3.3.3 Bonnes pratiques

Les bonnes pratiques dans le domaine de la technologie et de l'infrastructure seront présentées de la même manière que les éléments essentiels. On examinera d'abord celles qui ont trait à la politique publique, puis celles qui relèvent du domaine de la méthodologie ou de l'organisation et permettent de choisir la technologie appropriée. S'agissant de la politique publique, l'expérience acquise par le Canada lors de l'exécution du Projet national de recherche sur la télémédecine pour les premières nations a été mentionnée car ce projet comprenait une vaste phase de recherche destinée à déterminer la technologie appropriée et tenait compte de toutes les caractéristiques indiquées. Il a ainsi été possible de choisir, pour chacune des communautés autochtones, la technologie et l'équipement particulier qui répondaient le mieux à ses besoins et caractéristiques. S'agissant de la méthodologie, il est intéressant de mentionner les travaux qui ont abouti à l'adoption, dans le cadre du Projet de mise en réseau sans fil du Népal, d'une méthode de sélection de la technologie présentée par la Commission d'études 2 de l'UIT sur le thème des communications rurales. Ce projet communautaire est un exemple de méthode de sélection de la technologie qui repose sur un grand nombre d'éléments mentionnés dans la partie du présent document consacrée à la méthodologie. Par ailleurs, il illustre on ne saurait plus clairement la citation d'Albert Einstein: "L'imagination est plus importante que le savoir". Le projet de mise en réseau sans fil du Népal est né du désir de plusieurs collectivités de trouver des moyens de se connecter à la ville la plus proche10, Pokhara. Au début du projet, deux volontaires européens ont apporté deux cartes réseau sans fil avec lesquelles ils ont commencé à expérimenter en utilisant des antennes de leur fabrication. Avant cette expérience, les membres de la communauté locale avaient déjà envisagé d'autres options, telles que les microstations, les téléphones satellitaires et les antennes à hyperfréquences, mais ils ne pouvaient couvrir le coût de ces technologies. A l'époque du lancement du projet, la technologie WiFi venait de faire son apparition et on ne savait pas si elle était efficace sur de grandes distances. Les ingénieurs des télécommunications avec lesquels la communauté de Nangi était en rapport, pensaient qu'il était impossible de couvrir les 40 kilomètres qui séparaient Nangi de Pokhara. Or, les essais ont donné de bons résultats et la communauté a choisi d'adopter cette technologie pour plusieurs raisons: 1) c'était la plus économiquement viable des technologies disponibles sur le marché; 2) c'était celle qu'il était le plus facile d'apprendre à utiliser; 3) elle consommait très peu d'énergie et pouvait donc être facilement adaptée à l'énergie solaire; et 4) son coût d'exploitation et d'entretien était minime. A la date de l'établissement du rapport de la Commission d'études, la communauté exploitait un équipement11 Canopy de Motorola, qui utilise, pour les grandes distances, des fréquences de la bande des 2,4 GHz, ou de celle des 5,8 GHz. Après son lancement, ce projet a reçu, de la part de l'UIT et d'autres organismes, un appui financier international pour l'achat d'équipement. Aujourd'hui, il s'est transformé en une société communautaire dirigée par un lycée de la région, qui fournit au district de Myagdi (Népal) un soutien pédagogique, ainsi que des services de télémédecine, de commerce électronique local et de téléphonie VoIP. Pour choisir la technologie, la communauté a suivi un processus logique - ce que les instances publiques oublient parfois de faire lorsqu'elles établissent des programmes de communication nationaux dans des régions isolées. Les peuples autochtones sont confrontés à une difficulté: celle de s'assurer que les nouvelles technologies sont culturellement adaptées aux besoins particuliers de chaque communauté. Le choix et le déploiement de la technologie à utiliser doivent donc être fonction des avantages qu'ils présentent pour les communautés autochtones. Autrement, la connexion de la communauté peut aller à l'encontre de valeurs telles que l'autonomie, que les communautés autochtones cherchent à renforcer. De plus, la durabilité du projet sera, sans nul doute, affectée12.

10 Par exemple, la communauté autochtone de Nangi, qui ne dispose d'aucun service téléphonique ou Internet, ni d'aucun service de santé, est à deux jours de distance à pied de Pokhara.

11 Pour plus de renseignements sur l'infrastructure du réseau, voir l'étude de cas de la Question à étudier 10-2/2 ID227.

12 Srinivasan, R. (2006). Indigenous, Ethnic and Cultural Articulations of New Media. International Journal of Cultural Studies, 9(4), 497-518.

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