•����������� D�calage�‑�Il faut d�terminer � quel moment on a besoin des documents en Braille et s'ils peuvent �tre fournis � temps pour que les �tudiants ne prennent pas de retard par rapport au reste de la classe. Ainsi, dans une �cole au Kenya, il faut entre quatre et six mois pour recevoir les versions braille mises � jour des manuels90.

•����������� Connaissances sp�cialis�es�‑�Il est pr�f�rable que le braille soit produit par un transcripteur form� qui conna�t bien le logiciel de transcription et les diff�rents grades de Braille et qui peut corriger les �preuves du Braille emboss�.

•����������� Production locale ou centralis�e�‑�Il faut envisager de centraliser la production du braille. On peut mettre une imprimante braille sous‑utilis�e � la disposition d'une autre �cole ou institution.

•����������� Localisation�‑�Les imprimantes braille sont de taille diff�rente, mais elles sont toutes bruyantes en raison de l'embossage braille par voie m�canique. Il faut donc bien r�fl�chir au futur emplacement de l'imprimante.

Co�ts�‑�Il peut �tre plus rentable de faire fonctionner une grande imprimante braille dans un lieu central qui dessert plusieurs �coles que de faire fonctionner plusieurs petites imprimantes. Il faut �galement penser au co�t d'autres solutions technologiquement plus �volu�es comme les lecteurs d'�cran.

Se reporter � l'�tude de cas sur le Kenya, pays dans lequel des ordinateurs portables et des technologies d'assistance pour �l�ves aveugles ont �t� fournis par une organisation humanitaire internationale et par un vendeur d'�quipements, � prix r�duit. Le prix de ces ordinateurs portables et de ces �quipements s'est �lev� � 250�USD, contre 400�USD pour une imprimante braille.

90 http://www.yourdolphin.com/productdetail.asp?id=8&act=show&csid=50&z=5

3.3 Personnes sourdes ou malentendantes

L'Organisation mondiale de la sant� (OMS) d�finit la surdit� comme la perte compl�te de la capacit� auditive de l'une ou des deux oreilles. On parle de d�ficience auditive profonde lorsque la perte tonale moyenne est sup�rieure � 81�dB, � des fr�quences de 0,5, 1, 2 et 4�kHz. L'OMS d�finit la d�ficience auditive comme la perte compl�te ou partielle de la capacit� auditive de l'une ou des deux oreilles. On parle de d�ficience auditive mod�r�e lorsque la perte tonale est sup�rieure �26�dB, en moyenne � des fr�quences de 0,5, 1, 2 et 4 kHz91. Selon les estimations, quelque 250�millions de personnes dans le monde ont une d�ficience auditive qui les handicape92.

Les obstacles rencontr�s par les enfants souffrant d'une d�ficience auditive dans des �coles inclusives sont li�s en premier lieu � la communication.

Technologies d'assistance pour l'audition

La technologie d'assistance la plus couramment utilis�e par les personnes sourdes ou malentendantes est l'appareil auditif. Ces appareils amplifient les sons provenant de l'environnement, mais peuvent aussi �tre utilis�s pour amplifier les signaux produits par un syst�me � boucle d'induction93. Ce syst�me capte les sons depuis un microphone et transmet un signal dans la zone couverte par la boucle, directement � destination d'un appareil auditif compatible.

Autres formats

Les probl�mes rencontr�s par les personnes sourdes qui utilisent l'ordinateur pour avoir acc�s � du contenu �lectronique concernent principalement les signaux audio. Le sous‑titrage est la transmission de la parole et d'autres informations audio en langue �crite. Les sous‑titres peuvent �tre cod�s, c'est-�-dire activ�s ou d�sactiv�s par le navigateur ou lecteur m�dia de l'utilisateur. Ils peuvent aussi �tre visibles, c'est‑�‑dire pr�sent�s simultan�ment au contenu visuel. Cette forme de sous‑titrage est plus complexe que le sous-titrage dans une langue autre que l'original. Les sous‑titres peuvent transmettre des m�ta‑informations sur la personne qui parle ou sur le ton employ� et peuvent aussi d�crire d'autres sons audibles sur la piste sonore du contenu.

Les auteurs sur le World Wide Web prennent conscience de la n�cessit� de concevoir des sous‑titres et des formats de fichier en cons�quence. Il existe des offres group�es qui permettent d'ajouter des sous‑titrages superposables � de la vid�o sur ordinateur94. Le site web de partage de vid�o en ligne You tube a mis en place un service de sous‑titrage automatique95.

La transcription ou le sous‑titrage de texte pour les mat�riels didactiques ou de formation permet aux �l�ves alphab�tis�s souffrant d'un handicap auditif d'avoir acc�s � ces mat�riels. Le sous‑titrage de texte facilite aussi la compr�hension de ceux dont la langue maternelle n'est pas celle des documents utilis�s en cours.

De nombreuses personnes sourdes96�utilisent la langue des signes, que certains consid�rent comme leur premi�re langue. La langue des signes peut �galement �tre utilis�e dans les documents audiovisuels, un interpr�te en langue des signes apparaissant alors en bas � droite de l'�cran pour interpr�ter ce qui se dit sur la piste sonore.

La vid�o suivante montre que l'emploi du sous‑titrage et des descriptions audio est essentiel pour les �l�ves sourds ou aveugles utilisateurs de mat�riel didactique.

91World Health Organisation http://www.who.int/pbd/deafness/facts/en/

92http://www.who.int/pbd/deafness/facts/en/

93�Une boucle � induction est un fil m�tallique encerclant une zone donn�e et reli� � une source d'alimentation �lectrique, � un amplificateur et � un microphone. Le microphone capte le signal de la source sonore (qu'il s'agisse d'une t�l�vision, d'un employ� au guichet de la banque ou d'un acteur de th��tre) et envoie le son � l'amplificateur qui, � son tour, l'envoie sous forme de courant � travers la boucle. Un utilisateur d'appareil auditif ayant la position 'T' capte le signal en mettant son appareil auditif sur cette position 'T'.�http://www.deafhear.ie/documents/pdf/04SG1207.pdf.

94WebAim article on “Software for creating captions” http://www.webaim.org/techniques/captions/software.php

95Note: this service is still in beta (test) and has a low rate of accuracy http://www.google.com/support/youtube/bin/answer.py?answer=100077

96Include note on deaf culture and Deaf with a capital “D”

3.4 Handicaps cognitifs

Les auteurs du projet "Disabled World" proposent de classer les handicaps cognitifs en deux grandes cat�gories: handicap fonctionnel ou handicap clinique97. Dans la seconde, on trouve notamment l'autisme et la trisomie�21. Les handicaps cognitifs moins s�v�res incluent ce qu'on appelle les difficult�s d'apprentissage comme la dyslexie (difficult�s de lecture) et la dyscalculie (difficult�s de calcul). Si on se place dans une perspective de handicap fonctionnel, on ne tient pas compte des causes m�dicales et comportementales des handicaps cognitifs et on s'int�resse plut�t aux capacit�s de la personne handicap�e et aux probl�mes qu'elle rencontre. Les handicaps cognitifs fonctionnels sont � l'origine de difficult�s ou de troubles dans les domaines suivants:

•����������� r�solution de probl�mes;

•����������� attention;

•����������� m�moire;

•����������� compr�hension math�matique;

•����������� compr�hension visuelle;

•����������� lecture;

•����������� capacit�s linguistiques (expression verbale);

•����������� compr�hension verbale.

Il est pr�f�rable d'envisager l'utilisation des TIC accessibles pour rem�dier aux handicaps cognitifs sous l'angle du handicap fonctionnel. Les TIC peuvent contribuer pour beaucoup � faciliter l'acc�s � l'�ducation de diverses cat�gories de personnes souffrant d'un handicap cognitif. La liste ci‑apr�s �num�re les avantages des TIC pour ces personnes98.

•����������� Aide � l'�criture: les outils de traitement de texte courants contiennent des logiciels int�gr�s de v�rification de la grammaire et de l'orthographe et de saisie intuitive99. Des programmes sp�cialis�s d'aide � l'�criture, comme Clicker�5, facilitent la reconnaissance des mots et l'�criture gr�ce � l'utilisation de symboles ou d'images et de grilles avec fonction de lecture orale100.

•����������� Multim�dia: l'utilisation de moyens multim�dias tels que les graphismes, le son et la vid�o peut stimuler et encourager l'interaction et, dans une certaine mesure, l'apprentissage pour les personnes souffrant de handicaps cognitifs profonds ainsi que pour les enfants ne sachant pas encore lire ou �crire. La plupart des logiciels n�cessaires sont disponibles gratuitement en ligne.

•����������� Stimulation sensorielle: l'utilisation de commutateurs, associ�s � des logiciels de jeux sp�cialis�s, permet � des personnes ayant des difficult�s d'apprentissage profondes et multiples de jouer � des jeux de logique de base et m�me d'acqu�rir des comp�tences de base en informatique.

Outre ces activit�s sur ordinateur, l'utilisation de strat�gies et de dispositifs additionnels et alternatifs de communication, en particulier � base de symboles, peut aider les personnes souffrant de difficult�s d'apprentissage profondes et multiples � communiquer.

97Webaim Project [WWW document] http://www.webaim.org/techniques (retrieved 1 March 2008)
98http://www.bltt.org/index.htm�Charlie Danger, sp�cialiste ind�pendant de la prospective technologique, est �tudiant en ergoth�rapie � l'Universit� de Brighton.
99MS Word or OpenOffice
100http://www.cricksoft.com/uk/products/clicker/

3.5 Equiper les écoles inclusives de TIC accessibles

Les Nations Unies, l'UNESCO et le SMSI, dans son Plan d'action, ont pris clairement position: les enfants handicap�s doivent pouvoir recevoir une �ducation inclusive gr�ce � l'utilisation de TIC accessibles. Les politiques nationales devraient �viter la mise en place d'un syst�me �ducatif � deux vitesses compos� d'�coles dites "normales" et d'�coles sp�ciales pour les enfants handicap�s. On a vu dans la Section 2 que les mod�les de financement appliqu�s aux �coles sp�ciales pouvaient entra�ner un doublement du co�t de l'�ducation des �l�ves par rapport � ceux des �coles inclusives. De mani�re analogue, on a constat� qu'on pouvait r�duire sensiblement le co�t global de l'accessibilit� en incluant cette notion d�s le stade de la conception des b�timents scolaires, de la cr�ation des logiciels et de l'achat d'�quipements.

Le budget n�cessaire pour doter les �coles inclusives de TIC accessibles devrait �tre fix� par les minist�res de l'�ducation et les autorit�s �ducatives locales, en �troite concertation avec les �l�ves, leurs familles et repr�sentants ainsi qu'avec les associations de personnes handicap�es. Des �tudes approfondies devraient �tre men�es pour d�terminer quels moyens TIC y sont indispensables. Les �coles qui tiennent compte des besoins de leurs �l�ves handicap�s ont �videmment davantage besoin d'avoir acc�s � l'Internet. Des �conomies li�es � l'achat en gros devraient �tre r�alis�es gr�ce � la centralisation des achats, ainsi qu'� l'utilisation, autant que possible, de politiques de march�s publics adapt�es. Toutefois, chaque �cole devrait �tre �quip�e en fonction des besoins de ses �l�ves. Il faut �viter de fournir une panoplie de technologies d'assistance; il est pr�f�rable que chaque �cole d�finisse ses propres besoins.

Les pays disposant de ressources limit�es doivent bien r�fl�chir � l'avance afin d'aider � d�finir les principaux types d'appui et de technologies d'assistance dont ils ont besoin en priorit�, l'essentiel �tant de "faire en sorte que les produits et les services soient disponibles, accessibles et abordables"101. Il faudrait envisager d'exon�rer de taxes � l'importation et d'autres taxes les moyens TIC qui permettent de donner aux personnes handicap�es acc�s � une �ducation �quitable, ou tout au moins de diminuer le montant de ces taxes. Il faut mettre en place un v�ritable �cosyst�me des technologies d'assistance pour assurer la disponibilit� des infrastructures, du personnel et des produits. Des services d'�valuation et d'appui, par exemple l'installation, la formation et le suivi (pour assurer la s�ret� et l'efficacit� de l'utilisation), sont un �l�ment important de cet �cosyst�me. La section suivante traite de l'�laboration et de la mise en oeuvre d'�quipements TIC accessibles dans un syst�me scolaire inclusif, ainsi que du r�le des parties prenantes impliqu�es dans l'�laboration d'un �cosyst�me de technologies d'assistance durable.

101Borg, J., Assistive technology in developing countries: national and international responsibilities to implement the Convention on the rights of Persons with Disabilities. Available at http://www.thelancetglobalhealthnetwork.com/wp-content/uploads/Disability-REV-3.pdf

4 Créer et faire fonctionner des écoles accessibles et connectées aux TIC

"Pour que les enfants handicap�s puissent apprendre dans un environnement inclusif, il faut des changement dans les attitudes, soutenus par des investissements dans la formation des enseignants et les moyens d'apprentissage". Rapport mondial de suivi sur l'�ducation pour tous, �dition�2010102

La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es contient des dispositions tr�s pr�cises sur le droit des personnes handicap�es � b�n�ficier de l'�galit� d'acc�s � l'�ducation, � la formation professionnelle et � l'emploi. Elle met tout particuli�rement l'accent sur la fourniture de TIC accessibles, sans lesquelles ces droits ne peuvent �tre exerc�s. Toute politique visant � mettre en place des TIC accessibles dans des �coles connect�es devrait �tre �labor�e dans le cadre de cette Convention et devrait �tre fond�e sur les principes, grandes orientations et cibles du Sommet mondial sur la soci�t� de l'information (SMSI), compte d�ment tenu des circonstances nationales et r�gionales.

On a vu dans les Sections 1 et 2 que l'�ducation inclusive�‑�c'est‑�‑dire la scolarisation des enfants dans les classes ordinaires�‑�est un moyen �conomiquement rationnel d'atteindre de grands nombres d'enfants handicap�s dans les pays en d�veloppement. L'�ducation inclusive repose, entre autres, sur la notion que les r�formes et am�liorations devraient �tre ax�es, non seulement sur les enfants handicap�s, mais aussi sur "l'am�lioration de l'ensemble des �coles afin de lever les obstacles � l'apprentissage pour tous"103. La pr�sente section met en avant de bonnes pratiques dans

l'�laboration de politiques pour la mise en oeuvre de TIC accessibles dans les �coles connect�es. Elle d�crit les principes et �l�ments qui peuvent �tre int�gr�s dans les r�formes de la politique �ducative dans les pays en d�veloppement.

L'�ducation inclusive ne peut �tre mise en place et dispens�e simultan�ment104. Afin d'�laborer une strat�gie rationnelle et concr�te, bien inscrite dans le contexte des technologies d'�ducation et d'assistance propre � un pays, les d�cideurs doivent r�fl�chir aux moyens de passer du mod�le actuel au mod�le inclusif. Pour ce faire, ils doivent envisager d'�laborer, au niveau national, des d�clarations de principe et d'intention et de d�finir des moyens, objectifs et calendriers relatifs � la fourniture de TIC accessibles dans les �coles inclusives. Pour �tablir des politiques pragmatiques concernant la fourniture et l'utilisation de moyens TIC, il sera n�cessaire de rep�rer les lacunes existantes et d'�tudier attentivement la situation actuelle.

102http://www.unesco.org/en/efareport page 12

103Global eSchools and Community Initiative (GeSCI). 2007. Concept note: Developing a model for inclusive education and assistive technology appropriate for teaching and learning contexts in developing countries. Available at http://www.gesci.org/old/files/docman/model_ie_at.pdf

104Lynch, P. (2007) External Trends on Education. (Sightsavers international (internal document). Cited in GeSCI page 6.

4.1 Réforme des politiques nationales

Les "cyberstrat�gies" nationales d�finies dans le cadre des principes et buts du SMSI (Section�8) comprennent des questions de politique g�n�rale comme la connectivit� (par exemple, le d�ploiement du large bande), le renforcement des capacit�s (par exemple, la formation � l'utilisation des TIC dans tous les secteurs de la soci�t�, y compris pour les enseignants et les personnes handicap�es) et l'�ducation (acc�s aux TIC dans les �coles). Les politiques et programmes � l'appui de TIC accessibles dans les �coles connect�es recouperont ainsi plusieurs domaines:

•����������� �ducation;

•����������� t�l�communications;

•����������� cybergouvernement;

•����������� finances et march�s publics;

•����������� taxes � l'importation, droits de douane et taxation;

•����������� services sociaux et emploi;

•����������� �galit�.

Selon l'Institut de l'UNESCO pour les technologies de l'information dans l'�ducation (IITE), l'�laboration de strat�gies facilitant l'utilisation des TIC accessibles dans les �coles est "une proposition complexe, partant du principe que la technologie n'est pas seulement un outil", mais qui exige aussi "de privil�gier la conception d'environnements d'apprentissage plut�t que la fourniture de technologies"105. L'�laboration des politiques a donc cess� de donner la primaut� exclusivement � la fourniture des mat�riels et des logiciels pour se recentrer sur l'utilisation efficace des TIC dans diff�rents contextes �ducatifs. De l'avis de l'UNESCO, l'int�gration des TIC accessibles dans un environnement �ducatif inclusif se fait en quatre �tapes : conception et d�veloppement des TIC accessibles, mise en oeuvre et am�lioration de ces technologies, et enfin �valuation de leurs avantages (Figure�4.1).



Source: UNESCO, IITE

Figure 4.1 – Etapes de l'�laboration des politiques

L�gende:

Conception
D�veloppement
Am�lioration
Evaluation

L'IITE dresse une liste utile des activit�s que les d�cideurs doivent entreprendre au titre de chacune de ces �tapes et pr�sente une s�rie de ressources et d'informations pour chacune106. Consulter ici la liste r�capitulative pour les d�cideurs.

105UNESCO IITE ICTs in Education for People with Special Needs. http://www.iite.ru/pics/publications/files/3214644.pdf page 95

106UNESCO IITE page 96-97

4.1.1 Six éléments clés pour la création et la mise en oeuvre de TIC accessibles dans des écoles connectées

En association avec les quatre �tapes de l'�laboration des politiques, les d�cideurs devraient envisager plusieurs �l�ments cl�s. Sur la base d'une �tude r�alis�e par l'Agence europ�enne pour le d�veloppement de l'�ducation des personnes pr�sentant des besoins particuliers107, les six �l�ments suivants ont �t� d�finis comme particuli�rement importants pour l'�laboration, dans les pays, de politiques en mati�re d'accessibilit� des TIC:

•����������� Infrastructures – Cet �l�ment comprend les statistiques sur les �coles connect�es ayant acc�s � l'Internet, le nombre d'ordinateurs existant dans les �coles, l'existence de technologies d'assistance et l'utilisation par les enseignants de l'informatique et d'autres technologies en tant qu'outil p�dagogique.

•����������� Possibilit�s d'appui – Cet �l�ment, �troitement corr�l� avec le pr�c�dent, concerne l'�tendue de l'appui dont peuvent b�n�ficier les enseignants et les �l�ves de la part des organismes nationaux charg�s des TIC dans l'�ducation. Cet appui peut s'�tendre aux services d'aide directement utilis�s par les �l�ves et les enseignants, au soutien � l'int�rieur de l'�cole et � l'acc�s � des centres de ressources sp�cialis�es.

•����������� Evaluation des besoins – M�me si des syst�mes d'�valuation des besoins existent d�j� pour les enfants consid�r�s comme ayant un handicap, ces syst�mes devraient int�grer une �valuation claire des besoins en mati�re de technologies d'assistance et de moyens d'appui n�cessaires pour permettre � un enfant d'�tre �duqu� dans un contexte scolaire inclusif.

•����������� Formation professionnelle – L'un des �l�ments cl�s de l'appui est la formation sp�cifiquement con�ue pour enseigner aux enfants handicap�s. L'un des principaux facteurs � prendre en compte est l'utilisation de TIC accessibles, ce qui recouvre la formation des enseignants d�s le d�but de leur carri�re aussi bien qu'en cours d'emploi. L'existence de possibilit�s d'appui et de formation est souvent cit�e par les enseignants comme aussi importante que celle de mat�riels et de logiciels adapt�s.

•����������� Coop�ration/recherche – L'un des principaux �l�ments du renforcement des capacit�s dans le syst�me �ducatif d'un pays est la mise en place d'un �cosyst�me durable de technologies d'assistance, incluant la poursuite des recherches sur les besoins et exp�riences des �l�ves et des enseignants, la mise en commun de donn�es d'exp�rience et de comp�tences sp�cialis�es et les recherches sur le d�veloppement de solutions nouvelles et am�lior�es en mati�re de technologies d'assistance et de mod�les de fourniture de services.

•����������� Evaluation – Il convient de suivre la mise en oeuvre des diff�rentes r�formes pour d�terminer si elles permettront la prise de nouvelles mesures.

107http://www.european-agency.org/publications/ereports/key-principles-in-special-needs-education/key-principles-in-special-needs-education

4.1.2 Recherches à l'appui de l'élaboration d'une politique pragmatique

Les d�cideurs devront entreprendre des recherches pour appuyer l'�laboration d'une politique efficace108. On sait tr�s peu de choses sur l'existence des technologies d'assistance dans les pays en d�veloppement aujourd'hui, sinon qu'elles y sont tr�s peu r�pandues - seulement 3% du nombre d'appareils auditifs n�cessaires pour une ann�e donn�e sont effectivement mis � disposition au cours de l'ann�e109. Ces efforts devraient permettre d'am�liorer sensiblement la qualit� et l'efficacit� des mesures prises.

Il faudra �galement entreprendre des recherches sur l'attitude des enseignants, des �l�ves, de leurs familles et de ceux qui s'occupent d'eux en ce qui concerne l'utilisation et les avantages des TIC accessibles. Il faudra d�terminer les pr�f�rences et comp�tences p�dagogiques des enseignants ainsi que l'aptitude de ces derniers et des syst�mes scolaires � cr�er des ressources d'apprentissage accessibles et � d�finir les mat�riels d'appui n�cessaires.

Il faudra �galement d�terminer s'il existe d�j� des services adapt�s: services communautaires de r�adaptation, programmes de formation pour les enseignants et possibilit�s de produire des solutions faisant appel � des technologies de base comme les livres scolaires en braille110.

Afin de mettre en place une politique pragmatique, des recherches seront n�cessaires dans les domaines suivants:

•����������� Statistiques d�mographiques nationales relatives aux personnes handicap�es: nombre de personnes susceptibles de b�n�ficier de TIC accessibles dans les �coles/centres communautaires TIC.

•����������� Etat actuel des infrastructures TIC dans les �coles, y compris le nombre d'ordinateurs d�j� en place et le nombre d'�coles connect�es � l'Internet.

•����������� Niveau actuel d'utilisation des TIC dans les �coles (autrement dit, modalit�s et finalit�s de l'utilisation de l'informatique).

•����������� Types et nombre de TIC accessibles requis.

•����������� Existence dans le pays de TIC accessibles requis.

•����������� Co�ts et strat�gies possibles pour l'�laboration de solutions de rechange, y compris les logiciels � code source ouvert.

•����������� Capacit�s des enseignants � int�grer les TIC accessibles dans leurs pratiques p�dagogiques.

•����������� Etat d'esprit des �l�ves, des parents et des enseignants vis-�-vis des TIC accessibles et �tat de leurs connaissances en la mati�re.

•����������� Existence de r�seaux d'appui.

108 Borg, J. et al. Assistive Technology in developing countries: national and international responsibilities to implement the Convention on the Rights of Persons with Disabilities. Available at www.thelancetglobalhealthnetwork.com/wp-content/uploads/Disability-REV-3.pdf

109WHO. 2004. Guidelines for hearing aids and services for developing countries. Available at http://whqlibdoc.who.int/publications/2004/9241592435_eng.pdf

110Casely-Hayford, L.; Lynch, P.�A review of good practice in ICT and special educational needs for Africa.�Disponible sur:�http://www.eldis.org/assets/Docs/14727.html. Ce rapport cite le Centre de ressources mat�rielles pour les personnes handicap�es au Ghana comme exemple de centre qui produit du mat�riel d'apprentissage pour les enfants handicap�s.

4.1.3 Parties prenantes et consultations

Plusieurs organisations et parties prenantes seront charg�es de la mise en oeuvre de cette politique. Vraisemblablement, la responsabilit� globale incombera � des organismes publics de niveau minist�riel ou r�gional, en fonction de la taille et de l'autonomie des r�gions. Les parties prenantes concern�es seront les suivantes:

•����������� Organismes �ducatifs nationaux et r�gionaux � diff�rents niveaux allant du minist�re de l'�ducation aux autorit�s r�gionales.

•����������� Conseils d'�cole, directeurs d'�cole, enseignants, sp�cialistes des TIC accessibles et personnel d'appui.

•����������� Fournisseurs de services, publics et priv�s, qu'il s'agisse de fournisseurs de services Internet ou de sp�cialistes et de vendeurs de technologies d'assistance ou encore de fournisseurs de moyens TIC courants (� l'�chelle locale, nationale ou multinationale).

•����������� Fournisseurs de services publics ou priv�s � but non lucratif.

•����������� Personnes handicap�es, leurs familles, leurs soignants et leur repr�sentants.

•����������� Associations de d�fense des personnes handicap�es.

•����������� Minist�res nationaux et r�gionaux et organismes de r�glementation responsables des politiques, strat�gies et r�glementations en mati�re de TIC et de t�l�communications.

•����������� Organismes internationaux, nationaux et r�gionaux de r�glementation des t�l�communications.

•����������� Milieux scientifiques, chercheurs et universitaires.

•����������� Organisations humanitaires internationales.

L'un des principaux objectifs de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es est de mettre ces personnes au centre de l'�laboration des politiques. Le Kit pratique des politiques en mati�re de cyberaccessibilit� �labor� par l'UIT/le G3ict donne des conseils pratiques sur l'organisation de r�unions et de conf�rences accessibles. Il y est �galement propos� que "des repr�sentants des personnes handicap�es facilitent la r�alisation des enqu�tes n�cessaires pour obtenir des donn�es sur les besoins en mati�re de TIC accessibles et de technologies d'assistance". Il est imp�ratif de s'informer syst�matiquement des besoins des enfants handicap�s ainsi que de ceux de leurs enseignants, parents et soignants et d'en tenir compte � toutes les �tapes de l'�laboration des politiques relatives � l'utilisation des TIC accessibles dans les �coles connect�es.

4.1.4 Considérations intéressant particulièrement les personnes handicapées

Alors que les m�thodes d'�laboration de politiques varient d'un pays � l'autre et en fonction de l'�chelle (nationale, r�gionale ou locale) � laquelle elles sont mises en oeuvre, l'�laboration de politiques pour les personnes handicap�es n�cessite de prendre en compte certaines sp�cificit�s. Les �l�ments suivants, pr�sent�s par le Centre for internet and Society111�(Inde) aideront les d�cideurs � concevoir des politiques plus efficaces pour aider les personnes handicap�es:

•����������� Faire participer les personnes handicap�es et leurs soignants ou repr�sentants est une composante essentielle du processus global.

•����������� Les entretiens face � face sont importants, en particulier dans les zones o� il n'y a pas d'acc�s � l'Internet ou � l'ordinateur dans les �coles.

•����������� Il est important de renforcer les capacit�s et de faire prendre conscience des avantages des TIC accessibles aussi bien aux enseignants qu'aux �l�ves, � leurs parents et aux soignants. De nombreuses personnes handicap�es et leurs familles ignorent leurs droits ou l'int�r�t qu'elles pourraient avoir � utiliser des TIC accessibles pour leur �ducation, leur formation professionnelle et leur recherche d'emploi.

•����������� L'absence de justification �conomique n'�limine pas la n�cessit� ou le droit de chercher � �laborer une politique sur l'utilisation des TIC accessibles afin de favoriser l'�ducation inclusive. M�me s'il n'existe pas � l'heure actuelle de chiffres concernant le retour sur investissement de la fourniture de TIC accessibles dans les pays en d�veloppement, les recherches montrent que, globalement, l'�ducation inclusive b�n�ficie aux pays.

•����������� Il faudrait envisager l'application de plusieurs m�thodes pour favoriser les mesures d'incitation et rendre obligatoire l'adoption d'une nouvelle strat�gie. Ainsi, les entreprises concevant des technologies d'assistance pourraient se voir accorder des r�ductions d'imp�t, tandis que les syst�mes �ducatifs pourraient �tre oblig�s d'atteindre des objectifs pr�alablement d�finis.

•����������� Les d�cideurs ne devraient pas h�siter � collaborer avec les associations de personnes handicap�es pour �laborer, promouvoir et mettre en oeuvre ces politiques et en assurer le suivi.

111Policy Formulation for Internet and Electronic Accessibility for Persons with Disabilities, Ms. Nirmita Narasimhan, Programme Manager, Centre for Internet and Society http://www.itu.int/ITU-D/asp/CMS/Events/2009/PwDs/programme.asp#Nirmita

4.1.5 Evaluation et suivi

Le cadre politique devrait permettre de suivre et d'�valuer les r�sultats et la rationalit� �conomique de la fourniture de TIC accessibles. Ce suivi devrait porter sur les �l�ments suivants:

•����������� R�sultats pour l'utilisateur individuel: dans quelle mesure l'acc�s � l'�ducation a‑t‑il �t� effectivement am�lior�? types de technologies d'assistance les plus courants et les plus utilis�s.

•����������� Exp�rience acquise par les enseignants dans l'int�gration de l'utilisation des technologies d'assistance dans le programme scolaire.

•����������� Nombre de cas d'abandon des technologies d'assistance et motifs de cet abandon.

L'analyse globale co�ts-b�n�fices de la fourniture de TIC accessibles en vue d'une �ducation inclusive dans un pays devrait �galement tenir compte des �l�ments suivants:

•����������� Avantages et possibilit�s offerts par les TIC accessibles pour permettre aux personnes handicap�es de recevoir une �ducation et d'occuper diff�rents emplois et professions.

•����������� Objectifs de justice sociale et d'int�gration sociale au sens large, autonomisation des personnes handicap�es gr�ce � l'�ducation et � la formation professionnelle.

•����������� R�duction de la pauvret�.

•����������� Avantages pour l'�conomie.

•����������� Ratification de conventions (Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es et Convention de l'UNICEF).

•����������� Conformit� aux objectifs internationaux en mati�re de politiques g�n�rales (OMD et objectifs du SMSI).

•����������� Toute autre initiative r�gionale pertinente dans le domaine des TIC.

Cliquer ici pour en savoir plus sur le co�t, au sens large, de l'exclusion.

4.2 Appui aux enseignants et aux élèves

Si l'on veut exploiter tout le potentiel des TIC pour l'apprentissage, il faut d'abord convaincre les enseignants de l'int�r�t que pr�sente l'utilisation de ces technologies.112

Il est essentiel de mettre au point des programmes de formation des enseignants aux TIC accessibles, d�s le d�but de leur carri�re comme en cours d'emploi, si l'on veut qu'ils acqui�rent les capacit�s p�dagogiques n�cessaires pour faire de ces TIC accessibles une option viable favorisant l'int�gration des enfants handicap�s dans des �coles inclusives. L'existence de structures d'appui � cet effet est consid�r�e comme aussi importante pour de nombreux enseignants que la fourniture de mat�riels et de logiciels adapt�s113.

L'Institut de l'UNESCO pour les technologies de l'information dans l'�ducation (IITE) dispose de ressources tr�s compl�tes sur la formation des enseignants � l'utilisation de TIC accessibles pour l'�ducation des personnes ayant des besoins particuliers. Cette formation comprend les quatre modules suivants: 1)�aper�u de la place des TIC accessibles dans l'�ducation des personnes ayant des besoins particuliers; 2)�Technologies d'assistance pour les �l�ves handicap�s; 3)�Utilisation des�TIC dans l'enseignement � distance pour les �l�ves ayant des besoins particuliers; et 4)�R�le des politiques dans la mise en oeuvre des TIC dans l'�ducation des personnes ayant des besoins particuliers.

Figure 4.2 – Brochure de l'IITE "ICTs in Education for People with Special Needs"114

M�me s'il n'est pas n�cessaire que les enseignants aient une connaissance approfondie des technologies et appareils d'assistance, il est important qu'on les aide � �laborer des mat�riels et des ressources p�dagogiques accessibles � tous les �l�ves.

Une autre ressource fondamentale est le rapport "A review of good practice in ICT and Special Educational Needs for Africa" (Aper�u des bonnes pratiques dans le domaine des TIC et de l'�ducation des personnes ayant des besoins particuliers en Afrique). Command� par le Minist�re de l'�ducation du Ghana en 2003, ce rapport contient des propositions pour l'�laboration des programmes scolaires, la formation des enseignants, ainsi que des conseils pratiques, par exemple concernant la cr�ation de salles r�serv�es � l'utilisation des TIC.

Ressources � disposition des enseignants

La section ressources techniques d�crit toute une s�rie de ressources destin�es � familiariser les enseignants � l'utilisation des technologies d'assistance et aux formats accessibles dans les programmes scolaires. Ces ressources pourraient �tre int�gr�es dans la formation pr�alable des enseignants, ainsi que dans leur formation en cours d'emploi. Les d�cideurs devraient aussi envisager de soutenir et financer l'�laboration de cours � distance de formation � l'utilisation des TIC accessibles dans les classes inclusives pour la formation des enseignants en cours d'emploi. L'une des premi�res t�ches des enseignants est de s'informer sur les fonctions d'accessibilit� existant dans les technologies qu'ils connaissent et utilisent d�j�.

Le guide de Microsoft "Accessibility: A Guide for Educators" donne des informations sur l'accessibilit� et les technologies accessibles afin d'aider les �ducateurs du monde entier � assurer � tous les �l�ves un acc�s aux technologies, sur la base de l'�galit� et � des fins d'apprentissage. Ce guide donne les informations suivantes:

•����������� conseils d�taill�s sur l'utilisation des fonctions d'accessibilit� dans les produits Microsoft;

•����������� informations sur l'accessibilit� et ses incidences sur vie de la classe;

•����������� d�finitions des types de handicap et solutions technologiques adapt�es � chacun d'eux;

•����������� conseils sur le choix des solutions technologiques accessibles;

•����������� ressources donnant acc�s � davantage d'informations.

Les liens vers les ressources concernant l'utilisation des fonctions d'accessibilit� d'autres grands syst�mes d'exploitation tels que Apple OS X et Linux sont disponibles sur le site web du Kit pratique des politiques en mati�re de cyberaccessibilit�.

112European Agency

113European Agency

114UNESCO IITE ICTs in Education for People with Special Needs. http://www.iite.ru/pics/publications/files/3214644.pdf

4.2.1 Intégration et utilisation de TIC accessibles dans les programmes scolaires

L'UNESCO d�finit le programme de la mani�re suivante: "un programme est compos� de ce qui est appris et enseign� (le contexte), de la mani�re dont cet enseignement est transmis (les m�thodes d'apprentissage) et des ressources mises en oeuvre (par exemple les livres utilis�s pour apporter et faciliter l'apprentissage)". L'�laboration des programmes et les pratiques d'enseignement sont examin�es de pr�s dans l'�volution vers l'�ducation inclusive. En r�gle g�n�rale, les programmes dans les �coles inclusives doivent �tre "souples et adaptables, con�us pour diminuer les obstacles environnementaux que pourraient rencontrer des �tudiants dans le cadre d'une �ducation traditionnelle"116.

Les TIC accessibles peuvent contribuer � transformer les ressources statiques que sont les programmes en m�dias num�riques adaptables auxquels les �tudiants ayant diff�rentes aptitudes peuvent avoir acc�s d�s lors qu'ils disposent de la technologie d'assistance appropri�e. Par exemple, les notes prises en classe en version �lectronique peuvent �tre converties en divers formats (audio, Braille, HTML accessible, livre audio DAISY, etc.). Les m�thodes d'�valuation doivent �tre flexibles et adapt�es aux besoins des �tudiants.

La mise en service de nouvelles TIC ou technologies d'assistance doit �tre compl�t�e par un appui technique suffisant pour que l'�l�ve ne soit pas tent� d'abandonner. Le plus souvent, cet appui provient de centres de connaissances sp�cialis�es �tablis dans le cadre de r�seaux d'�coles locales ou r�gionales.

Il est important de distinguer entre: a)�l'appui et la formation sp�cialis�s dont ont besoin les �l�ves et les enseignants pour l'utilisation de technologies d'assistance sp�cifiques en classe; et b)�l'utilisation de TIC accessibles, le plus souvent pour am�liorer l'acc�s aux programmes. Ainsi, dans l'�tude de cas men�e au Kenya, des �tudiants aveugles ont �t� sp�cifiquement form�s � l'utilisation des techniques de lecture d'�cran avant de pouvoir s'en service pour avoir acc�s aux mat�riels p�dagogiques en classe ordinaire117. Ce n'est qu'ensuite qu'il a �t� demand� aux enseignants de fournir des mat�riels p�dagogiques en format �lectronique compatible avec le lecteur d'�cran. On voit donc que conform�ment au principe de conception universelle, les politiques nationales en mati�re d'�laboration de programmes devraient imposer l'existence sur diff�rents supports des ressources didactiques telles que les manuels.

En r�gle g�n�rale, une �cole connect�e qui utilise des TIC accessibles pour permettre aux �l�ves handicap�s de recevoir une formation dans un environnement inclusif doit utiliser les TIC dans tous les domaines de l'�laboration des programmes. Il ne nous appartient pas, dans le cadre du pr�sent kit pratique, de formuler des recommandations pr�cises sur l'�laboration des programmes. Toutefois, l'UNESCO d�finit quatre grands domaines au travers desquels les comp�tences et les connaissances dans le domaine des TIC peuvent �tre am�lior�es. Ces domaines sont les suivants:

i)���������� Alphab�tisation dans le secteur des TIC – Les comp�tences dans le domaine sont enseign�es et apprises en tant que discipline distincte.

ii)��������� Application des TIC dans les disciplines – Les comp�tences en mati�re de TIC sont d�velopp�es dans le cadre de disciplines distinctes.

iii)�������� Int�gration des TIC dans l'enseignement – Les TIC sont int�gr�es dans toutes les disciplines du programme.

iv)�������� Sp�cialisation en TIC – Les TIC sont enseign�es et apprises en tant que discipline appliqu�e en vue d'une formation professionnelle118.

116UNESCO IITE page 110

117http://www.yourdolphin.com/productdetail.asp?id=8&act=show&csid=50&z=5

118UNESCO (2002). Technologies de l'information et de la communication en �ducation: un programme d'enseignement et un cadre pour la formation continue des enseignants, Paris, site web:�http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001295/129538e.pdf, cit� dans le rapport�UNESCO IITE, page 111.

4.2.2 Technologies d'assistance et évaluation des besoins

Comme on l'a vu plus haut, l'achat de technologies d'assistance devrait �tre pr�c�d� de recherches approfondies sur les besoins des diff�rentes �coles et des diff�rents �l�ves. Un mod�le efficace d'�valuation des besoins permettra d'identifier la technologie adapt�e aux besoins de l'utilisateur (voir la section sur les ressources techniques concernant l'�valuation des besoins et les technologies d'assistance). Le document Assistive Technology Decision Tree, �tabli par UnumProvident, d�crit comment choisir au mieux une technologie d'assistance en fonction des handicaps fonctionnels de la personne119.

Les besoins doivent �tre �valu�s par du personnel qualifi� ayant des comp�tences techniques en mati�re de technologies d'assistance, par exemple par un sp�cialiste visitant l'�cole, en concertation avec l'enseignant, la famille de l'enfant ou ceux qui s'occupent de lui; cette �valuation peut �galement �tre effectu�e dans le cadre d'un centre communautaire de r�adaptation. Une fois les besoins �valu�s, ils doivent �tre communiqu�s officiellement aux autorit�s �ducatives. Quelles que soient les strat�gies de financement et la technologie d'assistance fournie par le syst�me scolaire, il est imp�ratif de reconna�tre clairement les besoins de l'enfant et d'y r�pondre.

Les enseignants, les parents et les enfants handicap�s ont besoin d'informations exactes sur les diff�rents types et diff�rentes gammes de technologies d'assistance disponibles. Les d�cideurs devraient envisager de constituer des bases de donn�es nationales sur ce sujet, ainsi que des listes de fournisseurs, ce qui permettrait en outre de rep�rer les lacunes dans des pays concernant l'existence de certaines de ces technologies.

119http://www.microsoft.com/enable/download/default.aspx#righttech

4.3 Stratégies de financement

La mise � disposition de TIC accessibles et de services d'appui, tels que la formation des enseignants et l'�valuation des besoins des �l�ves n�cessitera d'importants investissements, ce qui peut poser un probl�me aux pouvoirs publics de pays en d�veloppement. Les financements portent sur la fourniture de technologies d'assistance, les services d'appui sp�cialis�s pour les �l�ves et la formation des enseignants.

4.3.1 Financement durable

L'une des principales conclusions des recherches sur les technologies d'assistance dans les pays en d�veloppement est la n�cessit� de mettre en place un mod�le de financement durable. Bien s�r, on a besoin d'un capital de d�part pour fournir les �quipements et logiciels, mais il est aussi indispensable de tenir compte des activit�s permanentes d'appui et de maintenance des �quipements. Les bonnes pratiques �num�r�es ci-apr�s sont fond�es sur les �tudes de cas du pr�sent module; elles mettent l'accent sur diverses strat�gies et divers partenaires de financement. Ces partenaires peuvent �tre des pouvoirs publics (sur le plan national et r�gional), des autorit�s �ducatives, des entreprises priv�es (sur le plan local et international), ainsi que des organisations humanitaires internationales.

Technologies d'assistance subventionn�es fournies par des vendeurs et des organisations humanitaires

Plusieurs projets visent � fournir des ordinateurs et d'autres technologies d'assistance aux �coles et t�l�centres des pays en d�veloppement, soit gratuitement, soit � un prix extr�mement r�duit. Des organisations humanitaires et des multinationales fournissent des ordinateurs et des portables fortement subventionn�s, voire gratuits, �quip�s de technologies d'assistance. Ainsi, dans le cadre d'un projet soutenu par Sight Savers International, 45 ordinateurs remis en �tat et fournis par ComputerAid (organisme humanitaire bas� au Royaume‑Uni et qui recycle les vieux PC) et des cl�s USB contenant des lecteurs et des agrandisseurs d'�cran fournis par Dolphin (fabricant de technologies d'assistance au Royaume‑Uni) ont �t� fournis � des �tudiants aveugles de l'Universit� Kenyatta � Nairobi. Le prix de ces �quipements, qui s'�levait � 250 USD pour chaque ordinateur et cl� USB "soutient tout � fait la comparaison avec celui des machines et des livres Braille"120. Cliquez sur l'�tude de cas sur le Kenya pour en savoir plus.

Par comparaison avec cette m�thode, le projet POETA, mis en oeuvre en Am�rique latine et dans les Cara�bes, mise sur la coop�ration � long terme avec les organisations non gouvernementales locales pour la cr�ation de centres de formation � l'informatique incluant des technologies d'assistance et assurant une formation professionnelle aux personnes handicap�es (voir l'�tude de cas pour le projet POETA). Cette approche � long terme vise � mettre en place des centres de formation � l'informatique accessibles, l'objectif ultime �tant de les rendre autosuffisants. Il appara�t, aux termes d'une �tude sur les centres POETA, que les participants se d�claraient pr�ts, tout au moins en paroles, � s'acquitter d'un droit symbolique pour assister aux cours121.

Cette �tude montre �galement que puisque le co�t des technologies d'assistance fait obstacle � l'acc�s des personnes handicap�es dans les pays en d�veloppement, il est fondamental que les strat�gies de financement aillent au-del� du simple "parachutage de technologies" pour chercher � soutenir des projets qui faciliteront l'autonomisation des personnes handicap�es en leur donnant acc�s, � long terme, � ces technologies122. On voit donc qu'il s'agit l� d'un enjeu important sous l'angle de la "responsabilit� sociale d'entreprise", qui consiste souvent � fournir en une seule fois des fonds et/ou une technologie123.

Quelle que soit la strat�gie utilis�e pour financer la mise � disposition initiale de technologies d'assistance dans les �coles connect�es, les pouvoirs publics et les autorit�s �ducatives devront �tre en mesure d'aider les �l�ves et les enseignants � utiliser ces technologies et � les incorporer dans les programmes scolaires inclusifs.

120 http://www.yourdolphin.com/productdetail.asp?id=8&act=show&csid=50&z=5

121Technology and Social Change (TASCHA) group, University of Washington. Technology for employability in Latin America: Research with at-risk youth & people with disabilities http://cis.washington.edu/files/2009/11/tascha_ict-employability-latin-america_200910.pdf

122TASCHA study page 86

123TASCHA study page 84

4.3.2 Logiciels propriétaires et logiciels libres et à code source ouvert

En ce qui concerne les achats, les d�cideurs doivent aussi tenir compte d'un autre �l�ment important: le choix entre logiciels propri�taires ou logiciels � code source ouvert et technologie d'assistance. Les logiciels propri�taires sont con�us par une entreprise priv�e qui d�tient les licences pour ces logiciels et sont fournis contre paiement. En r�gle g�n�rale, aux termes des accords de licence, le code du logiciel ne peut pas �tre r�utilis�. Les logiciels � code source ouvert autorisent la r�utilisation et la r�affectation du code au titre de certaines dispositions de l'accord de licence telles que la licence publique g�n�rale (GPL).

Par logiciels libres et logiciels libres � code source ouvert, on sous-entend la possibilit� qui est donn�e de modifier le code informatique - ce qui ne veut pas dire n�cessairement qu'ils soient disponibles gratuitement124. De nombreux logiciels � code source ouvert le sont effectivement, mais�les pouvoirs publics ou les �coles peuvent avoir � payer pour les adapter � leurs besoins. Par�exemple, une organisation utilisant un syst�me de gestion de contenu (SGC) � code source ouvert peut avoir � payer les services d'un d�veloppeur de site web charg� de cr�er le site web utilisant ce syst�me. Donc, m�me si le code source est disponible gratuitement, l'organisation peut avoir � payer un sp�cialiste charg� de cr�er et, �ventuellement, de tenir � jour le site web. De mani�re analogue, un syst�me scolaire qui choisit de fournir des technologies d'assistance � code source ouvert aux �l�ves peut avoir besoin � payer des services tels que la formation d'enseignants et de personnel � l'utilisation de ces technologies, ainsi que l'appui n�cessaire � leur tenue � jour et � leur mise � niveau.

Certaines �tudes de cas (par exemple, au Kenya) montrent que les �coles et les universit�s peuvent tirer parti des logiciels propri�taires et des technologies d'assistance offerts par des entreprises et des organismes humanitaires et s'en servent effectivement. Mais il est douteux que la demande globale de technologies d'assistance n�cessaires dans un pays puisse �tre satisfaite par ce seul moyen. Par ailleurs, l'offre et l'utilisation de solutions � code source ouvert n�cessitent que le pays dispose de comp�tences sp�cialis�es pour l'installation, la formation et l'appui, ce qui a �videmment un co�t. Les d�cideurs doivent donc se demander quelle m�thode donnera de bons r�sultats � court, � moyen et � long termes. Quels que soient le ou les mod�les choisis, il faudra soutenir au niveau de l'universit� et de l'industrie les activit�s de recherche‑d�veloppement visant � �laborer de nouvelles solutions en mati�re de technologies d'assistance. L'un des grands probl�mes de la recherche‑d�veloppement est d'ailleurs la n�cessit� de fournir des technologies d'assistance en langue locale dans chaque pays.

Se reporter � la Section 5 pour en savoir plus sur les mod�les de financement d�riv�s des recherches sur les t�l�centres accessibles.

124Botelho, Fernando. Open Source Software-Based Assistive Technologies in ITU/G3ict e-Accessibility Policy Toolkit for Persons with Disabilities. http://e-accessibilitytoolkit.org

4.3.3 Faciliter la création d'un écosystème viable et durable dans le domaine des technologies d'assistance

Pour que les personnes handicap�es aient acc�s � des technologies d'assistance adapt�es, elles doivent pouvoir b�n�ficier d'un �cosyst�me de technologies d'assistance dynamique et durable, dont les �l�ments principaux seraient les suivants:

•����������� une industrie qui fournit aux utilisateurs des technologies d'assistance abordables et utilisables;

•����������� un syst�me d'�valuation et de fourniture de ces technologies incluant des fonctions d'appui et int�gr� dans les services de r�adaptation existants au niveau de la collectivit� - et qui assure la liaison avec le syst�me scolaire local pour fournir un appui aux enseignants et aux �l�ves;

•����������� un vivier de chercheurs qui �valuent l'efficacit� des syst�mes actuels de fourniture de technologies d'assistance, �laborent des technologies d'assistance nouvelles et am�lior�es et �tudient les potentialit�s des avanc�es technologiques;

•����������� un financement et un appui publics pour les technologies d'assistance.

Les pays en d�veloppement ont la possibilit� de tirer des enseignements de l'exp�rience des pays d�velopp�s qui, bien qu'ils disposent de ressources relativement �lev�es, ont encore, dans de nombreux cas, du mal � r�pondre aux besoins des personnes handicap�es en mati�re de technologies d'assistance.

Les recherches r�alis�es en Europe montrent que, souvent, les entreprises fabriquant des technologies d'assistance se d�veloppent sous l'impulsion d'une petite demande locale125. Par exemple, la premi�re gamme d'appareils d'audition fabriqu�s par Siemens �tait au d�part destin�e aux employ�s de cette compagnie et aux membres de leur famille. On voit que les petites entreprises dans ce secteur se d�veloppent en fonction des besoins locaux et n'envisagent pas toujours de passer rapidement � la vitesse sup�rieure.

Un autre probl�me est celui de la fragmentation des march�s. Il appara�t, d'apr�s des recherches r�alis�es � l'initiative de la Commission europ�enne, que "le niveau de fragmentation pour les technologies d'assistance dans le secteur des TIC est en g�n�ral �lev�, ce qui s'explique en grande partie par des syst�mes de fourniture de services, au niveau national ou r�gional, qui emp�chent les entreprises de r�aliser d'importantes �conomies d'�chelle". La fragmentation caus�e par les diff�rents syst�mes nationaux et strat�gies nationales r�tr�cit encore le march�, d�j� limit�, des produits d'accessibilit�. Un autre probl�me est que le type de solution peut varier d'un pays � l'autre�- en fonction des langues par exemple. Le r�sultat de cette fragmentation du march� des technologies d'assistance en Europe est le suivant:

•����������� les utilisateurs finals n'ont le choix qu'entre quelques solutions;

•����������� les entreprises ont un march� r�duit, ce qui des cons�quences sur les ventes et les b�n�fices;

•����������� les solutions propos�es sont quelquefois mal con�ues, peu fiables et peu solides, en raison de l'absence de travaux continus de recherche-d�veloppement.

La fragmentation des march�s a des r�percussions, non seulement sur la viabilit� et le d�veloppement futur d'un secteur robuste et lucratif, mais aussi sur le choix, la qualit� et le caract�re abordable des solutions propos�es aux utilisateurs finals dans une r�gion.

L'une des solutions propos�es dans le contexte europ�en est la cr�ation d'une organisation repr�sentant et appuyant le secteur des technologies d'assistance gr�ce � l'�tablissement de relations entre les parties prenantes, y compris les utilisateurs finals et les fournisseurs de services tels que les organismes responsables de l'�ducation. Ces partenaires pourraient �changer des informations sur des sujets commerciaux et techniques. Les d�cideurs de pays en d�veloppement pourraient encourager la cr�ation de tels r�seaux pour stimuler le d�veloppement d'un secteur des technologies d'assistance dans leur pays. Ce r�seau pourrait �tre cr�� sur le plan national ou dans le cadre d'un r�seau international r�unissant plusieurs pays.

Voici quelques exemples d'associations du secteur:

•����������� AAATE, Association of the Advancement of Assistive Technology in Europe

•����������� ARATA, Australian Rehabilitation and Assistive Technology Association

•����������� RESJ RESNA, Rehabilitation Engineering and Assistive Technology Society of North America

•����������� Rehabilitation Engineering Society of Japan.

125Pastor, C. et al (2009) Analysing and federating the European assistive technology ICT industry. Available at http://ec.europa.eu/information_society/newsroom/cf/itemdetail.cfm?item_id=4897

4.4 Politiques d'achat

Dans de nombreux pays, les pouvoirs publics se servent depuis longtemps des politiques d'achat pour atteindre leurs objectifs en mati�re d'int�gration sociale126. Les politiques nationales d'achat public peuvent influer favorablement sur la mise � disposition, l'accessibilit� �conomique et la qualit� des technologies d'assistance et d'autres moyens TIC accessibles tels que le braille, les livres�DAISY et les sites web accessibles.

Les march�s publics donnent aux autorit�s �ducatives et aux �coles les moyens d'int�grer les fonctions d'accessibilit� d�s le d�but de la mise en place des infrastructures informatiques dans des �coles. Cette d�marche a aussi des r�percussions sur l'environnement des TIC accessibles en cr�ant une demande de cr�ation, de fabrication et de maintenance de TIC accessibles, ce qui incite le march� � se doter des moyens d'y r�pondre. Plus la demande est forte, plus le co�t final a des chances d'�tre faible. Les politiques de march�s publics peuvent donc servir � promouvoir le d�veloppement et la mise � disposition de TIC accessibles.

Les autorit�s �ducatives pourraient par exemple inclure l'accessibilit� dans les crit�res d'achat de tous les logiciels �ducatifs, tels que les programmes d'enseignement ou les syst�mes de gestion du contenu. On aurait ainsi la garantie que tous, personnes handicap�es comprises, pourront avoir acc�s au contenu et l'utiliser d�s le d�but, ce qui �viterait d'avoir � acheter par la suite au prix fort des ressources d'apprentissage sp�cialis�es pour ces �l�ves.

Plusieurs pays ont mis en place des Kits pratiques pour l'achat de TIC accessibles afin d'encourager syst�matiquement cette politique. En r�gle g�n�rale, ces Kits donnent des conseils pour l'�laboration et l'�valuation des appels d'offres publi�s par des organismes publics pour l'achat, par exemple, de sites web ou d'ordinateurs. Les d�cideurs pourraient envisager l'�laboration d'un kit pratique sur les march�s publics pour compl�ter les politiques nationales relatives � la fourniture de TIC accessibles dans les �coles connect�es. Ainsi, en d�pensant pour l'achat de TIC, les �coles garantiraient l'accessibilit� � long terme des logiciels et mat�riels. Une telle initiative encouragera l'accessibilit� des �quipements TIC couramment utilis�s dans les �coles, mais il faudra n�anmoins investir s�par�ment dans des solutions sp�cialis�es et des technologies d'assistance pour les enfants handicap�s.

Pour en savoir plus sur le r�le des march�s publics dans la promotion des TIC accessibles, consulter le Kit pratique UIT/G3ict sur la cyberaccessibilit�.

126Waddell, Cynthia. R�pondre aux besoins des personnes handicap�es s'agissant de l'acc�s aux technologies de l'information et de la communication et des services associ�s: principaux points � prendre en compte pour l'�laboration et la mise en oeuvre de politiques et de strat�gies efficaces. Disponible sur:�http://www.itu.int/ITU‑D/sis/PwDs/Seminars/

Zambia/Documents/Presentations/009-Waddell%20Cynthia-Background%20paper.pdf. Lorsque les pouvoirs publics insistent pour n'acheter que des TIC accessibles, les fabricants, � leur tour, ne produisent que des TIC accessibles. En effet, il leur est tout simplement trop cher de produire deux lignes de produits, l'une pour les services publics et l'autre pour le grand public. Les conditions applicables aux march�s publics dans les pays grands fabricants de�TIC ont permis d'inclure des fonctions d'accessibilit� dans les TIC couramment utilis�es.

4.4.1 Compatibilité avec les infrastructures informatiques dans les écoles

Les technologies d'assistance doivent aussi �tre compatibles avec les infrastructures TIC dans les �coles et prises en charge par ces derni�res. Le Tableau�4.1 r�capitule les questions utiles en vue de l'analyse ou de la cr�ation des infrastructures TIC dans les �coles pour la prise en charge des technologies d'assistance.

Tableau 4.1 – Questions li�es aux plates-formes/infrastructures

pour les technologies d'assistance

Infrastructure

Question

Mat�riels – Plates-formes

Comment la plate‑forme prendra-t-elle en charge une s�rie de p�riph�riques (d'entr�e et de sortie)?

Quelle connectivit� sera assur�e avec ces p�riph�riques?

Le mat�riel est-il compatible avec les logiciels d'acc�s les plus couramment utilis�s?

Des pilotes de p�riph�rique sont‑ils disponibles sur cette plate‑forme?

Quel appui peut �tre fourni � l'entr�e/� la sortie pour les connexions existantes?

Mat�riels – Ordinateurs portables

Quelles seront les dimensions d'�cran disponibles?

Quel sera le poids des portables indiqu�s?

Peut-on utiliser des �quipements renforc�s?

Comment les �quipements s'ouvrent‑ils et d�marrent‑ils – Sont‑ils faciles � utiliser?

Quelle est la dur�e de vie des batteries, en mode mise en veille prolong�e et en mode utilisation continue?

L'�quipement peut-il �tre raccord� � des p�riph�riques tels que scanners, t�l�vision en circuit ferm�/agrandisseurs, manettes de jeux?

Services g�r�s

Comment concilier les comp�tences des techniciens sp�cialis�s sur place et celles du fournisseur de services?

Quel service de d�pannage imm�diat peut-il �tre fourni aux utilisateurs ayant des besoins particuliers?

Les utilisateurs de technologies non normalis�es peuvent‑ils avoir acc�s aux syst�mes?

Les utilisateurs ont-ils acc�s aux fonctions du panneau de configuration?

Peut-on avoir acc�s, d�s la connexion, aux profils d'utilisateur pour les fonctions d'accessibilit�?

Quels sont les d�lais et les d�pendances connexes pour l'approbation et l'installation des technologies d'acc�s?

Syst�me d'exploitation

Quelles options d'accessibilit� le syst�me d'exploitation offre‑t‑il?

Quels logiciels d'acc�s tiers sont‑ils disponibles?

Comment les utilisateurs ne sachant pas lire ou utiliser le clavier peuvent‑ils se connecter au syst�me?

Applications

Quelle gamme d'applications et de logiciels tournera sur ce syst�me et ces options seront-elles compatibles avec les technologies d'assistance?

Intranet/Logiciel en tant que service (SaaS)

Ces applications seront‑elles compatibles avec les normes d'accessibilit�?

Comment seront g�r�s les �ventuels contenus group�s? Comment sera assur�e l'accessibilit� du contenu?

Le contenu est-il accessible aux utilisateurs de technologies non normalis�es?

Technologies d'assistance

Le r�seau permet-il la gestion de solutions faisant appel aux technologies d'assistance?

L'octroi de licences pour les technologies d'assistance pour ce r�seau est-il adapt�?

Comment assurera-t-on la conformit� des technologies d'assistance avec les mises � niveau du syst�me d'exploitation et des applications?

Comment les personnes ayant des besoins particuliers acc�deront‑elles aux applications en ligne/postes de travail/portables/ mobiles?

Comment les technologies d'assistance seront‑elles financ�es chaque ann�e pour les nouveaux utilisateurs et � mesure que les besoins des utilisateurs �voluent?

Des pilotes de p�riph�rique pour les technologies d'assistance sont‑ils pr�alablement charg�s dans le syst�me?

Design et mobilier

Existe-t-il, dans le b�timent et � proximit� de l'usager, des prises �lectriques et des points d'acc�s au r�seau accessibles?

Le mobilier est-il accessible et peut-il �tre adapt� aux besoins de chacun?

Les technologies � disposition sont‑elles facilement accessibles?

L'�clairage se refl�te-t-il sur l'�cran ou est-il trop �blouissant?

Peut-il �tre r�gl� (par exemple �teint) sur place?

La salle de classe est‑elle suffisamment spacieuse pour permettre de manoeuvrer les �quipements et pour faciliter l'acc�s des personnes � mobilit� r�duite?

Source: Kit pratique UIT/G3ict sur la cyberaccessibilit�.

4.5 Comment l'évolution des technologies influe sur l'utilisation des TIC au service de l'éducation

Dans cette section, nous pr�sentons bri�vement certaines grandes tendances et nouveaut�s dans le domaine des technologies d'assistance et de l'utilisation des TIC au service de l'�ducation. L'objectif est d'informer les d�cideurs des tendances et progr�s de la recherche‑d�veloppement et de la coop�ration internationale. M�me si certains des �l�ments cit�s ci‑apr�s ne constituent pas � l'heure actuelle des solutions r�alistes pour l'utilisation de TIC accessibles dans les �coles des pays en d�veloppement, ils font r�f�rence � des tendances et progr�s qui peuvent aider � r�soudre les probl�mes de disponibilit�, y�compris financi�re, des technologies d'assistance et des ressources �ducatives.

4.5.1 Technologies d'assistance et informatique dématérialisée

L'informatique d�mat�rialis�e repr�sente un changement technologique radical, en ce sens que les ressources informatiques, telles que les logiciels, sont r�parties sur l'Internet et mises � la disposition des ordinateurs et autres �quipements sur demande127. La cons�quence est que les applications logicielles pour les technologies d'assistance ne sont pas install�es sur une machine pr�cise, mais qu'on peut y avoir acc�s sur l'Internet � partir de n'importe quel ordinateur. Les premi�res tentatives, par exemple l'emploi de lecteurs d'�cran en ligne "donnent des r�sultats prometteurs pour la cr�ation d'un web inclusif en levant les obstacles �conomiques et sur le plan de l'accessibilit�"128.

D'autres initiatives plus ambitieuses telles que le projet Raising the Floor (RtF)129�et le projet LUCY130�visent � d�velopper les outils et infrastructures n�cessaires pour permettre aux personnes handicap�es d'avoir acc�s � des technologies d'assistance abordables � partir de n'importe quel ordinateur. Le projet RtF, en particulier, met l'accent sur la fourniture de technologies d'assistance abordables. Il y est pr�cis� que "le co�t des technologies d'assistance commerciales n�cessaires au traitement des pages et applications web actuelles d�passe, de loin, les moyens des personnes socio‑�conomiquement d�favoris�es131".

Contrairement au prix des technologies ordinaires, le prix des technologies d'assistance telles que les lecteurs d'�cran ne baisse pas sur la dur�e. Au contraire, les concepteurs de ces technologies d�ploient beaucoup d'efforts pour se tenir au courant des progr�s des interfaces et des fonctionnalit�s des technologies ordinaires. Les projets ouverts et collaboratifs tels que RtF sont une fa�on d'inciter les pouvoirs publics et les chercheurs des universit�s et du secteur priv� � contribuer aux activit�s dans ces domaines.

127http://en.wikipedia.org/wiki/Cloud_computing

128http://www.w4a.info/

129http://raisingthefloor.net/projects

130http://www.itu.int/ITU-D/sis/PwDs/Seminars/Uganda/LUCY%20Presentation%20-%20UGANDA.ppsx

131http://raisingthefloor.net/about

4.5.2 Apprentissage en version nomade (Mobile learning)

L'absence d'acc�s � l'ordinateur dans les pays en d�veloppement fait obstacle � l'acc�s � l'Internet. Dans ces pays, il est beaucoup plus fr�quent d'avoir un t�l�phone portable que d'avoir un ordinateur personnel. Ainsi, selon un rapport de la Telecom Regulatory Authority of India, en 2006, le nombre d'abonn�s au mobile dans le pays a augment� chaque mois de 5�millions132. Les contenus achemin�s par t�l�phone mobile sont utilis�s pour des applications tr�s diverses, y�compris pour l'enseignement. L'apprentissage en version nomade (ou m‑learning) offre toute une gamme d'applications disponibles sur des mobiles, par exemple sur les t�l�phones. Ce mode d'apprentissage peut �galement int�resser les populations autochtones vivant dans des zones rurales isol�es.

Tout l'enjeu de la fourniture de contenus sur t�l�phone mobile consiste � "parvenir � rendre un contenu visuel sur Internet en contenu audio bref, pr�cis, facilement navigable, int�ressant et plaisant � l'oreille"133. Pourtant, au vu du taux de p�n�tration de la t�l�phonie mobile dans les pays en d�veloppement, il semble que cette technologie permette d'atteindre un plus grand nombre de personnes que cela n'est possible actuellement avec les ordinateurs de bureau. Tous les pays qui mettent au point des strat�gies ou initiatives pour promouvoir la fourniture de services sur t�l�phone mobile devraient en envisager les incidences pour les personnes handicap�es et les populations autochtones habitant des zones isol�es.

Voir les actes du Forum r�gional UIT/CESAP/G3ict sur l'int�gration de l'accessibilit� des TIC pour les personnes handicap�es dans la r�gion Asie‑Pacifique (Bangkok,�2009), en particulier en ce qui concerne l'acc�s des personnes handicap�es � l'Internet via le t�l�phone mobile et l'utilisation du t�l�phone mobile par les enfants handicap�s.

132Nokia India. Position Paper – Mobile Internet UX for Developing Countries http://research.nokia.com/files/Joshi-MIUXforDevelopingCountries.pdf
133http://www.internetspeech.com/rendering_whitepaper.htm

4.5.3 Connectivité

La connexion aux TIC de toutes les �coles primaires, secondaires et postsecondaires � l'horizon�2015 est l'un des objectifs fix�s par les leaders mondiaux dans le cadre du Sommet mondial sur la soci�t� de l'information (SMSI). L'absence d'infrastructure de t�l�communications filaires fait obstacle � l'acc�s � l'Internet dans de nombreuses r�gions �loign�es et mal desservies des�pays en d�veloppement. L'augmentation de la connectivit� � l'Internet gr�ce au large bande hertzien - de plus en plus utilis� dans les pays en d�veloppement - devrait am�liorer la connectivit� Internet dans ces pays, notamment dans les �tablissements scolaires. Pour les �l�ves handicap�s, la possibilit� d'avoir acc�s � un contenu p�dagogique en ligne am�liorera sensiblement leur capacit� � s'int�grer dans les �tablissements scolaires ordinaires.

4.5.4 Plates-formes d'apprentissage

Il s'agit l� d'un terme g�n�rique employ� pour d�crire toute une s�rie de syst�mes TIC utilis�s pour dispenser un enseignement. Il peut s'agir par exemple d'environnements d'apprentissage virtuels (VLE), qui combinent plusieurs fonctions comme la transmission aux �l�ves de travaux de cours sur le web ou sur un intranet ou les interactions entre �l�ves et enseignants. Les VLE sont r�guli�rement utilis�s pour "l'apprentissage mixte", qui compl�te les activit�s traditionnelles et pr�sentielles en classe. Ils sont le plus souvent utilis�s dans l'enseignement secondaire ou sup�rieur. Certains environnements VLE peuvent produire du contenu compatible avec les "Web Content Accessibility Guidelines" �labor�es par la Web Accessibility Initiative (WAI)134. L'un de ces environnements VLE � code source ouvert est Moodle135.

134 W3C WAI, 2008. Web Content Accessibility Guidelines version 2.0. Available at http://www.w3.org/TR/WCAG20/

135http://moodle.org/

4.5.5 Ressources éducatives libres

On appelle Ressources �ducatives libres (REL) des mat�riaux d'enseignement pouvant �tre utilis�s, adapt�s et distribu�s � titre gratuit. Ce terme a �t� adopt� pour la premi�re fois par l'UNESCO en�2002 dans le cadre de son "Forum sur l'impact des Courseware libres sur l'information universitaire dans les pays en d�veloppement"136. Bien que de nombreuses REL soient disponibles sur le web, beaucoup ne sont pas accessibles aux personnes handicap�es. Il faudrait � cet �gard renforcer la coop�ration internationale avec d'autres pays, cr�er des projets visant � �laborer des�REL accessibles aux personnes handicap�es ou �laborer des strat�gies en vue de fournir syst�matiquement les REL existantes dans des formats accessibles.

L'un de ces projets est le projet "FLOE" ou Flexible Learning for Open Education (Apprentissage flexible pour l'�ducation ouverte) auquel la William and Flora Hewlett Foundation a accept� d'accorder un financement en 2010137. Le but de ce projet, men� en collaboration avec les projets�REL en cours et les associations oeuvrant pour l'accessibilit�, est d'�laborer un syst�me qui fera mieux co�ncider les REL et les besoins des �l�ves. Les projets REL en cours seront soutenus pour encourager l'accessibilit� de ces ressources. Dans les cas o� il n'est pas satisfait aux besoins des �l�ves, les responsables du projet FLOE collaboreront avec des fournisseurs de formats adapt�s pour mettre au point des versions accessibles des ressources REL. Ce projet, qui est g�r� par le Inclusive Design Research Centre138�du Ontario College of Art And Design, fera appel � plusieurs partenaires de pays en d�veloppement, par exemple:

1)��������� OER Africa139;

2)��������� Strathmore University (Kenya);

3)��������� Universit� du Cap (R�publique sudafricaine);

4)��������� Research Institute for Technology and Innovation (IPTI), Br�sil.

Pour encourager l'adoption de ces ressources en Afrique et dans d'autres r�gions o� le t�l�phone mobile est plus couramment utilis� que l'Internet, le projet FLOE cr�era les outils et services n�cessaires pour dispenser des ressources REL en mode audio uniquement, via des messages texte et sur les petits �crans des mod�les de t�l�phone mobile les plus courants.

Pour en savoir plus sur le potentiel des ressources REL au service de l'�ducation inclusive, lire l'article "L'acc�s � l'�ducation gr�ce � l'apprentissage en ligne et aux ressources �ducatives libres: ces moyens peuvent‑ils combler l'�cart"140?

Pour une analyse de l'accessibilit� des ressources �ducatives en ligne, voir l'article "Accessible Distance Education 101"141.

136http://en.wikipedia.org/wiki/Open_educational_resources

137http://www.hewlett.org/

138http://idrc.ocad.ca/

139http://www.oerafrica.org/

140Geith, Christine. Access to Education with Online Learning and Open Education Resources: Can they Close the Gap http://www.distanceetdroitaleducation.org/contents/FJALN_v12n1_Geith.pdf

141Robert, Jodi. Accessible Distance Education 101. http://www.aabri.com/manuscripts/09141.pdf

4.5.6 Accessibilité du web

Depuis quelque temps, les organismes publics des pays d�velopp�s prennent en compte l'accessibilit� des sites web publics et priv�s142. Conform�ment aux principes de conception universelle, la prise en compte des besoins des personnes handicap�es d�s le d�but de la conception et de l'�laboration d'un site web ne devrait entra�ner que des frais suppl�mentaires limit�s, voire nuls. En r�gle g�n�rale, la remise � niveau ult�rieure des sites web actuellement inaccessibles est plus difficile et plus on�reuse.

La Web Accessibility Initiative (WAI)143�du World Wide Web Consortium (W3C) a �tabli des lignes directrices et des ressources internationalement reconnues pour l'�laboration de sites web accessibles. De nombreux pays utilisent aujourd'hui la version�1 ou�2 des lignes directrices sur l'accessibilit� des contenus web, en tant que norme � laquelle tous les sites web des pouvoirs publics doivent se conformer. Les d�cideurs devraient envisager d'imposer aux institutions b�n�ficiant de fonds publics, telles que les �coles et les universit�s, et m�me aux entreprises priv�es, des �ch�ances pour l'�laboration de nouveaux sites web et la remise � niveau des anciens sites web afin de les rendre conformes � ces normes.

Le lecteur trouvera sur le site web G3ict un rapport intitul� "Web Accessibility Policy Making: An International Perspective" pr�sentant diverses strat�gies pour l'accessibilit� du web.

142http://www.e-accessibilitytoolkit.org/toolkit/developing_policy/Step_4:_Policy_examples_from_around_the_world

143http://www.w3.org/WAI/

Tirer parti des écoles rendues accessibles au moyen des TIC en tant que centres communautaires pour la formation des adultes handicapés

"Au centre, nous apprenons que ce n'est pas parce qu'on est handicap� qu'il faut �tre mis � l'�cart et rester dans son coin comme un meuble. Au contraire, on doit lutter pour sa vie, ces cours vous poussent � aller de l'avant, � croire en vous‑m�me, � vous sentir capable d'arriver � faire ce que vous voulez et � atteindre vos objectifs." Personne handicap�e moteur en Equateur, fr�quentant un centre TIC financ� par le projet POETA144

Dans cette section, nous nous demandons comment tirer parti des �coles connect�es et �quip�es de technologies d'assistance pour en faire, � l'�chelle locale, des centres de formation pour les personnes handicap�es. Nous nous fondons sur l'exp�rience de l'Union internationale des t�l�communications (UIT), qui soutient des centres de t�l�communications polyvalents, associ�e aux enseignements tir�s des �tudes internationales sur l'utilisation des t�l�centres accessibles et des centres de formation technique et professionnelle pour la fourniture de comp�tences techniques et la pr�paration � l'emploi des personnes handicap�es.

L'�quipement en technologies d'assistance des �coles connect�es est en soi un objectif tout � fait m�ritoire, mais ces avantages peuvent �tre multipli�s si l'on tire parti des technologies et �quipements informatiques d�j� install�s, ainsi que de la structure administrative et de gestion de l'�cole pour fournir des services � la communaut� au sens large. On peut envisager deux utilisations: la premi�re concerne la fourniture d'un acc�s � l'Internet et aux TIC par le biais de t�l�centres communautaires et la seconde consiste � dispenser des comp�tences de base en lecture et �criture, en calcul et en informatique et une formation professionnelle.�

144Technology and Social Change (TASCHA) group, University of Washington. Technology for employability in Latin America: Research with at-risk youth & people with disabilities http://cis.washington.edu/files/2009/11/tascha_ict-employability-latin-america_200910.pdf

5.1 Télécentres communautaires polyvalents

L'Union internationale des t�l�communications (UIT) encourage et soutient les t�l�centres communautaires polyvalents (TCP) qui facilitent l'acc�s universel aux services de t�l�communication, en particulier l'acc�s � l'Internet au moyen des TIC145. Les utilisateurs de ces centres participent ensuite activement � l'�dification de la soci�t� de l'information. Les TCP sont des installations communautaires qui donnent acc�s aux TIC et fournissent aussi un appui et une formation aux utilisateurs. Ils peuvent contribuer � faire baisser le prix de l'acc�s, plus faible pour un grand nombre d'utilisateurs que pour des utilisateurs individuels se servant chacun, par exemple, de leur ordinateur portable. Ils font en outre conna�tre les avantages potentiels de la soci�t� de l'information et du "tout-connect�"146.

Voir le document de r�f�rence de l'UNESCO "Lignes directrices pour l'acc�s des personnes handicap�es aux centres communautaires multim�dias" qui contient des directives d�taill�es, des listes r�capitulatives et des �tudes de cas sur l'accessibilit� de ces centres.

145ITU http://www.itu.int/ITU-D/univ_access/telecentres/
Multipurpose community telecentres: Lessons Learnt http://www.itu.int/net/itunews/issues/2010/05/30.aspx

146Johan Ernberg ITU/BDT Universal Access - by means of Multipurpose Community Telecentres. Available at http://www.itu.int/ITU-D/univ_access/telecentres/papers/mctbrief.pdf

5.1.1 Centres d'enseignement et de formation technique et professionnelle (TVET) pour les personnes handicapées dans les pays en développement

La formation professionnelle am�liore la productivit� et la comp�titivit� de l'�conomie mondiale147. La TVET ne sert pas seulement � pr�parer les jeunes � la vie active, elle est aussi "un moyen de se mettre � l'�coute des personnes marginalis�es et exclues pour les inciter � avoir une activit� lucrative"148. Le premier des Objectifs du Mill�naire pour le d�veloppement est de r�duire l'extr�me pauvret� et la faim, le but �tant de r�duire de moiti�, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui vit avec moins d'un dollar par jour et qui souffre de la faim. L'un des six objectifs de l'Education pour tous, �nonc�s par le Forum mondial sur l'�ducation r�uni � Dakar en�2000, est de faire en sorte que les travailleurs aient les comp�tences n�cessaires pour gagner leur vie en ayant un acc�s �quitable � une formation ad�quate.

La TVET au service de la lutte contre la pauvret� est une priorit� pour de nombreux Etats de pays en d�veloppement. Le succ�s et le d�veloppement futur des programmes de TVET dans ces pays sont tributaires de la poursuite de l'expansion des programmes de formation existants et de la coop�ration entre organismes nationaux et internationaux.

De nombreux pays en d�veloppement axent leurs efforts sur "l'�ducation primaire universelle et l'alphab�tisation, sans pr�ter une attention suffisante � la formation professionnelle des jeunes et des adultes"149. N�anmoins, dans des pays comme le Nig�ria, "de nombreuses initiatives visent � fournir une �ducation et une formation � des personnes issues de groupes marginalis�s". Ces initiatives sont souvent prises sur une petite �chelle et ne sont pas reconnues comme faisant partie int�grante d'une strat�gie �ducative nationale globale. Les bonnes pratiques mentionn�es dans la pr�sente section recommandent que la TVET pour les personnes handicap�es:

•����������� assure des qualifications inscrites dans le cadre �ducatif qualifiant dans le pays;

•����������� assure la d�livrance d'un dipl�me pris� des employeurs;

•����������� joue le r�le de passerelle permettant � l'�l�ve, s'il le souhaite, de reprendre des �tudes plus approfondies dans un cadre formel;

•����������� tienne compte du faible niveau de comp�tences des personnes handicap�es en lecture et en �criture, en calcul et en informatique et du fait que leurs exp�riences �ducatives pr�c�dentes ont pu se solder par un �chec.

L'un des principaux objectifs de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es est de permettre � ces personnes de s'int�grer dans la vie professionnelle � tous les niveaux de l'industrie, du commerce, de l'administration, de la gouvernance et de l'�ducation. Gr�ce aux TIC accessibles, ces personnes peuvent recevoir une formation professionnelle dont elles ne b�n�ficieraient pas autrement. Par exemple, les technologies d'assistance peuvent donner acc�s aux grandes applications bureautiques couramment utilis�es pour la gestion et l'administration des entreprises. Traditionnellement, les personnes souffrant d'un handicap comme la c�cit� se voyaient souvent attribuer un r�le pr�cis et plut�t limit� dans les entreprises o� elles occupaient par exemple des fonctions de standardiste ou de r�ceptionniste. Pourtant, lorsqu'elles re�oivent une formation suffisante et appropri�e, ces personnes peuvent s'�panouir sur le plan personnel, pour autant qu'elles re�oivent l'appui et les moyens n�cessaires.

Les �tudes de cas d�crivent divers d�bouch�s professionnels offerts dans les pays en d�veloppement aux personnes handicap�es qui ont �t� form�es � l'utilisation de TIC accessibles, l'un des principaux d�bouch�s professionnels �tant l'emploi dans les t�l�centres150. On trouve �galement sur le site web de Microsoft une liste des diverses carri�res professionnelles dans le secteur des TIC rendues possible par l'utilisation des TIC accessibles.

147Bharat, The Role Open and Distance Learning in Vocational Education and Training in India

148Alhaji, Ibrahim Hamra. Revitalizing Technical and Vocational Education Training for Poverty Eradication and Sustainable through Agricultural Education. Available at http://www.afrrevjo.com/print/sites/default/files/Volume_2_Number_1_art_9.pdf
Published in African Research Review - AFRREV, January 2008, Volume 2, No. 1

149UNESCO. Meeting EFA goals : Integrating Skills Development in EFA http://portal.unesco.org/education/en/ev.php-URL_ID=34507&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

150http://www.telecentre.org/group/telecentrefordisabilities

5.2 Bonnes pratiques et enjeux de la création et du fonctionnement de TCP et de centres TVET accessibles

Les principaux �l�ments et bonnes pratiques d�crits dans la pr�sente section s'inspirent des conclusions et recommandations d'une �tude r�alis�e en 2009 par le groupe Technology and Social Change (TASCHA) de l'universit� de Washington. Cette �tude, intitul�e "Technology for employability in Latin America: Research with at-risk youth & people with disabilities", analyse les investissements r�cemment affect�s � des centres technologiques afin de fournir une formation informatique de base � des personnes handicap�es dans cinq pays: Br�sil, Equateur, Guatemala, Mexique et Venezuela151.

151Technology and Social Change Group, University of Washington. 2009 Technology for employability in Latin America: Research with at-risk youth & people with disabilities. Available at http://change.washington.edu/2010/01/technology-for-employability-in-latin-america-research-with-at-risk-youth-people-with-disabilities/

5.2.1 Modèles de financement pour l'utilisation d'écoles accessibles et connectées en tant que centres TCP et TVET

Dans le cadre de l'�tude TASCHA, on a examin� dans diff�rents pays plusieurs mod�les de financement. N�anmoins, tous les projets examin�s s'inscrivaient dans le cadre du programme d'assistance internationale POETA (voir l'�tude de cas POETA pour des informations plus d�taill�es). Conform�ment � la politique de collaboration avec les partenaires locaux pr�conis�e par ce programme, le financement provenait aussi de collectivit�s municipales et nationales. Dans aucun des cinq pays examin�s152�il n'a �t� observ� que les participants ne voulaient pas ou ne pouvaient pas s'acquitter d'un "paiement symbolique" pour avoir acc�s aux TIC et � une formation professionnelle.

Le principal obstacle � l'acc�s fonctionnel aux technologies, a‑t‑on constat�, est le co�t prohibitif des logiciels de technologies d'assistance. Par exemple, dans l'�tude de cas r�alis�e � Mexico, les technologies d'assistance telles que les lecteurs d'�cran JAWS et MAGic n'�taient fournis qu'en version de d�monstration, ce qui obligeait l'utilisateur � red�marrer sa machine toutes les quarante minutes. M�me si un certain nombre de projets sont en cours pour d�velopper des technologies d'assistance comme les lecteurs d'�cran dans des langues peu employ�es, ces projets ne peuvent suffire � r�pondre � la demande mondiale de localisation pour ces technologies (voir les documents de l'atelier organis� conjointement par l'UIT et la CESAP � Bangkok sur le th�me "Int�gration de l'accessibilit� des TIC pour les personnes handicap�es". L'�tude TASCHA conclut que l'�laboration de technologies d'assistance abordables - lecteur d'�cran - en langue locale devrait �tre "l'un des principaux objectifs des recherches et pratiques technologiques dans les pays en d�veloppement"153.

Certaines organisations humanitaires et entreprises technologiques proposent des versions subventionn�es de logiciels propri�taires (voir l'�tude de cas du Kenya). L'�tude TASCHA conclut que ce mod�le n'est pas viable et qu'il faudrait axer les efforts sur le renforcement des capacit�s nationales et internationales en vue de la production de technologies d'assistance localis�es � des prix abordables154.

152Brazil, Ecuador, Guatemala, Mexico and Venezuela

153TASCHA page 80

154TASCHA page 80

5.2.2 Modèles de financement durables et grandes tendances de l'approche philanthropique

Le financement de TCP accessibles devrait aller au‑del� du "parachutage" de technologies pour permettre d'envisager un mod�le d'entreprise durable pour ces centres. Selon le rapport TASCHA, apr�s l'injection initiale de capital pour acheter des technologies d'assistance et payer la formation, de nombreux t�l�centres ont des difficult�s � devenir autosuffisants. Alors qu'on peut faire appel � la responsabilit� sociale d'entreprise pour obtenir d'une entreprise ou fondation qu'elle engage dans un premier temps des d�penses d'investissement, le rapport TASCHA avertit que ce mod�le de financement en soi n'est pas compatible avec "le mod�le d'investissement n�cessaire pour apporter un appui significatif aux initiatives favorisant le d�veloppement humain telles que [l'�laboration de TCP accessibles]"155. Le projet POETA met l'accent sur les grandes tendances de l'approche philanthropique de l'assistance aux pays en d�veloppement. Les organismes donateurs font d�sormais beaucoup plus attention aux r�sultats des investissements. Ils jouent le r�le d'interm�diaire en fournissant des fonds, des connaissances et des comp�tences sp�cialis�es et exigent que les projets soient reproductibles, durables et se traduisent par des r�sultats tangibles156.

Il convient de r�fl�chir � la viabilit� du mod�le d'entreprise des TCP accessibles install�s dans les �coles. M�me si une bonne partie des infrastructures comme les b�timents scolaires et les salles d'informatique peuvent �tre mis � disposition de la communaut� gratuitement, il faut soigneusement planifier le financement des services annexes, comme le recrutement de formateurs et la formation professionnelle.

155TASCHA page 85.

156POETA - presentation on file

5.2.3 Délivrance de diplômes et éducation permanente

La d�livrance de dipl�mes aux �l�ves qui ont termin� leurs �tudes est un crit�re qui attire les participants et int�resse les employeurs. Les types de dipl�me d�finis dans l'�tude TASCHA varient d'un projet � l'autre et sont d�cern�s par les t�l�centres, par le minist�re local ou national de l'�ducation ou par des entreprises priv�es telles que CISCO ou Microsoft.

Les TCP accessibles install�s dans les �coles sont id�aux pour soutenir les programmes - passerelles permettant aux participants de finir leurs �tudes dans un cadre formel. L'�tude TASCHA souligne que la TVET, en particulier les initiatives prises dans le domaine des TIC, se substitue � l'�ducation formelle. La citation suivante rend compte de cette situation, qu'il faudrait envisager dans le contexte de l'�laboration de politiques en faveur des �coles utilisant des TIC accessibles:

������������ "Je n'avais pas d'espoir d'aller au coll�ge avant de suivre ce cours. Ce n'est que parce que j'ai suivi ce cours que j'ai commenc� � y penser. J'aimais l'informatique et j'ai eu l'impression que ce cours �tait pour moi "un cadeau du ciel" et c'est alors que j'ai eu l'id�e d'aller au coll�ge pour �tudier l'informatique apr�s avoir suivi ce cours�... J'ai chang� de point de vue, l'informatique m'a amen� � voir les choses autrement".
Jeune Br�silien de 17 ans157
.

157TASCHA page 56

5.3 Considérations technologiques

Comme il est constat� dans l'�tude TASCHA, l'un des principaux obstacles � l'accessibilit� fonctionnelle pour les personnes ayant r�pondu au questionnaire �tait l'absence de technologies d'assistance bon march� en langue locale (en l'occurrence en espagnol). Les recommandations suivantes ont �t� formul�es:

•����������� L'�laboration de technologies d'assistance en langues locales devrait �tre soutenue et encourag�e par les organismes finan�ant des projets de TCP accessibles.

•����������� Le personnel des centres devrait �tre incit� � imaginer des solutions bon march�, en particulier pour les �quipements adapt�s tels que les p�riph�riques d'entr�e ou les postes de travail, afin d'aider � surmonter les obstacles � l'acc�s les plus courants.

•����������� Les grandes compagnies technologiques devraient �tre encourag�es � d�velopper leurs produits conform�ment aux principes de conception universelle, en faisant en sorte que les produits courants soient accessibles et utilisables par le plus grand nombre.

L'�tude TASCHA a rep�r� des disparit�s entre les technologies d'assistance disponibles dans les t�l�centres et celles que les employeurs mettent � disposition pour permettre � une personne handicap�e d'effectuer son travail.

5.3.1 Les technologies d'assistance pour l'emploi et les services de placement pour les employeurs et les participants

Certaines autorit�s r�gionales et nationales subventionnent financi�rement les technologies d'assistance utilis�es dans les t�l�centres. Toutefois, certains pays ne proposent pas de telles subventions pour acheter les logiciels et mat�riels n�cessaires d�s lors qu'une personne occupe un emploi. La cr�ation dans les �coles de TCP accessibles assurant une formation aux personnes handicap�es devrait encourager l'�tablissement de relations fortes avec les employeurs locaux. L'�tude de cas sur le t�l�centre tunisien d�crit comment celui-ci a invit� les employeurs potentiels � se pr�senter et � �valuer les projets des �tudiants. La cr�ation de TCP accessibles dans les �coles permettrait, non seulement de sensibiliser les employeurs, mais aussi d'aider � placer les dipl�m�s. Elle pourrait aussi servir aux employeurs, par l'identification des am�nagements qui peuvent �tre apport�s sur le lieu de travail et la recherche de technologies d'assistance adapt�es.

L'appui au placement permet aux employeurs potentiels de surmonter les pr�jug�s concernant l'emploi des personnes handicap�es. Il facilite aussi la fourniture de conseils et d'un appui pratique pour les am�nagements sur le lieu de travail, par exemple la recherche et l'installation des technologies d'assistance n�cessaires pour permettre � la personne de travailler, qui sont indispensables pour faciliter la transition entre le stade de l'�ducation et de la formation et celui de l'emploi.

En Italie, par exemple, au Politecnico di Milano, 100% des �tudiants handicap�s parviennent � trouver un emploi, en partie gr�ce � l'appui fourni en permanence par l'universit� aux �tudiants et aux employeurs dans la r�alisation de ces am�nagements158. Selon le rapport TASCHA, les centres�TIC accessibles peuvent "se forger une r�putation de viviers de bons candidats en entretenant des relations suivies [avec les employeurs]"159.

L'un des principaux �l�ments � prendre en compte est donc la fourniture d'aides et de subventions, soit aux employ�s, soit aux employeurs, pour am�nager le lieu de travail, conform�ment aux obligations en mati�re d'"am�nagement raisonnable" d�finies par la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es.

Les participants interrog�s dans le cadre de l'�tude TASCHA ont beaucoup insist� sur la n�cessit� de pouvoir disposer de services de placement, en compl�ment des comp�tences techniques dans le domaine des TIC. Ces comp�tences sont par exemple la r�daction de curriculum vitae, les techniques d'entretien oral et d'autres techniques de pr�paration � l'emploi. En particulier, les personnes interrog�es dans le cadre de cette �tude ont relev� que ces comp�tences g�n�rales leur permettaient d'avoir une meilleure image de soi et une meilleure perception personnelle de leur propre employabilit�.

Certains des t�l�centres sur lesquels portait l'�tude TASCHA offraient �galement des services suppl�mentaires tels que des services de r��ducation physique et d'ergoth�rapie. Dans le contexte des �coles fournissant un acc�s � des TIC accessibles, l'�tablissement de liens �troits avec d'autres services de r�adaptation �tablis dans la communaut� peut �tre vital pour d�velopper et soutenir sur le plan local l'ensemble des services fournis aux personnes handicap�es.

158Sbatella, Licia. 2010. Higher education ICT programs for promoting employability of students with disability.

159TASCHA page 86

6 Liste récapitulative pour les décideurs

On trouvera ci‑apr�s un r�capitulatif des concepts et recommandations formul�s dans le pr�sent module:

1)��������� Les politiques de mise en oeuvre de moyens TIC accessibles dans les �coles connect�es devraient �tre �labor�es en concertation avec les associations de personnes handicap�es et dans le respect du droit et des politiques internationales, dont la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es et les principes, grandes orientations et cibles du Sommet mondial sur la soci�t� de l'information.

2)��������� L'�laboration et la mise en oeuvre de politiques relatives aux moyens TIC accessibles dans les �coles connect�es devraient �tre utilis�es pour encourager les politiques �ducatives inclusives d'un pays, autrement dit l'�ducation fournie dans le contexte du syst�me �ducatif ordinaire, et non dans un cadre sp�cialis�.


3)��������� Dans la mesure o� l'�ducation inclusive est un mod�le qui doit �tre mis en oeuvre progressivement, les d�cideurs devraient envisager l'�laboration sur le plan national de d�clarations de principe et d'intention, de moyens, d'objectifs et de calendriers permettant de mettre en oeuvre des moyens TIC accessibles dans les �coles connect�es. L'�laboration de politiques relatives � l'utilisation des TIC accessibles dans les �coles inclusives recoupera plusieurs domaines relevant de la responsabilit� des pouvoirs publics:

•���� �ducation;

•���� t�l�communications/TIC;

•���� cybergouvernement;

•���� finances et march�s publics;

•���� taxes � l'importation, droits de douane et taxation;

•���� services sociaux et emploi;

•���� �galit�.

4)��������� Les quatre grandes �tapes de la mise en oeuvre de moyens TIC accessibles dans l'�ducation inclusive sont les suivantes:

•���� conception et �laboration de TIC accessibles;

•���� mise en oeuvre et fourniture de ces technologies;

•���� am�lioration des technologies;

•���� �valuation de leurs avantages.

5)��������� Les six grandes �tapes de l'�laboration des politiques sont les suivantes:

•���� infrastructures;

•���� possibilit�s d'appui;

•���� �valuation des besoins des personnes handicap�es;

•���� formation des �tudiants et des enseignants;

•���� coop�ration et recherche sur les bonnes pratiques;

•���� �valuation des avantages et des utilisations des technologies d'assistance.

6)��������� Les recherches � l'appui de l'�laboration d'une politique pragmatique devraient �tre centr�es sur les �l�ments suivants:

•���� attitudes de la soci�t� envers les personnes handicap�es et leur inclusion en tant qu'acteurs � �galit� du syst�me �ducatif;

•���� attitude des enfants handicap�s et de leurs enseignants, parents et soignants concernant l'utilisation et les avantages des technologies d'assistance;

•���� statistiques d�mographiques nationales relatives aux personnes handicap�es: nombre de personnes susceptibles de b�n�ficier de TIC accessibles dans les �coles/t�l�centres communautaires polyvalents;

•���� �tat actuel des infrastructures TIC dans les �coles, y compris le nombre d'ordinateurs d�j� install�s et le nombre d'�coles connect�es � l'Internet;

•���� niveau actuel d'utilisation des TIC dans les �coles (autrement dit, modalit�s et finalit�s de l'utilisation de l'informatique);

•���� types et nombre des TIC accessibles requis;


•���� existence dans le pays des TIC accessibles requis;

•���� co�ts et strat�gies possibles pour l'�laboration de solutions de rechange, y compris les logiciels � code source ouvert;

•���� capacit�s des enseignants � int�grer les TIC accessibles dans leurs pratiques p�dagogiques;

•���� �tat d'esprit des �l�ves, des parents et des enseignants vis-�-vis des TIC accessibles et �tat de leurs connaissances en la mati�re;

•���� existence de r�seaux d'appui.

7)��������� La mise en oeuvre des politiques n�cessitera la collaboration de diverses parties prenantes, dont les personnes handicap�es, les autorit�s �ducatives et les organisations humanitaires internationales.

8)��������� Toutes les r�unions de consultation sur l'�laboration des politiques tenues avec des personnes handicap�es devront se d�rouler dans le respect des normes d'accessibilit�.

9)��������� Le cadre d'�laboration des politiques pour la fourniture de TIC accessibles dans les �coles connect�es doit inclure un m�canisme d'�valuation et de suivi des r�sultats. Ce cadre devrait inclure des donn�es chiffr�es sur:

•���� le niveau d'acc�s des personnes handicap�es � l'�ducation et l'exp�rience des enseignants et des �l�ves pour ce qui est de l'utilisation de TIC accessibles en classe;

•���� le nombre de cas d'abandon �ventuel des technologies d'assistance et les motifs de cet abandon;

•���� les co�ts des technologies d'assistance et des ressources d'apprentissage en formats accessibles.

10)������� Les options de financement pour l'investissement dans les infrastructures de technologies d'assistance pour les �coles connect�es sont les suivantes: financements et subventions publics, partenariats public-priv�, partenariats avec des organisations humanitaires internationales et programmes de responsabilit� sociale d'entreprise mis au point par des soci�t�s du secteur des technologies. L'un des principaux �l�ments auxquels doivent r�fl�chir les pouvoirs publics et les �coles investissant dans des technologies accessibles est le choix, pour l'octroi de licences, entre les logiciels � code source ouvert et les logiciels propri�taires. Les d�cideurs doivent se demander quelle m�thode donnera de bons r�sultats (� court, � moyen et � long terme) pour ce qui est de l'existence et de l'accessibilit� �conomique des technologies d'assistance.

11)������� Les politiques publiques d'investissement dans les technologies d'assistance pour les �coles connect�es devraient aller au‑del� de la simple fourniture de technologies pour viser � la mise en place d'une infrastructure viable qui r�pond aux besoins des �l�ves et de leurs enseignants en ce qui concerne l'�valuation, la fourniture, la maintenance, la formation et l'appui � l'utilisation de ces technologies.

12)������� La cr�ation d'une base de donn�es nationale en ligne des technologies d'assistance aidera les enseignants, les �l�ves et leurs familles � obtenir des informations exactes sur ces technologies et sur leur existence, pays par pays.

13)������� L'appui des pouvoirs publics � l'industrie des technologies d'assistance dans chaque pays est essentiel pour assurer la durabilit� et la viabilit� de ces technologies.


14)������� L'appui � la recherche-d�veloppement dans le domaine des technologies d'assistance est essentiel pour favoriser la poursuite du d�veloppement et la localisation de ces technologies. Il est particuli�rement important de veiller � ce que des logiciels comme les lecteurs d'�cran existent dans les langues locales. Les activit�s de recherche‑d�veloppement peuvent �tre soutenues par diff�rentes parties prenantes, dont des universit�s disposant des comp�tences et des ressources technologiques suffisantes, par le secteur priv� et par des centres de comp�tences techniques au sein des associations de personnes handicap�es.

15)������� Les pouvoirs publics et les �coles devraient suivre l'�volution des progr�s technologiques actuels et imminents dans des domaines comme l'informatique d�mat�rialis�e, l'apprentissage en mode nomade et l'�laboration de ressources �ducatives libres.

16)������� Il faut respecter les objectifs et les d�lais de cr�ation de sites web accessibles publics et priv�s, conform�ment aux lignes directrices (Web Content Accessibility Guidelines) du�W3C.

17)������� Il faut envisager de doter les �coles connect�es de moyens TIC accessibles pour les transformer en t�l�centres communautaires polyvalents (TCP) utilisables par l'ensemble de la population.

18)������� Dans le contexte des TCP accessibles install�s dans les �coles, qui assurent une formation aux TIC et des possibilit�s d'emploi aux personnes handicap�es, il importe de tenir compte de la viabilit� du mod�le d'entreprise du centre. M�me si une bonne partie des infrastructures peuvent �tre mises gratuitement � disposition de la communaut�, il convient de planifier soigneusement le financement et les d�penses qu'implique le recours au service de formateurs et l'achat de mat�riels didactiques.�

6.1 Conclusion

Les personnes handicap�es font toujours partie des cat�gories sociales les plus marginalis�es. Un acc�s �quitable � l'�ducation est indispensable pour permettre aux �tres humains de r�aliser tout leur potentiel, ainsi que le souligne la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es. Dans le pr�sent module, nous nous sommes efforc�s de d�montrer que les TIC accessibles pouvaient faciliter l'acc�s � l'�ducation de toutes les personnes handicap�es et leur permettre de devenir des membres � part enti�re de la soci�t� - productifs, utiles et socialement int�gr�s.�

7 Textes, initiatives et objectifs internationaux relatifs à l'utilisation des TIC au service de l'éducation et de la formation professionnelle des personnes handicapées

"C'est ainsi que, dans mon pays et dans beaucoup de pays fr�res, le sort des personnes handicap�es comme moi est demeur� marqu� par "l'exceptionnalit� n�gative". Nous avons continu� d'�tre victimes de la s�gr�gation de la soci�t� et sommes rest�s invisibles pour le reste de la communaut�. Ainsi, on tenait pour acquis que les individus dits "sp�ciaux" �taient incapables d'apprendre. On pensait donc qu'il n'�tait pas n�cessaire d'investir du temps et de l'attention en leur faveur et on leur proposait seulement des soins m�dicaux, une surveillance alimentaire et un h�bergement, c'est‑�‑dire une assistance bas�e sur la charit� publique". M. Len�n Moreno Garc�s, Vice-Pr�sident de la R�publique de l'Equateur. Discours-programme prononc� lors de la 48�me Conf�rence internationale de l'�ducation160

16048th ICE page 49

7.1 Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI)

Le Sommet mondial sur la soci�t� de l'information (SMSI), organis� par l'Union internationale des t�l�communications (UIT), a �tabli une conception commune de la soci�t� de l'information ouverte � tous et a mis en place un cadre permettant de traduire cette conception en actes161. Au cours de sa premi�re phase, tenue � Gen�ve en 2003, le Sommet a clairement �nonc�, dans sa D�claration de principes, une volont� et une vision politiques et un cadre d'action. La mise en oeuvre des activit�s concr�tes a �t� expos�e dans le Plan d'action162. Au cours de sa seconde phase, organis�e en Tunisie en 2005, le Sommet a traduit le Plan d'action en actes et a �tabli un Agenda pour la soci�t� de l'information dans le cadre de l'Engagement de Tunis163.

161Sommet mondial sur la soci�t� de l'information:�http://www.itu.int/wsis/index.html.

162SMSI, D�claration de principes de Gen�ve, disponible sur:�http://www.itu.int/wsis/documents/doc_multi.asp?lang=en&id=1161|0.

SMSI, Plan d'action de Gen�ve, disponible sur:
http://www.itu.int/wsis/documents/doc_multi.asp?lang=en&id=1160|0.

163Engagement de Tunis, disponible sur:�http://www.itu.int/wsis/documents/doc_multi.asp?lang=en&id=2266|0.
Agenda de Tunis pour la soci�t� de l'information, disponible sur:�http://www.itu.int/wsis/documents/doc_multi.asp?lang=en&id=2267|0.

7.1.1 Principes fondamentaux du SMSI

La D�claration de principes et le Plan d'action du SMSI contiennent de nombreux engagements sur la cr�ation d'une soci�t� de l'information qui facilite l'�ducation, la formation et l'emploi des personnes handicap�es. Ils reconnaissent les besoins sp�ciaux des personnes handicap�es et, au titre des principes fondamentaux, mettent l'accent sur l'importance de la conception universelle et de l'utilisation des technologies d'assistance pour faciliter l'acc�s � la soci�t� de l'information. Il y est soulign� qu'une infrastructure inclusive de l'information et de la communication constitue l'un des fondements essentiels d'une soci�t� de l'information inclusive et que les "cyberstrat�gies nationales" doivent tenir compte "des besoins particuliers des personnes handicap�es".

La D�claration de principes et le Plan d'action �noncent un grand nombre d'obligations relatives aux besoins particuliers des personnes handicap�es:

•����������� Les TIC accessibles doivent �tre utilis�es � tous les stades de l'enseignement, de la formation et du d�veloppement des ressources humaines (D�claration de principes, � 30).

•����������� Il convient d'encourager la production d'�quipements et des services TIC en s'inspirant du�principe de design universel et en ayant recours � des technologies d'assistance (Plan�d'action, grande orientation C2, � f)).

•����������� Il convient d'�laborer un cadre inclusif assurant l'acc�s universel � l'information et au savoir (Plan d'action, � C3).

•����������� Il faut d�velopper les capacit�s, en faisant en sorte que les avantages que pr�sentent les�TIC pour tous s'�tendent aux cat�gories d�favoris�es, marginalis�es et vuln�rables (Plan d'action, grande orientation C4).

•����������� Il faut encourager la production de contenus (multim�dias, sites web, etc.) accessibles aux personnes handicap�es, dans leur propre langue (Plan d'action, grande orientation C8, ��23).

•����������� Il faut reconna�tre le potentiel exceptionnel du t�l�travail et des t�l�centres au service de l'emploi, dans des conditions �quitables, des personnes handicap�es, qui peuvent aussi travailler de fa�on ind�pendante au sein de leur communaut� (Plan d'action, grande orientation C7, paragraphe 19c)).

•����������� Il faut disposer de logiciels accessibles � tous et bon march�, en particulier pour les cat�gories marginalis�es, par exemple les personnes handicap�es.

•����������� Il faut encourager et promouvoir le d�veloppement concert� de plates‑formes compatibles et de logiciels libres et � code source ouvert pour les programmes d'�ducation et les programmes d'int�gration num�rique (Engagement de Tunis, paragraphe 29).

Dans son rapport sur le suivi � mi-parcours des Objectifs du SMSI, publi� en 2010, l'Union internationale des t�l�communications constate ce qui suit:

������������ "Compte tenu de l'ampleur des enjeux repr�sent�s par la r�alisation des Objectifs du SMSI et des OMD [Objectifs du Mill�naire pour le d�veloppement] et de [l'�ducation pour TOUS], il ne semble pas raisonnable de supposer que les m�thodes ordinaires suffiront pour assurer � tous une �ducation de qualit�, dans des conditions financi�rement abordables et � long terme, d'ici � 2015. En r�alit�, pour de nombreux syst�mes �ducatifs, tout l'enjeu est d'�tre en mesure d'offrir des possibilit�s de formation ou d'apprentissage � des groupes traditionnellement mal desservis ou marginalis�s."

De plus en plus, les TIC accessibles sont consid�r�es comme l'un des principaux moyens de parvenir aux r�sultats pr�conis�s par les strat�gies et trait�s internationaux sur le d�veloppement auxquels il est fait r�f�rence dans le pr�sent module.

L'UNESCO met l'accent sur la dimension humaine de la soci�t� de l'information, au-del� des questions de connexion et d'infrastructure. L'�ducation, le savoir, l'information et la communication sont au centre du bien‑�tre de l'humanit� � l'heure o� les nations tendent � devenir des soci�t�s du savoir inclusives. En 2003, l'UNESCO a fait para�tre une s�rie de publications r�capitulant certaines des questions essentielles li�es � l'�dification de la soci�t� de l'information, y compris en ce qui concerne les TIC et les personnes handicap�es164. Ces publications ont pour objet de mesurer l'ampleur des bouleversements entra�n�s par l'�mergence des TIC. Elles traitent aussi des possibilit�s de d�veloppement, des difficult�s rencontr�es, des solutions possibles et des diff�rents projets mis en oeuvre par l'UNESCO et ses partenaires.

Dans son Rapport mondial "Vers les soci�t�s du savoir"165, publi� � titre de contribution au processus du SMSI en 2005, l'UNESCO souligne l'existence, dans les soci�t�s, d'une fracture num�rique aux multiples visages:

������������ "Il n'y a pas une, mais des fractures num�riques au caract�re multiforme qui, loin d'�tre exclusives les unes des autres, se combinent entre elles selon les situations nationales et locales. Les facteurs qui influent sur la fracture num�rique sont nombreux... les ressources �conomiques, la g�ographie, l'�ge, le sexe, la langue, l'�ducation, l'emploi et l'int�grit� physique".

164�UNESCO, Etat de la recherche sur la soci�t� de l'information, Publications de l'UNESCO pour le Sommet mondial sur la soci�t� de l'information 2003, pages 59-68,�http://portal.unesco.org/ci/en/files/12515/10621625063status-1-84.pdf/status-1-84.pdf.

165Rapport mondial de l'UNESCO. Vers la soci�t� du savoir, Publications UNESCO 2005, page�30.�http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001418/141843e.pdf.

7.2 Initiatives de l'Union internationale des télécommunications (UIT)

L'Union internationale des t�l�communications est la principale institution des Nations Unies qui s'occupe des questions d'information et de communication et est le p�le de convergence mondial o� se retrouvent pouvoirs publics et secteur priv� pour le d�veloppement des r�seaux et des services. L'UIT, qui s'emploie � am�liorer les infrastructures de t�l�communication dans les pays en d�veloppement, a donc d�fini une strat�gie sp�cifique en mati�re d'accessibilit�. Cette strat�gie comporte trois grands axes:

•����������� Rendre accessibles les normes de conception technique.

•����������� Soutenir les personnes handicap�es dans l'exercice de leurs droits.

•����������� Assurer une �ducation et une formation � l'utilisation des TIC accessibles.

7.2.1 Kit pratique UIT-G3ict sur les politiques en matière de cyberaccessibilité pour les personnes handicapées

Le "Kit pratique UIT-G3ict166�des politiques de cyberaccessibilit� pour les personnes handicap�es"167�est un outil en ligne con�u pour aider les d�cideurs � mettre en oeuvre les dispositions de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es en�mati�re d'accessibilit� des TIC. Il est le r�sultat d'une collaboration internationale avec plus de�60 auteurs du monde entier. Il fournit diverses informations pr�sentant les dispositions de la Convention en mati�re d'accessibilit� des TIC, ainsi que des conseils et est structur� selon les diff�rents domaines des politiques publiques.

Le Kit pratique en bref

Ce Kit pratique pr�sente des informations relevant des grandes cat�gories suivantes:

•����������� Aper�u de la Convention et de ses dispositions relatives aux TIC.

•����������� R�partition d�mographique et analyse statistique du nombre de personnes dans le monde qui b�n�ficient de TIC accessibles.

•����������� Rappel concernant les questions d'accessibilit� des TIC.

•����������� Guide-ressource pour les d�cideurs, par domaine cl�: technologies d'assistance, sites web, logiciels et acc�s aux ouvrages publi�s.

•����������� Strat�gies de conception universelle des produits et services.

•����������� Politiques de march� publics.

•����������� Utilisation des technologies d'assistance pour les personnes handicap�es.

•����������� Coop�ration r�gionale et internationale.

•����������� R�le des collectivit�s locales.

•����������� Lignes directrices concernant l'�laboration de politiques publiques conformes aux dispositions de la Convention en mati�re d'accessibilit� des TIC.

Ce Kit pratique contient �galement deux autres ressources con�ues pour aider les pays � hi�rarchiser leurs priorit�s dans l'�laboration des politiques:

•����������� Guide par domaine d'action: ensemble de mesures que peuvent prendre les pouvoirs publics au titre de chaque fonction administrative, par exemple t�l�communications/radiodiffusion, �ducation et questions d'emploi/de soci�t�.

•����������� Cadre d'auto-�valuation: conseils donn�s aux pays sur les m�thodes de collecte de donn�es et sur les moyens de d�terminer les lacunes dans les diff�rents domaines d'action, l'objectif �tant de hi�rarchiser les mesures afin de satisfaire aux obligations de la Convention concernant les TIC.

En outre, le Secteur du d�veloppement des t�l�communications de l'UIT (UIT-D) met en oeuvre divers projets dans les pays en d�veloppement. Entre autres, il cr�e des centres communautaires TIC �quip�s de technologies d'assistance afin que les personnes handicap�es puissent se former, elles aussi, � ces technologies. Il existe aussi des formations professionnelles facilit�es par les TIC et des�projets visant � convertir du texte en parole dans les langues locales. Les questions d'accessibilit� sont aussi examin�es dans le cadre de la Commission d'�tudes 1 de l'UIT‑D, au titre�de la Question 20-1/1 "Acc�s des personnes handicap�es aux services de t�l�communication et�aux technologies de l'information et de la communication". Vous trouverez davantage d'informations sur�les travaux de l'UIT-D relatifs � l'accessibilit� sur le site: http://www.itu.int/ITU‑D/sis/PwDs/index.html.

Le Secteur de la normalisation des t�l�communications de l'UIT (UIT-T) encourage l'accessibilit� depuis 2000, dans le cadre du concept de "communication totale" et du principe de "conception pour tous" (voir la Recommandation UIT-T F.703). Ces deux initiatives ont contribu� � promouvoir la notion de conception universelle, consacr�e par la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es, huit ans avant son adoption par les Nations Unies. Depuis lors, de nombreuses autres normes, appel�es "Recommandations" � l'UIT, ont �t� �labor�es sur les th�mes de l'accessibilit� et de son int�gration dans les syst�mes de t�l�communication/TIC.

En outre, l'UIT‑T a mis au point une liste r�capitulative sur l'accessibilit� dans le domaine des t�l�communications qui permet aux auteurs de normes - �quipementiers, fournisseurs de r�seaux, exploitants, r�gulateurs et Etats Membres de l'UIT - d'inclure des principes d'accessibilit� et de conception universelle d�s le d�but du processus de normalisation, au lieu d'avoir par la suite � adapter les syst�mes et services existants, ce qui co�te cher. Vous trouverez plus d'informations sur�les travaux de l'UIT‑T dans le domaine de l'accessibilit� sur le site: http://www.itu.int/ITU‑T/accessibility/index.html.

166L'Initiative mondiale des Nations Unies "TIC pour tous" (G3ict) est une initiative phare de l'Alliance mondiale pour les TIC au service du d�veloppement.

167http://www.e-accessibilitytoolkit.org

7.3 Initiatives de l'UNESCO

L'UNESCO est � la t�te du mouvement Education pour tous qui vise � r�pondre aux besoins �ducatifs de tous les enfants, jeunes et adultes d'ici � 2015. Le but ultime est de parvenir � l'�ducation inclusive, consid�r�e par l'UNESCO comme un moyen d'assurer � tous une �ducation de qualit� et d'atteindre des objectifs d'int�gration sociale au sens large.

Dans ses "Principes directeurs pour l'inclusion: assurer l'acc�s � l'�ducation pour tous", l'UNESCO d�finit l'�ducation inclusive comme:

������������ "... un processus visant � tenir compte de la diversit� des besoins de tous les apprenants et � y r�pondre par une participation croissante � l'apprentissage, aux cultures et aux collectivit�s, et � r�duire l'exclusion qui se manifeste dans l'�ducation. Elle suppose la transformation et la modification des contenus, des approches, des structures et des strat�gies, avec une vision commune qui englobe tous les enfants de la tranche d'�ge concern�e, et la conviction qu'il est de la responsabilit� du syst�me �ducatif g�n�ral d'�duquer tous les enfants"168.

L'UNESCO encourage �galement l'utilisation efficace de TIC "accessibles, adaptables et abordables"169. Elle consid�re l'autonomisation des personnes handicap�es gr�ce � l'utilisation efficace des TIC

������������ "... non pas comme un acte de charit�, mais comme l'exercice d'un droit de l'homme fondamental tel qu'�nonc� dans la D�claration universelle des droits de l'homme en 1948, rappelant que "tous les �tres humains naissent libres et �gaux en dignit� et en droits"170.

L'UNESCO encourage l'autonomisation des personnes handicap�es par les TIC afin de les faire participer efficacement aux activit�s �ducatives, culturelles et scientifiques et � l'exercice des droits de l'homme et de l'inclusion sociale (Figure 7.1). (Voir le document de l'UNESCO Empowering Persons with Disabilities through ICTs pour plus d'informations sur les vues de l'UNESCO concernant les relations entre TIC accessibles, �ducation inclusive et droits de l'homme).

Source: UNESCO

Figure 7.1 – Des TIC accessibles au service de l'�ducation, de la science,
de la culture et de la communication

L�gende:

Education inclusive
Autonomiser les personnes handicap�es gr�ce aux TIC
Communication et information
Sciences humaines et sociales


UNESCO: Principes directeurs pour l'inclusion dans l'�ducation, �dition de 2009171

Selon les Principes directeurs pour l'inclusion dans l'�ducation, l'�ducation inclusive "renforce la capacit� du syst�me �ducatif � atteindre tous les apprenants et peut donc �tre comprise comme une strat�gie cl� pour r�aliser l'EPT172. Les trois grands moteurs de l'�ducation inclusive sont d'ordre:

•����������� �ducatif: les �coles inclusives, dans lesquelles tous les enfants sont �duqu�s ensemble, mettent au point des m�thodes d'enseignement qui sont adapt�es aux sp�cificit�s de chacun et ainsi b�n�ficient � tous;

•����������� social: les �coles inclusives encouragent une attitude positive envers la diversit� et constituent la base d'une soci�t� juste et non discriminatoire;

•����������� �conomique: il est plus rentable de cr�er des �coles qui �duquent tous les enfants ensemble que d'�tablir des syst�mes complexes de diff�rents types d'�coles sp�cialis�es pour diff�rentes cat�gories d'enfants.

Ces principes directeurs concernent particuli�rement l'�ducation et la formation professionnelle continue des enseignants, dont beaucoup ne connaissent pas bien les utilisations potentielles des�TIC et ne savent pas toujours comment utiliser les TIC accessibles pour aider en classe les �l�ves handicap�s.

168UNESCO, Guidelines for inclusion: Ensuring Access to Education for All, Paris, UNESCO, 2005.

169UNESCO, “Empowering Persons with Disabilities through ICTs”, 2009, available at http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001847/184704e.pdf

170Ibid (footnote 169)

171UNESCO Policy guidelines on Inclusive Education

172UNESCO Guidelines for Inclusive Education, page 8

7.3.1 Déclaration de Salamanque et écoles inclusives

En 1994, l'UNESCO a organis� une conf�rence internationale charg�e d'examiner les "changements radicaux de politique n�cessaires pour promouvoir l'�ducation inclusive, � savoir permettre aux �coles de r�pondre aux besoins de tous les enfants, en particulier de ceux qui ont des besoins �ducatifs sp�ciaux". Cette conf�rence a adopt� la "D�claration de Salamanque sur les principes, les politiques et les pratiques en mati�re d'�ducation et de besoins �ducatifs sp�ciaux ainsi qu'un cadre d'action", approuv�s par 92 pays173. Aux termes de cette D�claration, l'�ducation inclusive signifie que:

������������ "... L'�cole devrait accueillir tous les enfants, quelles que soient leurs caract�ristiques particuli�res, d'ordre physique, intellectuel, social, affectif, linguistique ou autres. Elle devrait recevoir aussi bien les enfants handicap�s que les surdou�s, les enfants des rues et ceux qui travaillent, les enfants des populations isol�es ou nomades, ceux des minorit�s linguistiques, ethniques ou culturelles ainsi que les enfants d'autres groupes d�favoris�s ou marginalis�s."174

Alors que dans de nombreux pays des �coles bien �tablies pourvoient aux besoins �ducatifs des enfants souffrant de handicaps sp�cifiques, la D�claration recommande fermement que, dans les cas o� les pays dans lesquels les �coles sp�ciales sont peu nombreuses ou existantes, les efforts soient concentr�s "sur la mise en place d'�coles int�gratrices et de services sp�cialis�s (en particulier, formation des ma�tres en mati�re d'�ducation et de besoins �ducatifs sp�ciaux et cr�ation de centres de documentation dot�s d'un personnel et de moyens appropri�s aupr�s desquels les �coles pourraient obtenir un appui) qui seront n�cessaires pour r�pondre aux besoins de la vaste majorit� des enfants et des adolescents". Une fois cr��es, les �coles inclusives sont plus rentables que le maintien d'un syst�me d'�ducation � deux vitesses.

173http://www.unesco.de/fileadmin/medien/Dokumente/Bildung/Salamanca_Declaration.pdf

174The Salamanca Statement and Framework for Action on Special Needs Education, para 3.

7.3.2 48ème Conférence internationale de l'éducation organisée par l'UNESCO

La Conf�rence internationale de l'�ducation (CIE) organis�e par l'UNESCO est l'un des principaux forums au niveau mondial pour la promotion du dialogue sur les politiques �ducatives, organis� par les 153 Etats Membres de l'UNESCO pour promouvoir la strat�gie globale de l'organisation en vue d'encourager une �ducation de qualit�. La 48�me Conf�rence internationale de l'�ducation, tenue � Gen�ve en novembre 2008, a mis l'accent dans sa conclusion et ses recommandations sur l'�ducation inclusive, strat�gie fondamentale pour la r�ussite de l'initiative de l'UNESCO "L'�ducation pour tous"175. Comme indiqu� dans le rapport final, l'�ducation inclusive est "un processus � long terme qui vise � offrir une �ducation de qualit� pour tous, en respectant la diversit� et les diff�rents besoins et capacit�s, les caract�ristiques et les attentes des �l�ves et des communaut�s en mati�re d'apprentissage, et en �liminant toute forme de discrimination"176. L'utilisation des TIC est pr�sent�e comme un moyen de "garantir un acc�s plus large aux possibilit�s d'apprentissage"177.

Analyse des rapports nationaux sur le d�veloppement de l'�ducation

Cent seize pays ont soumis � la Conf�rence178�des rapports nationaux sur le d�veloppement de l'�ducation. Ces rapports t�moignent des modestes progr�s r�alis�s et des innovations int�ressantes apport�es par des pays en d�veloppement en ce qui concerne l'utilisation des TIC au service de l'�ducation inclusive:

•����������� Au Br�sil, le Minist�re de l'�ducation consid�re la fourniture de TIC accessibles comme un moyen "de lutter contre la pauvret�, l'exclusion sociale et la culturalisation". A cette fin, le Minist�re a rappel� l'installation de 1�251 salles polyvalentes �quip�es de "t�l�visions, ordinateurs et imprimantes, scanners et webcams, DVD et logiciels d'accessibilit�, de mobilier et de mat�riel �ducatifs et p�dagogiques en braille, en langue des signes, de moyens de communication am�lior�e et alternative, ainsi que d'autres technologies d'assistance, afin d'offrir de nouveaux services �ducatifs sp�cialis�s". Ces salles ont �t� install�es entre 2005 et 2007, l'objectif �tant de parvenir � un total de 30�000 salles polyvalentes fin 2011179.

•����������� En Tanzanie, le Minist�re de l'�ducation a d�clar� �tre parvenu "� am�nager les b�timents de certaines �coles qui pratiquent l'�ducation inclusive, ainsi qu'� acheter des mat�riels comme des machines et ordinateurs Braille pour les aveugles, entre autres"180.

•����������� A La Barbade, "l'informatique peut jouer un grand r�le pour encourager l'�ducation des enfants ayant des besoins sp�ciaux, non seulement sur le plan de l'enseignement de nouvelles comp�tences, mais aussi pour l'acc�s aux programmes au moyen de technologies d'assistance. Des applications et syst�mes informatiques sp�cifiques permettent aux �l�ves handicap�s d'�tre �duqu�s dans une classe ordinaire, aux c�t�s de leurs pairs non handicap�s"181.

•����������� En Ouzb�kistan, "les enfants ayant des besoins sp�ciaux, qui n'ont pas la possibilit� physiquement de fr�quenter l'�cole recevront un ordinateur et des programmes multim�dias de formation � l'informatique […]". Ces ordinateurs donneront acc�s � des trousses et ressources �ducatives de base.

•����������� En Tha�lande, "on distribue des bons pour contribuer � fournir les technologies correspondant � des besoins sp�cifiques, et chaque �l�ve handicap� a droit � un bon d'un montant minimal de 2�000 bath (soit 55�USD) par an"182�.

Tandis que certains rapports font �tat de progr�s encourageants, et que tous les rapports nationaux indiquent que des dispositions sont pr�vues pour les �l�ves handicap�s, tr�s peu d'entre eux hi�rarchisent par priorit� la fourniture ou l'utilisation de TIC accessibles. Il est apparu, au terme d'une recherche par mots cl�s r�alis�e sur les 116�rapports nationaux pour divers termes associ�s aux TIC accessibles, que la fourniture ou l'utilisation de TIC accessibles, en particulier de mat�riels didactiques sous une forme diff�rente, n'existe que dans un petit nombre de rapports183.

L'UNESCO a organis� � Addis‑Abeba (Ethiopie), du 23 au 25�f�vrier�2010, la neuvi�me r�union du Groupe de haut niveau sur l'�ducation pour tous. Ainsi qu'il est soulign� dans la D�claration d'Addis‑Abeba qui en a r�sult�184:

������������ "Les six objectifs de l'EPT et les Objectifs du Mill�naire pour le d�veloppement (OMD) ne pourront �tre atteints que si les gouvernements acc�l�rent leurs efforts pour garantir l'�ducation aux populations marginalis�es. Les occasions qui se pr�senteront en 2010, notamment le processus d'examen des OMD, doivent �tre mises � profit pour revitaliser les efforts et soutenir l'EPT. Si la communaut� mondiale ne prend pas des mesures r�solues et cibl�es pour atteindre les marginalis�s, on comptera encore, en 2015, 56�millions au moins d'enfants en �ge de fr�quenter l'�cole primaire et non scolaris�s."

Toujours en 2010, l'UNESCO a publi� le "Rapport mondial de suivi de l'�ducation pour tous: atteindre les marginalis�s". Selon ce rapport, les enfants handicap�s sont parmi les plus marginalis�s et les moins susceptibles d'�tre scolaris�s.

������������ "On estime qu'il y a dans le monde 150�millions d'enfants handicap�s, dont environ les quatre cinqui�mes dans les pays en d�veloppement. Des millions d'autres vivent avec des parents ou des proches handicap�s. Au‑del� de leurs effets imm�diats sur la sant�, les d�ficiences physiques et mentales entra�nent une stigmatisation qui conduit souvent � l'exclusion de la soci�t� et de l'�cole�... Les enfants atteints de d�ficience qui affectent la capacit� de communiquer, et de d�ficiences plus graves dans leur ensemble, ont g�n�ralement les chances d'�ducation les plus limit�es, surtout dans les pays les plus pauvres."

L'UNESCO est en train de lancer un nouveau projet intitul� "D�veloppement des politiques inclusives d'information destin�es � �tre utilis�es dans la formation aux TIC pour les personnes handicap�es" (ICT4ED4PWD). Ce projet vise � r�unir de bonnes pratiques dans l'utilisation des�TIC accessibles, adaptables et abordables dans la formation des personnes handicap�es. Il examinera aussi les politiques existantes en mati�re de TIC ax�es sur les questions d'�ducation inclusive, y�compris pour les personnes handicap�es. Un ensemble d�taill� des recommandations sera �labor� pour mettre en valeur les politiques d'information inclusives dans le monde.

175http://www.ibe.unesco.org/en/ice/48th-ice-2008.html

176http://www.ibe.unesco.org/en/ice/48th-session-2008/final-report.html

177L'un des th�mes d�battu �tait "Le r�le des TIC dans l'innovation curriculaire". L'un des domaines d'action concrets �tait "M�thodes didactiques souples avec approches novatrices des auxiliaires p�dagogiques et �quipements, y compris l'emploi des TIC".

178http://www.ibe.unesco.org/en/ice/48th-session-2008/national-reports.html

179http://www.ibe.unesco.org/National_Reports/ICE_2008/brazil_NR08_es.pdf Page 44-45

180Ibid (page 43)

181Ibid (page 7)

182Ibid (page 17)

183� R�sultats de la recherche par mots cl�s � l'aide de Google sur le site parent URL:�http://www.ibe.unesco.org/National_Reports/ICE_2008

������������ •���� Technologie/dispositifs/�quipement d'assistance/d'adaptation) – 8 fois (Lituanie, ������������������ �������� Barbade, Brun�i Darussalam, Jama�que, Tanzanie, Afghanistan, Br�sil, Canada)
�������� •���� Conception universelle - 3 fois (Estonie, Afghanistan, Botswana)
�������� •���� TIC accessibles – 0 fois
�������� •���� Braille – 28 fois

184Neuvi�me r�union du Groupe de haut niveau sur l'�ducation pour tous, 23‑25�f�vrier�2010, Addis‑Abeba (Ethiopie). D�claration d'Addis‑Abeba:�http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001871/187149e.pdf.

7.3.3 Autres initiatives de l'UNESCO

"Autonomisation des personnes handicap�es gr�ce aux TIC" – Pavillon de l'UNESCO � ITU�Telecom World 2009

ITU Telecom World 2009 a �t� un �v�nement de premier plan pour l'ensemble du secteur des t�l�communications et des TIC, qui a rassembl� les grands noms de l'industrie dans le monde entier185. Cette manifestation a mis en avant la notion de "soci�t�s du savoir", dans lesquelles tout un chacun peut avoir acc�s aux informations et aux connaissances, les cr�er, les utiliser et les �changer. "L'autonomisation des personnes handicap�es gr�ce aux TIC" �tait le th�me principal du pavillon de l'UNESCO186. Dans le cadre de plusieurs ateliers, s�minaires et expositions, l'UNESCO a fait passer le message suivant:

������������ "L'autonomisation des personnes handicap�es, particuli�rement gr�ce � l'utilisation efficace des TIC, n'est un pas un acte de charit�, mais l'exercice d'un droit de l'homme fondamental tel qu'�nonc� dans la D�claration universelle des droits de l'homme en 1948, rappelant que "Tous les �tres humains naissent libres et �gaux en dignit� et en droits."

L'UNESCO a organis� les 22 et 23 f�vrier 2010 � Paris une r�union d'experts sur le th�me "Int�gration des TIC pour faciliter l'acc�s des personnes handicap�es � l'information et au savoir"187. Cette r�union avait pour but de discuter de la mani�re dont l'UNESCO pourrait faciliter la mise en oeuvre de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap�es et de d�finir en pratique comment elle pourrait aider ses Etats Membres � s'acquitter de cet engagement international. Les recommandations concr�tes suivantes en ont r�sult�:

1)��������� R�alisation d'activit�s concr�tes pour rendre l'UNESCO accessible.

2)��������� Int�gration des TIC dans l'�ducation inclusive.

3)��������� Mobilisation des ressources et de la coop�ration internationale.

4)��������� Cr�ation d'un �cosyst�me d'acc�s � l'information et au savoir.

L'Institut de l'UNESCO pour les technologies de l'information dans l'�ducation (IITE)

L'Institut de l'UNESCO pour les technologies de l'information dans l'�ducation (IITE) vise � promouvoir l'�galit� d'acc�s � l'�ducation et l'int�gration des cat�gories sociales les plus vuln�rables gr�ce � l'utilisation des TIC. A cette fin, l'IITE apporte un appui � l'�laboration des strat�gies nationales visant �:

•����������� am�liorer l'acc�s des cat�gories d�favoris�es et marginalis�es aux infrastructures TIC;

•����������� promouvoir les programmes de formation professionnelle et de formation aux rudiments des TIC ciblant sp�cifiquement les cat�gories sociales les plus vuln�rables;

•����������� appuyer la coop�ration r�gionale, sous-r�gionale et internationale ainsi que les �changes de bonnes pratiques concernant l'utilisation des TIC par les cat�gories marginalis�es.

Cours de formation: "Les TIC dans l'�ducation des personnes ayant des besoins particuliers"

L'IITE a mis au point une formation sp�cialis�e intitul�e "Les TIC dans l'�ducation pour les personnes ayant des besoins particuliers". Ce cours pr�sente les enseignements tir�s, sur le plan international, de l'exp�rience de l'utilisation des TIC pour �duquer diverses cat�gories de personnes ayant des besoins particuliers. Il est con�u pour d�velopper les comp�tences de tous ceux qui s'occupent d'�ducation pour les personnes ayant des besoins particuliers, � diff�rents �gards:

•����������� Importance de l'�ducation inclusive au regard de l'objectif d'�galit� des chances pour tous.

•����������� Aspects de l'�ducation int�ressant les �l�ves handicap�s dans le contexte de la soci�t� de l'information.

•����������� R�le des TIC dans la fourniture d'une �ducation inclusive aux �l�ves handicap�s.

•����������� S�lection soigneuse et utilisation des technologies d'assistance en fonction des besoins de chaque �l�ve.

•����������� Conditions �ducatives adapt�es pour une bonne utilisation des TIC accessibles.

•����������� M�thodes d'�valuation li�es � l'utilisation des TIC accessibles dans l'�ducation.

•����������� Conseils quant � l'�laboration et � la mise des oeuvres des strat�gies TIC pour l'�ducation d'enfants handicap�s.

185ITU Telecom World 2009, http://www.itu.int/WORLD2009/

186UNESCO, Empowering People with Disabilities through ICTs http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001847/184704e.pdf

187http://portal.unesco.org/ci/en/ev.php-URL_ID=29479&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=-465.html

7.3.4 UNICEF – Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant (1989)

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, l'UNICEF, oeuvre pour les droits, la survie, le d�veloppement et la protection de l'enfant188. Il s'appuie sur la Convention de 1989 relative aux droits de l'enfant. Cette convention internationale fait sp�cifiquement r�f�rence aux droits des enfants handicap�s � �tre prot�g�s contre toute forme de discrimination (Article�2). Aux termes de l'article�23, les Etats Parties � la Convention reconnaissent "que les enfants handicap�s doivent mener une vie pleine et d�cente, dans des conditions qui garantissent leur dignit�, favorisent leur autonomie et facilitent leur participation active � la vie de la collectivit�". Une aide devrait �tre fournie pour assurer l'acc�s effectif des enfants handicap�s "� l'�ducation, � la formation, aux soins de sant�, � la r��ducation, � la pr�paration � l'emploi et aux activit�s r�cr�atives" (Article�23�(3)). Les Etats Parties sont �galement encourag�s, dans un esprit de coop�ration internationale, � favoriser l'�change "d'informations concernant les m�thodes de r��ducation et les services de formation professionnelle" afin d'am�liorer leurs capacit�s et leurs comp�tences dans ces domaines (Article 23 (4))189.

188http://www.unicef.org/
189United Nations Conventions on the Rights of the Child http://www2.ohchr.org/english/law/pdf/crc.pdf

8 Démonstrations vidéo de technologies d'assistance

Les vid�os suivantes illustrent les technologies d'assistance qu'une personne peut utiliser pour contr�ler et utiliser son environnement et/ou ordinateur.

Communication am�lior�e et alternative

La vid�o suivante montre comment Ellen, utilisatrice de technologies d'assistance, utilise des commutateurs et un syst�me de communication am�lior�e et alternative (AAC) pour communiquer, avoir acc�s � un ordinateur et avoir prise sur son environnement, chez elle comme en classe.

Technologies d'assistance pour les personnes aveugles ou malvoyantes.

The following video is a basic overview of the JAWS screen reader.�

Formats alternatifs pour les personnes sourdes ou malentendantes

La vid�o suivante montre comment l'utilisation des sous‑titres et des descriptions audio est essentielle dans l'utilisation de mat�riels �ducatifs pour les �l�ves aveugles ou sourds.

9 Ressources techniques

Les sous‑sections suivantes pr�sentent des listes de ressources en mati�re de technologies d'assistance, de formats accessibles, d'�laboration de programmes, d'�valuation des besoins, de t�l�centres, de logiciels � code source ouvert et d'autres technologies examin�es dans le pr�sent module.

9.1 Ressources éducatives pour les enseignants et les décideurs dans le domaine des technologies d'assistance, des formats accessibles et de l'élaboration de programmes

The Adaptive Braille Writing Tutor project http://www.cs.cmu.edu/~nidhi/brailletutor.html#factsheet.

Adobe (2009). "What is accessibility?" http://www.adobe.com/accessibility/gettingstarted/accessibility.html.

Annor, J. (2002) Implementing Government Policy for Supporting Technology Use by Persons with Disability. http://www.csun.edu/cod/conf/2002/proceedins/98.htm.

AHEAD Text Access. Ireland's Resource Guide & Union Catalogue for the Print Disabled at Third Level http://www.textaccess.ie/.

Bray, M., Brown, M., & Green, T. (2004). Technology and the Diverse Learner: A Guide to Classroom Practice. Thousand Oaks, California: Corwin Press.

IT Procurement Toolkit from the Centre for Excellence in Universal Design, Ireland. http://www.universaldesign.ie/useandapply/ict/itprocurementtoolkit.

Casely-Hayford, L. and Lynch, P. ICT and Special Needs Education in Africa, Imfundo Report- Phase 1 http://imfundo.digitalbrain.com/imfundo/web/papers/refpapers/?verb=view.

Casely-Hayford, L. and Lynch, P. ICT Based Solutions for Special Educational Needs in Ghana, Imfundo Report - Phase 2 http://imfundo.digitalbrain.com/imfundo/web/papers/refpapers/?verb=view.

Craddock, G, D Gordon, O'Callaghan, K & M. Scherer, (2006) Thinking Beyond Assistive Technology In The Classroom: Phase two of the Inclusive Learning Project (ILT) accepted for publication in Special Education and as a paper at the Assistive Technology Industry Association�2006 conference.

Craddock etc (2005) Over the Parapet: Thinking Beyond Assistive Technology In The Classroom, Rehabilitation Engineering Society of North America, Annual Conference, June 2005 Atlanta, GA. in press.

Craddock, G (2005) The AT Continuum in Education: Novice to Power User, Journal of Disability and Rehabilitation in press.

Craddock, G, M Scherer & D Gordan. Inclusive Learning through Technology: Individualized Curriculum in Special Education, Assistive Technology Industry Association 2005 conference, 19th-22nd Orlando Fl.

Duxbury Systems software for Braille with Windows, Macintosh, DOS, and UNIX programs http://www.duxburysystems.com/.

EDeAN. Resources on Universal Design Education and Training http://www.education.edean.org/.

Edmonds, C. (2003). Providing Access to Students with Disabilities in Online Distance Education: Legal, Technical, and Practical Considerations. http://www.informaworld.com/smpp/content~db=all~content=a783720878.

Agence europ�enne pour le d�veloppement de l'�ducation des personnes pr�sentant de besoins particuliers (European Agency for Development in Special Needs Education) (2003). Les principes de base pour l'�ducation des enfants � besoins �ducatifs particuliers. Recommandations � l'usage du l�gislateur. Sur: http://www.european-agency.org/publications/ereports/key-principles-in-special-needs-education/key-principles-in-special-needs-education.

Gateway. Information sur les aides techniques (AT) afin de faire progresser les jeunes en situation de handicap dans le domaine de l'enseignement et dans le monde du travail. http://www.gateway2at.eu.

G3ict http://www.g3ict.org

IMS (2001). Guidelines for Developing Accessible Learning Applications. http://www.imsglobal.org/accessibility/accessiblevers/index.html.

ITU/G3ict e-accessibility Policy Toolkit for Persons with Disabilities http://e‑accessibilitytoolkit.org.

Lahm, E.A. (2003). Assistive Technology Specialists: Bringing Knowledge of Assistive Technology to School Districts. Remedial and Special Education, 24(3), pp.141-153.

Moore, D. and Taylor, J. (2000). Interactive Multimedia Systems for Students with Autism. Journal of Educational Media, 25 (3), pp. 169-175.

Microsoft information and tutorials on the inbuilt accessibility features in Microsoft products such as Windows 7, Vista and XP and Office products http://www.microsoft.com/enable/download/default.aspx

Microsoft. Accessibility: A Guide for Educators. "This guide from Microsoft provides information about accessibility and accessible technology to help educators worldwide ensure that all students have equal access to learning with technology." http://www.microsoft.com/enable/education/

Technology and Social Change (TASCHA), University of Washington. First Workshop on Technology and Disability in the Developing World http://change.washington.edu/access/workshop_1/

Toolbox for Educators: Technology for Mild Disabilities Providing Access to the General Education Curriculum http://www.ed.sc.edu/caw/toolboxvendors.html

UNESCO IITE Les TIC dans l'�ducation des personnes ayant des besoins particuliers. http://www.iite.ru/pics/publications/files/3214644.pdf

University CSUN. Assistive Technology programme. http://www.csun.edu/codtraining/

University of Buffalo Assistive Technology Training Online Project http://atto.buffalo.edu

OMS. Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la sant� (CIF) http://www.who.int/classifications/icf/en/

9.2 Evaluation des besoins en matière de technologies d'assistance

Assistive Technologies sorted by impairment type http://www.hp.com/hpinfo/abouthp/accessibility/atproductimpairment.html

Assistive Technology Needs Assessment http://www.asha.org/eweb/OLSDynamicPage.aspx?Webcode=olsdetails&title=Assistive+
Technology+Needs+Assessment

Besio, S. (2002a). The Counselling Process in Assistive Technology Evaluation and Selection in: Scherer, M.J. (Ed.), Assistive Technology: Matching Device and Consumer for Successful Rehabilitation. Washington, DC: APA Books, 231-252.

Craddock, G & M. Scherer (2003) "Assessing Individual Needs for Assistive Technology" in Transition Assessment: Wise Practices in Quality Lives edited by Caren L. Sax & Collen A Thoma, Brookes Publishers Baltimore, Maryland.

Education Queensland. Guidelines for Special Consideration in Assessment. http://education.qld.gov.au/studentservices/learning/index.html

Selecting Assistive Technologies http://www.hp.com/hpinfo/abouthp/accessibility/atproduct.html

Scherer, M.J. (1994). The Matching Persons & Technology (MPT) Model. Webster: MPT Institute.

Scherer, M.J. (Ed.) (2002a). Assistive Technology: Matching Device and Consumer for Successful Rehabilitation. Washington, DC: APA Books.

Scherer, M.J. (2002b). The Change in Emphasis from People to Person: Introduction To the Special Issue On Assistive Technology. Disability & Rehabilitation, 24 (1/2/3), 1-4.

Scherer, M.J. (2004). Connecting to Learn. Educational and Assistive Technology for People with Disabilities. Washington, DC: American Psychological Association.

9.3 Technologies d'assistance, logiciels, ressources, guides et projets

ABLEDATA: AbleData - Your source for assistive technology information from http://www.abledata.com/

Ace Centre: What is a communication aid. http://www.ace-centre.org.uk/index.cfm?pageid=DB6B5FE3-3048-7290-FE18A6FAEAF27C9B

Ability Net: Exploring Augmentative and Alternative Communication http://www.ace-centre.org.uk/index.cfm?pageid=DB6B5FE3-3048-7290-FE18A6FAEAF27C9B

AssistiveWare: vid�os sur l'accessibilit� informatique http://www.assistiveware.com/videos.php

ATIA (2009). Assistive Technology Industry Association http://www.atia.org/

Autism Research Institute http://www.autism.org/

Better Living through Technology - Liste exhaustive de Technologies d'assistance et de logiciels pour divers handicaps http://www.bltt.org/

Canonical Homepage http://www.canonical.com/

Chisholm, W. and M. May (2009). "Universal design for web applications", California, US, O'Reilly Press

Dolphin Pen drive http://www.yourdolphin.com/productdetail.asp?id=8

GW Micro - Window-Eyes: http://www.gwmicro.com/Window-Eyes/

Free and Low Cost Solutions: http://abilitynet.wetpaint.com/page/Free+and+Low+Cost+Solutions

Freedom Scientific: JAWS for Windows � Screen Reading Software http://www.freedomscientific.com/products/fs/jaws-product-page.asp

Freedom Scientific: Surfing the Internet with JAWS and MAGic http://www.freedomscientific.com/Training/Surfs-Up/_Surfs_Up_Start_Here.htm "Learn to use JAWS� screen reading software for Windows and MAGic� screen magnification software for Windows to read and navigate the Internet"

Freedom Scientific : PAC Mate™ Portable Braille Displays http://www.freedomscientific.com/products/fs/pacmate-braille-product-page.asp.

Guidelines for the Design of Accessible Information and Communication Technology Systems. http://www.tiresias.org/guidelines/index.htm

Hawking, S. (2004): "Computer Resources for People with Disabilities: A Guide to Assistive Technologies, Tools and Resources for People of All Ages", Hunter House.

Hersh, M. A. and M. A. Johnson (2003): "Assistive Technology for the Hearing Impaired, Deaf and Deafblind", Springer.

Hersh, M. A. and M. A. Johnson (2008): "Assistive Technology for Visually Impaired and Blind People", Springer.

IBM Accessibility Centre Firefox: An open source accessibility success story http://www‑03.ibm.com/able/resources/firefox.html.

Inclusive Technology – AT supplier http://www.inclusive.co.uk/

Jones, Kevin (2008): "An Introduction to Screen Readers" retrieved 12.06.2009 from http://www.dcmp.org/caai/nadh181.pdf

King, T. W. (1998): "Assistive Technology: Essential Human Factors", Allyn & Bacon

Kurzweil Educational Systems http://www.kurtzweiledu.com

Laptop Computers and Electronic Notetakers for the Blind: A Comparison http://nfb.org/legacy/bm/bm03/bm0304/bm030407.htm

Laureate software for students with speech and language impairments: autism, and other neurological conditions http://www.LaureateLearning.com

Microsoft Grant Announcement http://www.nvda-project.org/blog/MicrosoftGrant2008-2009Announcement

OneSwitch http://www.oneswitch.org.uk/index.htm

Overview of Technology for Visually Impaired and Blind Students http://www.tsbvi.edu/technology/overview.htm

Raising the Floor http://raisingthefloor.net/

Schoolnet resources on inclusive education and ICTs http://www.schoolnet.ca/?404=Y

Smart Kids Software - a portal of software companies that specialise in software for children http://www.smartkidssoftware.com

Vanderheiden, G. (1998). Universal design and assistive technology in communication and information technologies: alternatives or complements? "Assistive Technology" 10(1): 29-36

W3C-WAI Introduction to Web Accessibility http://www.w3.org/WAI/intro/accessibility.php

W3C-WAI Evaluating Web Sites for Accessibility: Overview http://www.w3.org/WAI/eval/Overview.html

W3C-WAI Presenting the Case for Web Accessibility http://www.w3.org/WAI/EO/2004/02/presenting_case.html

W3C-WAI (2006). "Complete List of Web Accessibility Evaluation Tools" http://www.w3.org/WAI/ER/tools/complete

W3C-WAI Web Content Accessibility and Mobile Web: Making a Web Site Accessible Both for People with Disabilities and for Mobile Devices" http://www.w3.org/WAI/mobile/

W3C-WAI Techniques in WCAG 2.0 http://www.w3.org/TR/WCAG20-TECHS/

WebAIM. Keeping Web Accessibility in Mind Video http://www.webaim.org/intro/video.php

Zoomtext by A1 Squared at http://www.aisquared.com/index.cfm

9.4 Solutions et produits logiciels gratuits et à code source ouvert

AEGIS IP initiative (Open Accessibility Everywhere: Groundwork, Infrastructure, Standards -http://www.aegis-project.eu/

Assistive Technology Timeline - American Foundation for the Blind http://www.afb.org/Section.asp?SectionID=4&DocumentID=4368

Center For Adaptive Technology - Kenya Society For The Blind http://www.ksblind.org/site/?q=node/8

Comet Media Foundation http://www.cometmedia.org/ngo-in-a-box

Drupal Content Management System http://drupal.org/

DAISY Digital Talking Books http://www.daisy.org/dtbooks

eSpeak: Speech Synthesizer http://espeak.sourceforge.net/

F123.org – Scalable solutions – Botelho & Paula Consultoria http://f123.org/en/

F123.org – Solu��es de grande escala – Botelho & Paula Consultoria � Motor http://f123.org/motor

F123.org – Solu��es de grande escala – Botelho & Paula Consultoria � Visual http://f123.org/visual

Free Software Foundation: The GNU General Public License http://www.gnu.org/licenses/gpl.html

GNU Compiler Collection http://www.ohloh.net/p/gcc

Gnome Onscreen Keyboard http://www.gok.ca/

Inference Group: Dasher Project: Home http://www.inference.phy.cam.ac.uk/dasher/

Mozilla Firefox http://www.mozilla.com/firefox/

NonVisual Desktop Access (NVDA) Open source screen reading software for Windows. http://www.nvda-project.org/ http://www.nvda-project.org/wiki/Download

OATSoft - Open Source Assistive Technology Software http://www.oatsoft.org/

OpenOffice.org - The Free and Open Productivity Suite http://www.openoffice.org/

Open Source Business Models Strategies - Articles Research http://www.opensourcestrategies.org/ Accessed July 6, 2010.

Orca - Open source screen reading software for Linux http://live.gnome.org/Orca"

Ocropus - The OCRopus(tm) open source document analysis and OCR system http://code.google.com/p/ocropus/

Pino, A et al. 2010 An Open Source / Freeware Assistive Technology Software. Computers Helping People with Special Needs. 12th International Conference, ICCHP 2010. Part 1.

pVoice – Logiciel de communication am�lior�e http://pvoice.org/

RedHat.com http://www.redhat.com/ consult� le 6 juillet 2010.

RoboBraille. RoboBraille est un service gratuit de courrier �lectronique qui peut convertir des documents texte num�riques en fichiers braille ou audio. Il existe actuellement en version danoise, anglaise, fran�aise, allemande, grecque, islandaise, italienne, lituanienne, norv�gienne, polonaise, portugaise et slov�ne. http://www.robobraille.org/frontpage.

"Code source"; Wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Source_code consult� le 6�juillet�2010.

Ubuntu homepage http://www.ubuntu.com/.

University of Pune, Department of CNC , http://www.unipune.ernet.in/network/index.html

Virtual Magnifying Glass - A free, open source, screen magnifier, for Windows, Linux, FreeBSD and Mac OS X. http://magnifier.sourceforge.net/

University of Athens Accessibility Unit. An Open Source / Freeware Assistive Technology Software Inventory. http://www.ioustinos.com/fs/

Webaim. Captioning with Magpie http://www.webaim.org/techniques/captions/magpie/version2/

9.5 Télécentres communautaires polyvalents, télécentres accessibles et centres VTET pour les personnes handicapées

Telecentre for Disabilities - a discussion group with the telecentre.org association which supports and promotes accessible Telecentres for persons with disabilities http://www.telecentre.org/group/
telecentrefordisabilities?commentId=2086278%3AComment%3A17464
.

Supporting Vocational Education and Training of Disabled People- a European funded project http://www.epractice.eu/en/cases/eaccess.

ATRC Web-4-all "Web-4-All is the first technology in the world that makes it possible for users to carry with them their user interface preferences (including system preferences, browser preferences and assistive technology preferences) and quickly configure public terminals or learning management applications accordingly." http://web4all.atrc.utoronto.ca/html/atrc/about_e.html.

10 Case studies

The following case studies illustrate the variety of ways in which persons with disabilities can be supported in using accessible ICTs to receive an education and job training skills. The case studies underline the different approaches to providing accessible ICTs for education and job skills training including:

Credits

The Module on "Assistive Technologies for persons with disabilities" was prepared by Dónal Rice (MSc). Dónal is currently working on a PhD at the Center for Disability Law and Policy at the National University of Ireland, Galway where this thesis is looking at the right mix of legislative and policy approaches in support of web accessibility. As editor of the ITU/G3ict e-Accessibility Policy Toolkit Dónal continues to collaborate with the ITU on updating and expanding this resource for policy makers on the digital accessibility dispositions of the UN Convention on the Rights of Persons with Disabilities. Dónal is the ICT design advisor at the Centre for Excellence in Universal Design at the Irish National Disability Authority.

The author wishes to thank the following people and organizations who provided information and advice during the development of this module: